samedi 28 février 2009

Nos valeurs sont-elles universelles ?


Un commentaire de mon ami Alx de Casa, sur ma dernière note contre l'engagement en Afghanistan, mérite un développement.
Il soulève la question de nos valeurs occidentales issues de la philosophie "des lumières" née en Europe au XVIIIe siècle et qui fondent notre conception moderne de la démocratie.
Ainsi, d'après lui, ces valeurs justifient notre engagement militaire en Afghanistan.
Et pourtant...

40 ans avant le règne des talibans, dans un Afghanistan souverain, le port de la burka était bien présent :
Dans un extrait vidéo à visionner absolument pour comprendre l'afghanistan, consultable sur le site de l'Ina, J. Kessel raconte que la fille d'une française mariée à un prince afghan porte la burka, non pas sous la contrainte, mais parce qu'elle est "afghane", comme dit sa mère qui n'y peut rien. Dans un autre extrait il raconte qu'une femme avait le choix entre être libérée de sa peine de prison de 10 ans si elle se laisse filmer a visage découvert. Elle refuse, devant un Kessel éberlué.
Les talibans n'ont rien inventé.

Nos efforts pour combattre le fondamentalisme pachtoune sont peut-être même contre-productifs. L'alcoolisme enraciné dans notre culture (le sang du Christ), l'aspect laïc de notre monde, son exhibitionnisme sexuel banalisé depuis les années soixante, sont difficilement conciliables, défendables même, face au rigorisme des musulmans radicaux. Quand madame Laura Bush affirmait que les victoires militaires des Américains en Afghanistan avaient libéré les femmes et leur avaient permis « d’écouter de la musique et d’envoyer leurs filles à l’école », on est en droit de penser qu'au contraire, la violence de 30 années de guerre a placé la femme afghane dans une situation de soumission plus grande encore face à l'homme combattant.

La valeur militaire des résistants afghans, c'est à dire des fondamentalistes (armés naguère par ceux-là même qui les combattent aujourd'hui), n'est-elle pas une victoire de la vertu religieuse ? Balayé l'athéisme socialiste des soviétiques, vaincue l'alliance de l'occident dépravé qui soutient les juifs israéliens, et qui n'arrive toujours pas à s'imposer malgré sa technologie supérieure. Un signe du ciel, vraiment, qui montre bien la supériorité de la morale musulmane à qui veut la voir...

Ainsi, au nom de nos valeurs occidentales, de leur universalité supposée, il faudrait par la force changer les coutumes de ces civilisations millénaires que nous jugeons archaïques et indignes de persister. Joseph Kessel, encore lui, songeait en 1965 à ce progrès qui gagnait l'Afghanistan traditionnel. Dans une dernière vidéo, il déclare que le progrès est un mouvement inexorable et c'est de la tendresse que lui inspire ce Kaboul antique encore épargné par la modernité, peuplé depuis des siècles de femmes en burka. Un afghanistan d'avant guerre, avant que des forces étrangères n'y sèment la ruine et la désolation, plus que le progrès et la prospérité....

A trop vouloir bien faire, à se mêler des autres civilisations en exportant nos valeurs, aveuglés par cet orgueil qui nous fait croire que nous détenons la seule vérité, à vouloir imposer un prétendu bonheur caractérisé par un système économique fou qui a pourtant démontré son absurdité, nous sommes prêts à bombarder des maisons de torchis en sacrifiant femmes et enfants, poussant un peu plus la population du côté de ceux qui résistent, les chefs de guerre fondamentalistes.

Bien sûr nous nous insurgeons avec raison contre la destruction des bouddhas de Bâmyiân, en oubliant qu'avant Viollet-le-Duc nous agissions de même dans notre vieille Europe en démontant les édifices antiques pour reconstruire du neuf... et que dire des révolutionnaires français qui ont décapité les statues de pierre des églises comme ils guillotinaient leurs rivaux du moment !
Sommes nous donc devenus si purs jusqu'à être lavés des fautes de nos ancêtres ?


Nous sommes toujours comme ces colons missionnaires des années 30, un fusil dans une main et une bible dans l'autre, qui refont le monde et ses limites pour le salut de l'humanité.
Combien de millions de morts a causé leur vision occidentale cartésienne (avec ses frontières pragmatiques tracées à la règle), en Afrique, en Asie, ou aux amériques ?

Et puis il faudrait être bien naïf pour se laisser abuser par des raisons morales, comme si l'âme ou le bien être des paysans de l'Hindou Kouch nous importait... Les guerres n'ont pour motifs que l'exploitations des richesses territoriales ou énergétiques, la stratégie géopolitiques.
Le cynisme de nos dirigeants nous présente de jolies fables pour toucher notre sensiblerie, de bons gros mensonges basés sur des principes justifiants tous les débordements, et le peuple pétri d'angélisme d'applaudir nos héros tombés au champ d'honneur pour défendre la veuve et l'orphelin. Comme c'est beau. Et le peuple en redemande, il y gagne aussi sa tranquilité spirituelle, persuadé de faire avancer l'axe du bien contre celui du mal. Magie de l'idéologie qui fait tout accepter et empêche d'y voir clair. Merveilleuse propagande qui subjugue et fait d'un agneau un loup, ou l'inverse, selon les besoins.
A découvrir sur le site du Monde les images de propagande de l'armée française :


Mais on ne converti jamais par la force, et la morale qui guide un peuple est toujours subjective, singulière. Apprenons plutôt à respecter les différences de l'autre, à les comprendre sans a priori, et regardons-nous attentivement et avec lucidité avant de jeter systématiquement l'opprobre sur les particularités d'autrui. Ainsi le monde sera peut-être plus juste, et notre orgueil sera moins destructeur.

Nous en sommes encore loin...

mardi 24 février 2009

L'Otan massacre les civils dans l'indifférence générale

Enfant afghan victime de guerre

La semaine dernière, la mission des Nations unies en Afghanistan a rendu public un rapport évaluant à 2.118 les civils tués dans des violences en 2008, dont 39% par les forces gouvernementales, en majorité au cours de frappes aériennes.

Il y a 3 jours c'est encore 13 civils qui on périt sous les bombes de l'Otan. Les bavures au cours de bombardements des forces internationales en Afghanistan suscitent régulièrement la colère de la population et des autorités afghanes, en particulier le président Hamid Karzaï.

Les français sont prompts à s'insurger contre les massacres perpétrés par Tsahal à Gaza, mais restent silencieux sur les bavures de l'Otan. C'est une autre histoire quand nos parachutistes, des soldats engagés, tombent au champs d'honneur.

Les mensonges du président Sarkozy qui veut nous faire croire que les chefs de guerre Afghans sont un danger pour notre sécurité, poussent nos soldats dans un bourbier duquel ils ne sortiront pas victorieux. Pour mieux complaire à nos alliés américains, les voilà engagés dans une guerre terrible, une guerre d'invasion dont les civils sont les premières victimes.

Alors que Sarkozy veut accroitre encore l'engagement de la France dans l'Otan, de plus en plus de voix s'élèvent contre ce changement diplomatique aux conséquences dramatiques. Avec
Dominique de Villepin, Alain Juppé, Nicolas Dupond Aignan, c'est des pans entiers de la majorité qui rejoignent le camp de l’opposition à l’entrée dans l’Otan.

Si bien que sur cette affaire d’Otan, on pourrait avoir une sacrée équipe d’opposants à la politique du gouvernement : Aubry, Quiles, Royal, Fabius, Chevènement, Védrine, Bayrou, Villepin, Juppé et Dupont-Aignan entre autres...

Pour Sarkozy, mieux vaut un civil afghan mort qu'un civil afghan intégriste.
Merci monsieur le Président de redonner du prestige à notre vieille nation qui s'était déshonorée en ne participant pas à la guerre contre l'Irak.

Merci de signer cette pétition contre l'engagement français en Afghanistan.

samedi 21 février 2009

un aiguillon nommé Guillon

L'autre matin, je me paye une bonne tranche de rigolade en écoutant Guillon sur France Inter, via Dailymotion. Il se tape un délire au sujet de la venue de DSK sur le plateau. Moi immédiatement, ça m'a fait penser à Desproges :



DSK n'a pas trouvé ça drôle. Il a dit que c'était "méchant".
Sur @rrêt sur image Schneidermann embraye aussitôt :

L'impertinence des humoristes (les Guignols sur Canal+, Canteloup sur Europe 1, Guillon et Didier Porte sur France Inter le matin) repose sur un étrange pacte tacite édicté par leurs directions: vous dîtes toutes les bêtises que vous voulez, les enfants, mais c'est de l'hu-mour. On fait semblant de ne pas vous entendre. Vous tambourinez si fort qu'on n'entend que vous, mais vous restez de l'autre côté de la vitre, derrière laquelle les gens sérieux font mine de discuter de choses sérieuses. Moyennant quoi, vous avez droit à tout, et notamment de transgresser toutes les barrières que nous nous imposons, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, entre gens sérieux. (...)

Il ne faut pas s'étonner de l'impunité dont bénéficient ces dérapages. Elle ne tient qu'à l'éternelle réinvention du bouffon. Plus la Cour tremble devant les princes, les principes et les principules, plus le blouffon boufonne (...).

Intéressante analyse...

Cette chronique vaut aussi à Guillon une page dans Libération (image piquée à Gilles Klein sur @si) :

Pour finir, c'est André Bercoff qui enregistre hier une vidéo pour défendre l'humoriste :

Pour remettre les choses à leur place, voici un petit collector (1982), Desproges qui fait le réquisitoire d'un autre Kahn (Jean-François) dans le cadre du Tribunal des Flagrants Délire, déjà sur France Inter, une merveille :


vendredi 20 février 2009

Un chercheur enseignant guadeloupéen, témoigne


Une interview réalisée par plume

Plume, pour le rimbusblog : Bonjour professeur Itasyon, vous êtes chercheur enseignant à l'Université des Antilles et de Guyane, au département de physique, dans le groupe climat (Pointe-à-Pitre) ; quel est votre sentiment sur les événements en Guadeloupe ?

Prof. Itasyon : Bonjour, comme vous l'avez précisé, je travaille dans l'équipe d'E. Hicks chargé des questions du climat. Je peux affirmer que le climat est déplorable en Guadeloupe actuellement. Un Jégo-cumulus allié à un fort vent de Pécresse est annonciateur d'une violente tempête.

Plume : vous êtes en grève actuellement, mais sous quelle étiquette, celle d'universitaire ou à l'appel du LKP ?

Prof. Itasyon : Les 2 mon général ! Et ce n'est pas facile. Mais on a suffisament exploité les créoles. Il faut que ça change. Certains en profitent pendant que d'autres triment. Comme on dit chez nous, A pa sa ka travay plis ka manjé plis.

Plume : Ne croyez-vous pas que cette poussée de violence est contre-productive ? La mort de Jacques Bino est un assassinat d'après Nicolas Sarkozy... qu'en pensez-vous ?

Prof. Itasyon : Bien sûr la violence n'est pas la meilleure des solutions, mais l'exaspération de nos jeunes guadeloupéens vaut bien celle de vos banlieues zoreilles. Et puis rien est élucidé concernant la mort de notre camarade Bino. D’après les premières conclusions du procureur de Pointe-à-Pitre, Jean-Michel Prêtre, la voiture de Jacques Bino a subi trois tirs dont les deux premiers ont visé le côté arrière-droit du coffre de la voiture et le troisième, mortel, a été tiré par la fenêtre ouverte du passager assis à l'avant droit quelques minutes après minuit. Ensuite, au vu de l’impact sur le coffre arrière, le véhicule aurait été atteint par une arme de guerre et non pas par une arme de gros calibre pour tuer du gibier. La balle, qui a laissé un trou plus gros qu’une balle de ping-pong, a traversé le coffre, le dossier du siège arrière puis du siège avant de se loger dans le corps du syndicaliste. Il ne s'agirait pas d'une balle perdue, et puis il faut toujours penser à qui profite le crime. Mais d'autre part, plusieurs sources indiquent que les tireurs auraient avoué avoir pris la voiture pour cible en la prenant pour un véhicule des Brigades anti-criminalité, avec qui ils avaient eu maille à partir quelque temps plus tôt...
Il est encore difficile de savoir ce qui s'est passé, mais la lumière se fera. Ayen ki lanmò pa ni aranjman.

Plume : Nicolas Sarkozy a sorti son carnet de chèque hier, est-ce la fin de la crise ?

Prof. Itasyon : Je n'ai pas encore les consignes du LKP, mais Sarkozy a daigné enfin nous écouter. D'autre part, nous n'oublions pas qu'il préfère visiter Bagdad que Pointe-à-pitre. Il n'est pas aimé dans l'île, et si la métropole avait voté comme nous en 2007, il ne serait pas président. Il le sait, et il nous craint. Mais si le président veut nous contraindre par la force policière, ça ne se passera pas bien. Dyoum chèché, dyoum touvé ! Et puis de toute façon, je reste en lutte avec les chercheur-enseignants. Après Jégo, Pécresse. Le combat continue, Dlo pa ka monté môn.

Plume : Merci prof, et bonne lutte !

Vous m'en mettrez une livre

Bon, me voilà encore embringué dans une chaîne, venue de B.mode mon collègue Leftblogueur de Ruminance, originaire de chez FalconHill à ce qu'il me semble. Bon, je m'éxécute, mais comme l'illustre Toréador, je brise la chaîne. Je suis contre les chaînes, même les chaînes culturelles (encore que je regarde Arte, mais c'est pas pareil). C'est que j'ai des principes.

Plutôt corne ou marque-page ?
Marque-page. Les tickets de train TER sont parfaits, mais j'avais aussi de beaux tickets de l'expo Christian Lacroix au musée Réattu qui m'ont bien servi.

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Mon frangin, le professeur Rimbus, m'a offert le livre de Paccalet il y a un mois, dont je parlais quelques notes plus bas.

Lis-tu dans ton bain ?
La presse magazine (a cause du papier glacé)

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui, enfin, un livre illustré naturellement... Je dirais même plusieurs projets. j'ai bien un projet aussi de contes provençaux basés sur les galéjades d'un vieux chasseur de l'étang de Vaccarès...

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Pourquoi pas... Dune, le seigneur des anneaux, Le Tour du malheur...

As-tu un livre culte ?
pleins bien sûr, mais je pense à "La piste du Lion", la bio de Kessel par Yves Courrière.

Aimes-tu relire ?
Oui, mes livres cultes.

Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimé ?
J'aimerai bien... pour une interview, un jour peut-être.

Aimes-tu parler de tes lectures ?
Oui, je lis surtout pour apprendre, et donc pouvoir argumenter face a des contradicteurs.

Comment choisis-tu tes livres ?
A une époque, ma période parisienne, je restais des heures dans les grandes librairies, genre Fnac, et je fonctionnais par instinct... Maintenant je fréquente la médiathèque d'Arles, et j'emprunte sans me casser la tête, même si ça me plait moyen c'est pas grave. Sinon sur certains bouquins je les réserve chez le libraire. (ce que j'ai fait pour le nouveau Bastien François chez O. Jacob, La constitution de Sarkozy, réservé pour demain chez Harmonia Mundi).

Une lecture inavouable ?
Non... Jours tranquilles à Clichy c'est très honorable. San Antonio peut-être ? et encore !

Des endroits préférés pour lire?
Au pieu. Dans le train.

Un livre idéal pour toi serait ?
un livre sans fin. Ou le "Cabinet noir" de Guy Birenbaum (c'est juste un coup de pub pour un pote).

Lire par-dessus l’épaule ?
Non.

Télé, jeux vidéos ou livre ?
Un peu tout en même temps... jeu video plus maintenant, internet a prit la place.

Lire et manger ?
Lire et fumer aussi, et boire...

Lecture en musique, en silence, peu importe ?
musique douce alors...

Lire un livre électronique ?
Je n'ai pas essayé, faut voir.

Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?
Ben ça dépend. Quand ça m'emmerde je le change à la médiathèque.

jeudi 19 février 2009

Outre-mer, dialogue à coup de matraque

Arnaud Montebourg, a souhaité que le gouvernement "ouvre le dialogue" à la Réunion, et Axel Kahn ne disait pas autre chose sur "Ripostes" dimanche soir.

En réponse à ces conseils, des gendarmes mobiles sont intervenus lundi en Guadeloupe pour lever un barrage dressé sur une rocade. Alex Lollia, un des responsables du collectif LKP, témoigne : « Les CRS sont arrivés en masse, ils ont commencé à nous frapper et à lancer des gaz lacrymogènes, explique-t-il. C'était excessivement violent».

Pour mieux amorcer un dialogue constructif et trouver une issue à la crise, Yves Jégo, responsable des Dom-Tom et spécialiste du double langage, envoie des médiateurs et des gendarmes mobiles aux antilles. Un bon coup de matraque attendrit convenablement la viande avant une bonne négociation ! Mercredi, la première victime créole est morte, tuée par balle, les fusils sont maintenant sur les barricades, la révolte devient émeute. Yves jégo déclare aussitôt qu'il ne sait pas si il s'agit d'un "meurtre ou d'un assassinat". Voilà qui va justifier une reprise en main musclée de la rue par la police et l'armée.

Ce spécialiste d'Internet n'hésite pas à saisir la justice à l'encontre des méchants blogueurs qui osent le critiquer. Je ne formulerai donc aucune critique, m'en tenant aux faits, puisque seule la vénération est admise dans la sarkosphère.

Bonjour chez toi Yves !


(un article du journal Vendredi, en vente chez tous les bons marchands de journaux)


Les atours de Babel Med Music

Tribune libre ce jeudi à notre honorable correspondant de Marseille, Janfi :


A la fois festival grand public des musiques du monde et salon professionnel du secteur, ce qui constitue l’une et non des moindres de ses originalités, le désormais traditionnel Babel Med Music aura lieu pour sa 5e édition au Dock des suds, du 26 au 28 mars prochain, à Marseille. Détails.

Sur fond de crise pour l’industrie du disque, plus d’un millier de professionnels du secteur sont attendus à Marseille du 26 au 28 mars prochain à l’occasion de la 5e édition du Babel Med Music. « Production en crise, marché en chute libre (…) et pourtant, paradoxalement, jamais autant de consommateurs de musique sur internet ou de spectateurs pour les concerts ! », souligne Bernard Aubert qui en assure la direction artistique avec l’ethno-musicologue Sami Sadak (on retrouve en effet aux baguettes de la manifestation, les organisateurs de cet autre événement musical incontournable à Marseille, la Fiesta des Suds). Alors, « crise ou mutation ? », questionne à cette occasion l’organisateur phocéen. Les nombreux débats, conférences et tables rondes (1) prévus au cours de ces 3 jours de forum contribueront sans doute à y répondre. Voilà grosso modo pour le côté pro et pile de l’événement.

Car Babel Med Music - et c’est ce qui en fait sa force, entre autres -, ce n’est pas seulement « un marché professionnel (2) » mais aussi, côté face, un véritable festival de musique world ouvert à tous et fort convivial. En trois soirées, pas moins de trente concerts y sont encore programmés cette année. L’occasion rare d’un exceptionnel voyage tout autour de la planète, en musique et sans quitter le Docks des Suds (ex-dock du sucre réaménagé il y a trois ans) où a lieu l’événement. Un panel d’artistes on ne peut plus cosmopolite à découvrir où il y en aura forcément pour tous les goûts.

« El mundo is beautiful »

Cela va par exemple des Péruviens versés dans « l’afro-peruano-électro » (sic) de Novalima (sur myspace.com/novalima), à de tout aussi improbables et pourtant bien réels « alchimistes de beats apatrides et de groove ancestraux » bien de chez nous (en l’occurrence les Dj’s Goldenberg & Schmuyle de la région Paca, ) en passant par du jazz-punk austral (Aronas, www-myspace.com/aronas) ou encore une armada brasilo-occitane ( Grail’ol, myspace.com/grailoli), une figure du reggae maloya réunionnais (Baster, « on the roots » depuis 25 ans) et autres mystérieux « troubadours mystiques de l’Anatolie sacrée » (Hemdem, myspace.com/hasbihaltoplulugu)…

Baster

A l’honneur également de cette nouvelle session de la Babel musicale provençale, l’orchestre mythique de la rumba congolaise, les Bantous de la capitale (myspace.com/lesbantousdelacapitale), une joyeuse bande de dynamiques musiciens septuagénaires du Congo qui viendront enflammer le dance-floor marseillais, mais aussi de nombreuses autres voix africaines - Wasis Diop, Sayon Bamba (de Conakry & Marseille, sur myspace.com/sayonbamba), Houria Aïchi (chanteuse berbère, myspace.com/lescavaliersdelaures)…- ou encore, pour ne citer qu’eux, le plus juvénile Kumar (myspace.com/kumarmate), actuel haut-parleur du hip-hop cubano. Il y a même de la techno angolaise et de la transe rageuse occitane (celle du local Sam Karpiena) à l’affiche, c’est dire !

Sayon Bamba

Ce méga mix à la fois studieux et festif qui a pour partenaires principaux les collectivités territoriales locales (Conseil régional Paca, Conseil général des Bouches-du-Rhône, Ville de Marseille) est également l’occasion, chaque année, de décerner plusieurs prix (Babel Med Music, France Musique des musiques du monde…). L’an dernier, le prix Labels Sud remis par Phonopaca, groupement des acteurs de l’industrie musicale en Provence-Alpes-Côte d’Azur, est notamment revenu à Jean-Philippe Rimbaud.

Janfi from Mars

(1) Débats sur « L’aide à la création, mode d’emploi » ; « Labels indépendants : état des lieux » ; « L’accompagnement des artistes : le rôle des bureaux exports et instituts culturels » ; « Réseaux européens de musique du monde : les problématiques du spectacle » ; et conférences sur les « Etats généraux des musiques du monde (organisés en septembre dernier à Paris par le réseau Zone franche) » et sur les « Perspectives sur la culture en Méditerranée, la valorisation du patrimoine immatériel » .

(2) Lors de l’édition 2008, 600 contrats ont été signés entre des musiciens et des festivals ou événements, et 1500 professionnels sont venus de 90 pays dont 400 organisateurs d’événements musicaux, 230 agents et managers, 200 festivals, 180 producteurs de concerts, 80 salles de spectacles, 60 compagnies de disques et labels… Les concerts (30 groupes sur 800 candidatures) ont accueilli 12 000 spectateurs. Enfin, pour l’hôtellerie marseillaise, cela a représenté 805 nuitées sur 5 jours.

mercredi 18 février 2009

Yves Paccalet et la mort de l'homme


Yves Paccalet, dans son livre"L'humanité disparaitra, bon débarras" explique que l'humanité est comme un cancer sur la terre. Sa seule démographie galopante suffit à l'expliquer.

Il l'explique lui même : "Oui, j'ai quatre enfants (j'ai eu des jumeaux, ça va plus vite). Je raconte dans mon bouquin à quel point j'ai hésité à les faire, il y a environ 25 ans. J'ai pris la décision de les avoir comme une sorte de pari pour l'avenir. Je me demande aujourd'hui sincèrement si j'ai finalement eu raison !"
Il poursuit : "Je crois qu'il faut essentiellement un changement d'état d'esprit de chacun. Nous vivons dans un monde de surproduction et de surconsommation, qui nous promet le bonheur par la croissance. Or, la croissance nous apporte uniquement le malheur. Nous devrons, pour survivre, apprendre la décroissance, et la recherche du bonheur dans le partage."... "Peut-être que notre espèce disparaîtra très vite... En étant moins folle, elle pourrait durer. "

Cette thèse est partagée par le Mouvement Pour l'Extinction Volontaire de l'Humanité.

VHEMT (prononcé "vehement" - véhément - en anglais) est un mouvement et non une organisation, proposé par des personnes qui sont soucieux de la vie sur la planète Terre. Il n'est pas composé de misanthropes, d'antisociaux ou de désaxés malthusiens qui prendraient un plaisir morbide à chaque fois qu'un désastre frappe l'Humanité. Le Mouvement pour l'Extinction Volontaire de l'Humanité se veut une alternative humaniste aux désastres humains.

Le piège de l'Otan pour un siège



Laurent Fabius était l’invité de Jean-Pierre Elkabbach lundi 16 février sur Europe1. Il a dénoncé l’attitude de Nicolas Sarkozy dans la crise actuelle : "On avait besoin ’un président de vision, on a un président de tensions."

Laurent Fabius a vivement regretté que Nicolas Sarkozy ait décidé "tout seul" du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Il a demandé un vote du Parlement sur la question.

"M. Sarkozy, tout seul, décide de rompre un consensus qui existait depuis 40 ans. Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN serait une erreur stratégique majeure qui ne nous apportera aucun avantage supplémentaire et ruinera la défense européenne qui est une nécessité. J’espère bien que le Parlement sera appelé à voter. Quand on fait un choix aussi important, il faut que le Parlement vote".

Encore une fois, Fabius fait preuve de grande lucidité, et derrière les gesticulations du président, autant d'écrans de fumée, il dénonce les dérives les plus dangereuses du sarkozysme. Les plus dangereuses car les plus durables. Hier il défendait les droits du parlement, garants de notre démocratie, aujourd'hui il défend l'indépendance diplomatique de la France, sa souveraineté.

L'Otan est un piège, un hommage du vassal à son suzerain, l'asservissement de l'europe à la politique extérieure des Etas unis. Déjà les soldats français sont piégés en Afghanistan dans une guerre d'occupation qui semble ne servir que les intérêts américains. L'Otan est un piège de l'oncle Sam, et si le nouveau chevalier noir qui l'incarne porte tous les espoirs du monde, personne ne sait qui va le suivre, ni quelle idéologie portera demain le nouveau monde. Lier la défense européenne à l'alliance atlantique c'est tourner le dos à l'est et laisser le rêve européen aux stratèges de Washington.

Déjà l'ours russe sort de sa tanière, agacé par ces pressions à ses frontières. Les négociations au Kremlin entre les présidents de la Russie et du Kirghizstan ont abouti au résultat ardemment souhaité par Moscou. Le président Kirghize a annoncé la fermeture prochaine de la base aérienne américaine de Manas, stratégique pour bombarder l'Afghanistan. De l’avis de Vitali Chlykov, membre du Conseil social auprès du ministère de la Défense Russe, la fermeture de la base peut avoir pour conséquence l’arrêt du programme des Etats-Unis en Afghanistan.
De l'autre côté, au Pakistan, la situation n'est guère meilleure : des militants ont brûlé mardi soir huit conteneurs, transportant des approvisionnements destinés à l’armée alliée basée en Afghanistan, dans une région tribale du Pakistan (News Network International).

Mais Sarkozy, dans son rêve impérial, a comme son modèle Napoléon III le goût de la chose militaire. Il lui faut son expédition au Mexique. Un bon désastre militaire, un nouveau Camerone ! Pour la gloire de la Légion et des manufactures de Saint Etienne.

En attendant, plus orgueilleux que jamais, il foule aux pieds l'image de savoir-vivre et de diplomatie dont pouvait se prévaloir notre vieille nation. Comme le révèle le Figaro, lors du prochain sommet de l'Otan début avril, il tient absolument à s'asseoir à côté du secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, quitte à bousculer la règle en vigueur qui veut que les chefs d'État et de gouvernement soient installés autour de la table par ordre alphabétique. Un compromis aurait cependant été trouvé : Sarkozy pourrait s'asseoir à la droite du secrétaire général tant que les caméras de télévision tourneraient dans la salle, puis changer de place après la sortie des journalistes.

Peu importe les guerres et les morts, la souveraineté, tout cela vaut bien une photo, sur le siège de droite.

Mise à jour du 21 février : débat objectif entre Pierre Moscovici (PS) et Axel Poniatowski (Ump)


mardi 17 février 2009

Les secrets de l’amphithéâtre


Le premier comité de pilotage du Prides Patrimoines et cultures s'est tenu le 15 janvier à Arles. Sous la présidence de M. Vauzelle et de Gilles Martinet, les différents acteurs du pôle ont détaillé leur structure et leurs objectifs. Point culminant de la réunion, la visite du chantier phare de ce Prides, la rénovation de l'amphithéâtre antique d'Arles, conduite par le Lerm sous la responsabilité d'Alain Charles Perrot, architecte en chef des Monuments historiques.

Commentés par M. Martinet, comme directeur du Lerm, et Bouzid Sabeg, directeur du patrimoine d'Arles, les secrets de la résurrection de l'ouvrage romain ont été détaillés. Du travail de la pierre extraite des carrières de Fontvieille à la composition des mortiers. Et ce n'est pas pour rien que l'élaboration de nouveaux mortiers pour la restauration du bâti ancien est un des premiers projets du groupe "Patrimoine culturel et bâti".

Les experts sont intervenus selon leur domaine de compétence, comme Emmanuelle Legouvello, spécialiste de la pierre taillée et de sa rénovation, représentant la société Tollis en région parisienne (associée au pôle). elle vient à Arles très régulièrement et a expliqué la spécificité de cette pierre antique rendue poreuse par l'érosion, ainsi que le traitement employé pour la "sauver". Des pierres neuves ne sont installées qu'en cas de nécessité. Cette nouvelle tranche de restauration entamée cette année rajoutera 11 travées restaurées aux 28 déjà traitées.


lundi 16 février 2009

Les politiques et la Saint-Valentin



Par Stéphane Guillon... Desproges est ressucité !

Les pubs de la Saint Valentin

dimanche 15 février 2009

L'empereur fait donner Lagarde


Casque de platine, Lagarde est ce qui reste a sa majesté Nicolas 1er pour retourner sa déroute sondagière... Hardi Christine ! au front !

Sous l'oeil d'acier de Woerth, cette enfant du sérail avait tout pour plaire. Comme le président et une grande partie du gouvernement, c'est une avocate d'affaire. L'archétype des financiers de wall street, ces charmants oiseaux qui ont provoqués la joyeuse crise qui n'en finit plus.
Il y a un peu plus d'un an, elle se plaçait pourtant bonne dernière au palmarès européen des ministres des finances du Financial Times.

Lyrique, elle s'enthousiasmait hier des bénéfices de Total, ou de la bonne volonté des banques, nos chers partenaires, les garants de notre économie et de nos économies, ces chères, exorbitantes banques... Aujourd'hui elle défend l'automobile, Lagarde encore une fois monte au front. c'était bien la peine de nous conseiller naguère de faire de la bicyclette !

Coincée entre Woerth et maintenant Devedjian, madame Lagarde aimerait peut-être faire retraite vers un terrain plus paisible, c'est une rumeur persistante et avec la récession officiellement annoncée, la bonne place est maintenant trop exposée au feu...

Hélas dans la pensée glorieuse de Sa Majesté Nicolas 1er, Lagarde meurt mais ne se rend pas !

Petit bonus : le match Lagarde-Hamon


samedi 14 février 2009

Kouchner et sa tactique sant tact ni éthique


Ah la bonne parade, l'excuse facile !
Bernard Kouchner, cet homme d'honneurs qui passe si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte, se défend contre les accusations de Pierre Péan avec la même technique que Rachida Dati. Quand celle-ci renvoie à ses accusateurs qu'on la critique parce qu'elle est arabe (ou femme c'est selon), le docteur sycophante crie lui à l'antisémitisme. Comme si le problème concernait son prépuce... Une technique d'une parfaite bassesse, qui dévie le problème là où il n'était pas et souffle sur des braises qu'on espérait éteintes.

C'est aussi l'opinion de Pierre Haski : "A force de voir des antisémites partout, dit Haski, on risque de ne plus voir les vrais. Pas plus que les autres formes de racisme qui pèsent sur toutes les autres victimes de discriminations et d'ostracisme, dont les juifs sont loin, hélas, d'avoir le monopole".

Le plus fort, c'est que Bernard Kouchner n'est pas juif selon les critères de cette religion
(sa mère Léonne Mauric étant protestante), ce qui rajoute encore plus de cynisme à cette manœuvre dégradante.

Un très bon dossier d'@si sur le sujet est à consulter, pour les abonnés.

C'est si bon...


vendredi 13 février 2009

Le dictateur

60% des Français souhaitent un changement de cap de Sarkozy nous apprend la Sarkopresse.
Alors qu'au début du mois Eric Woerth annonçait qu'il n'y avait pas de raison de changer de politique, que le président excluait le 3 février d'arrêter les réformes, le moment est venu pour Sarkozy de montrer la considération qu'il porte à la volonté des français, ou s'il persiste dans ses lubies électoralistes conçues dans l'autre monde, celui d'avant le krach.
Reprise en main des médias, de la justice, de l'éducation, du parlement, changement constitutionnel, politique de l'identité nationale, et j'en passe... Autant d'indices annonciateurs d'un régime dictatorial comme le remarque Jack Ralite, sénateur et ancien ministre de François Mitterrand :



Dans les départements d'outre-mer la tension monte et la révolte des antilles ou de la Réunion pourrait à nouveau gagner la métropole. Les importants renforts de gendarmes mobiles envoyés dans les îles en guise de démonstration de la volonté de dialogue du gouvernement ne seront pas une solution définitive face à l'éxaspération populaire. Pourtant, nous révèle Le Parisien, le déploiement policier fait partie de tout déplacement présidentiel :
«Ville morte », « blocus sécuritaire », « couvre-feu » : quand Nicolas Sarkozy va en province, ces mots fleurissent parfois dans la presse locale, qui décrit des habitants « assignés à résidence » et des commerces parfois contraints de baisser le rideau. A l’Elysée, on ne badine pas avec la sécurité du chef de l’Etat.

La police ou l'armée comme solution aux angoisses populaires, encore une pratique habituelle des dictatures...

jeudi 12 février 2009

Une nouvelle maison

Et voilà... j'ai donc déménagé, une rue plus loin, et j'y ai gagné une chouette cour avec des arbres. La fée Orange a bien voulu reconnecter rapidement Internet (une dizaine de jours quand même), et le rimbusblog peut revivre lui aussi. Rimbus a de la chance, tout le monde lui a donné un coup de main (merci à Lahcen, Armando, Françoise, Médéric et Sylvie).
Moi je suis contente, je peux fouiner dans cette cour sur laquelle donnent de vieilles caves centenaires, peuplées de souriceaux bien gras.