vendredi 31 août 2007

Schneidermann : le retour


Le retour d'Ibn Battouta, le célèbre tangerois

Arrêt sur Image ne reviendra pas sur les écrans de télévision annonce Daniel Schneidermann sur le Big Bang Blog. Mais comme l'expérimentent Karl zéro et John paul Lepers, il tente une refonte du concept sur le web. Aujourd'hui où la politique cède le pas à la propagande, où de plus en plus les esprits sont formatés insidieusement, comme dans une version de 1984 écrite par un Orwell soft et patient, l'analyse des images et de leur manipulation est essentielle. Merci donc de ce prochain retour de l'émission dont l'organisation et la structure seront déterminantes. Rendez-vous dans 15 jours ?

lundi 27 août 2007

La droite sans complexe

Les pauvres, par Picasso

Sans faire de référence à Vaillant ou à Debré, d'anciens ministres ayant traité cette question très différemment, il me semble que cette histoire de comptabilité et de chasse aux malheureux sans-papiers a des relents historiques nauséabonds. Ces gens risquent leur vie dans des barques de fortune pour échapper à la mort lente dans leur pays d'origine, aveuglés par nos illusions consommatrices. Je trouve que cette façon de traiter ces misérables comme des délinquants manque d'humanité. J'ai peur que ce soit une manière d'entretenir un faux problème et de surfer sur une vague populiste et xénophobe. Nous avions constaté déjà que Sarkozy avait été élu grâce à une partie de l'extrême droite, et force est de constater qu'il agit de manière à contenter en premier ceux là. Il serait plus judicieux de proposer de vrais partenariats avec les pays du sud, sans viser en premier l'intérêt des pays du nord.

Quant à l'évacuation des réfugiés, pourquoi se fixer des quotas précis à tenir coûte que coûte et faire de la médiatisation autour de ce phénomène dont nous devrions avoir honte ? D'accord, il faut bien renvoyer les illégaux, mais chaque cas est particulier, et chaque traitement doit être particulier. Dans tous les cas, il conviendrait en premier lieu d'éviter de fracturer les portes des gens et d'essayer d'agir discrètement. Un bon nombre de cas réussissent leur intégration, donc une certaine souplesse permettrait de laisser leur chance aux plus compétents. Nos ministres issus de l'immigration démontrent bien que la valeur d'un individu est indépendante de son origine. N'utilisons pas des filets aux mailles trop serrées, et gardons à la France son image de terre d'asile.
Le problème est dans la manière dont sont organisées ces actions, avec des sirènes de police et des caméras de télévision, des harangues comme celles de Hortefeux.
A côté de ça Georges Mothron fait mettre du répulsif pour déloger les miséreux à Argenteuil, comme on met du Baygon contre les cafards. On est pas loin de la soupe populaire au cochon, aboutissement grotesque d'une haine de bourgeois sans cœur et sans esprit. L'islam n'a aucun interdit alimentaire lorsque la famine menace. (Si quelqu'un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché... alors, Dieu est Pardonneur et Miséricordieux. sourate 5,3).
Cette droite décomplexée et imbécile me dégoûte. Je vous conseille la lecture du blog de Clementine Autain à propos de Mothron et du silence de Sarkozy, l'homme SDF (sans déontologie fixe).

On voit bien que l'abbé Pierre est mort et que les pauvres n'ont qu'a disparaître loin de nos yeux. C'est bien commode d'accabler les parias et les plus démunis de tout les vices et de les traiter comme des criminels, ce n'est pas suffisant pour parer les adeptes du néolibéralisme débridé, avides de richesses ostensibles, de quelque vertu.

vendredi 24 août 2007

Les bons comptes de Brice Hortefeux


Il manque encore quelques sans-papiers pour que le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Brice Hortefeux, remplisse ses objectifs. Allons mes amis, soyez citoyens, et dénoncez vous aussi des sans-papiers à votre commissariat le plus proche. Comme les dénonciations anonymes sont interdites, on vous offrira une belle médaille de bon citoyen. Dehors les métèques et les négros ! Ils n'avaient qu'à se noyer en méditerranée en arrivant, comme les autres, ça aurait été plus simple.

mercredi 22 août 2007

Retour au bled



Me voilà de retour à Casa, après un petit séjour Marseillais.
Retour un peu mouvementé à l'arrivée : ma valise a disparu. Pendant une demi-heure j'ai regardé tourner le petit tapis roulant qui apporte les bagages. Le vol de Barcelone est venu semer la pagaille sur le petit tapis et il a fallu me rendre à l'évidence : cette valise bleue qui ressemble à la mienne et qui tourne toute seule a été abandonnée par ceux qui ont pris mes effets en toute confusion. Vont-ils l'ouvrir et fouiller dedans ? Vont-ils découvrir mes deux saucissons et mon morceau de jambon ? Et mes paquets de café Senseo qui viennent de sortir et que je ne suis pas sûr de déguster. Plus de trousse de toilette, plus de chargeur de téléphone ni de cables usb pour mon nouvel appareil photo. Et moi qui voulais mettre en ligne mes belles photos de vacances :(
Bon j'arrête là, ça va m'énerver.

J'ai trouvé une plus belle photo.


La photo du Président en vacances, retouchée dans la plus belle tradition publicitaire ou soviétique. Tout ça pour une poignée d'amour un peu visible. Bon à mon avis le graphiste a fait sa retouche habituelle, peut-être aussi est-il Sarkophile, lui ou son chef. La limite est difficile, on peut se dire que ça ne mange pas de pain.
C'est ce qu'on fait pour chaque photo, c'est dans l'ordre des choses. Une belle photo est souvent une photo retouchée, arrangée. Le cadrage aussi se justifie. Il concentre sur un sujet, il permet de gommer des personnages, des accessoires. Au fond la photo est-elle une représentation du réel ou une interprétation d'une certaine réalité ? Jusqu'ou la retouche transforme-t-elle l'information pour participer à la fiction ? Faut-il privilégier la froideur d'un cliché brut ou rechercher l'esthétique visuelle, donc interpréter l'information ?

Le Président est une bonne marque de Camembert, et Nicolas Sarkozy travaille son image de président comme on travaille sur un produit alimentaire. Mais si on laisse trop traîner le Camembert, il dégage une odeur nauséabonde...




Une bonne info Du Monde dont j'encourage la lecture.

(comme la nuit tombe déjà sur Casa, il est 19H 30, j'appends que ma valise est retrouvée... je retourne à l'aéroport.)

dimanche 19 août 2007

La vérité sortant du puits


Qu'en est-il réellement des liens existant entre Rachida Dati et Henri Proglio ?
Que ce soit au Nouvel Obs ou au Monde (voir la note précédente sur les vacances en couple) les infos parlant d'une troublante proximité entre Rachida Dati, ministre de la justice et Henri Proglio, PDG de Véolia sont aussitôt démenties (On avait également signalé la présence d’Henri Proglio, PDG de Veolia, mais c’était une erreur. Le patron de l’entreprise de services aux collectivités a dû publier un communiqué pour démentir sa présence... édition du 18 08).
Donc soit les journalistes du Monde et du Nouvel Obs sont très mal informés et inventent des rumeurs infondées, soit des pressions sont exercées pour dissimuler une information gênante.
Il suffit de lire Backchich pour comprendre que les risques de compromission, de trafics et de pots de vins sont nombreux autour de Proglio, et par ricochet autour du Garde des Sceaux. Tout cela sent la magouille de haute volée.
Rachida Dati a assuré être la "Garde des Sceaux qui redonnera aux Français confiance en la justice et qui les associera réellement à l'exercice de (sa) mission".
Je ne suis pas là pour dissimuler la réalité dans notre pays a affirmé Nicolas Sarkozy alors qu'il était auprès de Rachida Dati, et un peu de transparence serait utile pour que chaque citoyen ait la possibilité de s'associer à la Justice dans sa recherche de la Vérité. La vérité sur les passe-droits, les commissions associées aux ventes d'armes, les pots de vins et les banques qui blanchissent de l'argent sale par exemple.
Depuis la fellation pratiqué sur Bill Clinton, les politiques devraient savoir qu'il ne sert à rien de dissimuler, et que la vérité apparait toujours, un jour ou l'autre. Les pressions exercées sur les journalistes sont d'un très mauvais effet, et à trop vouloir jouer People et à inventer de belles histoires pour plaire à l'opinion, on risque de passer pour un tricheur.
Affaire à suivre...

jeudi 16 août 2007

Un coup d'état

Profitant des vacances estivales des bloggers, Farid Taha s'est autoproclamé empereur de la blogosphère samedi dernier. Ce coup d'état sera-t-il permanent ?
Le week-end de l'assomption est terminé, les dictateurs vont rentrer. En tant que portraitiste officiel de la cour impériale, je ne peux que soutenir cette prise de pouvoir. Comme Lancelot, je n'avais pas grand chose à dire, alors ça coûte pas bien cher de se mouiller un peu pour une juste cause.
En cherchant bien je pourrais dire que Dominique de Villepin a publié le même jour une petite chronique sur le passage de la Bérézina dans Marianne.
Bernard Debré étrille Chirac dans le Figaro et encense Sarkozy. "Depuis douze ans, le dernier président était à l'Élysée, souvent enfermé dans son bureau, ne sortant qu'à de rares occasions pour souvent annoncer des banalités. La France, pendant douze ans, a stagné..." par contre en ce qui concerne Sarko :
"Voici donc la rupture, un président qui est un homme avec ses envies, ses amis, ses vacances et sa famille, qui est un président quand il gouverne, dirige la France, en collaboration avec le premier ministre et son gouvernement."
Il me semble que voilà un vrai coup d'état qui s'opère là. Si le président gouverne, le premier ministre n'est qu'un subalterne. Que l'assemblée le censure n'est plus essentiel. Matignon n'est qu'un secrétariat de l'Elysée. Venant de la part du fils de Michel Debré, du frère de Jean-Louis, ce docteur Debré prend d'étranges libertés avec l'esprit de la Constitution :
  • Qu’il existe au-dessus des querelles politiques, qu’il existe un arbitre national élu par les citoyens qui ont un mandat public, qui soit chargé d’assurer le fonctionnement régulier des institutions, ayant le droit de recourir au jugement du peuple souverain, répondant, en cas d’extrême péril, de l’indépendance, de l’honneur, de l’intégrité de la France et du salut de la République.
  • Qu’il existe un Gouvernement qui soit fait pour gouverner, à qui on en laisse le temps et la possibilité.
  • Qu’il existe un Parlement destiné à représenter la volonté politique de la nation, à voter les lois, à contrôler l’exécutif, mais sans sortir de son rôle …
Extrait du discours prononcé par le général de Gaulle le 4 septembre 1958, place de la République à Paris

Sarkozy, comme un président américain, gouverne et dirige le pays. Respectons le vote massif des français, le plébiscite permanent. 5 ans, c'est vite passé, pas vrai ?

dimanche 12 août 2007

Vacances en couples



Soyons heureux.
Notre Président chéri, avec sa chérie Cécilia ont bien mérité de se reposer dans cette jolie maison à Wolfeboro dans le New Hampshire. Comme notre Prédident est un mec cool, il a fait venir sa copine robeu Rachida et son petit ami riton.
Et oui, c'est deux là forment un joli couple, j'aime bien riton Proglio. Il a une bonne tête de buveur d'eau.
Et puis ils doivent certainement avoir des choses à se raconter avec Nicolas, en regardant la brise agiter les eaux du lac de Wolfeboro. Il parlent certainement de choses qui nous dépassent, des amis, comme Alex Djouhri, qui peuvent rendre des services dans le bizness avec les arabes. C'est le truc à Nicolas en ce moment les arabes. Du bon gros contrat, de bonnes ventes d'armes, des avions Rafales, des mises à neufs de Mirages, du bon travail pour nos ouvriers en somme. C'est aussi le truc de Condy Rice de vendre des bonnes armes aux bons arabes et là aussi il y a du très gros bizness en vue. ça tombe bien, on peut mettre les réseaux en connection, faire tourner la lessiveuse à cash, c'est pratique les vacances dans le New Hamshire !
Peut-être ont-ils parlé accessoirement des ennuis de Michel de Bonnecorse, 6 ans ambassadeur du Maroc puis nommé chef de la cellule afrique de l'élysée par chirac, qui est aujourd'hui empétré dans les affaires Djiboutiennes. Ces histoires sont peut-être être évoquée dans les apéritifs du soir. Vous les imaginez, vous, les discussions du soir à la table des Sarkozy ?

Les gens sont injustes à critiquer ces vacances présidentielles. Ces histoires sur qui a payé le séjour à Wolfeboro (30 000 $ la semaine) me semblent tout de même anecdotiques aux vues des enjeux économiques que représentent tout ces amis de vacance.
Le Président n'est jamais en vacances.

Chez iVo KoDeR


De passage a Paris, je ne pouvais manquer de saluer iVo KoDeR, l'alchimiste des Post Nuclear Penguins, un petit truc qu'il a fait pour rigoler. Je lui ai piqué ce document exclusif, le petit iVo à l'age de quatre ans en train de promotionner les musicassettes Pathé Marconi.
Son père, directeur artistique chez Pathé Marconi lui a fait passer une enfance baigné de musique et de musiciens. Il se souvient d'être allé chez Maurice Chevalier, chez Brassens, et il figure sur la mythique pochette originale du disque de Tino Rossi "Petit Papa Noêl" :))
Puis il s'est acheté sa première guitare en 1977 , à accompagné Farid Chopel en 87 puis rencontre déterminante en 1988 : Rimbus. Nos vies ne seront plus jamais les mêmes. Nos enfants respectifs ont poussé et nous gardons toujours notre joyeuse humeur.
Aujourd'hui il utilise de nombreux logiciels de MAO comme Reason, Cubase, Pro Tools...
Toujours musicien, il compose des musiques publicitaires, fait des arrangements et travaille avec de nombreux musiciens parisiens ou internautes. Le Rimbusblog recommande vivement la visite de son espace myspace.
Son trip actuel c'est Squarepusher un anglais bassiste et génial compositeur acoustique et numérique. Il a fait la musique de ce clip qui décape :

vendredi 10 août 2007

Soyons sérieux


Il faut parfois parler de choses sérieuses sur ce blog :
J'ai dégusté ce soir une bouteille de Gevrey-Chambertin du domaine Louis Trapet de l'année 1978, réputée pour une des meilleures. Il était temps de la boire, et par chance ce vin magnifique a conservé toutes ses qualités malgré ses 29 ans de garde. Un côté de la bouteille est maculé d'un noble dépôt, et elle n'a pas été bougée pendant de longues années, ce qui a préservé ce divin nectar à la belle couleur d'un rouge franc, sensible à la lumière, puissant, aux arômes et saveurs intenses évoquant entre autre le cassis et la cerise. Différentes sensations se diffusent sans aucune aggression sur la langue, laissant en bouche une harmonie de fruits rouges. C'est un cépage de Pinot noir dont les tanins discrets lui donnent cette qualité de velours qui charme les papilles en douceur et laisse s'exprimer dans la bouche la douceur du vieux Bourgogne. Une belle bouteille, au nez assez léger mais très riche et subtil en bouche.

Les premiers vins de Chambertin apparaissent dès 640, et l'Empereur Napoléon 1er leur accordait sa préférence.
Ami Falconhill je bois ce dernier verre que j'ai laissé décanté pour mieux écrire cette note en pensant à toi.

Mon ami Benchemsi

Je suis solidaire avec Ahmed Benchemsi. Le jeune directeur des journaux marocains Tel Quel (francophone) et Nichane (en arabe) ne me connait pas, mais je lis avec plaisir Tel Quel, qui est le reflet d'un Maroc moderne et actuel. Trop moderne peut-être. Alors je lui apporte toute mon amitié en attendant son procès qui doit avoir lieu le 24 août. On lui reproche d'avoir été trop familier envers Sa Majesté Mohamed VI. Pourtant le Roi du Maroc et le directeur de Tel Quel regardent dans la même direction : celle d'un nouveau Maroc, plus libre, plus expressif. Mohamed VI est une chance pour le Maroc. L'héritier d'Hassan II et de Mohamed V a transformé son pays, et j'espère qu'il pourra continuer à son oeuvre. Ahmed Benchemsi est aussi une chance pour le Maroc. J'espère que les juges qui devront juger son cas auront la clémence des sages, et que leur sentence montrera au monde entier que le Maroc de Mohamed VI est bien un pays de liberté et de tolérance. Tous ceux qui aiment le Maroc respectent son Roi, qui est un grand souverain, et si les journalistes l'interpellent un peu familièrement, ils le font comme des fils émancipés et pleins de vie. Hassan II disait du peuple marocain qu'il était comme un cheval fougueux dont il fallait tenir fermement les rènes pour le guider dans la bonne direction. Mais le bon écuyer sait aussi lâcher un peu la bride pour que sa monture garde son entrain. Mohamed VI est un bon cavalier, et Ahmed Benchemsi est un homme de talent dont il faut préserver la liberté de ton. La clémence que je lui souhaite devrait lui rappeler les limites qu'il devra respecter dans le futur. Il a l'impatience de la jeunesse, et ce n'est pas un crime.
Ahmed Benchemsi, tu es mon ami.

Ahmed Benchemsi s'explique de vive voix dans Rue 89.

mercredi 8 août 2007

Le temps du changement

Averroes


Le changement prend du temps, explique Gamal Al-Banna quand on lui demande s'il est optimiste pour l'avenir de l'Islam. Il dit aussi :" Le Coran est liberté. Les foqahas (docteurs en droit) ont fabriqué des interprétations et des hadiths qui contredisent le Coran. On n'a pas besoin du fiqh (avis juridique), ni des hadiths. Il faut retourner au Coran".

Autant vous le dire tout de suite, tous les musulmans pratiquants que je connais considèrent les hadiths aussi sacrés que le Coran lui-même. Les hadiths sont les paroles et les actions attribuées au prophète Mohammed, ce n'est donc pas la parole divine (en dehors de quelques hadiths « sacrés » qui sont considérés comme les paroles de Dieu adressées directement au prophète Mohammed et rapporté par lui). Ces hadiths forment la sunna d'où le nom d'islam sunnite pour le courant orthodoxe. Les hadiths ont été rapportés dans divers recueils (véridiques ou non) par des musulmans fidèles, mais toujours au minimum deux siècles après la mort du prophète Muhammad. Certains auteurs en ont recensé plus de 700 000, les plus récents étant ceux rapportés par l'ayatollah Khomeiny au cours des années 1980 ! Beaucoup de ces citations étant suspectes, leur crédit est proportionnel au prestige accordé à ceux qui les ont rapportées. Cette chaîne des témoins est appelée isnad. Ces différents recueils alimentent l'opposition entre chiites et sunnites en particulier.

"Ces paroles, même si elles faisaient sens à leur époque, ont mille ans et on ne peut pas les appliquer aujourd'hui" ajoute Gamal Al-Banna. Ce vieux monsieur égyptien de 86 ans prêche pour une révolution de l'islam. Petit frère d'Hassan Al-Banna, le fondateur des frères musulmans, il semble bien placé pour prendre position dans un débat qui agite le monde musulman.
Il n'est qu'un des nombreux intellectuels musulmans qui réagissent à l'obscurantisme islamique résponsable des tensions meurtrières qui agitent le monde et opposent des civilisations qui ne devraient que s'enrichir mutuellement. Il y a presque mille ans Averroes (Abu'l-Walid Muhammad ibn Rushd ) eut à subir lui aussi l'opposition des conservateurs qui le traitèrent d'hérétique et brûlèrent ses livres, parce qu'il se référait à Aristote et adoptait une position moderne. L'histoire n'est pas nouvelle. Elle se répète dans toutes les religions qui par essence refusent le changement et la modernité.
Les conservateurs qui inspirent les pires exactions sont nombreux, et leur goût du sang et de la violence leur donne une trop large audience. Tout le monde connait Al Qaeda, organisation criminelle inspirée par le diable, mais qui connait Abdou Filali-Ansary le marocain, Nasr Hamid Abu Zayd l'egyptien, Soheib Bencheikh l'algérien, Burhan Ghalioun le syrien, ces hommes qui veulent un islam moderne débarrassé de la violence et de la haine ?


Le temps du changement est venu, le temps de la concorde entre les hommes, le temps de la paix. Ce que défendent ces penseurs modernes, c'est d'abord une réflexion sur la nature et le statut des textes religieux. Il s'agit de relire les textes sacrés pour sortir d'une interprétation littérale : respecter l'esprit du Coran, non la lettre.
"Le croyant est celui qui, avec beaucoup de modestie, avoue qu'il ne peut pas connaître la vérité parceque seul Dieu la possède. Il a donc une conception de la vérité, mais qu'il ne cherche pas à imposer. Le Coran est très net là dessus : pas de contrainte en religion" explique Mohamed Talbi, ancien doyen de l'université de Tunis.


Merci à Nadia Khouri-Dagher, reporter egyptienne d'origine libanaise, pour l'excellent article paru dans Le Monde 2 n° 173 du 9 juin 2007, dont cette modeste note est largement inspirée.

samedi 4 août 2007

Vacances en France


Voilà, je suis en France.

Actuellement à Nîmes, avant de retrouver les volcans d'auvergne, je vais essayer de laisser quelques messages, quand je le pourrais.

Donc le blog continue, en service minimum, conformément aux directives gouvernementales.

Bonnes vacances à tous