
Abjecte.
La propagande de Guaino et de Sarkozy, unis dans le cynisme et la manipulation, est tout à fait abjecte. Pour mieux détruire la vie politique française, brouiller les esprits et anéantir les idées fondamentales qui font vibrer l'histoire de France depuis plus de deux siècles, ils se réfèrent aux icônes de ceux qui sont à leur opposé idéologique.
Ainsi, Guaino et Sarkozy se réfèrent à De Gaulle pour appliquer une
politique contraire à celle du général. C'est recueilli à Colombey les deux églises que Sarkozy prépare le virage atlantiste de la politique extérieure française. Alors que toute l'action gaulliste était de s'affranchir de la domination américaine, en deux mois Nicolas Sarkozy a anéanti une position diplomatique quadragénaire qui a fait la renommée de le France et l'a protégée des extrémismes.
De la même manière, les références multiples aux grandes figures du socialisme, Jaurès, Blum, ont pour effet de s'approprier leur combat, de les utiliser comme un bien commun à tous, et ce cynisme me révulse. Il y a une impudeur et un manque de respect d'une parfaite obscénité dans cette manière d'agiter des icônes socialistes pour mener une politique de droite.
La dernière trouvaille de Henri Guaino, c'est Guy Moquet.
Guy Moquet était un militant communiste, et cet engagement politique l'a conduit à la mort. L'Etat Français a fait choisir des otages communistes pour satisfaire au besoin du Baal Moloch nazi. Il valait mieux ça que de vrais français pensait-on à l'époque. Guy Moquet aurait combattu Guaino aujourd'hui, et c'est insulter ce jeune homme que d'utiliser sa mémoire pour mieux distiller cette
perfide propagande.
Voilà monsieur Guaino qui était Guy Moquet, et vous représentez tout ce qu'il a
combattu :
Le conservateur du Musée de la Résistance nationale, Guy Krivopissko, recommande la lecture de ce poème trouvé sur le jeune militant, au moment de son arrestation. Que ne le fait-on pas lire dans les écoles ?
«Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades
Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage
Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme
Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme
Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice"
Cette histoire, si elle fait partie de l'Histoire de France est aussi celle du Parti Communiste et de ses militants, et cette histoire-là "personne ne peut la réécrire".
Ecoutons
Nicolas Sarkozy le 17 mai 2007 :"... j'ai tenu au premier jour de mon quinquennat à rendre hommage à ces jeunes résistants pour lesquels
la France comptait davantage que leur parti ou leur Eglise, si j'ai voulu que fût lue la lettre si émouvante que Guy Môquet écrivit à ses parents à la veille d'être fusillé, c'est parce que je crois qu'il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, et de leur montrer à travers le sacrifice de quelques-uns de ces héros anonymes dont les livres d'histoire ne parlent pas, ce qu'est la grandeur d'un homme qui se donne à une cause plus grande que lui."
Il est frappant de comparer la vision de la France de Guy Moquet avec celle de Sarkozy :
"Les traîtres de notre pays / Ces agents du capitalisme / Nous les chasserons hors d’ici / Pour instaurer le socialisme" dit le jeune communiste, et s'il est prêt à mourir, c'est qu'il veut une France socialiste. Du reste, si ce n'était pas le cas, on ne l'aurait pas arrêté, puisque les communistes étaient considéré comme de mauvais français (comme aujourd'hui).
Toute la perversité de Sarkozy est de sous-entendre que le patriotisme de Moquet va au-delà de son engagement politique.
Guy Moquet à cette époque n'est pas coupable d'être français, mais il est mort parcequ'il était communiste, et pour le communisme.
D'ailleurs, c'est la réponse qu'il donna à ses camarades d'infortune qui voulaient plaider sa cause : "je suis aussi communiste que vous".
Voilà comment on manipule l'histoire, les esprits, les convictions et les symboles.

Cécilia Sarkozy procède du reste de la même manière, et ça doit être la nouvelle mode parisienne, justifier ses idées en utilisant les symboles qui leurs sont contraires : pour mieux faire comprendre qu'elle veut vivre dans l'ombre et de manière anonyme, comme madame tout le monde, elle passe en couverture de "Elle".
C'est très bien de démocratiser la vie politique française, mais il conviendrait au moins d'élire des gens ayant des bases de savoir-vivre et d'élégance, voire un minimum d'éducation à défaut de culture, parce que le spectacle vaudevillesque de ces derniers jours n'est pas très flatteur pour l'image de notre pays.