samedi 21 mars 2009

un Herisson qui ne manque pas de piquants


Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées. HERISSON. C'est du langage militaire ; le militaire aime bien les images simples.

Et oui, la France qui rentre de plus en plus activement dans l'Otan ne pouvait que suivre l'exemple de son allié (devrait-on dire son suzerain ?) américain qui possède le merveilleux NSA.
Le Herisson français se propose ni plus ni moins que d'ausculter, analyser, l'ensemble des informations circulant sur
tous les médias, radio, TV et internet compris.
On pourra en découvrir la totalité sur ce lien Google Doc (le système Herisson.)

Alors c'est sûr, la loi Hadopi, avec ses gentils emails préventifs, semble une bien petite épine face aux aiguilles empoisonnées de cet outil qui semble renvoyer l'affaire des écoutes de l'Elysée à l'époque des fiches de Joseph Fouché.

le système est à rattacher à un appel d’offres lancé en 2007 par le ministère de la défense, la délégation générale pour l'armement, la direction des systèmes d'armes et le service centralisé des achats. Le marché public a pour objet « la Conception, réalisation et évaluation d'une plate-forme dédiée au traitement des sources ouvertes pour le renseignement militaire d'intérêt stratégique ». L’appel d’offres a une durée minimale de 36 mois à compter de la notification du marché et est en phase avec ce cahier des charges. Dans ce fameux cahier des clauses techniques particulières (CCTP), on découvre ainsi que le système vise à glaner à peu près tout ce qui passe sur les réseaux aux fins notamment de renseignement militaire d'intérêt stratégique. On peut le voir dans le tableau ci-dessous que par exemple tous les contenus qui transitent sur les chats IRC, les mailings listes, les forums, les réseaux sociaux, les Newsgroups, les flux RSS, les blogs, podcasts, et les systèmes P2P feront l’objet d’une surveillance approfondie, avec une priorité soit « importante » soit « primordiale » selon les flux. La plate-forme est destinée à être installée au centre d'expertise parisien (CEP) d’Arcueil indiquent les pages.

Mais c’est surtout dans la section « Exigences » qu’on apprécie l’ampleur du système Hérisson. Il est calibré ainsi pour accéder à n’importe quel contenu ((texte, image, son et vidéo), quel que soit les langages utilisés « HTML, PHP, ASP... ) ») en prenant en compte « la problématique des liens «cachés» en extrayant les liens a minima dans les applications flash contenues dans une page, les codes Java Script ». Hérisson sait aussi collecter et stocker le contenu complet d'un site FTP ou collecter simplement son arborescence, sait télécharger les fichiers disponibles sur un réseau P2P. (Source PCinpact)

La liste ne s'arrête pas là, même si elle est déjà bien étoffée : Herisson devra détecter et identifier une personne à travers une vidéo mais aussi assurer la classification d'objets contenus dans une image comme une personne, un véhicule, un meuble, un super ordinateur, une X-Box 360, un pirate qui télécharge, ah non pas ça ! Toutes ces données seront classées dans un système super complexe de métadonnées qui devrait permettre à l'armée de retrouver les contenus en fonction de leurs sources, leurs contextes, des textes qui les constituent, etc...

En Angleterre, la danse s'éxécute sur la même mélodie :
Vernon Coaker, le ministre de la sécurité intérieure, a déclaré : "Les sites de réseaux sociaux tels que MySpace ou Bebo ne sont pas concernés par cette directive". "C'est l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement tente de déterminer les solutions à mettre en place dans le cadre du Programme de Modernisation de l'Internet".
Cela fait plusieurs mois que le Royaume-uni travaille à la mise en place d'une énorme base de données regroupant les informations numériques, en terme de SMS, e-mails, historique des navigateurs internet etc... Cette base de données devrait servir aux forces de l'ordre comme référence et sera consultable par plusieurs organismes tels que le FBI, le MI5 ou la CIA. Richard Clayton, expert en sécurité à l'université de Cambridge déclarait au magazine ZDNet que le gouvernement voulait collecter l'ensemble des données sur les personnes seulement au cas où ils en auraient besoin.

(source extremepc)

Vous pensiez peut-être que l'Etat n'avait de cesse d'investir dans un réseau de plus en plus performant, étendu, omniprésent, que pour nous laisser nous ébattre a satiété en toute liberté, montrant nos fesses sur Youtube, faisant des blogs un recensement exact de nos pensées, et cela pour notre bon plaisir exclusif ?
On est alors en droit de se demander quel est le rôle exact de Google, acteur majeur de nos divagations internautes qui tend à monopoliser cet espace sous haute surveillance. C'est ce que fait Raphael Anglade dans cet indispensable article.

Dormez bien les Bisounours :)

6 commentaires:

dima a dit…

ça craint et tout cela est effrayant.

Merci pour l'article d'Anglade : la face cachée de Google...

Rimbus a dit…

Amusant pas vrai ?
Comme quoi mieux vaut assumer ce qu'on fait... Internet c'est rien de secret, rien de super, comme dirait mon pote Alx de Casa !

Ferocias du Blog Les Peuples du Soleil a dit…

Bon, je retourne à ma Ronéo et mes stencils dans la cave moi, c'est plus sûr ;oD

Le coucou a dit…

L'avenir est à Super Big Brother!

Rimbus a dit…

@ ferocias : oui la bonne vieille roneo est encore sûre (à condition de porter des gants)

@ Le coucou : l'avenir... ou le présent ?

Patrick C a dit…

Franchement, si l'armée (et au travers d'elle les services de contre-espionnage) faisait un système de surveillance qui n'inclue pas tous les systèmes de communication ouvert, n'importe quel technophile les aurait traité de charlot. Or donc, l'armée se fait un Google à sa sauce dont elle contrôle le remplissage. Vous ne vous rappelez pas des gag lorsque Google a ajouté les PDF aux documents indexés? Donc beaucoup de bruit pour rien.

Il n'est pas scandaleux que l'Etat suive ce qui se passe et il serait plutôt scandaleux que des zouaves arrivent à faire le moindre attentat en l'aillant préparé au vu et au su de tout le monde. Il est surtout gênant en France qu'il n'y ait pas de véritable contrôle parlementaire qui pourrait en permanence aller vérifier du bon usage de ces outils, qui pourrait en dénoncer les abus d'accès aux données. Une CNIL avec de vrai pouvoir serait par exemple un plus, associé à un pouvoir parlementaire.