Dans le billet précédent, je me faisais une idée de l'intérêt qu'il y avait à agiter le drapeau sombre de la peur. Ben Laden, Al Qaïda, Taliban, Ultragauche, Black Blocks, bandes ou gangs semblent parfois des épouvantails destinés à terroriser les pigeons que nous sommes. Convenablement effrayés, nous acceptons tout pourvu qu'on nous rassure (guerre, régime policier, surveillance de la presse et des citoyens...).
Je me réfère encore à ce texte magnifique de Tocqueville dans lequel il dit, visionnaire :
"Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître".
Nicolas Sarkozy est apparu, porté par ses promesses d'ordre et d'argent.
Alain Bauer dont je taillais le costard hier, a souvent écrit des livres avec Xavier Raufer, on peut donc supposer entre eux une complicité intellectuelle.
Raufer est un de ces agitateurs de la terreur, un nouveau Pierre l'Ermite qui appelle à la croisade contre l'infidèle, le voyou... la décadence ?
Raufer a par le passé appelé à un Ordre Nouveau. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Cette petite intervention de Raufer ci-dessus, mine de rien, résume bien la paranoïa qu'entretiennent ces marchands de peur.
Elle est alarmiste et approximative, comme si les apaches d'il y a un siècle à Montmartre était de gentils anges, et que la violence urbaine était une invention du XXIe siècle. Elle omet de dire qu'il y a aussi des coups de feu tirés par des retraités sous l'influence des discours sécuritaires, par des flics au bout du rouleau ou des militaires traumatisés par les combats néo-coloniaux.
Ci dessous, un meeting d'Ordre Nouveau en 1971, le groupe d'extrême droite qui a été le berceau de Raufer, dans lequel la racaille, les terroristes, le gauchisme sont déjà des mots rassembleurs, que l'on retouve toujours aujourd'hui chez les vendeurs de sécurité. Un document pénible de 14 minutes qui n'est pas sans intérêt pour qui veut reconnaître un discours extrémiste qui ne change pas malgré les années.
9 commentaires:
Il n'est pas pénible ton dernier documentaire. Il est instructif. Une France moisie qui perdure jusqu'à maintenant. Elle est plus à l'aise dans l'expression que Sarko a réussi à décomplexer.
Un Merci dominical.
Je pense que tu as lu ça…
http://www.facebook.com/ext/share.php?sid=86171374803&h=9bzEJ&u=36Aiz&ref=nf
Tu aurais pu tout aussi bien faire référence au "Discours De La Servitude Volontaire" de La Boétie.
En réalité, un peuple qui accepte d'être fiché, "radarisé", vidéosurveillé, "fliqué", "Hadopisé", c'est quoi ? C'est qui ?
Sinon un peuple qui sacrifie l'essentiel, sa liberté, pour une illusoire sécurité ?
Tout a fait d'accord avec votre article, merci
@ dima : édifiant document n'est-ce pas ?
@ cécile : non je n'avais pas lu, intéressant...
@ Philipe Sage : je ne connais pas ce discours de la Boétie, je vais combler cette lacune !
@ jean : you're welcome
Votre angélisme vous perdra, vous ne connaissez rien de la criminalistique.
@JNBC
je te conseillerais de bien relire les TOUS les articles ou discourt de ce Raufer et de ces petits amis. Amalgame systématique pauvreté = exclusion. Du coup comme pauvreté ne coïncide pas systématiquement avec criminalité, l'exclusion n'a rien à voir avec criminalité donc envoyons plus de flics.
Jolie discours qui justifie toutes les thèses extrémistes. Seulement l'exclusion n'est pas uniquement une affaire de pauvreté. Du coup quand on commence à prendre quelque chose de plus proche du type exclusion = pauvreté + racisme et rejet ambiant. La corrélation entre exclusion et criminalité apparait soudainement. Enfin je ne suis pas un spécialiste de la criminalité d'autres expliqueront ça bcp mieux que moi.
Un soldat de plomb de l'Occident
Xavier Raufer, recyclé d'extrême-droite, et Alain Bauer, deux rescapés, par procuration, du goulag, nous promettaient, en 2002, le pire! « La guerre ne fait que commencer ». Cette année-là, l'année du Front républicain, ils n'étaient pas les seuls pieds-nickelés à crier, aux armes! Nous voulons une autre façon de gouverner. Selon un credo policier tout neuf: un homme, une loi. En somme, à chaque Français, son code personnalisé. Les VRP multicartes (Défense de l'Occident, Ordre Nouveau, UIMM, UMP) de la Sécurité avancent, depuis longtemps, main dans la main électorale des VIP. Et aujourd'hui, plus que jamais, ils sont de mèche. Mais la France présidentielle, tirée de son rêve de corruption tranquille, a voulu, par souci de réalisme, en faire cadeau, à tout le monde, au son d'un énorme dzim boum boum médiatique, qui a, grosso modo, pour nom de code: peur immuable! Huit ans, plus tard, où en est-on? Ça empire, tout est pour le mieux. Ce résultat-là, contradictoire, en chantent nos deux compères. Experts en philosophie criminelle, ils l'assimilent sans peine. La vérité chiffrée n'est pas la vérité vécue, tout simplement. Et donc une diminution de la délinquance n'est pas incompatible avec une intensification du sentiment national d'insécurité. De ce point de vue, on peut même prévoir qu'avec le dernier délinquant, le monde connaîtra le pire! Une peur maximum. Si la dernière élite européenne est d'une complexité véritablement spectaculaire, sans état et sans police, elle est aussi inoffensive qu'une merde sur le trottoir.
Cette assurance-vie, Raufer s'emploie à la renforcer. La main invisible du crime le pousse en avant, vite! Il la saisit au moyen de cinglants articles, aux titres aussi ésotériques que « de quoi Tarnac est-il le nom? Herméneutique d'une sombre histoire ». C'est donc clairement une arnaque providentielle. Il balance également des études, si l'on ose dire, explosives, dont les titres allégoriques font planer un continent de menaces: « et soudain s'est profilée la face noire de la mondialisation » et des cours d'économie, de la plus belle eau libidinale, comme « sous la neige, les autruches ». Il y a là globalement la révélation stupéfiante que voici: les sociétés sont, certes, de plus en plus violentes, mais attention! Ce n'est ni faute de bonne société, ni faute de de bonnes actions. C'est, en fait, une question de bon ou de mauvais gouvernement qui, à pompier, pompier et demi, font les bons et mauvais peuples, quoique le peuple en soi, rétif, ne soit pas un mauvais bougre. Complexité toujours. Et au vu du chaos mondial, dont la mondialisation, incarnée à forts sons de cornemuses médiatiques, sort indemne, grâce à ces anges exterminateurs d'un nouveau type, pas de tarot criminel, sans solide excuse, la question se pose fatalement: qu'est-ce qu'un bon gouvernement? Sans doute un gouvernement, allô, police, ici guignol, c'est l'heure de l'élection! Mais c'est peut-être un peu manichéen. L'image semble encore filoutée. Un précis des racines nébuleuses de la terreur s'impose.
(lire la suite sur 1847.overblog.com)
je connaissais pas mais c'était des visionnaires les mecs. effectivement 40 ans après les gauchistes alliés aux bourgeois marchands ont foutu le pays en l'air sur le dos du peuple.
y a que les racailles d'arabes qui nous pourrissent la vie avec leur musique de merde dans les trains de banlieues qu'ils avaient pas prévu! olé!
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