jeudi 29 janvier 2009

Woerth speaks, and it's not worth much


Le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth a réaffirmé mardi que les grèves et manifestations prévues jeudi à l'appel de l'ensemble des syndicats ne sont "pas adaptées" à la situation du pays et qu'il y a "d'autres moyens de se faire entendre". Le ministre du budget parle de la crise. C'est son rôle. Son point de vue, c'est que les français doivent être solidaires et travailleurs. Soumis et corvéable pourrait-on dire.

Mais les français en ont assez. Assez de la crise qui se profile (on a encore rien vu) et de la politique liberticide de Sarkozy. L'argent n'est pas le seul besoin des hommes, il n'y a qu'à l'Elysée, Neuilly ou à Manhattan que la valeur d'un homme se juge à la valeur de son compte en banque. La dignité est aussi nécessaire à l'homme moderne. Dignité et humanisme.

Que les grévistes "bougent, qu'ils deviennent un acteur de la sortie de crise. Qu'ils se remontent un tout petit peu les manches, qu'ils se mettent à travailler à l'unité du pays", a prôné M. Woerth. Amusante déclaration au moment précis où le taux de chômage français atteint des sommets, et que monsieur le ministre déclare vouloir poursuivre le "dégraissage" de la fonction publique.

Nous pouvons répondre à M. Woerth qu'au delà de la crise économique, il y a la crise politique. Que les français manifestent aussi contre l'arbitraire, le contrôle des médias au profit des grands groupes, la mise sous tutelle du parlement, de la Justice, les cadeaux fiscaux aux plus riches, l'accroissement des inégalités. Que ne rien dire et courber l'échine, serait une soumission indigne.

Les citoyens français ne laisseront pas une clique de politiciens fouler aux pieds les principes de notre démocratie. Crise ou pas crise. La colère qui monte n'est pas liée qu'à la crise, les pauvres ne seront pas plus pauvres demain, contrairement aux nantis, mais ils défendront avec force leur dignité et leur liberté, seules vraies richesses de l'honnête homme.

On notera avec intérêt que madame Woerth est responsable de la gestion de la femme la plus riche de France, madame Bettencourt, qui a récemment perdu gros dans les martingales frauduleuses de Bernard Madoff.
Ceci rajoute un peu plus de crédibilité à son ministrissime époux.

4 commentaires:

cassiope a dit…

C'est vrai qu'il n'y a pas que l'argent et le pouvoir d'achat. Ce gouvernement saisit toutes les excuses pour réduire nos libertés. Ils veulent jouer à l'autruche, nous prendre pour des cons en faisant les nababs à l'Elysée. DEHORS !

janfismet a dit…

Oui, mais pour eux, il n'y a que le pouvoir et l'argent, et justement, ils sont pas près de les lâcher. Ils n'agissent même que pour ça, préserver leur magot et leurs privilèges. Bref, pas d'illusion à avoir : ils sont là pour encore longtemps dans la France d'en haut... et nous continuerons à le payer cher.

Rimbus a dit…

janfi, tu es un sans-culotte.
Nous pendrons les uns avec les tripes des autres. Mes amitiés au facteur.

janfismet a dit…

"(...) Les socialos n'ont rien fait,
Pour abréger les méfaits,
De l'infamie capitaliste,
Heureusement vient l'anarchiste.
Il n'a pas de préjugés,
Les curés seront mangés,
Plus de patrie, plus de colonie,
Et tout le pouvoir il le nie.

Encore quelques beaux efforts,
Et disons qu'on se fait fort,
De régler radicalement,
Le problème social en suspend.
(...)
L'avenir radieux prend place,
Et le vieux monde est à la casse."

La Java des Bons-Enfants, chanson anarchiste généralement attribuée à Raymond la Science (bande à Bonnot).
Bonjour chez vous.