samedi 30 mai 2009

Nîmes en état de grâce



Belle journée, à ce qu'il paraît, hier à Nîmes. Trois triomphes pour les trois toreros en course (Javier Conde, José Tomás et Matías Tejela), qui repartent avec des oreilles, coupées ou non.
En effet Javier Condé, l'inclassable, qui m'avait tant déçu l'an dernier a gagné les deux oreilles de Lanero, le toro de Garcigrande, à titre symbolique puisque l'animal a été grâcié par le président Michel Bazin ; longue vie au toro bravo !


C'était la corrida à ne pas rater et je n'y étais pas.

vendredi 29 mai 2009

Dans la gueule de Google


Entre mars et avril, la part de marché de Google sur la recherche en ligne a encore progressé, passant de 64,2 % à 65,3 % au niveau mondial selon l'institut Comscore. A ce stade, la société californienne est-elle encore rattrapable, s'interroge Le Monde ?

Google est devenu si incontournable qu'il est un partenaire craint et convoité :
La ministre de la Culture Christine Albanel avait été Jusqu'à demander en 2007 au président de Google France de lui faire des « suggestions » et « recommandations » pour « accroître la visibilité du patrimoine culturel français sur l'internet ». Il s'agissait en particulier d '« accélérer le calendrier de la constitution du patrimoine numérique français », comme le notait Rue 89.

Et une simple panne de quelques heures soulève une tempête mondiale, si bien qu'on pourrait assimiler le premier des moteurs de recherche au web lui même, un peu comme le dit Eric Mainville dans le journal Vendredi.

Google est devenu indispensable, déjà comme page d'accueil par défaut du navigateur où sa page d'une blancheur virginale n'est souillée d'aucune publicité criarde, une page reposante comme une invitation au surf, à la recherche de la vague.

C'est explicitement ce que propose Google avec son nouveau produit Google Wave, un nouveau service convivial, mélange de réseau social et de messagerie, qui se propose de tailler des croupières à Facebook ou Twitter, en intégrant les outils classiques et incontournables de l'univers Google (voir en ligne ici et ).

On fait du blogging sur Google via Blogger, on trouve son chemin avec Google Maps, on stocke ses documents et on les édite en texte, tableaux ou présentations avec des outils gratuits, on regarde ses vidéos sur Youtube... Google est en train de tout manger.
Et Google qui nous surveille (pour mieux cibler sa publicité discrète mais calibrée à notre attention) est surveillé lui aussi.

Il y a deux ans Google a été lauréat du Big Brother Award : Le 9 juin 2007, Privacy International plaçait Google à la dernière place du classement sur « la confidentialité et les services Internet » dans son rapport A race to the bottom . Google est la seule entreprise à avoir obtenue la pire appréciation – « Hostile to privacy » - dans cette étude comparative des 23 plus grands sites internet.

Il y a 3 jours, Rue 89 se posait des questions sur les méthodes de "flicage" du roi de l'Internet :

Google se prépare à l'éventualité d'une fuite des cerveaux, et a concocté un algorithme permettant de détecter les vélleités de départ chez les salariés… avant même qu'ils ne le sachent eux-mêmes. C'était l'information publiée mardi par le Wall Street Journal, et qui a forcé Google à allumer des contrefeux. Le responsable des ressources humaines de Google, Laszlo Bock, est cité disant que cet algorithme, actuellement en test, aide la compagnie à « entrer à l'intérieur de la tête des gens avant qu'ils sachent qu'ils pourraient s'en aller ». Le genre de phrases qui fait tache.

Cet article est à rapprocher de celui du London Times du 26 mai 2007 dans lequel il apparait que le président de Google Inc, Eric Schmidt, dans ses prises de position publiques, dévalorise le cadre réglementaire européen et plaide pour l’« autorégulation » au détriment de la législation. Pour se justifier, il affirme qu’il vient juste de commencer à accumuler les données personnelles de ses utilisateurs. « Nous ne pouvons même pas répondre aux questions les plus simples car nous n’en savons pas assez sur vous. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de Google de pouvoir poser des questions telles que ’que dois-je faire demain ?’ et ’Quel travail vais-je prendre ?’ »

Google est un outil formidable, mais alors que les incursions du gouvernement dans notre vie d'internaute sont discutées férocement dans leurs moindres détails, Google compile sur nous des d'informations, sans aucun contrôle, sans aucune discussion, pour son usage privé.

Et pourtant, tout en sachant cela, celui qui utilise Google ne peut plus s'en passer. Google est un peu comme la nicotine.

Les instructions de Sarkozy à propos des juges

Dessin du marseillais Honoré Daumier

J'ai rencontré il y a quelques temps le Bâtonnier de l'Ordre des avocats de Tarascon. J'avais déjà évoqué la position du président du TGI de Tarascon, Marc Juston, dans un billet précédent.

Maître Jean-Marie Lassalle, Arlésien depuis 43 ans, fils d'avocate et petit-fils de magistrat, exerce la fonction d'avocat depuis 15 ans.
Au cours de notre entretien, nous avons parlé de la réforme du monde judiciaire voulue par Nicolas Sarkozy.
Voici une partie de ses propos :

"J'ai engagé plusieurs recours auprès du Conseil d'Etat au sujet des décrets concernant la réforme de la carte judiciaire, et la mutation du juge d'instruction, et nous avons décidé avec le Conseil de l'Ordre que chaque décret concernant la circonscription de Tarascon ferait l'objet du même type de procédure.

Nous avons obtenu l'annulation d'un premier décret le 19 décembre 2008 (pour vice de forme), et alors que le Gouvernement a pris un nouveau décret le 20 mars 2009, le Conseil de l'Ordre a autorisé le 6 avril son Bâtonnier à le contester, ce que je viens de faire.
Je suis donc en première ligne pour représenter au mieux les opinions du barreau, avec les désagréments et les risques que cela représente." m'a-t-il déclaré.

Il a ajouté très en colère, qu'il contestait la fond et la forme de cette réforme :

"Sur le fond, le regroupement des juges d'instruction dans des pôles régionaux et la fermeture parfois incohérente de tribunaux rend la Justice d'un accès difficile pour le citoyen. D'autre part, il y a une mutation de la notion du droit français, un bouleversement de la procédure pénale, dont le juge d'instruction restait le symbole. Si le nombre d'affaires dont il est saisi représente moins de 5 % des affaires pénales aujourd'hui, le juge d'instruction est chargé des crimes et des très sensibles affaires politico-financières. Qu'en sera-t-il quand l'instruction dépendra du procureur, c'est à dire du Ministère de la Justice ?

Encore un peu plus encadrée dans un pôle d'instruction sans possibilité de mener lui-même les investigations, sa fonction est appelée à disparaître, comme l'a annoncé le Président de la République.
Nous en arrivons à la forme qui est particulièrement contestable. Alors même que la réforme de la carte judiciaire est en cours de réalisation, cette annonce de suppression du juge d'instruction ajoute une réforme à une autre. Mais là, il faudra plus qu'un décret, il faudra légiférer. C'est une manière de procéder assez étonnante ! Enfin, c'est le traitement réservé au personnel judiciaire qui n'est pas acceptable."

Je crois me souvenir qu'il a qualifié ces façons de procéder de "méthodes de voyous".
Pour finir, il m'a avoué être très inquiet pour l'avenir de sa profession, alors que le rapport de la de la commission Darrois qui vient de recevoir l'aval du Président de la République cherche à porter la réforme dans l'organisation professionnelle des avocats, en préconisant la réduction du nombre de bâtonniers. "Les avocats, comme les journalistes, sont encore un des derniers contre-pouvoirs et il faut préserver leur indépendance".

Je note que Mireille Delmas-Marty, professeur au Collège de France (chaire d'études juridiques comparatives et internationalisation du droit), membre de l'Académie des sciences morales et politiques et qui a présidé la Commission justice pénale et droits de l'homme (1988-1990), ne dit pas autre chose :
"Qu'il s'agisse de l'instruction ou du jugement, l'enjeu n'est pas seulement technique mais aussi politique. Le souci légitime de simplifier la procédure et d'accélérer le jugement ne doit pas se traduire par un déplacement des pouvoirs au détriment des juges dont l'indépendance est garantie par la Constitution, et au profit d'un parquet qui resterait placé sous les ordres du ministre de la justice."

Voilà comment Sarkozy cherche à mettre la Justice sous son contrôle, comme il le fait pour la presse et les médias.

jeudi 28 mai 2009

Vent sécuritaire sur l'Elysée

Affiche de Rich Waldrep pour la NSA - Aquarelle, 2004

Aujourd'hui s'est tenue au Palais de l'Elysée une réunion majeure pour planifier la future politique sécuritaire du pays, à quelques jours du scrutin électoral européen.

Elle est articulée selon trois axes directeurs :

La loi Loppsi (une vraie lopsa) qui doit fliquer Internet et favoriser la vidéosurveillance.
Ce projet de loi, censé aider la police à lutter contre la cybercriminalité permettrait aux autorités de placer des mouchards informatiques dans des ordinateurs de suspects impliqués dans des affaires de terrorisme (mais nous sommes tous des Julien Coupat en puissance).
On peut ajouter qu'il interdit l'anonymat (puisque l'usurpation d'identité constitura un délit) et ouvre la porte à la censure, par FAI interposé. De plus il fait passer l'intégralité de l'Internet sous contrôle du ministère de l'Intérieur. Une légalisation de l'ouverture du courrier d'une certaine manière... la création d'un fichier informatique appelé Périclès avec pour vocation d'effectuer des rapprochements entre les différents fichiers judiciaires déjà existants, élargi à de nouvelles informations.
Hadopi n'était qu'un hors d'œuvre ! Un peu comme Hadopi, Loppsi pourrait passer devant le parlement en procédure d'urgence pendant les vacances. Sans faire trop de bruit, ce projet de loi pourrait achever de changer la donne du web français.

La poursuite de la mise en place de la gendarmerie sous le contrôle du ministère de l'Intérieur.
La création de la police d’agglomération donnera au préfet de police l’ensemble des compétences qui relèvent de la sécurité publique pour Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Cette expérience sera appliquée dans d’autres agglomérations en fonction des besoins. D’ores et déjà, dans chaque département, le préfet constituera un état-major de la sécurité regroupant les principales autorités concernées et les réunira mensuellement pour définir la politique publique en matière de sécurité.

Les mesures d'action publique opportunistes : sanctuarisation des établissements scolaires (éventuellement avec des portiques de détection), lutte contre les bandes, mais aussi mise en place des tableaux de bord mensuels départementaux de la délinquance, impliquant les procureurs et les inspecteurs d’académie, qui donneront lieu à un rapport mensuel au Parlement élaboré par les ministres de l’Intérieur, de la Justice et de l’Éducation nationale.

Sources : UMP fédération de la Nièvre, Sarkofrance, Blog de Jean-Michel Planche, Cnet France

Montebourg s'exprime sur l'affaire "Tarnac"


Ce romantique de Tarnac qu'on a jeté en prison...

"Des adultes qui intellectualisent le juste dégoût que leur procure la société, des jeunes hommes et des jeunes femmes qui critiquent le monde dans une radicalité pacifique, des êtres qui décident de vivre selon leurs idéaux, voilà ceux que la justice politisée du régime a décidé de construire en coupables par avance.

Une affaire obscure de dégradation de caténaires de TGV, dont chacun ne peut qu'admettre qu'elle ne pouvait causer aucun autre trouble que celui d'endommager quelques pantographes de trains, sans jamais risquer la vie de quiconque, voilà ce que la justice aux ordres de la ministre de l'Intérieur a eu le ridicule de qualifier de terrorisme.

Il s'agissait d'inquiéter le pays en créant de toutes pièces et avec des grosses ficelles un ennemi politique imaginaire, "l'ultra gauche", reformulation contemporaine du bolchevique rouge vif au couteau entre les dents, lequel allait s'en prendre à vous, braves et honnêtes gens de France.

Mais pour faire exister un ennemi qui n'existe pas, il fallait impressionner l'opinion en accusant a priori et à tort Julien Coupat et ses amis, en déployant des moyens de police démesurés pour prouver ce qui n'a pas pu être prouvé. Il fallait surtout trouver des juges soumis au pouvoir et dociles comme des agneaux qui acceptent de commettre la plus grave des injustices, la plus grossière des forfaitures : incarcérer sans preuve ces jeunes gens qu'ils savaient innocents.

Monter un dossier judiciaire de toutes pièces avec des abus procéduraux en tous genres à la clef, pour pouvoir faire de la politicaillerie à la petite semaine, voilà ce dont est capable le régime sarkozyste.

La porte est maintenant ouverte aux manipulations judiciaires les plus dangereuses, parce qu'arbitraires, surtout depuis que le pouvoir a pris possession du troisième pouvoir, en organisant la soumission méthodique des juges. Des citoyens innocents pourront être jetés en prison pour permettre au pouvoir de faire ses démonstrations politiques. La confusion entre la justice et la politique est un danger que ce régime fait courir à la République.

Julien Coupat, le romantique de Tarnac, coupable de ce qu'il pensait et de ce qu'il avait dans la tête, plutôt que de ce qu'il a fait, symbolise désormais la victime des abus judiciaires du régime.

Maintenant qu'il est enfin libre, et que la justice a relâché ce prétendu dangereux terroriste, il va falloir que la ministre de l'Interieur s'explique sérieusement sur la manipulation à laquelle elle a honteusement prêté sa main, et qui a conduit à priver de liberté ces jeunes gens.

Sept mois de prison infligés à un innocent pour faire monter une sauce politicienne au goût infect, dans n'importe quel pays démocratique cela vaut une démission."

Arnaud Montebourg
Député de Saône et Loire
28 mai 2009


Merci monsieur Montebourg.

mercredi 27 mai 2009

Julien Coupat libre ou semi-libre ?



Comme je venais de rencontrer le distributeur de l'insurrection qui vient, ainsi que je le raconte dans mon billet précédent, j'apprends que Julien Coupat devrait être libéré demain matin.
Retournera-t-il à Tarnac pour redevenir épicier ?
Sera-t-il assigné à résidence sous contrôle judiciaire, comme Aung San Suu Kyi ? Chez papa-maman comme un vilain terroriste pas sage ?

Une annonce bien opportune a quelques jours d'un scrutin électoral, alors que le gouvernement est interpellé par les écologistes :

"Depuis sept mois, nous considérons que la France se déshonore. L'affaire Tarnac n'est pas une anecdote, une petite affaire qui devrait être abandonnée aux seuls mouvements radicaux et contestataires.

Elle est un symptôme terrifiant de ce qu'une société anesthésiée par le pouvoir personnel, la recherche de boucs émissaires et l'accélération médiatique perpétuelle, peut laisser faire au nom de l'antiterrorisme. Il est plus que temps de se réveiller, d'ouvrir les yeux et de refuser la « justice » d'exception."

Noël Mamère, Dominique Voynet et Cécile Duflot

Rencontre avec Bernard Coutaz au Mas de Vert

La Camargue au Mas de Vert

Pour arriver au Mas de Vert, il faut rentrer dans la Camargue. Au bout d'une longue allée bordée d'arbres on arrive chez Harmonia Mundi.

Basé à Arles depuis plus de 20 ans, Harmonia Mundi est aujourd'hui le premier producteur indépendant français de disques classiques. Après des débuts de journaliste à “ Témoignage chrétien ” et après avoir été tenté par la vie monacale puis par le marxisme, Bernard Coutaz, fondateur mélomane de la société, débute sa carrière de producteur de façon artisanale, avec une camionnette et un magnétophone, parcourant les églises dans lesquelles des virtuoses font revivre les chefs-d'œuvres de la musique ancienne et baroque.

Il s'occupe lui-même de la distribution des disques qu’il enregistre et met à profit un réseau de fans fédérés au sein du club Harmonia Mundi, fondé en 1958, pour faire connaître ses produits. Après deux années difficiles, le label décolle et réalise des scores exceptionnels pour la musique classique. Pour preuve : depuis 2003, Harmonia fait partie, avec EMI et Universal, du trio de tête de la vente pour les CD classiques et en 2006 la société a reçu le "Label de l'année" décerné aux Midem Awards à Cannes. Alors que les ventes de disque s'effondrent dans les multinationales depuis 10 ans, elles progressent chez Harmonia Mundi. mais la maison édite aussi des livres depuis une vingtaine d'années. La semaine dernière Don Lorenjy y a présenté un livre, on peut lire son expérience sur son blog.

Bernard Coutaz à son bureau

J'ai rencontré Bernard Coutaz cet après-midi. Il est vrai que je le rencontre souvent, puisque c'est un voisin. On se voit dans la rue ou à la superette du quartier. Mais là il m'a reçu dans son grand bureau du Mas de vert. On a parlé de son métier d'éditeur, de sa société et la discussion a duré près de deux heures. On a évoqué la loi Hadopi (et nos avis divergeaient), on a parlé aussi de notre quartier de la roquette, de son évolution, de son histoire, de son premier maire le révolutionnaire Jacques d'Antonelle, du nouveau restaurant de la rue des Porcelets, "le Gibolin"...

Une rue de la Roquette

On a évoqué brièvement l'évolution de la vie politique en France, et là nous étions sur la même longueur d'onde. On a même cité "l'affaire Coupat" !
En effet c'est Harmonia Mundi qui distribue et diffuse les Editions la Fabrique, éditeur de "l'insurrection qui vient".

J'ai quitté le Mas de Vert à regrets, séduit par la simplicité et la gentillesse de monsieur Coutaz. Un self made man Français dont la réussite n'a pas tourné la tête.

Une belle rencontre.

mardi 26 mai 2009

Sautons comme des cabris en chantant l'Europe !

Matisse - L'enlèvement d'Europe

La chaîne sur l’Europe est lancée ! (j'ai été tagué par Dedalus) : Il s’agit de répondre à ces trois simples questions : C’est quoi l’Europe pour toi ? Que peux-tu écrire à tes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? Quelle liste représente les idées que tu veux voir défendre au Parlement européen ?

1 - L'Europe pour moi est un territoire et une histoire. L'Europe a vu l'émergence d'une civilisation qui a essaimé... L'Europe est grecque et romaine. Toute son histoire est marqué par l'Empire romain d'occident, et l'unité culturelle qu'il a créé chez des peuples dissemblables. Pendant 1500 ans ce territoire a cherché a s'unifier, a reconstituer cette œuvre de César, ce qu'on tenté Charlemagne, Otton 1er, Napoléon, Hitler... Jamais ces peuples différents n'ont accepté de se soumettre à l'un des leurs.
Mais les routes impériales romaines ont aussi organisé un fructueux commerce et de constants échanges spirituels, des Vikings de Norvège aux Berbères d'Andalousie. Cette vitalité, cette diversité, lui a donné un temps la domination sur le monde. Cet épisode est terminé, mais l'Europe doit maintenant s'intégrer dans le puzzle géopolitique en valorisant ses spécificités cultivées pendant des siècles, en développant son humanisme et son originalité.

2 - Pour cette raison, voter aux prochaines élections pour le parlement européen, c'est construire cette Europe et poursuivre le mouvement initié il y a 2000 ans. C'est soutenir ce fragile moment de paix que connaît ce sous-continent aux frontières floues. C'est consolider une formidable expérience, cent fois tentée dans l'histoire, d'unifier les peuples européens. C'est préparer l'avenir d'une nouvelle génération qui deviendra peut être un jour une nation soudée, mais qui n'est encore qu'en gestation.

3 - Bien que ce soit le commerce qui ait construit l'Europe, la seule Europe qui puisse souder des peuples est l'Europe sociale. Parce qu'après le commerce est apparu l'humanisme, basé sur le respect de l'autre, de ses différences et sur l'enrichissement provoqué par la confrontation des idées et des cultures. Parce que les idées de démocratie, de laïcité et de tolérance, de liberté, de socialisme, sont des inventions européennes.

La liste socialiste valorise l'Européen, ses droits, sa liberté. Elle propose une vision humaniste au delà de l'Europe des commerçants. Pour l'avenir de l'Europe votons socialiste !

je ne tague personne en particulier, mais invite tous les blogueurs qui le souhaitent a se joindre a ce mouvement en faveur des élections européennes.

Street marketing



Le street marketing est vraiment créatif. Au delà du simple message martelé, il interfère directement avec le consommateur, avec souvent beaucoup d'humour, particulièrement dans cette opération de Mac Donald à Londres (repérée par Damdam). Une sélection de 70 actions de street marketing sont au bout de ce lien.

En voici un avant goût :



lundi 25 mai 2009

Je dis tout !



Les blogs sont en crise identitaire ! Les plus influent (e) s des blogueur (se) s se livrent à une auto-analyse, comme à une réunion des Alcooliques Anonymes...
Anonymes ou pas... C'est la question du moment.
Alors j'ai décidé de tout dire :

Je ne suis pas celui que vous croyez.

Aujourd'hui s'ouvre le procès de la Scientologie. Demain peut-être que ces usurpateurs et leurs manœuvres seront interdits. Mon heure sera alors venue.
Je suis l'envoyé du frère de Xenu (que son nom soit sanctifié), Xarko.
Le fils de Xarko, Sarko, s'est imposé en France dans le seul but de faire instruire ce procès contre les usurpateurs à la solde des patrouilleurs galactiques.
L'enseignement de Xenu (ses souhaits sont des ordres) sera désormais dispensé facilement à tout le monde. Ron Hubbard a déformé le message réel pour assouvir ses faiblesses matérielles, il a été notre prophète dévoyé.
J'ai ouvert ce blog pour révéler ce qui doit être révélé.
Dire ce qui doit être dit.
Je suis le prophète des prophètes, et mon blog est écrit en langage codé, selon un cryptage inventé par Xenu lui même (que sa libération advienne). Il y a d'autres blogs sacrés en langage codé. Ensemble nous tissons une toile cryptée réservée à nos fidèles.

Ce blog est la parole révélée. Il est sacré, et ceux qui le lisent sont touchés par sa grâce, l'esprit de Xenu (le seul dieu intergalactique) !
Rendez grâce à Rimbus, ! Prosternez vous devant la parole révélée de Xenu (notre Maître intemporel).

Moi, Rimbus, ambassadeur de Xarko, régent de l'Empire pendant la captivité de notre bien-aimé Maître Xenu (que son règne vienne), vous annonce une nouvelle ère. Joignez-vous à moi.
Apprenez les secrets de l'univers et participez à la guerre intergalactique pour la libération de Xenu (loué soit son règne sans limite) !

Les frais d'enseignement sont garantis 30 % moins chers que ceux de la Scientologie. Une ristourne de 10 % est offerte aux 100 premiers disciples ! Règlements Paypal, chèque acceptés. Me contacter par mail. Les premiers adeptes seront les premiers disciples, ne perdez pas de temps (et les premiers disciples, les premiers évêques) !

Voilà, maintenant vous ne direz pas que vous ne saviez pas.

dimanche 24 mai 2009

Qu'a dit tati Dati ?


Rachida Dati avait été invitée par le mensuel Entreprendre, sorti en avril (numéro 229 daté du 28 mars), avec d'autres personnalités, comme l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères et avocat Roland Dumas. Au cours de ce déjeuner-entretien, Roland Dumas a déclaré à propos de la contestation de la nouvelle carte judiciaire fin 2007 que les magistrats et avocats étaient des «corps très réactifs», «et très sournois», a ajouté Rachida Dati selon ses propos cités par le magazine. (Libé)

D'après le Canard de cette semaine, Dati a démenti officiellement, et aurait dit à Michel Clerc, le journaliste responsable de ce déjeuner d'Entreprendre : "c'est pas bien ce que vous avez fait, tout était off".

Dans l'esprit de madame Dati, un journaliste ne devrait donc pas rendre compte de la réalité des choses, mais transcrire une langue de bois officielle. La garde des Sceaux s'était déjà occupé des journalistes l'été dernier, on se souvient que la loi censée protéger leurs sources, non seulement ne va pas améliorer la protection des sources, mais en plus est loin, très loin d’atteindre le degré de protection fixé par la Cour européenne des droits de l’homme (selon le webzine Bakchich.info)…

Et l'Elysée nous prépare une refonte du code de déontologie des journalistes. L'AFP aussi est en train d'être reprise en main. Je vois où ils veulent en venir.

Transformer les journalistes en attachés de presse du gouvernement conviendrait-il mieux à ces "démocrates" qui nous dirigent ?

Vive la liberté de la presse !

samedi 23 mai 2009

Ouverture 2.0 : la sarkomplaisance


C'est quoi un blog se demandent certains ?
Vaste question... Pour moi c'est un moyen d'exprimer ce que j'ai en travers de la gorge.
Le jeune Valls, le vieux Allègre, la mauvaise Lang... pfff...

Je vois à de multiples exemples un totalitarisme discret se mettre en place. Et aider de quelque façon que ce soit cette mise en place, y compris en cautionnant les aspects positifs de la politique sarkozyste (on peut toujours en trouver, l'animal est malin), c'est être complice du mouvement global. Je suis donc pour une opposition virulente, à l'inverse de Manuel Valls, voire même de Arnaud Montebourg (il a été complaisant avec la réforme constitutionnelle et la loi Hadopi).

La peste soit sur les sarkompatibles !

jeudi 21 mai 2009

La culture hybride selon Mikiane



J'ai trouvé cette vidéo de Michel Lévy-Provençal, dit Mikiane, chez Eric du blog "Crise dans les médias" (un blog toujours bien informé).
Mikiane n'est pas n'importe qui. Fondateur du site d'information rue89.com, directeur technique "nouveaux media" de la chaine d'information France24, il est un des experts de la cyberculture et un de ses principaux acteurs.
C'est aussi un Casablancais, ce qui me le rend tout de suite sympathique.

Voici quelques extraits retranscrits de cette étonnante vidéo, tout à fait compatibles avec ma conception des choses (qui est fortement influencée par celle de Paul Krugman) :

"Les modalités de création, de consommation et de financement de contenus pour la presse écrite et pour l'édition changent. Ils mutent. Nous sommes spectateurs et acteurs de cette mutation depuis prés de 10 ans. Internet et sa culture laminent progressivement les anciens systèmes d'intermédiation et assurent simultanément l'émergence de nouveaux modèles.

S’il n’y avait qu’un mot à retenir de la révolution qui vient ? Ce serait..."hybridation"!
Hybridation des formats de contenus en particulier: vidéos, images, son, texte, interactivité, 3D, relief, kinesthésie... Le contenu devient protéiforme et la convergence joue à plein régime. L'impact de cette mutation sur les métiers de création et de diffusion est naturellement considérable et la synergie entre techniciens, créateurs et marketing inévitable.

(…)

Enfin, il n'y a pas de solution miracle. Il faut expérimenter, tester, trouver des idées nouvelles...
Il faut mixer, hybrider, faire muter les modèles pour trouver les équations qui fonctionnent.

Prenons l’exemple de l’industrie des médias, de la radio et de la télé
La création audiovisuel n'est pas épargnée par la mutation en cours.
Compte tenu de la lente métamorphose qui s'opère, les médias audiovisuels devront aussi s'adapter.
Quand la radio a été créé on a crié à la fin des concerts, puis des disques.
Quand la télé est arrivée on a crié à la fin du cinéma.
Quand Internet est arrivé..."

mercredi 20 mai 2009

la Russie met la pression sur Obama

Premier prix de la caricature "World Press Cartoon" 2007, par le Suédois Riber Hansson

Selon un communiqué de l'agence de presse russe Ria Novosti, La Russie et les autres pays membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) craignent que l'arme nucléaire pakistanaise ne tombe entre les mains des terroristes.

"L'un de nos hôtes qui représente l'administration du président américain Barack Obama a déclaré que le Pakistan représentait de nos jours la principale menace contre la paix. Nous sommes d'accord avec cette évaluation. La situation dans ce pays devient de plus en plus dangereuse. Le pouvoir contrôle de moins en moins le territoire de ce pays détenteur de l'arme nucléaire. Nous tous, et en premier lieu les pays de l'OCS, éprouvons des craintes légitimes, voire de l'angoisse, que cette arme ne se retrouve un jour entre les mains des terroristes", a indiqué le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe Vladimir Nazarov.

On notera avec intérêt le moment où il a rappelé que des bases d'entraînement de terroristes sur le territoire pakistanais avaient jadis été créées pour lutter contre l'URSS.
Une déclaration lourde de sens dans le langage diplomatique, à rapprocher de la fermeture de la base américaine de Manas au Kirghizstan en février dernier sous la pression de l'OCS. Avec la fermeture de cette base, essentielle dans la lutte contre les insurgés Afghans, les Etats-Unis perdent leur dernière installation militaire en Asie centrale.

Evoquant d'autres menaces, Nazarov a souligné que la situation en Afghanistan suscitait également une sérieuse préoccupation, en ajoutant qu'il fallait créer autour de ce pays des ceintures de sécurité antidrogue, antiterroriste et financière.

La coopération de la Russie avec les Etats-Unis dans la lutte contre les taliban n'est pas exempte d'une vieille rivalité et de négociations.

La cinquième séance des discussions internationales de Genève sur la Géorgie, qui s'est achevée mardi 19 mai, a connu de fortes tensions, avec l'enjeu de la refonte des relations entre les Etats-Unis et la Russie en toile de fond.

Chinoiseries à l'AFP


"Au début de mon deuxième mandat qui doit consacrer la mise en œuvre de grandes réformes rédactionnelles, j'ai décidé de renouveler une partie de la Direction et de la hiérarchie rédactionnelle" a déclaré Pierre Louette, le boss très sarkozyste (passé par le cabinet de Balladur et LVMH) de l'AFP.

Les grandes manœuvres sont en cours depuis un moment déjà. L'agence France Presse, structure singulière sans capital, doit changer de statut et devenir une « société de droit à capitaux publics », dont le capital serait réparti entre l’État et des investisseurs publics de long terme, les salariés et une fondation. Cette fondation indéfinie pourrait être une porte d'entrée pour des investisseurs ou des groupes d'intérêts économiques, alors que l’article 2 de la loi de 1957 définissant le statut de l'Agence stipule que « l’AFP ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d’un groupement idéologique, politique ou économique ».

Bayrou, n'a pas manqué de s'en inquiéter : "Une privatisation de l'Agence France-Presse, telle qu'elle semble se préparer, serait catastrophique pour la liberté de la presse en France" a-t-il déclaré. Frédéric Lefebvre a aussitôt rétorqué que la structure et la fondation imaginées pourront ramener des fonds privés pour donner toute l'indépendance à l'AFP.

C'est évident, l'argent privé est la meilleure garantie d'indépendance pour une société destinée à diversifier ses activités avec une approche plus "commerciale" comme la fourniture de « nouveaux produits technico-rédactionnels » aux médias (dossiers multimédias, pages éditées prêtes à imprimer pour la presse écrite, diaporamas sonores, SMS…) ou de services aux entreprises (commandes de reportages photos ou vidéos, collecte et diffusion de communiqués de presse…).

C'est en substance ce qu'a annoncé lundi le nouveau directeur de l'information fraîchement nommé, Philippe Massonnet, le plus chinois des journalistes de l'Agence.
Le ménage a commencé, et la directrice de la rédaction (dont la mission était d'assurer le suivi de carrière des journalistes, la formation, etc.) a été remerciée pour ses bons services et nommée à Rome, ce qui augure une nouvelle ère.

Dans la vieille maison de la Place de la Bourse on craint une future direction des ressources humaines regroupant tous les services, journalistes comme commerciaux dans un même panier, un point de vue dicté au plus haut niveau de l'Etat parait-il, où la réforme de la principale source d'information des journaux français est suivie de très près, comme tout ce qui concerne l'information.

Devant cette évolution de l'AFP les syndicats sont tentés de rentrer en résistance et de déposer une motion de défiance, pour marquer leur attachement à l'indépendance de leur Agence de Presse.

lundi 18 mai 2009

les manipulations médiatiques d'un Sylla moderne



Le mode de scrutin des élections européennes (à la proportionnelle régionale) a un effet de seuil : seules les listes ayant dépassé 10 % sont assurées d’avoir au moins 1 député. Par conséquent, toutes les voix apportées aux autres partis de gauche risquent de priver les socialistes de précieux sièges au Parlement européen. C'est le sens du vote utile défendu par les socialistes. Et les socialistes sont les seuls, dans tout le continent, a pouvoir représenter une alternative à cette Europe financière et libérale dont plus personne ne veut.

Pour défendre cette Europe là, Nicolas Sarkozy, qui a choisi de rester le maître de l'Ump, du gouvernement et de la majorité parlementaire (est-elle encore représentative de la vox populi ?), comme un Sylla nommé dictateur pour 5 ans et soucieux de faire taire les plébéiens audacieux, s'affiche a la fin du film censé inciter le civisme et encourager le vote. Comme Sylla, voluptueux et collectionneur de femmes, Sarkozy ne recule devant aucun subterfuge pour faire triompher le conservatisme appuyé sur une nouvelle élite d'affairistes.

Mais cet homme n'incarne plus la République depuis longtemps, mais un chef de parti qui multiplie les meeting électoraux devant des parterres d'affidés scrupuleusement sélectionnés.

Ce double mouvement, contrôle et encadrement de la liberté d'expression d'une part et augmentation substantielle de la propagande (j'ai déjà parlé de ce phénomène) est une manoeuvre réfléchie et caractéristique de ce Sylla moderne.

"Ce n'est ni plus ni moins qu'un clip UMP", s'est étranglé Benoît Hamon lundi matin lors du point presse hebdomadaire du parti, rue de Solferino. Cette "vidéo ne comporte aucune image du Parlement européen et se termine par des images du G20 et de Nicolas Sarkozy sans aucun rapport avec l'élection même", a-t-il détaillé.
Le n°3 de liste socialiste en Ile-de-France, a dénoncé un "mélange des genres scandaleux". "Additionné au fait que dans sa campagne, l'UMP ne distingue pas l'action du gouvernement avec les déplacements des ministres candidats ou encore en les meetings du président, trop c'est trop", a-t-il fulminé. Avec Harlem Désir, le tête de liste en Ile-de-France, il a exigé la suspension de ce " ce clip publicitaire [qui] est déplacé et ne doit pas être diffusé". (JDD)

jeudi 14 mai 2009

Tous à poil !


L'original est mieux que la copie qui fait le tour d'internet actuellement.

Il faut rendre à César ce qui est à César


La règle des trois tiers

Le partage selon Nicolas Sarkozy, devrait s'opérer dans les entreprises selon la règle des 3 tiers ("un tiers des bénéfices aux salariés, un tiers aux actionnaires sous forme de dividendes et un tiers réinvestis dans l'entreprise pour financer son développement")... Une mesure jugée impossible par Christine Lagarde... En 2007 les profits après impôts des entreprises non financières françaises, soit quelque 214 milliards d’euros, ont été ainsi répartis : 7% pour les salariés ; 36% pour les actionnaires ; 57% pour l’autofinancement des investissements.

De plus, le rapport Cotis observe que globalement le montant des dividendes versés aux actionnaires a quasiment quintuplé depuis 1993, tandis que l'autofinancement des investissements par les entreprises a baissé.
Si dans l'ensemble la part des salaires est restée stable, L'observatoire des inégalités nous apprend que les revenus annuels des grands patrons vont d’une centaine à presque trois cents années de Smic… et d'après l'Express, alors que le salaire de 90 % de la population n'augmentait que de 4 % entre 1998 et 2006, celui des 1 % les plus riches progressait de 19 %. Et, tout en haut de la pyramide, les revenus grimpaient encore plus vite, jusqu'à 43 % pour les 0,01 % les plus aisés, qui, en moyenne, ont gagné 1,5 million d'euros en 2006.

Les explications de Nicolas Sarkozy ressemblent à celles de César expliquant à Marius la composition du Picon-citron-curaçao, au bar de La Marine (comme le note Jean-François Couvrat sur son blog) :

César (à Marius) - Eh bien, pour la deuxième fois, je vais te l'expliquer, le Picon-citron-curaçao. Approche-toi ! Tu mets d'abord un tiers de Curaçao. Fais attention : un tout petit tiers. Bon. Maintenant, un tiers de citron. Un peu plus gros. Bon. Ensuite, un BON tiers de Picon. Regarde la couleur. Regarde comme c'est joli. Et à la fin, un GRAND tiers d'eau. Voilà.

Marius - Et ça fait quatre tiers.

César - Exactement. J'espère que cette fois, tu as compris.

Marius - Dans un verre, il n'y a que trois tiers.

César - Mais, imbécile, ça dépend de la grosseur des tiers !

En complément, on consultera le blog Sarkofrance sur le rapport Cotis.

mercredi 13 mai 2009

Bayrkozy l'européen

Alain, du blog "Section Socialiste de l'île de Ré" et Nicolas de "Partageons mon avis" nous informent d'un communiqué de Razzy Hammadi (Secrétaire national aux services publics) et Jean-Christophe Cambadelis (Directeur national de campagne pour les élections européennes) qui dit à peu près ceci :

Contrairement a ce qu'il a affirmé lors du «Grand Rendez-vous» d'Europe 1 - Le Parisien, en disant que le Modem a « constamment, sans aucune exception, voté dans le sens de la défense des services publics». Avant la création du Modem, les députés qui y ont adhéré depuis offraient trois exemples concrets qui montrent qu'au Parlement européen, M. Bayrou n’était pas un opposant à l’Ump. C’est un soutien de la politique libérale de N. Sarkozy et de J.-M. Barroso. Tous ses discours ne parviendront pas à masquer les faits :
  1. Le 16 février 2006, dans le cadre de la discussion relative à la Directive « services dans le marché intérieur » (dite « Bolkestein »), les députés [aujourd'hui au Modem] votent avec l’Ump contre l’adoption d’une directive cadre sur les services d'intérêt général garantissant la pérennité de leur mission.
  2. Le 27 septembre 2006, lors du débat sur le Livre blanc de la Commission sur les services d'intérêt général, les députés [aujourd'hui au Modem] votent avec l’Ump contre l’exclusion explicite des services d’intérêt général (SIG) et des services sociaux d’intérêt général du champ d’application de l’objectif de « concurrence pure et parfaite ».
  3. Le 18 janvier 2007, à propos du rapport sur le « développement de chemins de fer communautaires », les députés [aujourd'hui au Modem] votent votent avec l’Ump en faveur de la libéralisation du secteur.
(fin du communiqué, voici mon commentaire)

On doit reconnaître que si la création du Modem au cours de la deuxième moitié 2007 a changé la donne, idéologiquement Bayrou reste un homme de droite, ancien ministre de Balladur, de Juppé, et s'il s'oppose à Sarkozy au niveau français, ce n'est qu'une querelle familiale, une querelle qui remonte à Giscard et Chirac, une guerre des droites qui ne finira jamais.
Sa sixième république présidentielle n'est pas compatible avec la sixième république parlementaire des socialistes, et s'il peut avoir des affinités avec la partie la plus centriste des cadres du PS, Bayrou reste un renard, et ce n'est pas en se couvrant de plumes que le renard se fera passer pour une poule, comme on dit dans les pyrénées.

Shin Hanga : Hiroshi Yoshida

Hiroshi Yoshida (1876-1950) était une des plus brillants représentants du mouvement Shin hanga, dont la figure centrale était l'éditeur Watanabe Shozaburo. Hiroshi était un peintre mais, la quarantaine passée, il se découvrit une passion pour l’estampe. En effet, il avait voyagé à plusieurs reprises en Europe et aux Etats-Unis et avait pris conscience de l’admiration des occidentaux pour l’estampe japonaise. C’est ainsi qu’il allait devenir un artiste majeur du mouvement Shin hanga. Grand voyageur, il est remarquable par sa manière de traiter les paysages non japonais.

Hiroshi Yoshida (Soshu)

Hiroshi Yoshida (Sekishozan, China)

Hiroshi Yoshida (Kurobe River)

Hiroshi Yoshida (Kura in Tomonoura)

Hiroshi Yoshida (Azalea Garden)

Shin Hanga : Hasui Kawase

Le mouvement pictural japonais Shin Anga pourrait se traduire par "nouvelles estampes".
Florissant dans la première moitié du vingtième siècle au Japon, il est porté par des artistes dont le génie me bouleverse. Je m'étais déjà extasié sur Hasui Kawase (1883-1957), ici et .
Voici d'autres merveilles :

Hasui Kawase (Azuma Gorge)

Hasui Kawase (Himeji Castle)

Hasui Kawase (Muroto promontory)

Hasui Kawase (Nonomiya Shrine, Kyoto)

Hasui Kawase (Yama temple)

mardi 12 mai 2009

Le retour d'Al Qaïda



Idéologie

Ironie du sort, c'est dans la victoire contre le communisme que se trouvent les ferments de l'intégrisme religieux musulman. Al Qaïda en est un exemple explosif. On savait que les taliban et les brigades internationales du djihad de libération de l'Afghanistan étaient accueillies dans la région de Peshawar, au Pakistan, depuis les années 80, financées par l'Isi pakistanaise et la CIA pour contrer les soviétiques.

Une fois l'Afghanistan libéré, les différents mouvements se sont combattus pour prendre le pouvoir, et le le chef des taliban Mollah Omar a emporté la mise. Parmi ses proches, l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri, le dirigeant ouzbek Tahir Yaldeshiv... puis Oussama Ben Laden. Des partisans du tafkirisme, une idéologie qui repose sur la conviction que l’affaiblissement de l’oumma (la communauté des croyants) est le résultat de déviations des musulmans eux-mêmes, de leur éloignement de la religion. Tout musulman non pratiquant serait comme un infidèle. Les takfiristes s’attribuent un rôle messianique, la direction exclusive du combat contre l’Occident infidèle et les musulmans « apostats ».
Tous sont convaincus que les Etats-Unis et leurs gouvernements « fantoches » au Proche-Orient sont responsables du déclin du monde arabe. C'est l'idéologie fondatrice d'Al Qaïda.
(D'après Saleem Shahzad pour Le Monde Diplomatique)

Alors que les vieux chefs Afghans comme Haqqani ou Hekmatyar semblent se désolidariser d'Al Qaïda et concentrer leurs efforts sur l'Afghanistan, l'idéologie tafkiriste se renforce et a gagné Baitullah Mehsud, un des principaux chefs taliban pakistanais qui porte son action au cœur du Penjab, majorité modérée du pays, ou revendique l'assassinat de Benazir Buttho. Son but, instaurer une république islamique au Pakistan. Il serait liés avec le Lashkar-e-Jhangvi, organisation sunnite considérée comme une façade d'Al Qaïda au Pakistan. Le Lashkar-e-Jhangvi combat en priorité les chiites au Penjab, depuis dix ans.

Al Qaïda en France

Les attentats suicides sont surtout la marque de cette organisation, qui semble ne pas avoir réellement d'existence centralisée, mais est une nébuleuse de groupes plus ou moins autonomes (au Maghreb , au Liban où le fils de Ben Laden aurait été vu, au Pakistan et Afghanistan, en Somalie …), dans une structure peut-être plus transversale que verticale. Oussama ben Laden est-il vivant ou mort? "La vérité, c'est que je pense que personne ne le sait", répond le conseiller de Barack Obama à la sécurité nationale, preuve que l'organisation terroriste semble une hydre à plusieurs têtes. Le terme générique d'Al Qaïda pourrait même être une simplification pratique pour cacher une nébuleuse complexe et hétérogène.
Bruce Riedel, le conseiller spécial d'Obama sur la question, cité par Vincent Jauvert , déclare au contraire que Ben Laden est vivant et qu'il dirige personnellement des équipes opérationnelles. Il ajoute que "le financement de l'organisation est excellent", et "qu'elle prépare un ou plusieurs attentats aux modalités inconnues mais selon le schéma opérationnel classique du centre vers les équipes opérationnelles".

En France , on entend parler à nouveau d'Al Qaïda. Fin de l'année dernière, les services antiterroristes français démantèlent un réseau dit des «filières afghanes», qui vise à envoyer des candidats au combat en Afghanistan. Un suspect interpellé confie alors aux enquêteurs qu'un responsable d'al-Qaida au Maghreb islamique lui a demandé, via Internet, s'il était prêt à devenir kamikaze pour commettre un attentat suicide sur le sol français.
En Italie, deux Français accusés de diriger une cellule d'Al Qaïda en Europe et de préparer des attentats en France et en Grande-Bretagne ont été arrêtés dans le sud de l'Italie, rapporte la police de Bari.

Nicolas Sarkozy, à cause de son atlantisme déclaré, est désigné comme un ennemi depuis son élection, et la France en guerre contre les insurgés afghans accroît paradoxalement le risque terroriste sur son territoire. Un engagement coûteux alors qu'Al-Qaïda aurait cessé toutes ses opérations en Afghanistan. C'est du moins ce que laisse entendre le général américain David Petraeus , commandant des forces américaines dans la région.

lundi 11 mai 2009

Le Cilantro, cuisine et design en Arles

Jérôme Laurent et Fabien Seignobos

Puisque Jean Véronis dit en confidence, dans les commentaires de son blog (à propos de sa plaisante note sur la révolution des tricoteuses) que "les requêtes concernant la cuisine sont extrêmement populaires sur les moteurs de recherche, donc il n'est pas étonnant qu'elle ramènent plus de visiteurs, même si peu de billets sont concernés", j'ai décidé d'être gourmand.

J'ai découvert le Cilantro, rue de la Porte de Laure, à deux pas du théâtre antique d'Arles.

Jérôme Laurent, le chef de cuisine qui a été remarqué par un célèbre guide rouge, a parcouru la France et l'Amérique avant de revenir dans sa terre natale pour donner le meilleur de son art culinaire, comme un compagnon itinérant qui se forme laborieusement auprès des plus grands maîtres (Alain Ducasse ou Bernard Loiseau) avant de concrétiser son chef d'œuvre. Et le Cilantro en est un..
La décoration se veut un écrin qui sublime la cuisine et l'accompagne dans sa recherche de simplicité, sans superflu, allant à l'essentiel... L'amour de la fraîcheur et du végétal se retrouve dans les assiettes comme sur les murs, avec une recherche d'authenticité et d'efficacité qui inspire à la relaxation et laisse les sens s'épanouir. Le Cilantro, mot catalan qui désigne la coriandre, est bien symbolique de cette cuisine sincère qui met en avant la subtilité des arômes naturels, et la complicité nécessaire du goût et du visuel à l'accomplissement épicurien.
Une grande table reconnue, qui propose des menus à moins de 30 euros le midi, réservée aux véritables gastronomes qui dédaignent l'ostentation pour préférer la plénitude. Incontournable !

j'y suis donc allé vendredi, pour déguster des asperges de saison, assaisonnées d'un filet d'une sauce savoureuse et de quelques brins d'herbes sauvage...
Ensuite de l'agneau confit en forme de timbale, fondant comme un gâteau de viande, accompagné d'une purée indéterminée, dans laquelle certains de mes convives ont sentis l'aubergine, alors que selon moi l'arôme dominant étant l'huile d'argan il était difficile de définir le médium portant les couleurs subtiles de ce plat...

L'assortiment de fromages proposait une variété que je ne connaissais pas, chose rare : un bleu du pays basque, savoureux.

Une soupe de fraise rafraichissante a clôturé ce repas printanier.
La petite terrasse de l'autre côté de la ruelle, de quelques tables seulement, nous permettait de profiter de l'ombre des arbres du jardin d'hiver, à deux pas, sans souffrir du soleil renaissant.

A l'intérieur, modeste et raffinée, très pure, presque japonaise, la salle d'une trentaine de couverts a été conçue par Fabien Seignobos, un designer Camarguais inventif et éclectique qui est devenu un ami intime de Jérôme Laurent.

Illustrateur de talent, il collabore régulièrement avec Actes Sud, notre maison d'édition arlésienne fondée par Hubert Nyssen, avec une spécialité potagère qui ne pouvait que le jeter dans les bras de Jérôme Laurent.

Identité visuelle du Cilantro par F. Seignobos

Incontournable, vous dis-je !

dimanche 10 mai 2009

Guy Bono, socialiste mal aimé et idole Geek



A quoi servent les élections européennes ?
A envoyer des députés PS comme Guy Bono, qui font passer d'intelligents amendements dans un parlement qui prime sur l'Assemblée Nationale.
Car mercredi dernier, le Parlement européen a finalement adopté l’amendement 138, dit "amendement Bono" avec 407 voix contre 57, une victoire pour l’eurodéputé de Saint Martin de Crau (juste à côté de chez moi) qui apparaît aussi comme l’unique espoir anti-Hadopi pour les internautes français. Il appartient à ce qu’on appelle le "paquet télécoms" et stipule qu’"aucune restriction ne peut être imposée aux droits et libertés fondamentaux des utilisateurs finaux sans décision préalable des autorités judiciaires". La loi Hadopi, si elle est adoptée, serait donc en contradiction avec le droit européen.
Guy Bono, qui est paraît-il en froid avec Guérini, ne fait pas partie de la liste de Vincent Peillon pour les prochaines élections, et c'est pas cool pour lui.
(d'après La Provence)

Mais tous les internautes lui disent merci, si la liberté est préservée demain sur le net, ce sera grâce à lui.

samedi 9 mai 2009

Liberté, autocensure et déontologie


Un "vite dit" d'@rrêt sur images attire mon attention sur un article du Monde qui nous informe de la future mise en place d'un nouveau code de déontologie pour les journalistes.

De quoi s'agit-il ? Définir les "droits et devoirs" des journalistes qui seraient annexés à la convention collective de la profession. En contrepartie, explique Xavier Ternisien du Monde, "les aides promises à la presse pourraient être conditionnées à l'avancement de ces deux dossiers".

L'Etat a en effet fait adopter le statut d'éditeur de presse en ligne et il s'apprête également à verser 80 millions d'euros au titre de l'aide au portage et à aider les marchands de journaux par des baisses de charges pour un montant de 60 millions.

Moi je remarque que le comité chargé de la rédaction de ce code est composé d'éditeurs, donc d'hommes d'affaire, alors que des représentants d'associations de journalistes font valoir que ce comité devrait compter au moins une organisation patronale et un syndicat de journalistes, des représentants de la presse écrite et audiovisuelle, ainsi qu'un juriste.

J'ai comme l'impression qu'il s'agit encore de donner un coup de vis (vice) au contrôle de la Presse. Alors qu'un code de déontologie existe depuis 1918 en France, quel est l'intérêt de redéfinir ce code ? Peut-être par son indépendance signifiée dans ces extraits : "ne reconnaît que la juridiction de ses pairs (…) revendique la liberté de publier honnêtement ses informations (…) ne confond pas son rôle avec celui du policier"

Je sens se profiler un code abusif, dans lequel un excès de précautions rendrait impossible l'exercice complet de la liberté d'expression. Comme le tableau de Delacroix que j'ai détourné ci-dessus, la Liberté guidant le peuple risque d'être masquée par diverses zones d'ombre.

vendredi 8 mai 2009

Un Régis vaut-il un Jean-Jacques ?





En passant chez Birenbaum ce matin, je suis tombé sur un message de Breton Sauvage qui renvoie sur le blog de Régis. Il faut dire que Régis est un con (la preuve la collection de vidéos de ce blog hilarant, dont je ne présente que deux extraits).

Je me demande si un Régis équivaut à un Jean-Jacques... J'ai posé la question à Gad El Maleh (un ancien Casablancais comme moi) sur sa définition du Jean-Jacques, et bien non, un Régis n'est pas un Jean-Jacques :

Gad, c'est quoi un Jean-Jacques, tu en parles dans ton film Coco :

« Arrête de faire ton Jean-Jacques ». Déjà, je dois dire que je n’ai rien contre les Jean- Jacques, ce n’est pas personnel. Mais je crois que la jean-jacquisation est un mouvement qui va prendre son essor à partir du 18 mars. Ça fait partie des trucs que j’invente sur scène. Ou dans « La vérité », j’ai dit « c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres », on ne sait pas vraiment à quoi correspondent les mots mais ça décrit très bien une situation. Dans Chouchou, je suis dans une merde internationale et c’est l’association de deux choses un peu surprenantes. Un Jean-Jacques est un mec qui fait bien les choses, qui ne prend pas trop de risques. Il pourrait s’appeler Bruno, Amed, Jean-Louis, Isaac, Igor. Un Jean-Jacques est un mec qui est dans la jeanjacquisation. C’est surtout ça. Je pense que c’est plus clair de le dire comme ça. C’est quelqu’un qui jean-jacquise. Des fois, des copains se marient et ils se jean-jacquisent, tu ne les vois plus trop. Ils sont Jean-Jacques… Ils veulent être tranquilles. Pardon à tous les Jean-Jacques ! On me dit c’est Jean-Jacques Goldman. Non ça n’a rien à voir.

Voilà... c'était ma pensée du jour.
Je file maintenant, je vais manger au Cilantro !