jeudi 28 février 2008

Yade quoi s'indigner !



On se souvient de l'affaire d'Argenteuil : Georges Mothron avait envisagé d'employer un répulsif contre les sans domicile fixe, avant de se rétracter devant le tollé général.
Pas plus étonnée que ça, Rama Yade pense qu'un "maire doit tout essayer" pour complaire à ses administrés, y comprit l'emploi du malodore. En 2005, l'un des arrêtés anti-mendicité de M. Mothron, évoquant une "gêne olfactive anormale" liée à la présence des SDF, avait été annulé par la préfecture. Tout cela fait penser "au bruit et à l'odeur" d'une certaine droite xénophobe et populiste. La charmante Rama a une conception particulière des droits de l'homme, comme des droits des journalistes qu'elle qualifie de charognards.
Vive la sarkofrance !

lundi 25 février 2008

Hervé Schiavetti


C'est le maire de Arles. A ce qu'il me semble, beaucoup de gens voudraient bien le voir rester. C'est vrai qu'il est sympa, et à la soirée slam de vendredi, chez Ali, rue de la Roquette, c'était marrant de le voir serrer des paluches entre les clients éméchés. En plus il est communiste à l'origine, et j'aimerai bien que la ville reste à gauche. Bonne chance Hervé !

mercredi 20 février 2008

En attendant ma ligne adsl...


Et voilà... je dépense mes sesterces dans un cybercafé en attendant le bon vouloir de France Télécom. Vive le XXIe siècle !

samedi 9 février 2008

Victor Hugo juge Napoléon le petit

Victor Hugo photographié par Nadar

Une des meilleures maisons d'édition française, Actes Sud (située dans ma belle ville d'Arles), a réédité l'an passé "Napoléon le petit" pamphlet de Victor Hugo qui critique Louis-Napoléon Bonaparte. Ces quelques extraits qui suivent ont aujourd'hui une saveur particulière pour qui sait regarder notre vie politique avec lucidité :

"… Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.
(…).
On est de son cercle intime ; il laisse entrevoir un projet qui semble, non immoral, on n’y regarde pas de si près, mais insensé et dangereux, et dangereux pour lui-même ; on élève des objections ; il écoute, ne répond pas, cède quelquefois pour deux ou trois jours, puis reprend son dessein, et fait sa volonté.
Grâce à cette façon de faire, il a toujours à son service l’inattendu, grande force ; et, ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que les autres hommes appellent conscience, il pousse son dessein, n’importe à travers quoi, nous l’avons dit, n’importe sur quoi, et touche son but.
Il recule quelquefois, non devant l’effet moral de ses actes, mais devant l’effet matériel.
Dans ses entreprises il a besoin d’aides et de collaborateurs ; il lui faut ce qu’il appelle lui-même "des hommes". Diogène les cherchait tenant une lanterne, lui il les cherche un billet de banque à la main. Il les trouve. De certains côtés de la nature humaine produisent toute une espèce de personnages dont il est le centre naturel et qui se groupent nécessairement autour de lui selon cette mystérieuse loi de gravitation qui ne régit pas moins l’être moral que l’atome cosmique.
(…) Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte.
En attendant, depuis sept mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, pris des millions, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue ; il s’est épanoui dans sa laideur à une loge d’Opéra…
Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas…. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît […] dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clefs bien faites. Tout est là. … Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur."

Hélas le grand Victor nous manque cruellement aujourd'hui, et on imagine s'il revenait demain dans notre république, sous ce nouveau règne, la littérature que son génie saurait nous produire pour mieux défendre la liberté et la démocratie.