mardi 28 avril 2009

Les géographes


Les géographes... Associés des explorateurs et des conquérants, colonisateurs ou évangélistes...

Celui de Vermeer est grave et sérieux, c'est un protestant, un marchand et un explorateur qui cherche peut-être la route des épices d'extrême orient. Sa carte est une lumière de connaissance partielle qui éclaire son visage et le tissu froissé qui en masque une partie est un inconnu qui suggère les dangers de l'exploration. Bien au dessus de lui, le monde le domine, sur une armoire.

Celui de Velásquez est jovial et fier, c'est un catholique, un conquistador qui exploite déjà l'Eldorado, et dont la main domine un monde qu'il est en train d'asservir, qui va se plier à sa volonté.

Ces deux images représentent deux conceptions de l'espace géographique, deux pulsions humaines. Le colon représenté par Velásquez s'est allié aux militaires et aux politiques et a dominé le monde. Il le domine encore.
Avec ses cartes l'européen a découpé l'espace de façon arbitraire. Au début du vingtième siècle il a redessiné l'Europe et l'Orient, faisant naître des pays (Liban, Palestine, Irak, etc.) et oubliant d'en faire d'autres (Kurdistan par exemple), séparant des cultures et des peuples par des frontières dictées par la diplomatie et le business dans cette grande frénésie coloniale chère à Jules Ferry et qu'a combattue Clemenceaux.


Elisée Reclus le plus moderne des méconnus

Elisée Reclus, anarchiste de génie, est le père d'une nouvelle école géographique. Cet homme avait le mérite du géographe de Vermeer qui défie l'inconnu, et ses nouveaux terrains d'exploration étaient sociaux et économiques, alors que les contours du monde avaient été maitrisés, en cette fin de XIXe siècle conquérant et dominateur.
La pertinence de son approche et de ses analyses apparait sur des sujets brûlants d’actualité : justice sociale, conflits, migrations, métissage... A la différence de nombre de ses collègues de l’époque, qui pratiquent une géographie « énumérative » fort ennuyeuse, Reclus développe dans son œuvre monumentale, une analyse globale décryptant les dynamiques et les interactions.

Précurseur du mouvement anarchiste, végétarien, adepte du naturisme et de l'union libre, à la fois sensuel et intellectuel des plus brillants, Reclus est un génial visionnaire, un autre Jules Verne, dont les préoccupations qui n'étaient pas de son temps se révèlent centrales aujourd'hui.

Si les diplomates qui découpèrent le monde une quinzaine d'année après sa mort s'étaient inspirés de sa pensée, nos guerres modernes seraient-elles si sanglantes ?

Si la vision de Vermeer avait remplacé la vision de Velásquez ?

Du Congo au Rwanda, de l'Irak au Pakistan, dans le Caucase, toutes ces guerres qui sont les conséquences des traits de règles des géographes qui ne voyaient qu'un monde en 2 dimensions, sont-elles inévitables ?

L'exemple pakistanais

Le cas du Pakistan est exemplaire : pays totalement artificiel né en 1947, étrangeté d'une décolonisation difficile. Le Pakistan avait un jumeau qui est devenu Bengladesh et misérable dans les marais du delta du Gange. Le Pakistan a certes adopté les manières britaniques pour contrôler un territoire hétéroclite, ethniquement divisé mais qui ne doit sa raison d'être que dans la religion musulmane.


• Les Pachtounes se divisent entre l'Afghanistan et l'ouest pakistanais, et sont un peuple de nomade guerriers depuis la nuit de temps. C'est en majorité parmi eux que se recrutent les insurgés appelés par convention Taliban. La religion, qui est fondatrice du pays, semble être son point le plus instable. Présents aussi dans la province du baloutchistan, ils se concentrent dans les zones tribales autonomes autour de la Khyber Pass, porte de l'Afghanistan et la zone du nord-ouest.

• Les Baloutches occupent le sud du Pays, sont les éleveurs nomades eux aussi, et sont aussi disséminés de l'Iran à l'afghanistan. Ce peuple vivait au XVIIIe siècle dans un Royaume uni et autonome, le Royaume de Kalat. Peu nombreux, ils vivent sur un grand territoire désertique mais riche en hydrocarbures. La pauvreté entretenue par le pouvoir central (voir la carte illustrant les différences de prix d'achat du gaz par province) a fait aussi apparaître une guerilla rebelle indépendantiste.


• Les Penjabi représentent la moitié de la population et sont massés à l'est. Ils sont proches des indiens, et leur langue, l'ourdou, s'est imposée à tout le pays (l'ourdou est semblable à l'hindi, mais écrit en caractère arabes).

• Au sud-est la deuxieme ethnie du pays est Sindhi dont la famille Bhutto est originaire.

• Au nord, le territoire du Cachemire, montagneux et peu peuplé, est en proie à une guerilla indépendantiste soutenue par l'Inde depuis plus de cinquante ans.

• Entre Cachemire et Afghanistan c'est le pays des Kalash (eux mêmes assimilés aux Nouristani Afghans) un peuple minoritaire que certains (dont J. Kessel) disent descendre des armées hellènes d'Alexandre le Grand (fondateur du Kandahar afghan) et un des derniers (plus ou moins) convertis à l'Islam à la fin du XIXe siècle. Les kalashs ont souvent les yeux verts et les cheveux clairs.

Belle mosaïque de peuples particulièrement instable, qui possède l'arme atomique et dont la moitié du territoire est en guerre, avec pour seul facteur d'unité l'Islam, dont se réclament les extrémistes qui représentent en même temps un des plus dangereux mouvement terroriste.

Qu'en aurait pensé Elisée Reclus ?

lundi 27 avril 2009

Le Manifeste

Hadopi : le retour



Voici une très bonne enquête de Anthony Lesme de Bakchich qui résume assez bien la teneur de cette loi Hadopi qui est devenu l'objet d'un scandale parlementaire.
Pour le reste, c'est encore une agitation stérile, à la manière sarkozienne, tant cette loi est inapplicable ou juridiquement contestable.

Certains geeks un peu trop parisiens s'émeuvent du faible rassemblement de la manifestation anti-Hadopi de samedi, mais ce genre d'action est en contradiction avec le monde virtuel et anonyme du web et son efficacité est assez nulle. Et puis comme le gouvernement fait un point d'honneur de faire passer cette loi, elle passera, et tout le monde s'en moque puisque les parades qui la rendent inefficace existent déjà. Comme sur l'Iphone, il y a une application pour ça.

Cette petite agitation permet à Sarkozy de servir la soupe au petit monde de l'élite "culturelle" parisienne, monégasque ou suissesse... Elle n'empêchera pas le déclin du CD ni la mort des industries conservatrices qui n'ont pas réussi à s'adapter à l'évolution technologique du XXIe siècle (c'est la vie).

De plus en plus d'artistes se désolidarisent de ce projet de loi, au fur et à mesure qu'ils prennent conscience de l'aspect liberticide du projet, comme les auteurs de Sience Fiction :
"Nous, le peuple de la science-fiction, auteurs, traducteurs, illustrateurs, critiques et chroniqueurs, essayistes, libraires, blogueurs, éditeurs et directeurs de collection, tenons à exprimer par ce texte notre opposition à la loi Création et Internet."

Jacques Attali propose une table ronde sur le sujet, autour de dix points basé sur la licence globale. Il précise : "Les changements techniques n'ont jamais été et ne sont pas les ennemis des artistes : ils ont permis d'inventer de nouvelles façons de créer (le piano, le violon, la photographie, le cinéma) et de nouvelles façons de faire connaitre leurs œuvres (le livre, l'imprimerie, le gramophone, la radio, la télévision, le cd, le dvd). A chaque fois, il fut dit par des experts que tout cela conduirait au désastre pour les artistes. A chaque fois, ils ont su en tirer le meilleur, pour créer autrement et se faire mieux connaitre.
Il en va de même à propos d'internet. Et bien des contrevérités ont été proférées récemment sur ces questions."

Il conclut ainsi : "Les artistes (musiciens et cinéastes) doivent s'approprier la licence globale, en définir le mode de contrôle, de tarification et de perception ; Les musiciens n'ont donc rien à perdre à ce que les gens les enregistrent pendant leurs concerts ; Les nouvelles technologies permettront d'inventer des formes artistiques nouvelles, rémunératrices pour les artistes."

Hadopi n'est qu'un épouvantail de plus qui a le masque de l'incompétence de nos dirigeants.

dimanche 26 avril 2009

Xavier Raufer et la paranoïa sécuritaire



Dans le billet précédent, je me faisais une idée de l'intérêt qu'il y avait à agiter le drapeau sombre de la peur. Ben Laden, Al Qaïda, Taliban, Ultragauche, Black Blocks, bandes ou gangs semblent parfois des épouvantails destinés à terroriser les pigeons que nous sommes. Convenablement effrayés, nous acceptons tout pourvu qu'on nous rassure (guerre, régime policier, surveillance de la presse et des citoyens...).

Je me réfère encore à ce texte magnifique de Tocqueville dans lequel il dit, visionnaire :
"Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître".

Nicolas Sarkozy est apparu, porté par ses promesses d'ordre et d'argent.

Alain Bauer dont je taillais le costard hier, a souvent écrit des livres avec Xavier Raufer, on peut donc supposer entre eux une complicité intellectuelle.
Raufer est un de ces agitateurs de la terreur, un nouveau Pierre l'Ermite qui appelle à la croisade contre l'infidèle, le voyou... la décadence ?
Raufer a par le passé appelé à un Ordre Nouveau. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Cette petite intervention de Raufer ci-dessus, mine de rien, résume bien la paranoïa qu'entretiennent ces marchands de peur.
Elle est alarmiste et approximative, comme si les apaches d'il y a un siècle à Montmartre était de gentils anges, et que la violence urbaine était une invention du XXIe siècle. Elle omet de dire qu'il y a aussi des coups de feu tirés par des retraités sous l'influence des discours sécuritaires, par des flics au bout du rouleau ou des militaires traumatisés par les combats néo-coloniaux.

Ci dessous, un meeting d'Ordre Nouveau en 1971, le groupe d'extrême droite qui a été le berceau de Raufer, dans lequel la racaille, les terroristes, le gauchisme sont déjà des mots rassembleurs, que l'on retouve toujours aujourd'hui chez les vendeurs de sécurité. Un document pénible de 14 minutes qui n'est pas sans intérêt pour qui veut reconnaître un discours extrémiste qui ne change pas malgré les années.

vendredi 24 avril 2009

Big Bauer is watching you


On ne peut douter de l'influence déterminante d'Alain Bauer auprès du ministre de l'intérieur dans ses décisions concernant la surveillance vidéo (n'a-t-il pas écrit un livre pour en faire la louange, secondé par Xavier Raufer l'ancien affidé de Pierre Sidos et du mouvement Occident ?), et n'est-il pas le conseiller préféré du Président Sarkozy en ce qui concerne la criminalité ?

Alors même que l'État décide d'accroître de manière conséquente l'utilisation de la vidéosurveillance, arguments et contre arguments se superposent rendant de plus en plus complexe l'analyse objective du phénomène. «La question de l'efficacité de la vidéosurveillance (...) n'a toujours pas été tranchée», assène un rapport du Sénat publié le 17 décembre 2008.

les défenseurs du système citent avec raison l'arrestation des terroristes impliqués dans les attentats meurtriers de Londres en juillet 2005, et l'apport décisif des caméras de surveillance du métro londonien dans l'identification des auteurs de ces crimes. Ils n'ont pas tort.
Mais Eric Heilmann, Maître de conférence à l'université Louis-Pasteur de Strasbourg, nuance avec intelligence : "c'est parce que la police britannique avait été informée de l'identité potentielle des suspects qu'elle a pu ensuite les reconnaître sur des images. Cela a été possible parce que des centaines d'enquêteurs ont été mobilisés pour visionner 15 000 vidéos. Penser que l'on pourrait mobiliser de telles ressources humaines pour des actes criminels de moindre ampleur serait se moquer du monde".

Plus troublant encore, le témoignage de l'inspecteur de police Mike Neville, responsable du Bureau des images, identifications et détections visuelles (Viido) de la police de Londres, qui conclut que l'utilisation de cette technologie est jusqu'ici un « véritable fiasco».
« Des milliards de livres ont été dépensés dans le matériel, mais on n'a pas réfléchi à la manière dont la police allait utiliser les images et comment elles seraient présentées devant un tribunal », a-t-il déclaré lors d'une conférence organisée à Londres.

Il semblerait que l'aspect humain soit un des principaux obstacles à l'utilisation optimale de ces nouveaux outils : une fois les caméras installées, les élus négligent dans 90 % des cas de vérifier quel est leur impact, notamment en matière de prévention de la délinquance. Les caméras sont-elles placées aux bons endroits ? Ils se rassurent de leur simple présence, sans chercher à optimiser leur utilisation (selon un rapport du ministère de l'intérieur en 2005).
Il est vrai que les seules études complètes sur le sujet ont été réalisées au Royaume-Uni, comme celle de Gary Armstrong et Clive Norris, qui soulignait dès 1997 que les opérateurs de surveillance luttaient d’abord contre l’ennui : pauses fréquentes, lecture de magazines, mots croisés, somnolence, et même... voyeurisme, qui représentait 15 % du temps de visionnage consacré à surveiller des femmes. Un autre rapport de 2005 (Martin Gill et Angela Spriggs), un des plus complets sur le sujet, confirme cette fâcheuse tendance principalement à cause du faible taux moyen de six incidents pour quarante-huit heures de surveillance. (d'après Le Monde Diplomatique)

Mais pour Alain Bauer et le gouvernement, la messe est dite, quoi qu'en disent d'autres "experts" diplômés par ailleurs.
De mauvais esprits pointeraient du doigt AB Associates, la boîte de Bauer spécialisée en audit sur la question sécuritaire auprès des municipalités, en soulignant un risque de conflit d'intérêt. Ce serait minimiser la question à une affaire triviale et sous estimer Alain Bauer, bien que le secteur soit des plus porteurs : Entre 1 et 1,5 milliard d’euros, c’est ce que pesait le marché de la vidéosurveillance en France en 2007, selon l'estimation du cabinet de consultants Icade Suretis. La vidéosurveillance urbaine ne représentait encore qu’une petite part du gâteau (20 %). Mais le créneau est en plein boum.

Monsieur Bauer est un de ces hommes de réseaux qui naviguent dans tous les milieux. Après des débuts prometteurs sous la gauche (son amitié avec Valls, le socialoréac est toujours solide), il est un des premiers a servir le petit énervé de la Place Beauvau. Peut être leur amour des Etats Unis et leur atlantisme est-il un point de concorde. Toujours est-il que Bauer est prêt à tous les subterfuges pour conforter une opinion déjà acquise aux vertus du vidéo-voyeurisme, avec l'aide de journalistes et de journaux "amis". Il faut lire l'article de Jean-Marc Manach sur le sujet.

La vidéosurveillance, outre qu'elle nécessite des investissements importants en matériel, a besoin de personnel pour visionner ces écrans. Comme le gouvernement fait tout son possible pour diminuer le nombre de ses fonctionnaires, les cameras vont-elles remplacer les effectifs défaillants ? "M. Sarkozy a retiré la police du terrain (suppression de la police de proximité) et il a diminué les effectifs de police (10.000 policiers manqueront d'ici à 2012)", déplore ainsi le PS. Les équipement seront ainsi à la charge des collectivités locales (ne vous plaignez pas de voir augmenter les impôts locaux) dont la plupart pourraient sous-traiter le marché. Une aubaine pour les sociétés privées spécialisées dans le sécuritaire.
L’USP, première organisation patronale du secteur a signé opportunément en décembre 2008 une convention avec Laurent Wauquiez afin de valoriser les emplois du secteur de la sécurité privée dans un contexte de création de 100 000 nouveaux postes d’ici 2015, soit près de 15 000 par an.

Ainsi, le péril terroriste, qu'il soit ultramusulman ou ultragauchiste, permet d'entretenir un nouveau secteur industriel sécuritaire, un parfait business répondant aux préoccupations d'une population vieillissante, et en remplacement des sidérurgistes ou ouvriers d'usine automobiles en perdition.
Et si les ultramusulmans venaient à faiblir dans nos capitales européennes, soyons sûr que les ultragauchistes apparaîtraient venant de Tarnac ou d'ailleurs, pour entretenir cette peur salutaire, celle qui fait gagner les élections ou embaucher des vigiles qui sont si efficaces à regarder les écrans de surveillance, celle qui renforce les pouvoirs de la police et bride ceux de la Justice...

Cannabis



Un site web (Teuchiland) fermé pour apologie du cannabis, hier, montre bien que contrairement aux années 68, la liberté d'opinion n'est qu'une liberté surveillée...

D'autre part, Une étude menée par des chercheurs bien connus de l'Université Complutense de Madrid (Espagne) montre que le tetrahydrocannabinol (THC), pourrait réduire la taille des cellules cancéreuses de tumeurs du cerveau (Bob Marley ne fumait peut-être pas assez de Ganja). Un essai clinique effectué sur deux personnes atteintes d'un cancer récurrent très agressif et qui ont reçu des injections intra-craniennes de THC ont montré "un processus de mort des cellules par autophagie" au bout d'une trentaine de jours.
D'autres études suggèrent un usage plus étendu du cannabis dans d'autres domaines thérapeutique.
Un autre article par contre suggère au contraire des effets cancérigènes induits par le cannabis.

Difficile de se faire une opinion objective à propos de ce marché de 832 millions d’€ (estimation 2007 de l'OFDT) pour lequel divers lobbies semblent s'affronter.
En Hollande l'exportation de "skunk" rapporterait deux milliards d'euros. De quoi donner à réfléchir en ces temps de fins de mois difficiles.
En comparaison, on notera que le chiffre d'affaire de l'alcool est de 13,7 milliards €.

Rue 89 met en parallèle deux études :
L'une est anglaise et émane du British crime survey, le nombre de fumeurs de cannabis déclarés aurait sensiblement diminué depuis l'entrée en vigueur de la dépénalisation et ce dans le pays européen jusque-là le plus friand de marijuana.
Selon L'autre, la France est l'un des moutons noirs du pétard en Europe. Non contente d'être l'un des pays les plus répressifs de l'Union, elle est également l'un de ceux où l'on fume le plus. Les chiffres sont sans appel : 22% des jeunes Français auraient consommé du cannabis au cours du dernier mois –record européen– contre 1% en Suède. Au total, " la France figure parmi les pays les plus consommateurs en Europe tant chez les jeunes adultes que les adolescents" , conclue le rapport " Cannabis, données essentielles" publié mardi par l'Office français des drogues et toxicomanies (OFDT) et qui dresse un bilan très complet du phénomène en France.

Des résultats bien différents d'un côté ou de l'autre du Channel, mais il semblerait que les seuls résultats attendus par Nicolas Sarkozy de sa politique du tout répressif soient avant tout électoraux.

mercredi 22 avril 2009

Saint Nicolas et le père fouettard


L'origine du Père Fouettard est très controversée, et comme dans toutes les légendes, chacun a sa version et le Père Fouettard change de nom selon les pays qu'il traverse. Il est très souvent associé à Saint Nicolas ou au Père Noël comme étant le méchant qui distribue des punitions aux vilains enfants alors que son compagnon offre des douceurs aux enfants sages.
En période électorale, Saint Nicolas laisse aussi sortir le Père Fouettard.

Depuis 2002, il ne s'est pas passé "un jour sans que je me sois occupé (...) de cette question de la sécurité", a rappelé hier Saint Nicolas à Nice… sept ans de réflexion...
Le résultat de ces analyses très crétines de notre bon Saint Nicolas est de faire enfoncer des portes ouvertes par ce damné Fouettard tout noir :

Empêcher les bandes (Le code pénal prévoit déjà les infractions d'attroupement sur la voie publique, et l'attroupement armé) et interdire les cagoules (c'est les black blocks et les indépendantistes corses qui sont bien attrapés !).
Ça c'est une bonne idée, les poseurs de bombe seront obligés de faire leur communiqué à visage découvert !
Il suffisait d'y penser, Saint Nicolas l'a fait. Il faut dire que Michèle Alliot-Marie (priez pour nous...) a décidé, sur les bons conseils du sympathique M. Bauer, de multiplier par trois les caméras de vidéosurveillance.
Ce serait vraiment dommage de porter des cagoules.

Le bon Saint Nicolas songe aussi à obliger les manifestants à sourire dans les défilés, et les compagnies de CRS seront équipées de grand panneaux avec écrit dessus "applaudissez" comme à la télé.

Y'a pas à dire, ça aurait de la gueule, merci Saint Nicolas !

dimanche 19 avril 2009

Merci Ségolène Royal !


Je ne suis pas ségolâtre. Mais quand madame Royal agit d'une manière qui me convient, je suis prompt à lui rendre hommage, même si je ne lui épargne aucunes critiques quand elle dérape à mes yeux, en attaquant la presse et les journalistes par exemple.

Les excuses qu'elle a présenté aux africains de Dakar étaient une bonne manière de renvoyer la prose d'Henri Guaino à sa place : la boîte à ordures.
Les excuses concernant l'attitude du chef de l'État envers Zapatero ne sont qu'une manière de sauver l'honneur de cette grosse moitié de français qui ne se reconnaissent pas dans les gesticulations de ce président qui confond ses opinions personnelles avec celles de la France (la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Otan n'étant qu'un exemple parmi d'autres).
Lui qui ne manque pas à chacun de ses discours d'envoyer une pique aux socialistes et à la gauche en général ne reçoit que la monnaie de sa pièce.

Merci madame Royal de cette opposition sans concession, nous sommes nombreux à partager votre avis !
Jean-Luc Mélenchon, entre autres, a salué la "pugnacité" de Ségolène Royal. "Elle a plus de cran et de pugnacité que d'autres qui lui font la leçon", a-t-il dit sur LCI.

mardi 14 avril 2009

Message à Christine Albanel : Libérez Pierre Etaix !


A quatre-vingts ans, Pierre Etaix, clown, dessinateur et cinéaste ne peut plus montrer ses films !

Ses cinq longs métrages (dont quatre co-écrits avec Jean-Claude Carrière) sont aujourd'hui totalement invisibles, victimes d'un imbroglio juridique scandaleux qui prive les auteurs de leurs droits et interdit toute diffusion (même gratuite) de leurs films.

L'affairisme et le commerce s'opposent à la culture !
Cette situation est inacceptable.


Elle condamne à l’oubli cinq films qui comptent parmi les plus originaux du cinéma Français :
Le Soupirant (1963), Yoyo (1964), Tant qu'on a la santé (1965), Le grand amour (1968), Pays de cocagne (1969).

Alors, si comme moi, vous souhaitez comprendre les raisons de ce rapt culturel et signer la pétition pour la ressortie des films de Pierre Etaix, visitez ce lien:


N'hésitez pas à faire suivre ce message à tous vos contacts et amis avant le 10 mai 2009, date de remise de la pétition à Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication et obtenir autour de 50 000 noms avant que ne débute le 62e Festival de Cannes, le 13 mai prochain, afin de faire pression sur les instances dirigeantes. Tout est jouable, il vous suffit de signer la pétition. Personne ne le regrettera !

Odniesieniu

L'équipementier automobile rennais La Barre Thomas (ex-CF Gomma), sous-traitant de PSA qui a annoncé un plan de licenciement de 248 salariés fin 2008, propose des reclassements internes en Pologne avec une rémunération de 705 euros bruts par mois, a-t-on appris de source syndicale.
La DRH a en effet envoyé un courrier délicat à un technicien de l'entreprise :
"Vous voudrez bien nous répondre dans les 8 jours calendaires (..) donc avant le 15 avril sur cette proposition. A défaut de réponse à cette date, nous considèrerions que vous refusez ce poste de reclassement", écrit la direction.
Selon les syndicats, le technicien concerné par l'offre polonaise "gagne en France entre 1.500 et 2.000 euros par mois". De plus, un seul voyage aller en Pologne est compensé financièrement par l'entreprise.
(Les Echos)



Là je dis respect ! Autant de cynisme est une caricature digne d'un pamphlet d'un humoriste.
S'il fallait trouver une justification à la séquestration des patrons ou des cadres dirigeants, cette insulte envers un salarié est toute trouvée.

C'est Laurence Parisot, qu'on devrait envoyer dans une mine de sel en Pologne, pour apprendre la vraie vie à cette fille à papa. Elle apprendrait comment dire respect en polonais : Odniesieniu.

Odniesieniu aussi à Juan de Sarkofrance qui a mis en avant ce scandale du monde moderne.

lundi 13 avril 2009

Miura, Babeuf et Antonelle



1 - Où Rimbus rate Padilla et les Miuras.

Les arènes d'Arles sont réouvertes pour cette corrida dont les vedettes sont les toros du légendaire élevage Miura. Juan Jose Padilla, Rafaellilo et le jeune Julien Lescarret s'apprêtent à passer un après-midi inconfortable.
Padilla, l'homme ou rouflaquettes, a triomphé et emporte 2 oreilles sur son 2e toro. (l'origine et la date de la vidéo ci dessus reste imprécise, mais permet d'apprécier le travail à la cape et l'énergie de Padilla)
Lescarret a été bousculé par son premier toro et dominé par le second, mais gagne une oreille, au mérite.
Rafaellilo qui a été bousculé lui aussi perd les bénéfices de ses faenas par des mises à mort catastrophiques, il subit une demi-bronca. Il se souviendra de ces miuras.

2 - Où la ganaderia Rimbus se rassemble

Mais ce dimanche j'étais Nîmois, et j'ai eu recours à la Provence pour connaître le résultat de cette corrida, je conseille le compte rendu bien détaillé de Jacques Corot ainsi qu'une belle vidéo qui résume bien les points forts de la journée.

C'est qu'à Nîmes j'avais à partager l'agneau pascal dans la meilleure des branches de notre arbre généalogique, le rameau parpaillot, qui vient juste de porter un nouveau bourgeon parisien plein de promesse. Belle rencontre.
Avec grand plaisir j'y ai retrouvé le Professeur Rimbus, mon frère (initiateur de la branche ashkénaze, moi même étant initiateur de la branche arabo-berbère). Notre famille est une grande ganaderia dont la bravoure légendaire s'enrichit par de subtils croisements.

3 - Où on tente de convertir Rimbus au babouvisme

Le professeur étant en verve, son enseignement a été très politique. Alors que je l'avais laissé monarchiste a tendance orléaniste il y a quelques années, c'est avec un grand plaisir que je le découvre communiste, puisant ses sources aux origines, chez Gracchus Babeuf.

Alain Badiou passe pour un modéré en comparaison de cet audacieux programme qu'à défendu avec brio le Professeur, répondant à chaque objection, détaillant chacun des points de façon précise et argumentée.

La clef de voute du système repose sur une allocation de 2000 euros mensuels versé à chaque citoyen, indépendamment de son âge (versé dès la naissance jusqu'à la mort).
Une mesure qui renforce immédiatement la natalité tout en supprimant les calculs compliqués d'allocations diverses, de charges sociales et les emplois inutiles qu'ils génèrent, ainsi qu'une paperasserie dévoreuse de cellulose.
L'argument du Professeur et de détruire la valeur-travail, en partant du principe qu'il vaut mieux de pas travailler que de faire un travail inutile. Il s'en suivrait d'après ses calculs, la disparition de la majorité des fonctionnaires, et l'explosion du domaine culturel. Cette allocation supprimerait selon lui la délinquance précoce, permettrait à la Recherche de se libérer de l'obligation du résultat, et chacun pourrait travailler selon son rythme, s'il le souhaite, pour accroître sa richesse. Dégagé de toutes charges sociale, le coût du travail serait divisé par deux pour l'employeur.

Autre pilier indispensable, la fiscalité, qui est supprimée, et remplacée par une TVA sociale modulée en fonction de la l'intérêt collectif que porte le produit taxé.
Le professeur préconise de taxer fortement les produits alimentaires dits "néfastes" (il donne une marque de soda américain fortement sucré), et d'exonérer les produits "utiles" (il cite les tomates).

On se reportera au site de l'Allocation Universelle, qui chiffre très sérieusement ces propositions, démontrant que ce nouveau contrat social n'a rien d'utopique.

4 - Où Rimbus rend hommage à Pierre Antoine Antonelle

C'est avec émotion que je me souviens du premier maire d'Arles, Pierre Antoine Antonelle qui fut sans conteste le plus important protagoniste de la révolution arlésienne, et un des premiers compagnons de Babeuf à Paris.

Le 13 janvier 1791, il ouvre dans l'église du collège, à Arles, la Société des amis de la constitution, réservée à ses seuls partisans. L’exclusion des autres, ainsi que l’anticléricalisme du nouveau maire suscite la création en juillet d’un club dénommé Société des amis de l'ordre et de la paix qui réunit les adversaires de
la Révolution. Ceux-ci, qui se réunissent dans la maison du chanoine Giffon, et portant comme insigne un siphon d'argent, deviennent les «chiffonistes». Ils se recrutent surtout dans les quartiers de l’Hauture et de la Cavalerie. Le camp adverse, autour du quartier de la Monnaie, à la Roquette, portera le nom de «monnaidiers». Cette dualité politique et topographique perdurera bien après la Révolution.


Il est élu député à l'Assemblée Législative le 30 août 1791. Présidant le Club des Jacobins, il semble bien que ce soit à lui que l'on doive le nom de Capet donné à Louis XVI et à sa famille. Exerçant aussi les fonctions de secrétaire de l'Assemblée Législative, il se vit confier de nombreuses missions. En octobre 1792, Antonelle faillit être élu maire de Paris. Membre du tribunal révolutionnaire, il présida le jury lors des procès de Marie-Antoinette et des 22 Girondins.
En 1794, Antonelle devint suspect aux yeux des Robespierristes. Incarcéré au Luxembourg, il ne dut son salut qu'au 9 Thermidor. Il soutint la Convention lors du complot royaliste du 13 Vendemiaire an IV aux côté du jeune Bonaparte. Le Directoire, établi peu après, le chargea de la rédaction du Journal Officiel, tâche dont il se démit vite.

Puis il devint un membre de la conjuration des égaux de Gracchus Babeuf. Les idées de la Conjuration sont en particulier exposées dans le « Manifeste des Égaux » (1796). On peut y lire :

« Il nous faut non pas seulement cette égalité transcrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, nous la voulons au milieu de nous, sous le toit de nos maisons. » […] « Qu'il cesse enfin, ce grand scandale que nos neveux ne voudront pas croire ! Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvre, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés. » […] « L'instant est venu de fonder la République des Egaux, ce grand hospice ouvert à tous les hommes. » […] « L'organisation de l'égalité réelle, la seule qui réponde à tous les besoins, sans faire de victimes, sans coûter de sacrifices, ne plaira peut-être point d'abord à tout le monde. L'égoïste, l'ambitieux frémira de rage. […] Qu'il ne soit plus d'autre différence parmi les hommes que celles de l'âge et du sexe. Puisque tous ont les mêmes besoins et les mêmes facultés, qu'il n'y ait donc plus pour eux qu'une seule éducation, une seule nourriture. Ils se contentent d'un seul soleil et d'un même air pour tous : pourquoi la même portion et le même qualité d'aliments ne suffiraient-elles pas à chacun d'eux ?»

Arrêté et jugé, il fut acquitté. Sa réputation de jacobin et "d'anarchiste" l'empêcha à deux reprises de siéger au Conseil des Cinq-Cents où il avait été élu. Même s'il essaie encore de comploter avec quelques Jacobins, Antonelle n'est plus dangereux. Sa vie publique et politique est terminée.

Les historiens comparent volontiers Antonelle à Mirabeau, Barras ou Sade. Pierre-Antoine d'Antonelle de Saint-Léger était né à Arles le 17 juin 1747, dans l'hôtel particulier familial qui existe encore au 30 rue de la Roquette, à cent pas de chez moi.

Vive la révolution !

dimanche 12 avril 2009

Feria cuivrée le 11 avril

Samedi, une journée de merde.
De la pluie sans discontinuité qui freine toute motivation ; en fin d'après midi je passe quand même chez Ali. Je bois 3 mauresques. On discute de la pluie qui a gâché la journée. Les deux courses ont été annulées, les arènes sont gorgées d'eau. Même Virgile a préféré ne pas ouvrir son bar, un samedi de feria. Du jamais vu.
Allez, je vais manger un morceau boulevard des Lices. Les bars et les cafés se remplissent petit à petit, comme la pluie s'estompe.
Elle est devenue bretonne, et c'est une bruine légère que j'affronte sans souci. Je passe au Wallabeer pour boire une mauresque.
Je fais un petit tour au Forum, et je vais boire une bière au Tambourin.
L'ambiance commence à se réchauffer.



Cette bonne ambiance me pousse à tourner dans les bodegas qui s'animent de plus en plus tandis que le soleil se couche. Comme je passe au Gallia, je tombe sur Kabila, le peintre gitan.
On discute de sa prochaine exposition à Paris dans le 3e.
Je bois deux mauresques, le temps d'apprécier les jeunes filles qui achètent leur cigarettes pour cette nuit. Je ne suis pas sûr qu'elles soient toutes majeures.

Je décide de rentrer à la Roquette.

Chez Ali l'ambiance est toute autre maintenant. En rentrant dans le bar, attiré par des cuivres tonitruants qui jouent "commandante Che Guevara" je vois le boss en train de danser. La soirée n'est pas perdue.



Après ça a commencé à partir un peu en vrille :



J'ai bien sympathisé avec ces fanfarons... Ils se révèlent être parisiens et plus habitués que moi à la feria, qu'ils ne manquent jamais. On a aussi chanté Bellaciao, et ils ont distribué des liasses de billets de 10 000 dollars chinois de la banque Heaven and Hell... Les billets trainaient partout. J'ai bu une ou deux mauresques.
Je décide de les suivre en peu plus loin. Dans une ruelle qui donne sur l'avenue de la République, une petite bodega privée accueille les fanfares et les peñas.
On m'offre à manger un morceau et un verre de sangria.



Après je retourne voir au Forum. Au passage, j'aperçoie encore Kabila au bar du restaurant les 2 fondues. Je rebois une mauresque. On me félicite pour mon blog, ce qui me fait bien plaisir.

Je retrouve des fanfarons chez Nène. J'y passe boire une mauresque, mais sans m'attarder.



Allez... je retourne à la Roquette, avec mon petit godet en plastique, que je sirote en chemin. Je croise un voisin qui me parle de mon blog. C'est très sympathique.
Je termine mon godet chez Ali, en profite pour papoter un peu et je termine là ma soirée. Il ne pleut plus.
Arles a encore vibré, comme elle vibre régulièrement dans ses folles déraisons qui rythment sa quiètude méridionale habituelle.
Demain est déjà commencé.

Bon, et bien je vais bloguer tout ça.

vendredi 10 avril 2009

Juan Bautista et Castella à égalité





Belle corrida cet après midi à Arles !
Pour retranscrire cette corrida hors normes, je recopie le compte-rendu de la Provence, on ne peut mieux faire :

Contre toute attente, le soleil brille par intermittence sur cette première corrida de la feria. Un léger vent souffle et devrait un peu géner les évolutions des toreros. Ce premier rendez-vous est un mano a mano, une corrida dans laquelle seulement deux matadors sont à l'affiche au lieu de trois habituellement. Chacun devra combattre 3 toros de Domingo Hernandez, élevage de la région de Salamanca. Tous l'aficion du sud de la france attend la conf'rontation entre les deux meilleurs toreros français, les deux seuls qui ont une carrière au-delà des Pyrénées et en Amérique du sud : l'Arlésien Juan Bautista et le Biterrois Sébastien Castella. Les arènes sont d'ailleurs pratiquement pleines pour ce premier événement de la feria.

• 1er Toro, n° 117 Napolitano, noir 520 kg : Pour Juan Bautista en blanc et or
- Le toro prend deux piques sans vraiment pousser.
- Joli duel de quite par chicuelinas entre Juan Bautista et Castella. La confrontation demarre sur un bon pied.
- Juan Bautista dédie son premier toro au public arlésien.Muleta e"n main, le matador arlésien trouve la distance a la troisième série de passe de la main droite. De la gauche il délivre une série de naturelles de belle facture. Ce toro peut lui permettre de triompher. Une passe en rond déclenche l'ovation du public.
- Une estocade a récibir (le matador immobile se fait charger par le toro) pour conclure.
Deux oreilles pour Juan Bautista


• 2e Toro n°56, Golpeado, noir avec le ventre blanc, 510kg : Pour Sébastien Castella en framboise et or
- Le toro qui boîte de la patte avant droite se révèle fuyant à la cape. Castella le fait très peu piquer
- Le matador bitterois débute sa faena avec beaucoup d'envie mais le toro donne des signe de faiblesse et à tendance à s'affaisser en fin de série. Il va falloir le laisser se reprendre et ne pas l'étouffer de passe. Avec intelligence Sébastien le fait charger de plus loin.
- Une demi-estocade, quatre descabellos, un avis. Quelques applaudissements.

• 3e Toro n°107, Relatador, noir, 545kg : Pour Juan Bautista
- Juan Bautista accueille son deuxième toro par une passe à genoux contre la barrière.
- Deux piques
- Très joli quite de cape de Castella, Juan Bautista répond aussitôt mais se fait accrocher deux fois le capote.
- La deuxième faena de Juan Bautista est fort différente de la première. Devant un adversaire moins commode, l'Arlésien déploie son énergie. Plusieurs fois il déclenche l'ovation du public. C'est à la fois technique, spectaculaire et engagé. D'autant plus méritoire que le toro n'est pas sans danger.
- Une estocade entière après un premier avis. Le toro meurt instantanément.
Une oreille pour Juan Bautista


• 4e Toro n° 91, Pepinero, 500kg, noir : Pour Sébastien Castella
- Le toro est fuyant réservé et sort seul de la pique. Mais il retourne au galop à la recontre du picador sans que personne ne puisse l'en empêcher.
- Castella s'apprête à passer un dur quart d'heure lorsqu'il devra l'affronter seul muleta à la main. Le toro sème la panique parmi les banderilleros de Castella.
- Castella commence par quelques passes assis sur le marchepied de la barrière. Puis une série tres engagée alors que le toro donne de méchants coups cornes de droite à gauche.
- Le Biterrois essaie d'imposer sa volonté sansse démonter. Maisle toro est très difficile. Castella torée sur le fil du rasoir alors que le toro s'arrête à mi-passe, le serre sur la corne gauche et se retourne comme un chat en fin de passe.
- Une estocade entière pour conclure une faena héroïque.
Une oreille pour Castella
(Le public scande to-re-ro to-re-ro !)

• 5e Toro, n°120, Teinta y nueva, noir, 530kg
: Pour Juan Bautista
- Juan Bautista dedie son toro à Sébastien Castella. Et commence sa faena les deux genoux en terre. Mais il a du mal à enchaîner face à un toro réservé qui charge au pas. Quand il charge.
- Deux piques
- Une estocade entière à la deuxième tentative.
- Silence

6e Toro, Tatuador, marron clair, 540kg : pour Sébastien Castella
- Très joli quite par chicuelina tres serrée par Morenito de Nîmes sobreséaliente (remplaçant) de ce mano a mano.
- Enorme début de faena de Castella immobile au centre de la piste et faisant charger le toro du plus loin possible. Il enchaîne les passes sans bouger les pieds le toro passant dans son dos et devant lui a quelques millimètres.
- La suite est plus classique mais pas moins belle. Castella est au milieu des cornes calme et tranquille ; le toro répète les passes, il semble infatigable et d'une noblesse extraordinaire.
- Une demi estocade deux descabellos

Deux oreilles pour Castella

- C'est par une sortie en triomphe des deux matadors que s'achève cette première corrida de la feria Pascale.

Jacques Corot


Juan Bautista, triomphateur des Vendanges de Nîmes l'an passé, a demandé au directeur des arènes de la cité gardoise de combattre les taureaux de Miura en ouverture de la Feria de Pentecôte.

Le Midi Libre dévoile de son côté une interview exclusive de Sebastian Castella, morceau choisi :

ML : Qu'avez-vous à répondre quand les aficionados évoquent une évolution de votre tauromachie ?
SC : Non, je ne crois pas. Seulement, j'ai beaucoup gagné en maturité en deux ans. J'ai tout remis en place dans ma vie personnelle et, forcément, je me sens mieux au niveau professionnel. J'ai retrouvé l'ambition d'être numéro un comme en 2006. Je reviens en 2009 pour remettre les pendules à l'heure.
Cet hiver, vous avez retrouvé votre efficacité à l'estocade qui vous a coûté de nombreux triomphes depuis deux ans.
C'est
un faux problème. J'avais perdu la fraîcheur et l'ambition. Quand je suis bien dans ma tête, comme actuellement, je suis régulier avec l'épée. Quand je suis bien, je suis bien partout. Je suis heureux et j'ai retrouvé foi en moi.

Ceux qui vont mourir





La rencontre taurine de l'année !
Une réminiscence de cette rencontre madrilène d'il y a 2 ans :
22 mai 2007, corrida de la Presse. La corrida la plus importante de l’année à Madrid.
Perera blessé, l’empresa fait appel à Juan Bautista qui vient de triompher en début de San Isidro. Sébastien Castella, torero de base de ce cartel étoile, donne son accord. Il aurait pu refuser. Le reste, c’est une des pages d’histoires les plus émouvantes des premières arènes au monde. Ce jour-là, Juan Bautista et Castella ne sont pas en mano a mano mais le public madrilène ne se souvient que d’eux, de l’entrega totale et inconditionnelle du biterrois, de l’arlésien aux gestes de soie. Ce jour-là aussi, entre les deux toreros français qui avouent mal se connaître et ne pas se fréquenter en dehors des ruedos, quelque chose est passé.

Cette année Sebastian Castella (15e escalafon 2008) et Juan Bautista Jalabert (18e escalafon 2008) se retrouvent à Arles. Certainement sous la pluie comme à Madrid.
… Quand l'élite des matadors est française et se rencontre...

Mais honneur aux toros ! Les plus importants acteurs de cette corrida sont ceux qui vont y mourir, les 6 toros de Domingo Hernández Martín.
Composée de vaches d’Amelia Pérez Tabernero et de Domingo Ortega ainsi que de sementales de Garcigrande, origine Juan Pedro Domecq, cette ganaderia créée en 1992 après achat d’un fer de Lamamié de Clairac, a gagné sa réputation grâce à la caste parfois incommode de ses toros dont la noblesse latente en fait pourtant souvent des adversaires de qualité pour les toreros. Actuellement le sang Juan Pedro Domecq apporté par les étalons de Garcigrande a absorbé toutes les autres origines de l’élevage.
Côté résultats, il sont excellents ou beaucoup moins plaisants selon que l'on se place du côté empresa-torero ou du côté aficionado. En d'autres termes, si vous êtes capable d'apprécier le toreo sans une bride d'émotion venant de la part animale, si les génuflexions ne vous ôtent pas votre plaisir, vous aimerez…

José Tomas et Llorón, un toro Domingo Hernández y Garcigrande

Inma "La Carbonera"

Âgée d'une trentaine d'années, née de père gitan cantaor (disparu alors qu'elle était jeune enfant, mais dont elle a hérité de tous les dons), et de mère andalouse payo, Inma "La Carbonera" (de son vrai nom Inmaculada Jacquot Rivero) a grandi à la Cité des 3000 "Poligono Sur" à Séville. Contrairement à d'autres cantaoras ayant bénéficié du soutien d'une "famille flamenca" constituée, ou/et des cours d'une institution "officielle" débouchant naturellement sur le passage de concours flamencos, Inma a du gravir seule les marches de la reconnaissance, par la force de sa conviction et de son talent.



jeudi 9 avril 2009

Dans le cul


Le rejet de la loi Hadopi, il y a quelques heures, n'est qu'un répit.

La loi sera représentée en seconde lecture.
Mais comme le dit maître Eolas l'avocat blogueur le plus renommé et respecté : "C'est un camouflet pour le Gouvernement en général et le ministre de la culture en particulier, et pour Jean-François Copé qui montre une fois de plus qu'il ne sait pas tenir son groupe."

Cette nouvelle me permet de composer un titre à ce billet qui devrait faire sensation sur Google. Une bonne nouvelle n'arrive jamais seule.

Le délit de solidarité ou la charité bien ordonnée



A Avignon (merci et bravo au Blog Des Avignonnais pour ce reportage), comme dans toute la France, les Justes se sont regroupés pour protester contre la demande du président Nicolas Sarkozy de porter à 5 000 les interpellations en 2009 "pour des faits d’aide illicite à l’entrée et au séjour d’immigrés en situation irrégulière".

Eric Besson, qui courbe l'échine, rend visite à ses amis socialistes comme Valls, et affirme que le délit de solidarité n'existe pas, mais non... Le bon Besson...

A l’origine de cette manifestation, plusieurs interpellations récentes impliquant des responsables associatifs accusés "d’aide illicite à personnes en situation irrégulière". Le 16 février, par exemple, l’interpellation d’un sans-papier accueilli dans la communauté Emmaüs de Marseille Pointe-Rouge s’est transformée en opération policière pour rechercher des migrants clandestins sur le site. Le responsable de la communauté a été arrêté et placé en garde à vue. Autre incident : le 18 février, la police arrête chez elle une bénévole de Calais qui organise des collectes de vêtements et de nourriture pour les migrants et qui, de plus, recharge leurs portables.

... Et les témoignages dans ce sens ne manquent pas !
Cette politique de l'Ump qui se caractérise par la xénophobie et la répression policière me semble directement puisée aux sources les plus réactionnaires de la droite la plus extrême. Mais je sais des démocrates qui vont encore dire que j'exagère.

Ce n'est pas moi qui exagère, c'est eux qui s'habituent.

mercredi 8 avril 2009

Feria







C'est parti !

Frédéric Lefebvre, le pitbull de l'UMP


Si c'était un chien, il serait un Pitbull. Furieux, la bave aux lèvres, il ne demande qu'à mordre dès qu'une ombre passe dans son champ visuel.
Laché de temps en temps par son maître, il sème la terreur par ses aboiements incessants, exhibant ses crocs menaçants.
Dernier exemple : il accuse le NPA de Besancenot d'être « la vitrine légale des casseurs », ou à propos de Ségolène Royal il déclare : « De la Chine à Dakar, en passant par Washington, Mme Royal ridiculise notre pays, par son attitude et ses sorties iconoclastes »

Pitbull, pompier pyromane, les qualificatifs ne manquent par pour décrire Frédéric Lefèbvre, nouveau Prix Orwell des Big Brother Awards (mention bâton merdeux), mais certains affirment qu'il se calme à la vue d'un biscuit...

un p'tit beurre de l'excellente manufacture Lefevre-Utile bien sûr !

mardi 7 avril 2009

Tout a un prix, Frédéric Lefebvre aussi.


Dimanche, lors de la remise des Big Brother Awards a été distingué pour « son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses... » le député et porte parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre qui a reçu la mention spéciale « bâton merdeux », « qui lui va si bien pour son côté "petit caniche" ». Pour le jury des Big Brother Awards le député ne cesse « de se faire remarquer... pour son ignorance, ses amalgames grossiers, et sa novlangue récurrente mis au service d’un gout immodéré pour le contrôle en général ».

Et de rappeler notamment son fameux bafouillement à la question « c’est quoi le web 2.0 » posé par un journaliste de BFM, et sa « magistrale déclaration à l’Assemblée » (vidéo), le 15 décembre dernier, pour soutenir son amendement en faveur du contrôle du web par le CSA : « L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? […] Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. »

Cette information opportunément relayée par notre honorable correspondant de Mars, est tirée de la chronique d'Astrid Girardeau sur le site écrans de libération.fr

Il faut tout de même féliciter aussi Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur qui remporte le concours général pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70% en 3 ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa "novlangue" avec sa promotion de la vidéosurveillance, ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un "ennemi intérieur".

lundi 6 avril 2009

Les Black Blocs sont bien utiles...

Les black blocs sont bien utiles pour justifier la répression policière. Un peu comme Ben Laden est un spectre bien utile pour l'industrie de l'armement américaine, les Black Blocs sont parfaits pour justifier les méthodes de surveillance et de contrôle des opinions (pour ne pas dire de la pensée).

La preuve est déjà visible dans le Figaro.fr dès cet après midi, avec une manipulation bien vicieuse que je vais expliquer.
Les Black Blocs se renseignent par internet et sms, manière de justifier une future extention d'Hadopi. Déjà, on la voit venir :
"... l'expansion du phénomène Black Bloc est directement liée à l'essor d'Internet qui leur permet de communiquer entre eux et d'organiser leurs actions communes. Les consignes sont répercutées en temps réel par e-mail ou par SMS. Des casseurs bien de leur temps, en somme."

Petite phrase lourde de sens...

Plus haut dans le reportage cette autre phrase est significative de la manière insidieuse de créer des amalgames :
"Dans les cortèges ils [les Black Blocs] affichent envers les manifestants pacifistes une attitude respectueuse, se portant même au secours des «blancs» quand la police charge. Ce qui leur garantit une relative bienveillance dans le camp des modérés."

Pourtant, Olivier Toscer sur son blog "République bananière" dévoile le manifeste de ce mouvement anarchiste : "L’Appel expose les objectifs principaux des « black blocs » : detruire le capitalisme, vivre le communisme et répandre l’anarchie. Contrairement à ce que l’on pourrait penser cela ne passe pas seulement par incendier les banques et affronter la police. Mais également par attaquer la gauche altermondialiste classique… « Notre succès à Gênes n’aura pas tant résidé dans les spectaculaires affrontements avec la police ou dans les dommages infligés aux organes de l’Etat et du Capital, que dans le fait que la diffusion des pratiques de confrontations propres au « Black Bloc » (…) ait sabordé l’apothéose des Tute » (ndla : mouvement altermondialiste italien proche des zapatistes).

Cette manière de voir est aussi celle adoptée par le JDD :
"Squart, comme il se fait appeler est clairement un black. Il se revendique "autonome", du "parti imaginaire", il a été arrêté jeudi soir lors des affrontements avec la police et, comme on lui a confisqué son passeport au commissariat, il n'a pas pu se rendre au défilé de Baden-Baden. Il peste contre "ces baveux de réformistes citoyennistes" qu'il doit côtoyer dans le camp des anti-Otan. "Eux, ils ne jettent pas de pierres sur les casernes, ils ne détruisent pas les commissariats, ils rigolent."

La méthode tentée par Le Figaro est rusée.
Premièrement faire un amalgame entre les pacifistes et les black blocs, (C'est la propagande officielle de l'Ump, Lefebvre ne dit pas autre chose),ensuite pointer Internet comme le vecteur principal de la subversion.
Une bien vilaine manière de procéder qui ne fait pas honneur au journalisme.

Les méthodes policières à Strasbourg




2 vidéos édifiantes relevées par le génial Gilles Klein sur @rrêt sur Images !

Bien sûr, les black blocs sont des alliés subjectifs des forces de l'ordre. Ce mouvement clairement anarchiste revendique même dans son "manifeste" la volonté de s'opposer aux pacifistes, en parfaits partisans de l'action violente. Une petite provocation par-ci par là permet de faire dégénérer une manifestation pacifiste en émeute anarchiste. Tout cela est parfait pour discréditer les revendications légitimes des opposants à l'Otan, à condition bien sûr que la presse ne soit pas présente pour montrer la vérité. Dès lors, on est en droit de suspecter la police de manipulation contrôlée de la chaîne de violence, en laissant le black bloc s'infiltrer et dégrader. C'est en tout cas la question que se pose le très honorable Jean-Marcel Bouguereau sur son blog.



On en vient à se demander si le fait de ne pas être d'accord avec les décisions de Nicolas Sarkozy est autorisé et si la presse a le droit d'en rendre compte. J'en connais qui vont encore dire que j'éxagère, que je fais de l'antisarkozysme primaire...
L'attitude hystérique de monsieur Lellouche, porte parole des atlantistes, face au sénateur Mélenchon, est révélatrice du respect qui est porté à la parole contradictoire. La violence verbale des membres du gouvernement est semblable à la violence policière qu'elle commande.



Le sénateur Mélenchon, si il a confondu l'article 2 avec l'article 5, n'a pas tort :
Article 5 du traité de l'Atlantique nord
Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord.