mardi 31 mars 2009

Hamid Karzaï pire que les talibans ?


C'est ce que suggère "The Guardian" dans un article titré "Worse than the taliban".
Le président afghan Hamid Karzai aurait signé une loi (non encore publiée) considérée par la sénatrice afghane Humaira Namati comme «pire que sous les talibans» pour les femmes.

Selon le journal anglais, cette loi interdirait aux femmes de sortir de chez elle, de chercher du travail, de s'éduquer ou d'aller chez le médecin sans la permission de leur époux. Un article de la loi interdirait aux femmes de refuser de faire l'amour avec leur mari (they cannot refuse their husband sex) !

Destinée à amadouer les religieux afghans, cette loi aurait une portée électoraliste a quelques mois de l'élection présidentielle.

D'un autre côté, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est prononcée la semaine dernière à La Haye en faveur d'une réconciliation avec les talibans ayant renoncé à la violence, dans son discours devant la conférence sur l'avenir de l'Afghanistan. Elle a rendu hommage au président afghan Hamid Karzaï, "qui joue un rôle dirigeant tellement crucial pour son pays".

La violence faite aux femmes est-elle comptabilisée par madame Clinton pour définir ces "extrémistes modérés" que seraient ces gentils talibans avec lesquels on peut discuter ?

Cependant, dans son rapport annuel sur les droits de l’homme en Afghanistan, les Nations Unies alertent sur la détérioration des droits des femmes et de l’enfant. Plus précisément, sur les fillettes violées. Malgré les mentions de la Constitution, l’Afghanistan d’Hamid Karzaï a « échoué à protéger les droits des femmes », indique le rapport annuel.

Le Directeur des Droits Humains en Afghanistan, Washama Frogh indique que « les viols sur mineurs ont dangereusement augmenté. Les fillettes de 9, 8, 7 ans et parfois même moins sont violées. Cette violence est tolérée et cantonnée au sein des familles et des communautés, au sein des cercles religieux et traditionnels aussi bien par le système judiciaire informel qui s’en inspire. […] Les violences domestiques concernant les mariages forcés sont largement répandus. Des filles de 10 ans sont mariées de force à des hommes de 40 ans leur aîné. De 50 ans donc. Au final, il arrive que les filles et les mères prennent la fuite ». (Continental News)

C'est donc pour arriver à ce résultat que l'Otan est intervenu en Afghanistan.

Certains humanistes s'en réjouissent. Sans doute ont-ils été abusés par les beaux discours de Nicolas Sarkozy, adepte de la technique du storytelling : Le président avait raconté à trois reprises aux Français, forcément indignés, comment les talibans amputaient d’une main les femmes qui portaient du vernis à ongles… À l’origine de ce récit, quatre lignes au conditionnel dans un rapport d’Amnesty International : en 1996 à Kaboul, des islamistes « auraient sectionné l’extrémité du pouce d’une femme »

Le directeur du Comité international de la Croix-rouge déclare dans un communiqué :

"Je ne soulignerai jamais assez les souffrances individuelles et collectives effroyables que les Afghans – hommes, femmes et enfants confondus – ont enduré durant trois décennies et continuent d’endurer, aujourd’hui encore, dans une mesure qui dépasse l’entendement.
Ces trois dernières années, le CICR a signalé à maintes reprises que le conflit avait des répercussions toujours plus dramatiques sur la population civile. Aujourd’hui, nous sommes plus inquiets que jamais. Le conflit s’intensifie et s’étend à d’autres régions du territoire, tandis que le nombre de victimes civiles est nettement plus élevé qu’il y a un an. […] Ces dernières semaines, diverses sources – notamment les médias – ont évoqué le déploiement imminent de nouvelles troupes internationales, essentiellement américaines, et le risque réel de voir le conflit s’intensifier davantage encore."

Les soldats français de l'Otan, alliés de Hamid Karzaï, rendent-ils vraiment service aux femmes afghanes ? Un article de Riposte laïque affirme le contraire.

La question mérite d'être posée...

vendredi 27 mars 2009

Europe sociale : travailler mieux ou travailler plus ?


En Europe, tous les citoyens doivent avoir accès à un emploi correct, offrant des conditions de travail normales, leur permettant de vivre décemment.

L'action du Parti Socialiste Européen doit faciliter la croissance des entreprises, la création d’emplois plus qualifiés et l’investissement dans les nouvelles technologies. Contrairement à la droite, il n’assimile pas l’emploi et les droits sociaux des salariés à des charges qu’il faudrait sans cesse réduire.

Bien au contraire : ils sont essentiels au succès de notre économie en contribuant à motiver les salariés, à améliorer la qualité de l’emploi, à garantir la paix sociale et à impliquer les travailleurs dans les projets de l’entreprise.
Pour la droite, la mondialisation impose de travailler plus dur et plus longtemps. Les progressistes savent que ce n’est pas le résultat de la mondialisation mais celui d’une politique injuste. Il ne s’agit pas de travailler plus mais de travailler mieux.

C'est un autre rapport au travail que nous devons rechercher. Il faut oublier le culte de l'enrichissement personnel, et priviliégier l'enrichissement collectif. Cette aspiration populaire se sent dans les nouveaux modes de consommation, dans le combat pour un Internet libre. Laissons la quête du luxe ostentatoire à ceux qui croient qu'une Rolex est un signe de réussite sociale. La raréfaction des matière premières, le respect de l'environnement, nous obligent à reconsidérer notre façon de consommer, de jouir du fruit de notre travail. L'intérêt collectif doit primer sur l'intérêt de quelques nantis.

Quand certains ne voudraient voir dans l'Europe qu'un vaste marché, dans lequel le capitalisme décomplexé retrouverait sa légitimité, le socialisme rappelle que l'humanisme est aussi une des composantes européenne. Nous sommes les héritiers de Luther, de Voltaire, de Hugo, de Jaurès et de Blum. L'histoire de l'Europe est aussi une histoire d'idées, quand la laïcité s'est imposé face au conservatisme religieux, quand la collectivité a combattu l'enrichissement d'une élite, quand la culture a retrouvé sa place dans un monde de travail exclusif.

Le vrai changement, la vrai rupture c'est celle là, et non dans une l'idéologie dépassée qui vient de montrer ses limites et ses vices. Refonder une Europe sur des bases nouvelles, humanistes, solidaires, c'est le sens du vote socialiste. Tous les progressistes de l'Union se rassemblent pour que ce nouveau parlement soit à l'écoute de chaque citoyen, et pas seulement des puissances financières ou industrielles. Le respect de l'environnement, de la vie sociale, voilà les fondements d'une realpolitik moderne. Alors que le monde est ébranlé par le choc de la crise financière, cette élection est une occasion historique d'offrir à l'Europe le choix de son destin.

L'Europe sera sociale ou elle ne sera pas.

jeudi 26 mars 2009

Otan, France et Afghanistan : triste mélange



Mauvaises nouvelles en Asie centrale : Le centre antiterroriste de la Communauté des Etats indépendants (CEI) n’exclut pas une détérioration de la situation en Asie centrale. Une menace très sérieuse pour les Etats d’Asie centrale membres de la CEI émane de l’Afghanistan et du Pakistan, a indiqué hier le directeur du centre Andreï Novikov.
Aujourd'hui, dix policiers ont été tués dans une attaque menée par les rebelles talibans contre un poste de police dans le sud de l'Afghanistan . Au même moment, au moins dix personnes ont été tuées jeudi dans le nord-ouest du Pakistan , dans un attentat-suicide revendiqué par les talibans.
Taliban, un terme bien vague, j'en avais déjà parlé .

Nicolas Sarkozy qui veut voir la France prendre une part plus active dans l'Otan, n'est-il pas en train d'engager notre pays dans une opération ratée, une croisade inutile alors qu'elle est au dessus de nos moyens (le coût des opérations militaires américaines en Afghanistan, actuellement évalué à 2 milliards de dollars par mois, devrait augmenter de 60%) ? Qu'on en juge plutôt :

Vincent Jauvert, du Nouvel Obs, dévoile sur son blog "Affaires étangères" le contenu d'un rapport accablant pour la France, et la piteuse situation des alliés européens en Afghanistan (sujet central du sommet de l'Otan de Strasbourg du début avril).

Formation de la police afghane :
Alors qu'une des missions de la France est la formation des forces régulières afghanes pour assurer la future indépendance du pays et autoriser le départ des troupes d'occupation, le rapport indique qu'il n'y a que 2 formateurs français chargés d'épauler la police afghane.

Aide économique :
Au niveau économique, notre pays n'a été, de 2002 à 2008, que le septième contributeur européen(87 millions d'euros), très loin derrière la Grande Bretagne (1 milliard), l'Allemagne (680 millions), les Pays-Bas (344), l'Italie (353), la Suède (218), le Danemark (178).
Le tout nouveau représentant français, Pierre Lellouche, reconnnaît d'ailleurs aujourd'hui que la France a un "retard considérable" et annonce que la France quadruplera son aide - ce qui la mettra à peine au niveau des Pays Bas...

Mais il est vrai que le budget de l'Etat Français semble inépuisable dans les mains prodigues de Sarkozy... Nos enfants rembourseront le déficit abyssal que l'inconscience du Président français est en train de creuser (les opérations extérieures des armées devraient atteindre un milliard d'euros pour 2009).

Effort diplomatique :
Le rapport insiste sur la paralysie européenne concernant le Pakistan. Aucun pays européen, écrit-il, n'a fait l'effort d'unifier la politique des 27 sur le sujet. Aucun, donc pas la France.
Pourtant, Richard Holbrooke, conseiller d'Obama sur cette question déclarait cette semaine :
"Ceux qui représentent la vraie menace directe contre [nous, les Etats-Unis et l'Europe], ceux qui ont planifié le 11 septembre, ceux qui ont assassiné Benazir Bhutto, ceux qui ont probablement commis l'attentat contre l'équipe de cricket à Lahore..., ceux-là ne sont pas en Afghanistan mais au Pakistan, dans l'Ouest et dans une partie du Baloutchistan .(...) C'est là que se situe le coeur du problème ."

Il est à noter que le Pakistan a demandé à plusieurs reprises la fin des frappes aériennes sur son territoire, demandant le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. Le gouvernement pakistanais a insisté sur le fait que de telles frappes étaient "contreproductives " dans la guerre contre le terrorisme.

Selon le New York Times, repris par Le Monde, il existerait des preuves de rencontres régulières entre des agents de l'ISI (services secrets pakistanais) et des commandants talibans portant sur la stratégie à adopter dans la perspective de l'élection présidentielle afghane prévue en août. Selon des officiels américains, l'ISI apporterait son soutien aux talibans basés à Quetta, au Pakistan, au réseau de Gulbuddin Hekmatyar et à celui de Jalaluddin Haqqani, le commandant taliban afghan le plus important.

Le Pakistan permet l'application de la charia par les "talibans"

Dans ces conditions, comment imaginer gagner cette guerre sans entrer en conflit avec le Pakistan, puissance atomique alliée des Etats-Unis ? Le Pakistan lui-même officialise les extrémistes religieux islamistes : Sept tribunaux islamiques ont commencé à fonctionner dans la vallée de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan (Le Monde), aux termes d'un accord conclu entre les autorités et les talibans prévoyant l'application de la charia, ont annoncé mercredi des responsables locaux. Depuis près de deux ans, un groupe de talibans pakistanais conduit par un chef religieux, Maulana Fazlullah, menait une campagne armée dans la vallée de Swat, une région montagneuse autrefois très touristique, pour y imposer la charia.
L'accord négocié en février par les autorités locales, et validé par le gouvernement fédéral, visait à mettre fin aux combats entre l'armée et les talibans. Cette trêve est depuis globalement respectée.

Pourtant, la justification de cette guerre en Afghanistan était de faire reculer l'islamisme des talibans... Il va être difficile d'expliquer aux familles de nos soldats tombés sur ce front que les talibans ne sont pas si méchants que ça, et que nous avons porté la guerre dans ce pays pour rien.

Le président français Nicolas Sarkozy avait déclaré en décembre 2007 que le monde "ne pouvait pas" perdre la guerre contre le terrorisme en Afghanistan, lors d’un voyage éclair à Kaboul. "Il se joue ici une guerre, une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme que nous ne pouvons pas et ne devons pas perdre". (AFP)
Alors que les américains vont accroitre leurs effectifs militaires dans ce bourbier, ne faut-il pas s'attendre à une déclaration similaire du président français ?
Pour Pierre Lellouche la "guerre anti-insurectionnelle difficile" menée en Afghanistan n'a pas de solution militaire mais politique, qui ne peut s'appuyer que sur la reconstruction du pays et la coopération du Pakistan voisin, cette guerre est dans "une situation d'impasse".

Pour mémoire, le 26 avril 2007, entre les deux tours de l’élection présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy annonçait sur France 2 qu’il retirerait nos troupes d’Afghanistan s’il était élu.

Putain Rimbus, deux ans !


J'ai piqué ce titre à l'influente Violette de "Sois Belle et Parle", dont le blog a presque le même âge que le Rimbusblog. Mais il est très loin devant le mien.

Pourtant ces deux années ont déjà été fastes pour le blog :

• il a eu sa minute de célébrité la semaine dernière en étant invité sur BFM TV. Piteuse prestation, mais on m'y a traité d'influent, c'est donc un signe.

• il a été l'invité de la semaine du journal Vendredi, et ses articles y sont cités régulièrement ainsi que ses illustrations reproduites. Peut-être ma plus grande fierté bloguesque.

• il est entré au classement Wikio des 100 premiers blogs politiques, et grimpe chaque mois dans le palmarès. Toréador lui a fait un magnifique portrait à cette occasion.

• il a fait des petits sur Le Post (depuis plus d'un an) et sur Médiapart (la semaine dernière). Sur ces deux supports, il a été repéré en une (Chronique de la guerre contre Hadopi, Nouvelles du front anti-Hadopi,) avec le même article.

• il est souvent repris par Betapolitique.

• il a été accepté chez les Left Blogs, grâce à l'appui du célèbre Dedalus, et il peut jouer avec ses nouveaux copains influents qui lui refilent plein d'infos (Farid, Nicolas, Gaël, ruminances, CC, Trublyonne, Juan, Jean-Louis, Eric M, M. Poireau, Annie, Balmeyer, Jean, Romain, Martin, Alain, Homer, Le Faucon, Eric citoyen, Gwendal, Hugues, Karim, ses copines Cécile et Romy et les autres que j'oublie, excusez-moi...)

• l'année dernière mon ami Birenbaum lui a fait de la pub ici et . Merci Guy.

• il a passé les 100 000 visites cet hiver pour 87 000 visiteurs (avec une moyenne de 1 mn 30 par visite), venant de 152 pays différents. 15 000 sont revenus au moins 10 fois et 3000 sont venus plus de 200 fois (ceux-là c'est vraiment des potes, comme dima).

cette page a été la plus lue, suivie de celle-ci et celle là. Toutes les 3 sur Rachida Dati.

cette page est la première du blog.

cette page est celle que je préfère.

... bon, alors je me dis que c'est le moment d'arrêter pour de bon ce blog. ça ferait une bonne conclusion, et en plus en deux ans je n'ai toujours pas trouvé comment faire un c "cédille" en capitale dans Blogger. Si quelqu'un me trouve la solution, je veux bien resigner pour deux ans...

... Putain Rimbus, deux ans !

mercredi 25 mars 2009

Atteinte à la liberté de conscience


J'étais encore plongé dans les visions ésotériques de mon dernier billet, quand les images de ce président suant que j'avais dû subir pendant une heure d'un discours à la Castro sont remontées à mon esprit. Les images des rafles massives d'opposants aussi. Il n'y avait pas de contestation pour le meeting du conducator en baisse dans les sondages d'opinions.

L'éternel ministre de l'intérieur, pour lequel la règle prime sur la liberté, et qui pour nous faire croire qu'il augmente nos libertés, multiplie les règles, a donc réglementé devant une foule d'affidés triés sur le volet. Des règles et des contraventions. Une manière de récupérer le manque à gagner du bouclier fiscal, peut-être...

Je ne vous fait pas une liste, vous connaissez, obligation de cela (un gilet jaune, au hasard), interdiction de ceci (une clope au café, par exemple). Beaucoup de mesures envers les jeunes, les amis du bon Saint Nicolas : après l'interdiction de parler dans les halls d'immeuble, interdiction de se promener en groupe, en bande, ça va être puni de prison. C'est pas comme une loi martiale puisque c'est une loi civile.

Et puis on décide allègrement d'aller au delà des règles. C'est maître Eolas, encore une fois, qui dénonce les abus policiers, ou comment on fait retirer des fenêtres de Strasbourg les drapeaux pacifistes. L'AFP est très claire à ce sujet :

Les visites de policiers demandant aux Strasbourgeois d'enlever de leurs fenêtres des drapeaux pacifistes provoquent de vives protestations de citoyens et d'élus qui s'inquiètent d'"atteintes aux libertés publiques", quelques jours avant le sommet de l'Otan.

"Scandaleux et intolérable", selon Daniel-Cohn Bendit, coprésident des Verts au Parlement européen. Atteinte injustifiée à la liberté d'expression, selon le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou.

"Parfaitement illégal", selon Patrick Wachsmann, professeur de droit public à l'Université de Strasbourg, auteur d'un ouvrage sur les libertés publiques, publié chez Dalloz. "ces faits sont choquants et constituent une dérive un peu curieuse", car il n'existe aucun texte pénal qui interdit d'accrocher un drapeau à ses fenêtres, ajoute-t-il.

Dans un communiqué, la préfecture du Bas-Rhin a déclaré lundi soir qu'elle n'avait "absolument pas donné de consignes aux policiers pour le retrait" des bannières aux fenêtres de particuliers. Pourtant ces derniers jours, la police a obligé plusieurs Strasbourgeois à retirer de leurs balcons le drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel avec la mention "No to Nato" (Non à l'Otan), alors que les mesures de sécurité se font de plus en plus draconiennes dans la ville, avant le sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril.

Eolas donne des conseils précieux sur la conduite à tenir en cas d'irruption policière à sa porte. Des indications précieuses, à lire et à faire lire, ce genre de mésaventures ayant tendance à se multiplier.

Le collectif national Otan-Afghanistan prépare le Contre-Sommet du 60e anniversaire de l'Otan qui se tiendra du 1er au 5 Avril 2009 à Strasbourg.

mardi 24 mars 2009

suspension de liberté de la presse

Aujourd'hui, contre une journaliste ont été requis 6 mois de prison avec sursis parce qu'elle avait fait son travail.

Son crime ? avoir fait un reportage sur M6 sur la "suspension", pratique consistant à suspendre une personne à l’aide de crochets plantés dans la peau du dos.
La journaliste, qui travaillait pour l’agence de production TAC Presse, est poursuivie pour "complicité de violence volontaire avec arme, en l’occurrence des crochets, et en réunion" pour avoir, selon le parquet, tenu "un rôle d’incitation". Dans un reportage diffusé le 8 octobre 2006 sur M6 pour l’émission Zone interdite, la journaliste, Isabelle Cottenceau, voulait dénoncer les méfaits de la suspension, ce qu’elle répète depuis le début de l’instruction. L’adolescent avait décidé de "s’offrir une suspension" à trois semaines de son dix-huitième anniversaire et sa mère lui avait donné son accord par écrit. Outre la journaliste, quatre autres personnes sont poursuivies pour avoir participé à la suspension, en août 2006 à Toulouse. Un an a été requis contre le propriétaire d’un magasin de piercing de Toulouse, accusé d’avoir organisé l’événement, 4 mois contre deux personnes qui l’ont aidé et 3 mois contre la personne qui a prêté l’appartement. Toutes les peines requises sont assorties du sursis.
Simon Cohen, le défenseur du propriétaire de l'établissement de piercing, évoque « un fait de société ». « Ces pratiques sont une forme de singularisation. Elles ne sont pas douloureuses et ne laissent pas de trace », dit-il, renvoyant la « question éthique » dans le camp de la journaliste. « Je n'ai forcé personne ni insisté auprès de personne », se défend Isabelle Cottenceau. Habituée à traiter des sujet difficiles, la journaliste assure avoir tout simplement « fait son métier et montré la réalité ».

Sans la journaliste, cette cérémonie n'aurait-elle pas eu lieu quand même ? Cette pratique semble un acte barbare, mais pourtant c'est une démarche volontaire. Qu'il y a-t-il de criminel a en rendre compte ? On accepte pourtant la marche sur le feu chez les Malbars de l'ïle de la Réunion...


La marche sur le feu se situe à la fin dune période rituelle de dix-huit jours, en principe. Les marcheurs, sous la houlette du prêtre, vont pendant ce laps de temps se purifier par le carême et l'abstinence. le "grand" jour, ils montreront qu'ils sont dignes du vœu qu'ils ont formé et de la récompense qu'ils en attendent : guérison de la maladie d'un proche, solution d'un problème personnel ou toute autre faveur divine.

La suspension est un rite initiatique, comme la marche sur le feu.
Le but de la souffrance est le voyage chamanique, l’état de transe par lequel l’homme accomplit sa conversion. Pour le jeune adolescent, le rite de passage qui fait de lui un homme et un guerrier, un membre à part entière du clan. Ce rite était pratiqué chez les indiens d'Amérique, et il a été repris dans le film "un homme nommé cheval". Il symbolise alors le passage d'un homme blanc prisonnier, à un indien libre. Comme la marche sur le feu, le rite de la suspension est entouré d'un cérémonial et est envisagé avec sérieux.

Le phénomène est devenu populaire chez les adeptes de la scarification, du piercing et du tatouage, comme le montre ce site spécialisé dans ces pratiques. Les photos qu'on y trouve suggèrent une préparation psychique et une concentration profonde. Visiblement, il s'agit d'un mouvement de pensée, d'une idéologie mystique, quelque chose qui n'est pas un exhibitionnisme de cirque, comme ces avaleurs de sabres ou ces fakirs de music-hall.


Dans ces conditions, quelle est la faute de la journaliste qui ne fait que rendre compte d'un phénomène de société ? Cet article lui-même, parce qu'il montre des photos et une vidéo ne risque-t-il pas d'être hors la loi ? Si la marche sur le feu est autorisée à la Réunion, si des fakirs ont le droit de se transpercer d'aiguilles en public dans les cirques, pourquoi est-il interdit de montrer ce rite inconnu du grand public ? Faut-il interdire les rites "hors normes" ?

Cette réquisition est ahurissante, et c'est une grave atteinte à la liberté. La liberté d'informer, en premier, la liberté de culte, implicitement. Non pas que je sois adepte des scarifications ou des piercings ; mais il me semble que si des gens veulent s'accomplir spirituellement en faisant référence à des rites anciens, ceux des sioux, des apaches, des Hindoux ou des Papous, qui peut juger du mal-fondé de leur démarche ? Les expériences passées semblent garantir qu'il n'y a pas de mise en danger (les documents photographiques semblent le montrer), pas plus que dans la pratique de la boxe, peut-être moins.

On peut discuter de la démarche initiatique, la loi peut l'interdire, cela est une autre question. Mais vouloir punir le journaliste qui informe, qui par son travail apporte le débat dans l'opinion, ouvre la porte à une éventuelle législation sur la question, une réflexion, est intolérable et rétrograde. C'est une atteinte à la liberté de la presse.

(sources : France Info-AFP, 20 minutes, peuples cultures et civilisations, brandonbond.com)

Un Inrockuptible collector


Un numéro collector spécial Bashung

Les Inrocks lui rendent hommage en retraçant son vertigineux parcours grâce à des entretiens donnés au journal de 1991 à 2008, des témoignages et d’autres éléments... Extrait :

Vendredi 20 mars, à 11 heures sur le parvis de l’Eglise Saint Germain des Prés, le soleil brille, comme si le printemps aussi venait saluer « la dernière » d’Alain Bashung. Derrière les barrières de sécurité, des milliers de personnes, des jeunes, des moins jeunes, des fans et quelques curieux sont venus l’applaudir. Les cloches sonnent, appelant les artistes à entrer dans l’église : Jane Birkin, Catherine Deneuve, Laurent Voulzy, Bertrand Cantat, Jean-Louis Aubert, -M-, Raphaël et d’autres encore, se succèdent, le regard triste. Pascal Nègre et Christine Albanel sont eux aussi présents, ainsi que ses musiciens ou encore Gaëtan Roussel, Joseph d'Anvers et Arman Méliès qui ont tous les trois participé à la réalisation de l’album Bleu Pétrole... A l’entrée du cercueil dans l’église, l’émotion est palpable, les anonymes applaudissent, il part…

Après lui avoir consacré un hors-série en 2002, Les Inrockuptibles rendent un dernier hommage à cet artisan aristo rock de la chanson française avec une nouvelle édition mise à jour, agrémentée de ses dernières interviews.

100 pages à la découverte d’Alain Bashung, artiste à la fois discret et incontournable, à travers des entretiens et des témoignages de ses proches et des artistes qui ont travaillé avec lui.

... En kiosque depuis samedi

Chaîne européenne

Enlèvement d'Europe par Felix Vallotton

Ah ben voilà que je suis tagué par sa majesté Nicolas 1er (du classement Wikio des blogs politiques) de
Partageons mon avis. Le but est de donner sa vision de l'Europe à travers un personnage, une plante, un tableau, une chanson, une ville.

Si l’Europe était un animal
, elle serait un taureau, puisqu'à l'origine Zeus métamorphosé en taureau enleva la belle Europe pour la séduire !

Si l’Europe était une fleur, elle serait une rose, parce que l'Europe sera sociale ou ne sera pas.

Si l’Europe était une toile, elle serait de Nîmes, puisque la toile de Nîmes est devenu Denim et a conquis le monde avec les blue-jeans. (j'ai joué sur les mots, là)

Si l’Europe était une ville, ce serait Perpignan, parce que la gare de Perpignan est le centre du monde a dit Salvador Dali, et que l'Europe mérite d'être au centre du monde.

Si l’Europe était un personnage, je serais tenté de dire Charlemagne, n'a-t-il pas créé l'Europe, d'une certaine façon ?

Enfin, si l’Europe était une chanson, ce serait l'Ode à la joie, le dernier mouvement de la 9e symphonie de Beethoven qui est l'hymne européen.

Puisque Nicolas a tagué la moitié de la blogosphère, je romps la chaîne ici.

Hadopi : quelques victoires de la cyberésistance


Chronique de la guerre contre le projet Hadopi.

Préservez votre anonymat

Avant de commencer, voici une arme nécessaire à chaque cyberésistant, une manière très simple de brouiller son adresse IP pour garder son anonymat sur Internet : connectez vous sur un des sites ci-dessous, et rentrez l'adresse du site que vous voulez visiter anonymement.
anonymizer.nntime.com publicproxyservers xroxy.comproxywebsites.biz naviguer.ca

D'autres services permettent de s'attribuer une adresse mail éphémère, ou de choisir le système TOR pour un brouillage permanent de l'adresse IP. Tous les détails sont expliqués sur le site Linux Manua.

On y trouve entre autres cette citation de Mike Godwin (l'inventeur du fameux "point Godwin") : « Je suis tout le temps soucieux au sujet de mon enfant et d'Internet, bien qu'elle soit encore trop jeune pour se connecter. Voilà ce qui m'inquiète. Je redoute que dans 10 ou 15 ans elle vienne me voir et me demande "Papa, où étais-tu quand ils ont supprimé la liberté de la presse sur Internet ?" », une variation de celle d'Albert Einstein : "Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire."

La censure du gouvernement dénoncée !

Le site @rrêt sur Images s'arrête sur la censure de l'interview
de la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet, parue sur lefigaro.fr vendredi 20 mars. Oui, nous révèle Sophie Gindensperger, Matignon a relu cette copie et l'a expurgée de tout ce qui peut gêner Christine Albanel dans son combat liberticide. Le rimbusblog se devait d'en faire profiter ses lecteurs (ceux qui ne sont pas encore abonnés à @si, les pauvres) :

• à propos de la plainte de N. Morano contre Dailymotion :
"Personnellement je n’aurais pas porté plainte. Ce qui m’embête c’est que lorsqu’on a que cela dans l’actualité, on ne parle que des risques ou des problèmes liés à Internet, pas de choses positives."
• Sa position sur le projet de loi :
"Cette loi a été préparée avant que j’arrive à ce poste. Mon ministère n’a à aucun moment été associé à sa conception. Depuis, on m’a dit de manière constante qu’elle relevait exclusivement du ministère de la Culture, qui peut avoir une très grande susceptibilité quant à son champ d’action. Il faut comprendre que les arbitrages de la loi ont lieu dans des réunions auxquelles je ne suis pas invitée. Ce qui ne veut pas dire que je me désintéresse du débat. Je passe beaucoup de temps à faire de la veille sur Internet.
La discussion à l’Assemblée ne se fait pas dans de bonnes conditions. (...)
Dès lors, on est dans la pire des situations, c’est pour cela que c’est difficile."
• Sur l'efficacité de la loi :
"Beaucoup de gens s’arrêteront de télécharger après avoir reçu un premier avertissement par mail. Cela étant, il y aura évidemment des gens assez forts pour masquer leur adresse IP et échapper aux contrôles. Moi-même je sais comment faire !"
(grâce au Rimbusblog et à Linux Manua, vous aussi).

Buvons un coup à la santé d'Albanel !

Afin de sensibiliser les internautes et les bons buveurs aux problèmes posés par la loi Création et Internet et la riposte graduée, un vigneron, qui s'offre au passage un coup de pub bien mérité, a lancé dimanche une "cuvée Hadopi". Issue du domaine Berenas (Languedoc Roussillon), la cuvée se décline en vin blanc (Chardonnay, Sauvignon) et en vin rouge (Cabernet Sauvignon, Carignan), avec une édition limitée à 1000 bouteilles vendues 8 euros chacune, dont l'ensemble des profits iront au collectif La Quadrature du Net, pour lui permettre de continuer à alerter et défendre les citoyens. "Chacun a une bonne raison de s'opposer à la loi Hadopi... et de le faire savoir autour de lui. Parlez-en autour de vous et trinquez à la liberté avant que la liberté ne trinque", explique le vigneron sur son site.

Les principes d'Hadopi reculent dans le monde :

La Nouvelle-Zélande, comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne il y a quelques semaines, recule dans le projet similaire à la loi Création et Internet, dite Hadopi, défendue par le gouvernement français. Keith Davidson, le directeur général d'InternetNZ , l'une des associations membres de l'ISOC (Internet Society) et militant pour la protection de l'Internet, a immédiatement salué cette décision :
"La Nouvelle-Zélande a échappé de peu au statut de souris de laboratoire pour cette approche et de précédent pour ceux qui la soutiennent, couper un accès à l'Internet a toujours été une réponse disproportionnée à une atteinte au droit d'auteur. Forcer les FAI et d'autres organisations à être à la fois les juges et les bourreaux dans les procédures d'infraction au droit d'auteur ne sera jamais une procédure acceptable".

François Bayrou est contre Hadopi :

"La loi qu'on est en train de voter est une loi régressive", a-t-il estimé. "Je ne la voterai pas parce que je pense qu'elle n'a pas répondu aux questions qui se posent et notamment aux questions de ce grand changement de modèle culturel qu'on est en train de vivre avec Internet".
Le leader centriste s'inquiète aussi
des dérives du pouvoir : "Je pense que les choses peuvent se dégrader profondément entre les citoyens français et le pouvoir", a-t-il ainsi prédit. "Je pense que la manière dont un certain nombre de décisions sont prises est une manière qui pour beaucoup de Français pose problème aujourd'hui. Je pense que tous les pouvoirs entre les mêmes mains sans aucune exception, et une entreprise continue, progressive de prise de contrôle de la société française pose problème à beaucoup de français de tous bords".
(source Numerama)

Les principaux* éditeurs du web contre Hadopi

Le syndicat des grands éditeurs du web dénoncent l’opacité de l’attribution du label « offre légale » et le déséquilibre qu’il va entraîner dans l’industrie des services en ligne. « inconstitutionnelle, opaque et anticoncurrentielle » : le moins qu’on puisse dire, c’est que les grands noms de l’édition et du commerce en ligne français ne mâchent pas leurs mots ! C’est ainsi qu’ils qualifient en effet la volonté du gouvernement de faire le tri, dans le cadre de la loi Hadopi, entre ce qui sera considéré comme une offre légale, et aura droit à un précieux macaron officiel, et ce qui sera considéré comme une offre illégale, et sera vouée à la suspicion.

* Google France, Dailymotion, Microsoft France, AOL France, Yahoo France, France Telecom/Orange, en passant par des plus discrets comme 20 minutes, Direct8, Auchan direct, PriceMinister, MySpace, Skyblog, Wikimedia France, Yahoo France, Bouygues Telecom, Chapitre.com, Grosbill, Jet Multimedia, Lemonde.fr, 01net, Paypal France, Maximiles, Prisma Presse, Bayard Presse, Libération, Les Échos, UFC-Que choisir…
(source SVM)

lundi 23 mars 2009

Objectif Rue à Arles


Alors que la ville grouille encore de journalistes à l'affut de nouveauté dans l'affaire du kidnapping de vendredi, l'humeur festive a dominé ce premier week-end printanier, sous un doux soleil et le carnaval a fait frissonner le boulevard des Lices :



J'ai croisé Claire Antognazza, l'adjointe au maire en charge de la culture, ainsi que monsieur le maire lui même qui profitait de la foule, incognito et le sourire aux lèvres, heureux sans doute de voir ces arlésiens insouciants, heureux d'apprécier la ville qui se donne à sa déraison cyclique, de fêtes en fêtes... On repensera demain qu'elle est au centre de l'actualité.

Le crâne grotesque qui a pris place en face de l'hôtel de ville ne présage rien de maléfique...


dimanche 22 mars 2009

Sarkozy n'a pas été élu pour augmenter les impôts !


Je rebondis sur plusieurs billets de blogs de qualité à propos de la TVA et de l'impôt : celui de Marc Vasseur , de Nicolas, ou encore celui de Falconhill.
Chez les Left-blogs, l'illustre Dedalus a lancé le débat là-dessus. Bon sujet.

Comme l'a dit Sarko, il n'a pas été élu pour augmenter les impôts ! Fort bien président, encore faudrait-il que vous les baissiez aussi pour les plus pauvres ! Le bouclier fiscal arrange les grandes fortunes, tant mieux pour elles.
Mais la moitié des rentrées fiscales se fait sur la TVA. Un impôt fort injuste, puisque même les "non-imposables" le payent. Et cette taxe pèse plus lourd dans leur budget, proportionnellement.

Daniel Cohn-Bendit en parlait dans Libération la semaine dernière :
"Je trouve significatif qu’en France, les centres de profit les plus forts soient les banques et la grande distribution, autrement dit les deux secteurs qui servent d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Deux secteurs qui échappent totalement à la TVA. Cette taxe est un impôt très lucratif pour l’Etat, mais elle est injuste et particulièrement anti-redistributive."

les 10 % des ménages les plus pauvres concèdent 8 % de leurs ressources au paiement de la TVA. Les 10 % des ménages les plus riches ne lui consacrent que 3 % de leurs revenus.

Ainsi, la grande masse des précaires français ira-t-elle plus au restaurant parce que la taxe est passée à 5,5 % en ce qui concerne la restauration ? Bien sûr que non, mais 8 % de plus dans le budget d'un Rmiste ou d'un chômeur permettrait peut-être d'améliorer l'ordinaire.

La justice sociale, au nom du principe d'égalité constitutionnel pourrait éxiger que les plus démunis de nos concitoyens puissent bénéficier d'un "statut hors taxe", comme pour les français résidents à l'étranger qui se font rembourser la TVA sur leurs achats français, quand ils regagnent leur pays de résidence habituel.

Un vrai coup de pouce au pouvoir d'achat, porté par une baisse toute sarkozyste de l'impôt.
Oui mais voilà... c'est une faveur en direction des pauvres.
Et les pauvres ne portent pas de Rolex, ces gueux ! Parce qu'une Rolex, vous savez ce que ça rapporte en TVA ?

samedi 21 mars 2009

un Herisson qui ne manque pas de piquants


Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées. HERISSON. C'est du langage militaire ; le militaire aime bien les images simples.

Et oui, la France qui rentre de plus en plus activement dans l'Otan ne pouvait que suivre l'exemple de son allié (devrait-on dire son suzerain ?) américain qui possède le merveilleux NSA.
Le Herisson français se propose ni plus ni moins que d'ausculter, analyser, l'ensemble des informations circulant sur
tous les médias, radio, TV et internet compris.
On pourra en découvrir la totalité sur ce lien Google Doc (le système Herisson.)

Alors c'est sûr, la loi Hadopi, avec ses gentils emails préventifs, semble une bien petite épine face aux aiguilles empoisonnées de cet outil qui semble renvoyer l'affaire des écoutes de l'Elysée à l'époque des fiches de Joseph Fouché.

le système est à rattacher à un appel d’offres lancé en 2007 par le ministère de la défense, la délégation générale pour l'armement, la direction des systèmes d'armes et le service centralisé des achats. Le marché public a pour objet « la Conception, réalisation et évaluation d'une plate-forme dédiée au traitement des sources ouvertes pour le renseignement militaire d'intérêt stratégique ». L’appel d’offres a une durée minimale de 36 mois à compter de la notification du marché et est en phase avec ce cahier des charges. Dans ce fameux cahier des clauses techniques particulières (CCTP), on découvre ainsi que le système vise à glaner à peu près tout ce qui passe sur les réseaux aux fins notamment de renseignement militaire d'intérêt stratégique. On peut le voir dans le tableau ci-dessous que par exemple tous les contenus qui transitent sur les chats IRC, les mailings listes, les forums, les réseaux sociaux, les Newsgroups, les flux RSS, les blogs, podcasts, et les systèmes P2P feront l’objet d’une surveillance approfondie, avec une priorité soit « importante » soit « primordiale » selon les flux. La plate-forme est destinée à être installée au centre d'expertise parisien (CEP) d’Arcueil indiquent les pages.

Mais c’est surtout dans la section « Exigences » qu’on apprécie l’ampleur du système Hérisson. Il est calibré ainsi pour accéder à n’importe quel contenu ((texte, image, son et vidéo), quel que soit les langages utilisés « HTML, PHP, ASP... ) ») en prenant en compte « la problématique des liens «cachés» en extrayant les liens a minima dans les applications flash contenues dans une page, les codes Java Script ». Hérisson sait aussi collecter et stocker le contenu complet d'un site FTP ou collecter simplement son arborescence, sait télécharger les fichiers disponibles sur un réseau P2P. (Source PCinpact)

La liste ne s'arrête pas là, même si elle est déjà bien étoffée : Herisson devra détecter et identifier une personne à travers une vidéo mais aussi assurer la classification d'objets contenus dans une image comme une personne, un véhicule, un meuble, un super ordinateur, une X-Box 360, un pirate qui télécharge, ah non pas ça ! Toutes ces données seront classées dans un système super complexe de métadonnées qui devrait permettre à l'armée de retrouver les contenus en fonction de leurs sources, leurs contextes, des textes qui les constituent, etc...

En Angleterre, la danse s'éxécute sur la même mélodie :
Vernon Coaker, le ministre de la sécurité intérieure, a déclaré : "Les sites de réseaux sociaux tels que MySpace ou Bebo ne sont pas concernés par cette directive". "C'est l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement tente de déterminer les solutions à mettre en place dans le cadre du Programme de Modernisation de l'Internet".
Cela fait plusieurs mois que le Royaume-uni travaille à la mise en place d'une énorme base de données regroupant les informations numériques, en terme de SMS, e-mails, historique des navigateurs internet etc... Cette base de données devrait servir aux forces de l'ordre comme référence et sera consultable par plusieurs organismes tels que le FBI, le MI5 ou la CIA. Richard Clayton, expert en sécurité à l'université de Cambridge déclarait au magazine ZDNet que le gouvernement voulait collecter l'ensemble des données sur les personnes seulement au cas où ils en auraient besoin.

(source extremepc)

Vous pensiez peut-être que l'Etat n'avait de cesse d'investir dans un réseau de plus en plus performant, étendu, omniprésent, que pour nous laisser nous ébattre a satiété en toute liberté, montrant nos fesses sur Youtube, faisant des blogs un recensement exact de nos pensées, et cela pour notre bon plaisir exclusif ?
On est alors en droit de se demander quel est le rôle exact de Google, acteur majeur de nos divagations internautes qui tend à monopoliser cet espace sous haute surveillance. C'est ce que fait Raphael Anglade dans cet indispensable article.

Dormez bien les Bisounours :)

vendredi 20 mars 2009

Enlèvement à Arles : déclaration du procureur



Le procureur de la République de Tarascon, Antoine Paganelli, répond à la presse au sujet de l'enlèvement de la petite Elise.

Le plan Alerte enlèvement a été déclenché, vendredi 20 mars, après l'enlèvement d'Elise, 3 ans et demi, à Arles (Bouches-du-Rhône), a annoncé la direction centrale de la police judiciaire à Paris.

La voiture dans laquelle la petite fille a été enlevée – une Renault Modus immatriculé 399 ABD 76 (couleur beige ou marron) – a été repérée peu après le déclenchement de l'alerte. Elle a été flashée par un radar alors qu'elle se dirigeait vers Nîmes (Gard) et est suivie par un hélicoptère.

La police a précisé que la fillette a été enlevée par deux hommes et une femme qui ont agressé son père, avec qui elle se promenait. Née d'un père français et d'une mère russe, la fillette avait été enlevée une première fois par sa mère après un divorce très conflictuel courant 2007. Elle avait été emmenée de France en Russie où le père était récemment allé la chercher. La mère fait l'objet depuis début 2008 d'un mandat d'arrêt international pour cet enlèvement. (Le Monde)

Ci-dessous la déclaration du commissaire de Police d'Arles Marie-Josèphe Mazel (toujours charmante, ce serait dommage de s'en priver) :


La petite Elise. Contact police : 0805 200 200

Mise à jour 23:00

d'après L'Obs

Jean-Michel A. et son ex-femme, Irina B., sont bien connus du juge des affaires familiales. En 2007, alors qu'ils étaient en instance de divorce, Irina avait déjà enlevé sa fille. Le père avait dû aller chercher l'enfant en Russie et la ramener à Arles.

Selon les éléments fournis par les enquêteurs, Irina B. fait depuis le début de l'année 2008, et à la suite de cet enlèvement, l'objet d'un mandat d'arrêt international. Mais la situation est d'autant plus confuse que la justice française a confié la garde de l'enfant à son père et la justice russe à la mère.

De source policière, on précise que des centaines de policiers, gendarmes et douaniers ont été mobilisés dans les gares, aéroports et sur les routes ainsi qu'un hélicoptère.

L'enquête a été confiée au parquet de Tarascon (Bouches-du-Rhône).

Les autorités précisent que si des témoins localisent l'enfant ou les suspects, il leur est demandé de ne pas intervenir eux-mêmes mais d'appeler la police au 0805-200-200.

D'après 20 minutes :

La femme mise en cause dans le communiqué d'alerte de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) avec deux autres hommes, serait la mère russe d'Elise, Irina Belenkaya, explique le Parquet de Tarascon à 20minutes.fr. «Ce qui est relativement rassurant pour la santé de la petite fille», confie un magistrat.

Une information confirmée ce vendredi soir par nos confrères du «Midi Libre»,
qui expliquent qu'à 13h15, Irina Belenkaya s'est présentée avec Elise dans les locaux d'Europcar Montpellier, gare Saint Roch: «Nerveuse, elle cherchait à louer une nouvelle voiture. Mais sa carte bleue a été refusée.» L'employée d'Europcar a fait le rapprochement dans l'après-midi et a alerté la police.

Le père français, Jean-Michel André, et la mère russe,
Irina Belenkaya, se sont séparés peu après la naissance D'Elise. En 2007, alors que le couple est en instance de divorce, la mère qui n'en a pas la garde, l'a emmenée en Russie. Elle fait l'objet depuis le 8 janvier 2008 d'un mandat d'arrêt international pour ce motif. Puis le père est allé la récupérer là-bas pour la ramener à Arles.

D'après le Midi Libre

C'est à 13 heures 15 qu'Irina Belenkaya s'est présentée avec sa fille Elise dans les locaux d'Europcar Montpellier, gare Saint Roch. Nerveuse, elle cherchait à louer une nouvelle voiture. Mais sa carte bleue a été refusée.

Ce n'est que plus tard que l'employée, en écoutant la radio, a réalisé qu'il s'agissait d'une des personnes recherchées. L'immatriculation contenait le code spécial de la société. En consultant l'ordinateur, elle s'est aperçu que le véhicule avait été loué à Avignon. Elle a fait le rapprochement et a immédiatement alerté la police.

Actuellement, les recherches se concentrent sur le secteur de Vauvert.

D'après La Provence

Après son agression, le père a été transféré à l'hôpital Joseph-Imbert, ses jours ne seraient pas en danger.

Née d'un père français et d'une mère russe, elle avait été enlevée une première fois par sa mère après une procédure de divorce très conflictuelle courant 2007. Elle avait été emmenée de France en Russie où le père était récemment allé la chercher. La mère fait l'objet depuis début 2008 d'un mandat d'arrêt international pour cet enlèvement.

Le véhicule a bien été repéré par un radar automatique entre Nîmes et Montpellier aux alentours de 12h30. Elle aurait ensuite été flashée dans le sens inverse de circulation par un radar embarqué entre Salon et Miramas vers 16h15. "Cela nous étonne un peu car ces informations sont contradictoires. Nous continuons à chercher tous azimuts" ajoutait le procureur de la République de Tarascon, Antoine Paganelli qui attend l'accord de la Chancellerie pour que l'alerte enlèvement soit prolongée afin de diffuser l'information au journal de 20 heures, en espérant faire réagir de nouveaux témoins.

Mise à jour 00:00 :

Mais qui est Irina Belenkaya ?
Google indique une fiche pour une Irina Belenkaya, 41 ans, divorcée, un enfant, se présentant comme "serious, calm, smart, responsible, honest…" qui pourrait correspondre, mais rien ne permet de lever le doute sur une homonymie.

Mise à jour samedi 21 - 11:00

Selon France Info
: "Nous ne pouvons pas affirmer pour l’heure que c’est bien la mère qui a enlevé l’enfant, mais c’est une piste que nous considérons avec beaucoup d’attention", a déclaré le procureur de la République de Tarascon. Les enquêteurs soupçonnent la mère, âgée de 36 ans et de nationalité russe, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis 2008 pour avoir tenté une première fois en 2007 d’enlever la fillette à son père français. Le père était, selon les premiers éléments de l’enquête, allé rechercher sa fille en Russie. Une procédure judiciaire a également été engagée par la mère dans son pays. Océanographe de 51 ans résidant à Arles, Jean-Michel André a obtenu la garde de l’enfant dans une procédure de divorce toujours en cours. Le trio l’a agressé alors qu’il ramenait à vélo sa fille qu’il venait de récupérer à l’école maternelle. "J’ai croisé le regard de ma femme. Même si elle portait une perruque, je sais que c’est elle", affirme-t-il dans l’édition de samedi de La Provence (informations très complètes et témoignage d'un témoin direct de la scène).

Mise à jour à 21:16

D'après le Midi Libre :
Un porte-parole du ministère français de l'Intérieur avait indiqué au conditionnel que la fillette, sa mère et deux hommes qui ont participé à l'enlèvement alors qu'Elise était sous la garde de son père pourraient se trouver à Moscou. L'alerte avait été donnée par une femme qui a dit avoir rencontré la mère de nationalité russe et son enfant dans un train entre Montpellier et Bellegarde (Gard), où la première lui aurait demandé comment se rendre à Genève. Un policier français de la Paf (Police de l'air et des frontières) présent à l'aéroport de Genève a également cru reconnaître le groupe et alerté ses collègues suisses.
Mais ces derniers, auxquels on a présenté « des papiers en règle qui avaient une identité différente des gens ont autorisé les quatre personnes à embarquer malgré la demande française de contrôles plus poussés, a dit le porte-parole. La France a alors alerté son ambassade à Moscou pour obtenir des contrôles plus approfondis à l'arrivée de l'avion, qui a atterri à l'aéroport de Domodedovo samedi soir. Les passeports des quatre personnes ont été scannés et envoyés en France, où le père d'Elise, Jean-Michel André, a procédé à des vérifications au commissariat de police d'Arles. « Les passeports que j'ai vus ne sont pas ou ne correspondent pas ni à ma femme, ni à ma fille, ni à l'agresseur d'hier que je peux reconnaître », a déclaré ce dernier à la presse.
« De plus, les policiers russes disposaient depuis hier de la photo d'identité de ma fille, donc ils étaient alertés par leurs collègues français. S'ils avaient vu ma fille à côté des photos, ils auraient dit 'oui, c'est elle' », a-t-il ajouté.
Le procureur de Tarascon, Antoine Paganelli, a confirmé que la piste russe n'était désormais plus crédible. « Les vérifications qui ont été faites par les autorités suisses n'ont pas permis de confirmer qu'il s'agissait de l'enfant », a-t-il dit. « Cet enfant a embarqué en compagnie de trois personnes en direction de Moscou mais vraiment, et j'insiste la-dessus, sans aucune certitude que cet enfant soit (...) le jeune enfant qui a été enlevée hier à Arles. »


mise à jour lundi 23 - 13:40

D'après l'AFP :
La fillette franco-russe enlevée vendredi en France se trouve en Russie, a annoncé lundi le département du ministère russe de l'Intérieur chargé du Transport aérien et maritime cité par l'agence Interfax.
"Nous disposons d'informations selon lesquelles E. André-Belenkaya, qui fait l'objet d'un avis de recherche international via Interpol, se trouve sur le territoire de Russie", indique Interfax citant ce département ministériel.

D'après Le Midi Libre

Mis à jour à 13 h 35 - Les enquêteurs cherchent toujours en vain la trace d'Elise, la fillette franco-russe au coeur d'un conflit parental, enlevée vendredi dans le sud de la France.

La piste russe évoquée encore ce matin s'est une nouvelle fois évanouie. La police moscovite chargée du transport aérien a démenti que l'enfant de trois et demi, de père français et mère russe, se trouve en Russie, comme l'avaient affirmé un peu plus tôt des sources dans ce service, citées par les agences russes. « Nous démentons cette information. Elle n'est pas juste. Nous n'avons aucune information sur le lieu où elle se trouve actuellement », déclare Tatiana Bondareva, porte-parole de l'antenne moscovite du ministère russe de l'Intérieur chargée du Transport aérien et maritime.

Les agences russe Interfax et Ria Novosti, citant ce même département, avaient affirmé peu auparavant que l'enfant se trouvait en Russie. « Nous disposons d'informations selon lesquelles E. André-Belenkaya, qui fait l'objet d'un avis de recherche international via Interpol, se trouve sur le territoire de Russie », assure une source au sein de ce service à Interfax.

L'ambassade de France à Moscou a aussi déclaré que l'enfant ne se trouvait pas, à sa connaissance, en Russie. « Nous ne savons absolument pas où est localisée la petite fille. A priori elle n'est pas en Russie », affirme une porte-parole de l'ambassade, Tiphaine Ricordel.

D'après La Provence :

"Dans les aéroports, toutes les 5 minutes, quelqu'un voit la petite", glisse-t-on à la PJ de Marseille. Depuis le témoignage de cette ressortissante suisse, qui a donné des détails sur l'enfant de 3 ans et demi, enlevée vendredi à Arles et croisée dans le train Montpellier-Genève, la police a perdu la trace d'Élise. Pourtant, comme dit le procureur de Tarascon, Antoine Paganelli, "la piste suisse est celle qui nous semble être la plus sérieuse". Les investigations se poursuivent. "Les autorités suisses sont en alerte et font le nécessaire,précise-t-il. Mais il n'y a pas d'élément prépondérant qui ait permis pour l'heure à l'enquête de progresser." Des photos récentes de la mère et de l'enfant ont été adressées aux divers services, partout en Europe, Suisse comprise.

En principe, la mère et l'enfant voyageraient ensemble. Les deux agresseurs du père ne seraient plus de la partie. Mais rien n'est définitivement écarté. La piste russe, elle, s'est effondrée. Ni Élise ni sa mère Irina Belenkaya "ne sont sur le territoire russe aux dernières nouvelles", a déclaré hier un diplomate à l'ambassade de France à Moscou.

Ce qui vous attend avec Hadopi


Hadopi Brazil from La Quadrature Du Net on Vimeo.

Réalisée à partir des images d’un film, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Brazil, Hadopi Brazil donc, raconte un épisode quotidien de la vie dans l’après 2010, alors le système de riposte graduée est en place. « Parce que des images valent mieux qu’un long discours... et qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer » disent les animateurs de la Quadrature du net.

jeudi 19 mars 2009

Hadopi : la résistance s'organise


Alors que les débats sur le Paquet Télécoms se poursuivent au Parlement européen, les gros acteurs du web (Dailymotion, eBay, Skype, Google, YouTube, PriceMinister, et Yahoo!) se sont ligués pour appeler d’une même voix à maintenir « la neutralité du net ». Un sujet brûlant alors que la seconde lecture du texte doit intervenir au cours du mois d’avril. la France a émis une réserve à Bruxelles sur cet amendement de transparence et de non-discrimination. Même l'Angleterre qui s'y était opposée un temps avait fini par lâcher prise. On nous explique que la cause tient à la Hadopi, laquelle va nécessairement malmener le risque de neutralité des réseaux. Une manière de cacher un peu plus le cheval de Troie du filtrage qui se dessine sous les traits de la Hadopi et qui va lui aussi malmener la neutralité des réseaux. (PCinpact)

En France révèle Le Figaro, c'est Dailymotion qui interpelle Nathalie Kosciusko-Morizet : ses deux dirigeants prennent la plume pour dénoncer «l'absence de communication» de la secrétaire d'Etat suite à la proposition émise fin février par le député Frédéric Lefèbvre de créer une commission d'enquête sur les plateformes vidéo. «Ces temps-ci, il est facile de résumer l'atmosphère dans laquelle nous évoluons en France, à la différence de ce que peut connaître notre société dans le cadre de son expansion à l'étranger […] : tu as une idée, je la taxe, je te régule ! Vous créez, je taxe, nous vous régulons ! C'est cela la «grammaire des affaires» ? Pour nous entrepreneurs du Net, c'est là une conjugaison bien malheureuse, déconnectée du temps numérique, celui des nouvelles générations».

Des accusations qui font référence entre autres à la loi Hadopi sur le téléchargement illégal. La question des sites proposant des vidéos directement visionnables en ligne ayant été posée et une commission chargée d'étudier la question d'ici l'été. Dailymotion, avec 900 millions de visionnages sur sa plateforme, est concerné au premier chef. Martin Rogard, un des fondateurs de Dailymotion, s'inquiète de cette "pensée anti-internet" et s'interroge sur la récente plainte de Nadine Morano à l'encontre de sa société à propos de commentaires insultants à son propos :
«Cette affaire comporte un caractère bizarre. Quelle est la stratégie de la ministre derrière cette action qui implique la police ? Est-ce pour faire de l'intimidation ? Il aurait pourtant suffi d'un simple mail du ministère, plutôt qu'un déballage public, et les propos injurieux auraient été retirés comme cela se passe toujours pour ce type de faits ».

Le webzine Rue 89 souligne l'absence de NKM dans ce débat, pourtant secrétaire d'Etat chargée du Développement de l'économie numérique. En privé, NKM ne cache pas l'embarras que lui cause cette loi, et serait donc d'accord avec son frère, Pierre Kosciusko-Morizet, président de l'Association pour le commerce et les services en ligne, qui considère que le texte de loi « date un peu et n'est pas tellement adapté ».

Le magazine SVM a depuis longtemps marqué son engagement contre ce projet de loi, a lancé aussi une pétition qui à ce jour compte 46200 signataires (à signer si ce n'est déjà fait). Cette semaine SVM met en avant un artiste engagé contre Hadopi :
En tant que fondateur de Jamendo.com, plate-forme légale et gratuite de téléchargement de musique, et signataire de la pétition SVM, Sylvain Zimmer s'interroge sur la pertinence de la loi Création et Internet. Pour lui, il faut au contraire encourager les artistes à continuer de créer et les consommateurs à participer à cette création culturelle. Pour manifester son opposition à la riposte graduée envisagée dans le projet de loi, Jamendo a lancé le 12 mars une opération de "remerciement gradué", selon lequel l'internaute qui télécharge une musique sur la plate-forme se voit remercier par mail, puis par courrier. Si la licence globale peut être une solution envisagée, Sylvain Zimmer reste sceptique sur le système de répartition qui sera alors appliqué aux artistes. La solution à la situation actuelle doit selon lui venir d'Internet, à travers de nouveaux concepts, et non du gouvernement.


mercredi 18 mars 2009

Les journalistes en grève

Albert Londres

La crise a décidément bon dos !

Les journalistes dans l’action le 19 mars


Le quatrième pouvoir n’est pas très fringant. La crise économique touche celles et ceux qui font profession de "porter la plume dans la plaie" pour reprendre l’expression d’Albert Londres, le père de tous les journalistes. Les plans sociaux, les séparations "à l’amiable" se multiplient. Les patrons des médias n’ont de cesse que de dégager une profitabilité qui n’a pas de sens dans une économie en récession.

Mobilisés avec les autres catégories de la presse, et avec les autres salariés du privé et du public, les organisations syndicales signataires appellent tous les journalistes à se mobiliser le jeudi 19 mars, à l’occasion de la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations.

A nous de faire entendre notre voix pour :
• Défendre l’emploi

Les plans sociaux, départs "volontaires" ou à la retraite, non remplacés, assèchent les rédactions. La barque ne serait-elle pas ENCORE assez pleine que les patrons de presse remettent aujourd’hui en cause les RTT, contestent le droit d’auteur.
Les derniers chiffres donnés par la commission de la carte d’identité des journalistes professionnels sont alarmants : pour la première fois depuis des décennies le nombre de journalistes stagne. Croulant sous le travail, stressés, les journalistes n’ont plus le recul nécessaire pour délivrer une information, non pas neutre et objective, mais recoupée.

• Améliorer le pouvoir d’achat

Les exigences des actionnaires se traduisent par une redistribution des richesses privilégiant le versement de dividendes.
Dans les branches, les entreprises, les négociations salariales sont âpres. Le patronat campe sur ses positions : pas un euro d’augmentation collective. Quelques miettes distribuées ici et là au mérite. Les patrons ne doivent pas s’abriter derrière la crise économique : maintenir le pouvoir d’achat est vital pour tous les salariés.

• Lutter contre la précarité

Avec un taux de précarité d’au moins 20%, le seuil d’alerte est largement dépassé chez les journalistes.

• Lutter pour une retraite décente

Avec l’augmentation du nombre d’annuités de cotisations, et la réforme en cours des régimes complémentaires, les retraites des journalistes vont être revues sérieusement à la baisse.

Le 19 mars, TOUS MOBILISES avec les salariés du public et du privé.

Le 19 mars, par la grève, les manifestations, faisons nous entendre !

Syndicat National des Journalistes
33 rue du Louvre 75002, www.snj.fr, e.mail : snj@snj.fr, Tél 01 42 36 84 23, Fax 01 45 08 80 33