mercredi 21 janvier 2009

Rien de secret, rien de super !

Conceptualisé il a plus de 10 ans, alors que le ouaibe 2.0 restait à inventer, ce titre qui se moque de Lavoisier a été emprunté à Alx de Casa (qu'il en soit remercié) parce qu'il résume ce qu'il faut attendre des réseaux sociaux.

Cette paternité littéraire étant clarifiée, l'actualité nous offre un téléscopage de nouvelles assez geeks qu'il me semble pertinent de confronter.

• Dans un premier temps, Le Monde nous montre des destins modifiés par l'usage inconsidéré d'internet :

Observés par le trou de la serrure !

La CNIL a été sollicitée il y a peu par une victime collatérale du Net : "Lors d'un entretien d'embauche, un jeune homme s'est vu présenter une photo de ses fesses. Ses employeurs potentiels l'avaient trouvée sur Internet. Cette image était la conséquence d'une soirée arrosée. Il n'a pas eu l'emploi."

Un magazine, Le Tigre, a volontairement étalé la vie d'un internaute, en piochant dans les bases de données du web 2.0. Celui-ci, alerté par un ami de la diffusion de ce portrait, a d'abord pris la mésaventure à la légère. "Mais quand j'ai commencé la lecture, cela m'a fait pâlir".

Ces mésaventures illustrent la complexité de la galaxie Internet. "Le fait même d'entrer dans ce type de réseau, souligne M. Türk, président de la CNIL, revient à accepter de réduire son périmètre d'intimité."

"Les nouvelles technologies favorisent la confusion des espaces publics et privés, renchérit Dominique Pécaud, sociologue à l'université de Nantes. D'un côté, on glisse vers une privatisation des espaces publics, via notamment la vidéosurveillance. De l'autre, on expose sa vie privée dans des espaces qui sont presque publics. On assiste à un recentrage sur l'individu, comme s'il devenait une institution."

• A l'inverse, s'il peut faire disparaître l'intimité, Internet peut favoriser l'anonymat a des fins délictueuses, comme l'explique Rue 89 :

Anonymes, les terroristes ont les coudées franches

Un rapport d’enquête du gouvernement indien, destiné à éclairer les circonstances des attentats commis le 28 novembre dernier à Bombay a mis en valeur le rôle décisif des communications téléphoniques passées par l’intermédiaire du réseau Internet.

L’anonymat en ligne entre ainsi de façon fracassante dans l’arsenal terroriste. Premier exemple: les hommes affiliés à Al Qaïda qui ont attaqué le World Trade Center le 11 septembre 2001 ont utilisé pour communiquer un réseau de sites Internet organisé en cascades. Même procédure donc pour les terroristes d’origine pakistanaise qui ont attaqué Bombay qui avaient acheté des numéros de téléphone « virtuels ». Ainsi la téléphonie par Internet offre aujourd’hui une gamme de techniques garantissant l’anonymat. Celui-ci est organisé notamment autour du système Tor, initialement conçu pour se protéger contre la censure. Grâce à ce système, les adresses IP apparentes ne correspondent plus aux ordinateurs utilisateurs, mais à des machines choisies par le logiciel de façon aléatoire.

Le problème est inquiétant: il est possible de masquer totalement son identité en usurpant des adresses électroniques. En vérité ces techniques sont bien connues des spécialistes et utilisées par les terroristes, les hackers et les agents des services secrets de tous bords, en complément de moyens comme les cybercafés ou hotcafés.

• Puis c'est le journal La Croix qui nous montre le destin de Barack Obama transformé par sa victoire électorale axée sur le bon usage d'Internet :

Obama adepte de la cyber-gouvernance ?

Barack Obama sera-t-il un président 2.0 ? Continuera-t-il à utiliser le Web 2.0, ses réseaux sociaux et ses outils de mobilisation et de récolte de fonds, durant son mandat ? C’est la question que se posent les spécialistes de la « net-politique ». Car depuis l’élection du nouveau président, l’équipe web d’Obama n’a pas chômé.

Quelques jours seulement après la fin de la campagne, était lancé Change.gov. A la différence du site de campagne, Mybarackobama.com (surnommé MyBO), ce site n’était pas destiné à recruter des sympathisants actifs sur le terrain, mais à recueillir les idées et opinions des internautes au travers notamment d’un cahier de doléances qui doit être remis à Barack Obama.

« Le but était de continuer à solliciter les 13 millions d’inscrits à MyBO en leur donnant une prise de parole dans un calendrier qui n’est pas celui de la mobilisation », explique Nicolas Vanbremeersch, consultant en matière de communication en ligne au sein de l’agence Spintank.

Internet reste aussi un instrument puissant de mobilisation. « Le contact direct avec l’opinion permet de l’utiliser comme levier pour des réformes qui ne seraient pas acceptées au Congrès », analyse Nicolas Vanbremeersch. Les sympathisants d’Obama pourraient ainsi être sollicités pour envoyer des courriels à leurs représentants réticents.

Y a-t-il dès lors un risque de perte de contrôle ? « Non, selon Micah Sifry, co-fondateur d’un site d’analyse de la net-politique, Techpresident.com, car aucun véritable pouvoir de décision n'est donné aux internautes. Cela peut au contraire permettre de jouer un rôle d’exutoire contre lui et d’apaiser une colère naissante. »

• Enfin, le mystère de désirs d'avenir se dévoile...

Quand Ségolène en rajoute, Arnaud en retire

Ségolène Royal affirme d'autre part que des conseillers de M. Obama étaient venus voir son site de campagne pour s'en inspirer (BFM tv le 20-01-2009), démontrant son savoir faire dans ce domaine. De son côté, Arnaud Montebourg module : "C'est Howard Dean, chef du comité national du parti démocrate, qui a mis tout cela en place, il y a longtemps, il y a quatre ans. C'est lui qui a théorisé l'utilisation de ces nouvelles technologies".

6 commentaires:

b.mode a dit…

Fort jolie serrure, ma foi !

Rimbus a dit…

pas mal, hein ?

Monsieur Poireau a dit…

C'est amusant ce jeu entre internet qui dévoile tout et l'anonymat de quelques uns !
Evidemment, on ne trouve sur la toile que ce qu'on veut y mettre…

[Comme j'aime bien la revue le tigre, je mets leur adresse de site : http://www.le-tigre.net/].
:-))

Anonyme a dit…

Hé hé !

(syntax error ; […]sont (étaient) les publicitaires, surtout les rédacs […])

…vu que tout se transforme.

Alx de Casa
Commentateur anonyme.

Post pseudum : c'est qui la dame ? on peut la trouver such'web ?

Anonyme a dit…

Oh ! ben nous v'là bien, voilà qu'est ce qu'on lit dans l'wikipedia :

La maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » est injustement attribuée à Lavoisier. Celle-ci doit être attribuée à Anaxagore de Clazomènes; le thème est l'énergie, ce qui n'a aucun rapport avec les travaux de Lavoisier.

Si si, c'est ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Lavoisier

toutefois, ils disent en haut que l'article ne cite pas suffisamment ses sources. C'est pas comme l'Ami Rimbus, Que Son Nom Soit Glorifié !

Alx de Casa

Rimbus a dit…

Merci Alx de ces précisions, je reconnais là ton sens aiguisé de l'exactitude.

Monsieur Poireau c'est un plaisir de te voir commenter ici. J'ai mis le lien dans le texte (merci).