mercredi 16 décembre 2009

Manuel est un Valls en guerre



Manuel Valls s'est exprimé, hier en fin d'après midi sur son blog, sur la nécessité d'envoyer plus de soldats en Afghanistan :
" Ma position est claire : l’envoi de soldats supplémentaires est une nécessité".

Son argument est simple. "La guerre menée en Afghanistan n’est pas celle de l’Amérique, mais bien celle de la communauté internationale contre l’un des foyers majeurs du terrorisme" écrit-il.

Je note simplement que ce "terrorisme" afghan n'a jamais concerné que l'Afghanistan lui-même. Si les "bureaux" d'Oussama Ben Laden et d'Al Qaïda se trouvaient bien en Afghanistan il y a 10 ans, aucun Afghan ou Pakistanais n'a participé à l'attentat du 11 septembre. Les nationalités des terroristes impliqués étaient les suivantes : un Libanais, deux provenant des Émirats arabes unis ; Mohammed Atta était de nationalité égyptienne. Tous les autres étaient saoudiens.

D'autre part, malgré une occupation militaire pendant 9 ans de l'Afghanistan, le terrorisme international n'a pas cessé, il s'est même renforcé, et les attentats de Madrid ou de Londres montrent que le noyau du terrorisme n'est plus en Afghanistan, mais disséminé dans de nombreuses cellules dans le monde.

Comme Barack Obama ou Nicolas Sarkozy, Valls simplifie le problème pour mieux l'évacuer.

Comme si notre sécurité en Europe dépendait des affaires afghanes. D'après eux, tous les insurgés Afghans sont des taliban, donc des terroristes qui veulent mettre des bombes dans nos pays occidentaux. Obama, dans son discours d'Oslo où il recevait le prix Nobel de la Paix, frôle même le point Godwin pour justifier cette guerre Afghane en expliquant qu'il a bien fallu une guerre armée pour arrêter Hitler, suggérant ainsi que les insurgés Afghans sont comme des nazis (alors que l'Afghanistan n'a jamais mené de guerre de conquête, mais qu'il a sans cesse été attaqué depuis un siècle).
Je rappelle aussi que les nazis qui occupaient la France traitaient eux aussi les résistants français de terroristes (une comparaison abusive en vaut une autre).

Bien sûr, on ne peut qu'être horrifié par le régime qu'avait mis en place le Mollah Omar : les femmes voilées d'un voile intégral, des éxécutions publiques... Tout cela est en effet inacceptable.
Inacceptable en Afghanistan, mais tout à fait acceptable en Arabie Saoudite, n'est-ce pas ? (En 2007, les plus gros acheteurs d'armes française étaient l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, comme quoi, la morale est soluble dans la vente d'armes)

Mais Manuel Valls continue de croire que la coalition occidentale peut gagner la guerre en Afghanistan, alors que tout indique que des négociations sont déjà en cours pour composer avec certains chefs de guerre (dont Hekmatyar, le chef du Hezb-e-Islami qui a revendiqué l'attaque d'Uzbin et qui serait en rapport avec des agents de Washington). "Réélu dans des conditions controversées, Karzaï a prêté serment la semaine dernière. Dans son discours d'investiture, il a prôné une réconciliation avec les insurgés islamistes" indique le journal Le Point, une position défendue depuis plus d'une année déjà.
Négocier avec ses adversaires pour leur accorder une part de pouvoir me semble plus un aveu de défaite que de victoire…

Manuel Valls se moque de nous, et sa prise de position belliciste est encore un soutien à l'engagement de Sarkozy dans cette sale guerre.
Une position contraire à celle du PS (et de la grande majorité de l'opinion française), un parti dans lequel Valls n'a vraiment plus rien à faire :

"La France ne doit pas envoyer de soldats supplémentaires. Le Parti socialiste demande, au contraire, la réunion d’une Conférence internationale sous l’égide de l’ONU, avec la participation de toutes les composantes de la société afghane ainsi que des pays voisins de l’Afghanistan, pour réfléchir à une solution politique. Cette guerre ne peut et ne doit pas durer indéfiniment au risque de déstabiliser l’ensemble de la région" (communiqué officiel du PS du 30 novembre 2009).

mardi 15 décembre 2009

Que cachent les e-mails retrouvés de l'administration Bush ?



22 millions de E-mails "perdus" par l'administration Bush viennent d'être récupérés par des informaticiens. Ce bug plus que suspect avait fait réagir des associations civiles, soupçonnant une mauvaise volonté délibérée de la part de la Maison Blanche a récupérer ces données (de 2003 à 2005) pour les archiver comme la loi l'exige. Elles s'étonnent que les informaticiens de l'administration Obama réussissent là où ceux de Bush ont échoué.
Néanmoins ces archives "retrouvées" sont encore couverte par le secret au moins jusqu'en 2014. (Associated Press)

L'époque des papiers compromettants qu'on brûlait en fin de mandat est bien révolue. C'était très mauvais pour le bilan carbone et participait à la déforestation.

lundi 14 décembre 2009

Leçon 35



35, c'est le chiffre du jour.


35 c'est le nombre de milliards d'euros du "grand emprunt" de Sarkozy.

«Quand on a un déficit de 140 milliards d'euros, en rajouter 35 c'est emprunter, s'endetter, et à un moment donné il faut rembourser» et «payer les intérêts», a rénchéri François Hollande, député de la Corrèze. «Cet argent a un coût, les emprunts d'aujourd'hui sont les impôts de demain», le «Grand Emprunt sera le grand impôt», a-t-il déclaré sur France Inter.

Un point de vue qui se défend. Mais ce n'est pas celui de Henri Guaino qui trouve que 35 milliards c'est effectivement de la timidité. Lui il pensait 100 milliards tout rond.
Mais le président a dit, et le président fait. Là où ça se complique c'est que 13 milliards seront composés par le remboursement de ce que les banques avaient emprunté... Moi quand je suis forcé d'emprunter je ne peux pas prêter. Comprenne qui peut.

Mais c'est aussi ce que les pensionnaires du CAC ont rétrocédé (35 milliards d'euros) à leurs actionnaires pour l'année 2008 nous dit l'AFP. Cela permet de relativiser.

Et puis 35 heures c'était aussi le temps de travail, qui n'a plus vraiment de limites de nos jours. Sur ce sujet, alors que Xavier Darcos fustige cette mesure dans Le Figaro, Benoît Hamon donne un autre son de cloche.



Pour finir sur une note positive, et on en a besoin, nous garderons en mémoire que c'est à l'âge de 35 ans que Siddhartha Gautama accéda à l'éveil, et qu'il devint Bouddha.



Lip-dub par Mozinor


Un message nettement plus réaliste pour la promotion de l'UMP.

dimanche 13 décembre 2009

Les oligarques


Ce petit échange entre Christian Eckert (PS) qui interroge Eric Woerth sur ses doubles fonctions de ministre du budget et de trésorier de l'UMP, me fait penser à la sortie d'Emile Beaufort, le personnage du  film "Le président". Eckert accuse Woerth de "conflits d'intérêts" avec les généreux donateurs de l'Ump.

Dans le film de Verneuil, Gabin fustige "les groupes de pression" et l'oligarchie,  il parle aussi de la police qui charge les chômeurs...

Le "groupe du Fouquet's"  d'aujourd'hui a une influence bien plus directe, là où tout se décide, entre les oreilles du locataire de l'Elysée, enfin débarrassé des parlementaires qui ne font qu'enregistrer scrupuleusement le fait du Prince.





samedi 12 décembre 2009

Sondages : Ségolène devance largement Sarko



Deux sondages d'opinion se téléscopent cette semaine :
Mardi, c'est Nicolas Sarkozy qui bat son record d'impopularité, avec 61 % des sondés qui désapprouvent son action comme président de la République (Ipsos-Paris Match)

Vendredi, c'est Ségolène Royal dans un sondage BVA pour Canal+ qui réunit 74 % des sondés pour dire qu'ils la jugent comme un handicap pour le PS.

Vous me direz avec raison qu'on ne compare pas des courges et des navets, que les questions sont différentes, etc. Néanmoins, il me semble qu'en matière d'impopularité, Ségo devance Sarko. L'entourage de celle qui portait les couleurs du PS il y a 2 ans et demi porte sa part de responsabilité dans cette contre-performance, alors, est-ce un effet André Hadjez ou Françoise Degois ?


jeudi 10 décembre 2009

L'UMP : quand un aveugle conduit une voiture...


Bravo à Guy Birenbaum et Karl Zéro !
Ils ont dévoilé le clip des jeunes de l'UMP en avant première. On dirait un pastiche digne de TéléSarko, l'émission de BFM TV qui passe a 20 h 30, dans laquelle ce clip a été révélé.

Ben non, c'est pour de vrai parait-il...

Une merveille ! L'image forte de ce clip, à la première minute, c'est Gilbert Montagné au volant d'une automobile. Parfaite illustration de Sarkozy conduisant la France que cet aveugle conduisant une voiture.

La politique spectacle franchit un nouveau cap.

mardi 8 décembre 2009

Grain de sel dans un bol de riz


 Cette publicité assez esthétique pour Taureau Ailé, la marque de riz de Camargue des années 70, cache derrière son évocation idéale de l'indochine une triste réalité (au passage on remarquera que ces images servent à vendre un riz du Pendjab, qui n'a rien à voir avec la Camargue ou l'Indochine).

La France (qui importait son riz des colonies jusqu'en 1938) se voit confrontée à une pénurie générale au début de la guerre, et réquisitionne la main d'œuvre coloniale. 20 000 paysans sont ainsi recrutés, puis expédiés en fond de cale vers la métropole afin de servir non pas de soldats, mais d’ouvriers dans les usines d’armement.

Environ 500 Indochinois ont été affectés dans les rizières camarguaises pendant la guerre. Leur contribution fut décisive pour relancer cette culture utilisée autrefois fois pour préparer les sols trop salés du delta. Un millier d'autres indochinois furent affectés aux salines de Camargue (dans des conditions très difficiles). Jusqu'à l'armistice de 1940, leur conditions de vie étaient acceptables. S'ensuivit, et jusqu'après la Libération, une longue dégradation de leurs conditions de logement, d'habillement, d'alimentation, d'emploi (leur salaire représentait 10% du salaire dévolu à un Français).
(Sources : Travailleurs indochinois.org - Le Monde - Rue 89)



Hervé Schiavetti, le maire d'Arles, va pour la première fois rendre hommage à ces travailleurs oubliés, ces déracinés de force d'Extrême Orient qui ont soufferts pour nos fautes européennes. Jeudi 10 décembre il remettra la médaille de la Ville à une dizaine d'anciens travailleurs indochinois.

Merci monsieur le maire, de cette reconnaissance bien tardive, et de rétablir l'honneur de ces oubliés d'une république qui a parfois la mémoire courte.

lundi 7 décembre 2009

Et si l'identité nationale était soluble dans Copenhague ?

C'est en lisant l'excellent papier de Pierre Haski sur rue 89 que je me suis dit que l'écologie et l'aide au développement étaient si liés qu'ils n'étaient que le même problème s'exprimant de façon différente. Nous prenons conscience que l'humanité doit prendre en main son destin mais de façon concertée et globale. Dans cette prise de conscience, il y a notre avenir.



Si la faim dans le monde n'a pas réuni l'assemblée prestigieuses des chefs des états développés à Rome, il y a 6 mois, Copenhague rassemble tout le monde. L'idée de nation semble même dépassée, puisque le sort des unes dépend de la conduite des autres, et que pour résoudre les problèmes auxquels l'humanité va se trouver très vite confronté, la démographie, l'environnement et l'alimentation, il faudra prendre des mesures ensemble. Une nation peut bien se parer du titre illusoire de développée et de civilisée, son destin est lié à celui de ses voisins, les plus pauvres comme les plus nombreux. Copenhague c'est un premier pas, une timide amorce vers une conscience commune... Mais c'est le premier pas qui compte, on doit espérer que d'autres suivront.

L'identité nationale ne deviendra peut-être un jour que l'expression d'un folklore, semblable à un instrument singulier qui jouera sa partition dans un orchestre mondial.
Il ne reste à écrire que la symphonie, tout le problème est là.

samedi 5 décembre 2009

La Saint Nicolas c'est Mignon



Sœur Emanuelle quitte l'Elysée.

La directrive de cabinet de Nicolas Sarkozy le révèle dans Le Figaro, le jour de la Saint Nicolas :
"Je suis aux côtés de Nicolas Sarkozy depuis sept ans et demi. L'expérience a été exceptionnellement riche, mais aussi intense. J'ai besoin de prendre du recul. Je veux être utile à Nicolas Sarkozy, autrement."

Politique.net dresse un instructif portrait d'Emmanuelle Mignon dont on peut extraire quelques passages révélateurs :

"Emmanuelle Mignon est née à Paris en 1968. Ses parents sont tous deux médecins. Ils ont quatre enfants à qui ils donnent une éducation catholique en les inscrivant au collège Saint-Marie de Neuilly-sur-Seine et au lycée Sainte-Geneviève de Versailles. Dans cette tradition chrétienne, Emmanuelle Mignon fait partie également des scouts unitaires de France."

Cette catholique convaincue s'était illustrée  en écrivant les discours de Saint-Jean-de-Latran et de Riyad en Arabie saoudite.
Les extraordinaires déclarations de Sarkozy :
"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur",
et "sans doute musulmans, juifs et chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Mais au fond, qui pourrait contester que c’est bien le même Dieu auquel s’adressent leurs prières ? Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère",
c'est elle.

Mais elle s'occupe aussi des médias (audiovisuel et presse) et a piloté la réforme territoriale... Que du bonheur ! On peut être sûr que les élus locaux et les journalistes font brûler des cierges pour le salut de son âme.

Il ne reste qu'à espérer que ce départ va libérer le sommet de l'état de cette néfaste influence catholique, et que la République va enfin retrouver le chemin de la laïcité.

Il n'est pas interdit de rêver…