IdéologieIronie du sort, c'est dans la victoire contre le communisme que se trouvent les ferments de l'intégrisme religieux musulman. Al Qaïda en est un exemple explosif. On savait que les taliban et les brigades internationales du djihad de libération de l'Afghanistan étaient accueillies dans la région de Peshawar, au Pakistan, depuis les années 80, financées par l'Isi pakistanaise et la CIA pour contrer les soviétiques.
Une fois l'Afghanistan libéré, les différents mouvements se sont combattus pour prendre le pouvoir, et le le chef des taliban Mollah Omar a emporté la mise. Parmi ses proches, l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri, le dirigeant ouzbek Tahir Yaldeshiv... puis Oussama Ben Laden. Des partisans du tafkirisme, une idéologie qui repose sur la conviction que l’affaiblissement de l’
oumma (la communauté des croyants) est le résultat de déviations des musulmans eux-mêmes, de leur éloignement de la religion. Tout musulman non pratiquant serait comme un infidèle. Les takfiristes s’attribuent un rôle messianique, la direction exclusive du combat contre l’Occident infidèle et les musulmans « apostats ».
Tous sont convaincus que les Etats-Unis et leurs gouvernements « fantoches » au Proche-Orient sont responsables du déclin du monde arabe. C'est l'idéologie fondatrice d'Al Qaïda.
(D'après
Saleem Shahzad pour
Le Monde Diplomatique)Alors que les vieux chefs Afghans comme Haqqani ou Hekmatyar semblent se désolidariser d'Al Qaïda et concentrer leurs efforts sur l'Afghanistan, l'idéologie tafkiriste se renforce et a gagné Baitullah Mehsud, un des principaux chefs taliban pakistanais qui porte son action au cœur du Penjab, majorité modérée du pays, ou revendique l'assassinat de Benazir Buttho. Son but, instaurer une république islamique au Pakistan. Il serait liés avec le Lashkar-e-Jhangvi, organisation sunnite considérée comme une façade d'Al Qaïda au Pakistan. Le
Lashkar-e-Jhangvi combat en priorité les chiites au Penjab, depuis dix ans.
Al Qaïda en FranceLes attentats suicides sont surtout la marque de cette organisation, qui semble ne pas avoir réellement d'existence centralisée, mais est une nébuleuse de groupes plus ou moins autonomes (au
Maghreb , au
Liban où le fils de Ben Laden aurait été vu, au Pakistan et Afghanistan, en
Somalie …), dans une structure peut-être plus transversale que verticale. Oussama ben Laden est-il
vivant ou mort? "La vérité, c'est que je pense que personne ne le sait", répond le conseiller de Barack Obama à la sécurité nationale, preuve que l'organisation terroriste semble une hydre à plusieurs têtes. Le terme générique d'Al Qaïda pourrait même être une simplification pratique pour cacher une nébuleuse complexe et hétérogène.
Bruce Riedel, le conseiller spécial d'Obama sur la question,
cité par Vincent Jauvert , déclare au contraire que Ben Laden est vivant et qu'il dirige personnellement des équipes opérationnelles. Il ajoute que "le financement de l'organisation est excellent", et "qu'elle prépare un ou plusieurs attentats aux modalités inconnues mais selon le schéma opérationnel classique du centre vers les équipes opérationnelles".
En
France , on entend
parler à nouveau d'Al Qaïda. Fin de l'année dernière, les services antiterroristes français démantèlent un réseau dit des «filières afghanes», qui vise à envoyer des candidats au combat en Afghanistan. Un suspect interpellé confie alors aux enquêteurs qu'un responsable d'al-Qaida au Maghreb islamique lui a demandé, via Internet, s'il était prêt à devenir kamikaze pour commettre un attentat suicide sur le sol français.
En
Italie, deux Français accusés de diriger une cellule d'Al Qaïda en Europe et de préparer des attentats en France et en Grande-Bretagne ont été arrêtés dans le sud de l'Italie, rapporte la police de Bari.
Nicolas Sarkozy, à cause de son atlantisme déclaré, est désigné comme
un ennemi depuis son élection, et la France en guerre contre les insurgés afghans accroît paradoxalement le risque terroriste sur son territoire. Un engagement coûteux alors qu'Al-Qaïda aurait cessé toutes ses opérations en Afghanistan. C'est du moins ce que laisse entendre le général américain
David Petraeus , commandant des forces américaines dans la région.