Manuel Valls s'est exprimé, hier en fin d'après midi sur son blog, sur la nécessité d'envoyer plus de soldats en Afghanistan :
" Ma position est claire : l’envoi de soldats supplémentaires est une nécessité".
Son argument est simple. "La guerre menée en Afghanistan n’est pas celle de l’Amérique, mais bien celle de la communauté internationale contre l’un des foyers majeurs du terrorisme" écrit-il.
Je note simplement que ce "terrorisme" afghan n'a jamais concerné que l'Afghanistan lui-même. Si les "bureaux" d'Oussama Ben Laden et d'Al Qaïda se trouvaient bien en Afghanistan il y a 10 ans, aucun Afghan ou Pakistanais n'a participé à l'attentat du 11 septembre. Les nationalités des terroristes impliqués étaient les suivantes : un Libanais, deux provenant des Émirats arabes unis ; Mohammed Atta était de nationalité égyptienne. Tous les autres étaient saoudiens.
D'autre part, malgré une occupation militaire pendant 9 ans de l'Afghanistan, le terrorisme international n'a pas cessé, il s'est même renforcé, et les attentats de Madrid ou de Londres montrent que le noyau du terrorisme (Al Qaïda ?) n'est plus en Afghanistan, mais que le terrorisme est maintenant disséminé dans de nombreuses cellules dans le monde.
Comme Barack Obama ou Nicolas Sarkozy, Valls simplifie le problème pour mieux l'évacuer.
Comme si notre sécurité en Europe dépendait des affaires afghanes. D'après eux, tous les insurgés Afghans sont des taliban, donc des terroristes qui veulent mettre des bombes dans nos pays occidentaux. Obama, dans son discours d'Oslo où il recevait le prix Nobel de la Paix, frôle même le point Godwin pour justifier cette guerre Afghane en expliquant qu'il a bien fallu une guerre armée pour arrêter Hitler, suggérant ainsi que les insurgés Afghans sont comme des nazis (alors que l'Afghanistan n'a jamais mené de guerre de conquête, mais qu'il a sans cesse été attaqué depuis un siècle).
Je rappelle aussi que les nazis qui occupaient la France traitaient eux aussi les résistants français de terroristes (une comparaison abusive en vaut une autre).
Bien sûr, on ne peut qu'être horrifié par le régime qu'avait mis en place le Mollah Omar : les femmes voilées d'un voile intégral, des éxécutions publiques... Tout cela est en effet inacceptable.
Inacceptable en Afghanistan, mais tout à fait acceptable en Arabie Saoudite, n'est-ce pas ? (En 2007, les plus gros acheteurs d'armes française étaient l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, comme quoi, la morale est soluble dans la vente d'armes)
Mais Manuel Valls continue de croire que la coalition occidentale peut gagner la guerre en Afghanistan, alors que tout indique que des négociations sont déjà en cours pour composer avec certains chefs de guerre (dont Hekmatyar, le chef du Hezb-e-Islami qui a revendiqué l'attaque d'Uzbin et qui serait en rapport avec des agents de Washington). "Réélu dans des conditions controversées, Karzaï a prêté serment la semaine dernière. Dans son discours d'investiture, il a prôné une réconciliation avec les insurgés islamistes" indique le journal Le Point, une position défendue depuis plus d'une année déjà.
Négocier avec ses adversaires pour leur accorder une part de pouvoir me semble plus un aveu de défaite que de victoire…
Manuel Valls se moque de nous, et sa prise de position belliciste est encore un soutien à l'engagement de Sarkozy dans cette sale guerre.
Une position contraire à celle du PS (et de la grande majorité de l'opinion française), un parti dans lequel Valls n'a vraiment plus rien à faire :
"La France ne doit pas envoyer de soldats supplémentaires. Le Parti socialiste demande, au contraire, la réunion d’une Conférence internationale sous l’égide de l’ONU, avec la participation de toutes les composantes de la société afghane ainsi que des pays voisins de l’Afghanistan, pour réfléchir à une solution politique. Cette guerre ne peut et ne doit pas durer indéfiniment au risque de déstabiliser l’ensemble de la région" (communiqué officiel du PS du 30 novembre 2009).

8 commentaires:
Gagner une guerre. Je pense que ces mots ne s'appliquent plus au XXi eme siecle. L'occupation ne garantit pas le retour aux libertés, la résistance oeuvre dans l'ombre. Dès lors, l'envoi de troupes est inutile. La situation doit suivre son cours par la voix du peuple. Valls ne comprends rien, il n'a qu'à aller au front, juste pour voir. Il changera pitetre d'avis !
soit Valls participe à la propagande de Sarko (on va voir si il envoie aussi des renforts), soit c'est un imbécile qui ne connaît pas ses dossiers. Quel besoin a-t-il de s'exprimer ainsi publiquement si ce n'est pour se démarquer du PS et se rapprocher (encore) de Sarkozy ?
De pire en pire VALLS ! bravo Rimbus
@ +
Bésitos
@Eric citoyen : un futur Besson.
Faut l'expulser !
Valls? Ah oui, "White Spirit", l'homme qui trouvait qu'il y avait trop de bougnoules et de négros (je ne crois pas qu'il ait utilisé ces termes-là) le jour de marché dans sa bonne ville d'Evry, celui qui voulait forcer à une épicerie halal à vendre porc et alcool, et celui qui n'aime pas le mot socialiste? Quelle surprise. Vraiment.
@Nicolas : l'expulser du PS, oui.
@Ibn Kafka : salut K. C'est bien de celui-là dont on parle. Comment va le rond point Mers Sultan ?
Monsieur,
J'ai eu l'occasion de lire l'article de Manuel Valls sur le fait d'envoyer plus de troupes en Afghanistan. A la suite de quoi j'ai lu votre billet.
Vous accusez Valls de faire une mauvaise analyse, mais vous n'avez visiblement pas bien compris le sens de son article et la position qu'il prend. A moins que cela ne soit volontaire - histoire de mieux le tacler?
En réalité, Manuel Valls tient la position suivante : Non seulement il ne fait pas se retirer de l'Afghanistan, mais en plus il faut renforcer les troupes. Et je cite : "renforcer la présence militaire en redoublant d’effort sur la sécurité de la population, la formation des forces afghanes et la reconstruction du pays"
La critique que vous faîtes ne tient donc pas debout. En revanche, vous auriez pu faire analyse bien plus pertinente en remarquant la véritable erreur de Valls.
En effet, dans son article il parle de "sécuriser la population", rendre une "stabilité" au pays. Mais en réalité, derrière ces mots ce cache le mot "démocratie". Finalement, à travers son article Valls affirme qu'il faut établir une véritable démocratie en Afghanistan. Mais il semble ne pas voir que la population Afghanne ne semble pas vouloir de cette démocratie que nous - pays occidentaux - essayons d'imposer dans cette région. Il y avait là de quoi attaquer l'article par une bien meilleure voie que celle que vous avez choisi...
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