lundi 15 décembre 2008

Mad off, la folie prend fin


Pour Noël, Bernard Madoff nous fait un beau cadeau. Il porte le coup de grâce a un système pervers qui gouverne le monde. Moi je dis que c'est sympa.

Pourtant, on sait depuis longtemps que la spéculation financière n'est pas une bonne chose.
Dans son Manuel du Spéculateur en Bourse, de 1857, Pierre-Joseph Proudhon cite un article du Journal des chemin de fer, qui dénonce l’utilisation des capitaux mobilisés pour le groupe Crédit Mobilier à d’autres fins que l’investissement dans des biens réels. « De deux choses l’une, » explique le journal, « ou ces capitaux ont été confiés à l’entreprise pour les faire valoir dans les affaires industrielles et alors on s’étonnera que ces capitaux n’aient pas été mis dans les affaires faites par le Crédit Mobilier lui-même. Ou bien ces capitaux ont été destinés à des opérations de Bourse et l’on regrettera que des sommes aussi considérables aient été détournés des grandes entreprises industrielles pour être portées vers le jeu. »

Le jeu.

Arrêté jeudi, Bernard Madoff, 70 ans, célèbre gestionnaire de fonds de Wall Street et ancien président du conseil d'administration du Nasdaq, l'une des deux grandes bourses de New York, est accusé d'avoir monté une gigantesque fraude portant sur quelque 50 milliards de dollars.

50 milliards de dollars. 2 fois le plan de relance de Sarkozy.

La tentation est grande, pour les professionnels de la finance, d’aller toujours plus loin. Au point de dépasser parfois les bornes de la légalité ou de faire des paris qui les dépassent.
L'escroquerie n'etait qu'une classique chaîne pyramidale dans laquelle ce sont les dépôts des nouveaux arrivants qui payent les intérêts des anciens : un mécanisme qui s'est effondré à l'heure de la crise des liquidités lorsque les clients ont souhaité récupérer leur mise.

Et Madoff n'agissait pas sans savoir à quel jeu il jouait : il refusait de prendre l’argent de ses quelques amis intimes, alors que ceux-ci le suppliaient de les accepter comme clients...

Sources : L'Express, Challenges, Canoe

1 commentaire:

Zgur a dit…

Les gens, même parmi les plus intelligents, comprendront-ils un jour qu'on ne peut gagner honnêtement de l'argent à un taux d'intérêt bien supérieur à ce qui se trouve habituellement sur le marché ?

Non.

Avidité...
Appât du gain...
Greed, comme disent les anglosaxons.

Plus une bonne dose de niaiserie, et hop, dans la poche des escrocs.

Madoff finira sans doute en prison mais pour l'instant il est resté dehors grâce au paiement de sa caution.

Avec quel pognon ?
Celui du dernier rentré dans sa chaine de Ponzi ?

Arf !

Zgur