samedi 27 juin 2009

Le mystère Marin du panier de crabes

Claude Thévenet, la balance qui a pondu le rapport Nautilus (mis en ligne sur Intox2007) révèlant le Karachigate, est une personne controversée. Voilà ce qu'en dit le "Pacha" de secret défense :

Il s'agit de Claude Thévenet, 59 ans, directeur de plusieurs sociétés d'"intelligence économique", comme il est poli de dire. Il s'agit en réalité d'officines plus ou moins barbouzardes, comme MJM Partners ou TPM International, hébergée aux Champs-Elysées. Thévenet est un ancien policier de la DST (contre-espionnage) qui a quitté le service en 1991, il y a dix-huit ans. Il a alors créé plusieurs sociétés, notamment avec un ancien de la DGSE Michel Mauchand. Ils obtiennent, par exemple, un contrat pour la sécurisation du site de Kourou en Guyane.

Dans ces activités professionnelles, Claude Thévenet a eu des sérieux ennuis avec la justice. Il a ainsi été condamné en 2008 à verser 30.000 euros de dommages et intérêts à un couple de Lyonnais qu'il avait espionné pour le compte d'une entreprise. Il est par ailleurs mis en examen pour "corruption active", "recel de violation du secret professionnel et du secret de l'instruction" dans la cadre d'un contrat passé avec la société DCNI, la branche internationale de DCN (Direction des constructions navales). Il était alors en affaire avec Gérard-Philippe Menayas, directeur financier de DCNI - qui a depuis lors quitté DCN en assez mauvais termes.

C'est ce même Gérard-Philippe Menayas qui lui aurait commandé le rapport baptisé Nautilus. Remis le 11 septembre (sic) 2002, ce document de trois pages a été transmis aux juges d'instruction de l'attentat de Karachi, en octobre dernier comme le racontait Le Point, fin 2008. Claude Thévenet est l'auteur de ce rapport qui pointe les commissions non versées.

Un article du Monde, du 2 février 2008, cite ces personnages dans une enquête plus détaillée qui va créer des remous. Le parquet de Paris dispose d’éléments qui suggèrent l’implication de la société DCN, aujourd’hui DCNS, premier constructeur français de porte-avions, sous-marins et autres frégates, dans des opérations de corruption pour acquérir des documents judiciaires et fiscaux.

Selon les enquêteurs, le grand groupe d’armement aurait eu recours aux services de sociétés d’intelligence économique, gérées par d’ex-membres des services secrets français, pour se procurer des pièces de procédures judiciaires liées à des affaires, comme Clearstream ou les frégates de Taïwan, et pour enquêter sur l’entourage de magistrats, tels que le juge Renaud Van Ruymbeke ou le juge Paul Perraudin en Suisse, mais aussi sur l’entourage de personnalités politiques...

But avoué, dans un courrier daté du 10 janvier 2002 : "Entrer en contact avec les avocats et experts désignés par la partie adverse, et d’en soutirer le maximum d’informations." D’après un échange de courriers saisis par les enquêteurs, la société Eurolux Gestion, basée au Luxembourg, est chargée par la DCNI, la branche commerciale de la DCN d’investiguer sur la procédure judiciaire et le contentieux financier lié à l’affaire des frégates de Taïwan, construites par la DCN. Un dossier dans lequel Taïwan réclame 1,2 milliard de dollars à la France. C’est Gérard-Philippe Menayas, alors directeur financier et administratif de DCNI, qui signe les courriers.

A cet effet, une deuxième mission est lancée, qui répond au nom de code, selon les policiers, de "Lustucru". Pour satisfaire la DCNI, Eurolux Gestion va avoir recours aux services d’une société d’intelligence économique, MJM Partners, une société fondée par Michel Mauchand, 67 ans, un ancien de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), et Claude Thevenet, 58 ans, qui œuvrait, lui, à la direction de la surveillance du territoire (DST).

Lors d’une perquisition chez Armaris, la structure d’exportation de DCNS, les policiers tombent sur des copies d’auditions du dossier Clearstream, dont celle de Renaud van Ruymbeke. Pour les enquêteurs, la DCNI a confié depuis 1994, successivement aux sociétés Heine, Eurolux et Armaris, des missions illégales de "lobbying". Un autre courrier de M. Menayas est saisi : "J’ai mis en place l’organisation financière et juridique appropriée en vue de la gestion des réseaux internationaux, aussi bien chez DCNI que par la suite chez Armaris." Un contrat de prestations de services, entre Eurolux et DCNI, signé le 20 juin 2000, en fait foi.

Randall Bennett, le chef du service de sécurité diplomatique américain au Pakistan, qui a aussi dirigé la cellule d’investigation chargée de retrouver le journaliste américain Daniel Pearl avait remis des photographies de l'attentat qui ont été détruites sur injonction de la Justice française (selon Libération). On notera que l'enlèvement de Pearl est cité dans le rapport Nautilus comme un avertissement possible :
Cet attentat suit plusieurs avertissements adressés localement au personnel diplomatique en charge de l'armement. Il s'agit notamment d'une bombe placée sous le véhicule de l'épouse d'un fonctionnaire, au mois de février 2002, sans que le détonateur ait été préalablement actionné.

L'enlèvement de Daniel Pearle, compte tenu de ses liens familiaux (sa femme est française et travaille pour RFI) et au regard des premiers textes de revendications (il est demandé aux occidentaux d'honorer leurs engagements sur des marchés d'armements, un texte cite le contrat des F l6 gelé par le département d'Etat) aurait pu également constituer un autre avertissement (recherche en cours).
Un troisième personnage, outre Thévenet et Menayas, semble essentiel dans ce circuit de commissions occultes qui agite le panier de crabe : Jean-Marie Boivin que Bakchich surnomme l'Alfred Sirven de l'armement. Boivin est au mieux avec le Premier ministre Jean-Claude Juncker, ainsi qu’avec l’ancien ministre luxembourgeois de l’Intérieur, Michel Wolter, qu’il invitera un jour à un mémorable safari en Afrique du sud. Aux frais de DCNI… Surtout, son amitié avec le Grand Duc du Luxembourg, avec qui il voyage en Suède, au Chili, au Brésil, lui sert de sauf conduit. Voire de passe-partout.

Jean Marie Boivin s’occupa brillamment de la face cachée des contrats à l’export. Il le fit via deux petites sociétés, Heine et Eurolux Gestion, créées au Luxembourg, véritable boite noire des contrats de frégates des années 90. Heine était utilisée avant la mise en place de la convention de l’OCDE, qui interdit de graisser la patte à des ministres ou fonctionnaires étrangers. Après l’entrée en vigueur de ce texte international, la structure Eurolux a été créée. « Après 2002, Eurolux a servi à contourner la mise en place de la convention OCDE de lutte contre la corruption », a expliqué l’un des mis en examen dans le dossier, comme l’a rapporté Le Monde. (d'après Bakchich)

Compliqué n'est-ce pas ? Cette information permet de relier tout ce petit monde jusqu'au sommet de l'état :
«Un document chronologique (1994-2004) d'une page, non daté ni signé, retrace, notamment, de manière succincte et imprécise, les circonstances de la création de la société Heine fin 1994», écrit le procureur Jean-Claude Marin. Ce document, «mentionnant l'aval du directeur de cabinet du Premier ministre (Nicolas Bazire) et celui du ministre du Budget ( Nicolas Sarkozy), laisse supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale d'Édouard Balladur pour l'élection présidentielle de 1995», ajoute-t-il.

Mais dans son rapport, le procureur propose d'exclure du champ de l'information judiciaire à ouvrir cet aspect du dossier. À l'appui de cette position, Jean-Claude Marin fait valoir «l'ancienneté des faits».

On ne manquera pas de remercier le procureur Marin.


mercredi 24 juin 2009

Brouillard sur Karachi


C'est un exercice difficile pour un blogueur, le cul sur sa chaise devant le clavier de son ordinateur, de parler de l'attentat de Karachi de 2002.
C'est un exercice d'autant plus compliqué que Juan de Sarkofrance a déjà dit l'essentiel sur son blog.
Le peu qui est connu de cette ténébreuse affaire est entre les mains de professionnels de l'investigation, qui démêlent tant bien que mal les fils qui mènent à ces onze morts français.

Ce qui est intéressant est de confronter les conclusions des différents enquêteurs. Un exercice de "copié-collé" en quelque sorte qui a pour but d'offrir un résumé, une fiche de lecture non-exhaustive de ce qui ressemble à l'un des principaux scandales de la République.


Les faits (sur Libération).

Mai 2002 : Quelques jours après la réélection de Jacques Chirac, un kamikaze fait exploser à Karachi un bus rempli de salariés français de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient à la construction de sous-marins pour la marine pakistanaise. 14 morts.
Juillet 2003 : Deux islamistes pakistanais sont condamnés à mort pour «assassinats par explosifs et terrorisme». Mais le mystère plane toujours sur les commanditaires.
Mars 2008 : En enquêtant sur une affaire de corruption au sein de la DCN, un juge saisit une note, baptisée Nautilus, rédigée par un ex-agent de la DST, pour qui l’attentat de Karachi s’expliquerait par l’arrêt de commissions que devait verser la France à des militaires pakistanais, en marge du contrat sur les sous-marins.


Le mobile (Olivier Bonnet sur Plume de presse)

L’accord secret conclu pour la vente de trois sous-marins garantit aux dignitaires pakistanais de juteuses commissions, à l’industrie française de l’armement un joli contrat (de 825 millions d’euros) et au Premier ministre Édouard Balladur un pactole, sous forme de rétro-commissions, pour financer sa campagne électorale des présidentielles de 1995. Mais patatras ! C’est Chirac qui est élu. Alors il coupe les vannes : plus question que Balladur puisse disposer d’un tel trésor de guerre. Les intermédiaires véreux n’auront plus un sou.


Eléments troublants

(par Olivier Toscer de République Bananière)
Avant même la signature du contrat avec les pakistanais (concernant la vente de sous-marin), deux notes internes de la DCN datée du 24 juin et 3 août 1994 estimaient qu'il allait se traduire par des pertes évaluées entre 47 et 99 millions d'euros. Le contrat lésant les intérêts financiers français sera pourtant signé le 21 septembre 1994 par François Léotard, alors ministre de la défense. (document de la Cour des Comptes)

(par Laurent Léger et Nicolas Beau sur Bakchich)
Les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF) ont déniché les filières des commissions distribuées par l’appareil d’État cherchant à exporter ses frégates et ses sous-marins : répartitions de commissions, contrats d’intermédiaires, sociétés immatriculées au Luxembourg. Deux coquilles, Heine et Eurolux Gestion, ont joué un rôle clé.

Lors de l'oraison funèbre prononcée lors des obsèques des Français, le 13 mai 2002 à Cherbourg, Jacques Chirac fait mention d'un chantage : "C’est un combat que nous avons engagé et que nous poursuivrons sans relâche, en France et à l’étranger. Ma détermination, comme celle du Gouvernement, est totale. Nous ne céderons ni à la menace, ni au chantage". Quel chantage ? Il ne l'a jamais expliqué. (d'après David Servenay pour Rue 89)

(…) Parmi eux, se trouve un lot de photographies de l’attentat, remis au consulat de France de Karachi ce 16 mai 2002 par un fonctionnaire américain, Randall Bennett, le chef du service de sécurité diplomatique américain au Pakistan, qui a aussi dirigé la cellule d’investigation chargée de retrouver le journaliste américain Daniel Pearl. Le 8 mai 2002, aux abords de l’hôtel Sheraton où un bus transportait le personnel de la DCN, son appareil photo était en état de marche. Pas de chance : les clichés ont été détruits sur injonction de la justice française. (Guillaume Dasquié pour Libération)

Un détail méconnu issu de l’enquête sur la mort de Daniel Pearl ramène lui aussi aux conclusions de la mystérieuse note Nautilus. Deux des e-mails de revendication envoyés par les ravisseurs du journaliste mentionnaient, parmi les conditions posées, l’exécution d’un contrat d’armement américain remontant à 1990 et qui prévoyait « la livraison d’avions de chasse F-16 au Pakistan » ou, à défaut, « le remboursement avec intérêts du paiement effectué par le Pakistan pour l’achat de ces avions » -une clause inhabituellement matérialiste venant de supposés « fous d’Allah »(…) D’où cette conclusion, partagée par plusieurs services de renseignement occidentaux : si les assassins de Daniel Pearl et les instigateurs de l’attentat de Karachi appartiennent à la même nébuleuse, rien n’interdit de penser que, dans les deux cas, leurs préoccupations se concentraient sur les contrats d’armement du Pakistan. (Hervé Gattegno pour Le Point)

Le texte du ministre de la Défense Hervé Morin sur l'extention du "secret défense", voté le 16 juin, durcit les règles en vigueur pour la protection du secret défense en l'étendant à des lieux et en durcissant les procédures de perquisitions. "Aujourd'hui vous ne pouvez pas protéger efficacement des documents qui méritent de l'être, des magistrats peuvent venir dans un lieu, ouvrir des placards, lire des documents classés secret défense, sans qu'il y ait le filtre de la Commission du secret de la défense nationale", a déclaré le ministre. (Nouvel Obs)

Charles Millon, ancien ministre de la défense, a reconnu, mercredi 24 juin, avoir bloqué "le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions". L'ancien ministre de Jacques Chirac apporte ainsi un peu plus de poids à la thèse selon laquelle l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 serait lié à l'arrêt du versement de ces commissions par la France. (Le Monde)


Le Casting

Nicolas Bazire "l'exécuteur" :
Sarkozy et Bazire, alors les deux plus proches collaborateurs d’Edouard Balladur et aujourd’hui meilleurs amis du monde (Nicolas Bazire fut le témoin de mariage du président avec Carla Bruni) ont donné leur feu vert à la création par une société d’armement d’une structure planquée à l’étranger (société Heine) permettant la rémunération opaque d’intermédiaires et pouvant servir à la campagne électorale des balladuriens. (Bakchich)

Claude Thévenet "la balance" :
Il a confié à Mediapart qu’il était bien l’auteur du fameux rapport Nautilus, un document interne à la DCN qui analyse les raisons de l’attentat et l’oriente vers le non versement de commissions. Et en décrivant que la DGSE a sorti, en 2002, ses barbouzes du boulevard Mortier pour les envoyer briser les genoux d’étoilés pakistanais. Dans le petit monde du renseignement, le bon Thévenet ne fait guère l’unanimité. « Un brin mytho », pointent les plus cassants, « un bon homme d’affaires », les plus mesurés. Sa proximité avec l’ancien patron des renseignements généraux Yves Bertrand, le flic aux fameux carnets, ne plaide pas en sa faveur. (Bakchich)

Patrick Ouart "le démineur" :
Vieux compagnon de Nicolas Sarkozy, il faisait partie avec ce dernier de l’équipe chargée de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. C'est lui l'homme fort de la Justice (il est conseiller spécial de Sarkozy sur ce sujet), c’est lui, et non le cabinet de la garde des Sceaux, qui rédige le discours sur la disparition des juges d’instruction en janvier 2009 qui provoque de nombreuses polémiques : cette réforme priverait les magistrats de leur indépendance. (d'après Politique.net)


Allumons les anti-brouillards

Voilà quelques éléments au sujet de ce que le président qualifie de fable, ainsi que les signes annonciateurs d'une neutralisation rapide du dossier par l'Elysée. Les efforts conjugués des blogueurs ne pourront qu'en laisser une trace modeste dans les disques durs de Google, mémoire numérique de nos turpitudes...

La carte Pearltrees de hypos sur les attentats de Karachi :

KARACHI


mardi 23 juin 2009

Indésirable


Voilà, c'est parti !
Sarkozy a réussi à balancer dans la mare un pavé dont les ondes vont agiter les médias pendant un bon moment. Alors même qu'il traite de juteux contrats avec les saoudiens, les principaux promoteurs de la doctrine wahabbiste, le voile intégral (niqab, burqa) est jugé indésirable en France. Encore un coup d'esbrouffe.

la vraie question n'est pas d'interdire le port du niqab, ce qui ne règle rien, mais bien de donner envie à ces femmes de le retirer. La victoire contre l'obscurantisme politico-religieux est là. Une interdiction ne peut que radicaliser encore plus ces extrémistes.

Et pour ce qui concerne une loi, la seule qui me semble conforme avec l'article 10 de la déclaration des droits de l'homme serait une loi offrant la protection de la République pour les femmes contraintes qui veulent retirer le voile (et qui craignent des représailles).

Quoi qu'il en soit, j'ai l'impression que beaucoup de ces femmes ne sont pas contraintes. Autant demander à une juive intégriste de retirer sa perruque.

… Mais au fond tout cela n'est que du vent, puisque pour bien enterrer le dossier, le président a créé une espèce commission parlementaire !

Et dans la foulée, le président a remanié le gouvernement. Rien de bien important, s'il a modifié ses trompettes c'est toujours lui qui souffle dedans. Nous en reparlerons.


lundi 22 juin 2009

Rendons hommage à Lionel Jospin et Jacques Chirac


Le discours du trône, nouveauté de ce bel été, est l'aboutissement d'un long processus de transformation de notre bonne vieille république en dictature.
Comme dans la Rome antique, un mandat est donné pour cinq ans a un consul et lui accorde tous les pouvoirs. Le Général de Gaulle avait commencé cette "présidentialisation" de la république, et on se souvient qu'on lui avait opposé l'accusation de "coup d'état permanent".

Le quinquennat n'est pas véritablement une idée neuve. Il a été introduit dans le débat constitutionnel en 1973, lorsque le Président Pompidou, à la suite des élections législatives, a proposé de réduire la durée du mandat présidentiel de sept ans à cinq ans. Cette réforme avait été approuvée par l'Assemblée nationale et le Sénat, mais à des majorités insuffisantes pour obtenir la majorité des 3/5èmes nécessaire pour l'adoption définitive lors d'une réunion du Congrès du Parlement à Versailles. Dans ces conditions, le Président Pompidou avait préféré suspendre la procédure pour ne pas risquer un échec.

Cette idée de faire coïncider le mandat du parlementaire avec celui du président de la République, et d'éviter ainsi la cohabitation éventuelle d'un pouvoir exécutif opposé au pouvoir législatif a agité tous les hommes de pouvoir, toujours avides de plus de pouvoir.

D'un commun accord, Chirac et Jospin ont façonné le quinquennat dans ce but, rendre impossible la cohabitation, alors que ces deux hommes en ont été les principaux bénéficiaires.
Les Français l'ont approuvé il y a neuf ans par un référendum sans se rendre compte de ses conséquences fondamentales sur la vie politique française.

En élisant un président, puis immédiatement un parlement à son service (et non l'inverse, ce qui changerait tout), les français ont validé la prépondérance du président sur le parlement. Le premier ministre ne peut que s'effacer, et avec lui l'équilibre originel de la cinquième république qui voulait que celui qui gouvernait la nation, le premier ministre, devait rendre des comptes à ses représentants.

Le discours du trône présidentiel, est bien un signal protocolaire qui marque une évolution de cinquante ans, d'une république parlementaire à une dictature républicaine.

samedi 20 juin 2009

Karachi, un scandale digne du Watergate ?



Il y a un point similaire entre le scandale du Watergate et le scandale de Karachi, révélé par Médiapart dès le mois dernier et relayé par Philippe Alfroi de l'AFP (ce correspondant à l'Elysée est un exemple pour le journalisme) ou Guillaume Dasquié dans Libération.

Dans le deux affaires, il y a un un fond de campagne électorale, un financement occulte via l'étranger, et un ancien des services secrets qui se met à table.

Mais il y a aussi de grandes différences... Le scandale de Karachi a coûté la vie à onze salariés des arsenaux de la marine française et il a été étouffé pendant 7 ans. Ce scandale met en cause les relations diplomatiques avec notre cher Pakistan, pays fournisseur de l'arme atomique aux pays en voie de développement.
C'est un autre calibre que l'affaire des frégates de Taïwan ou l'affaire Clearstream.
Pourquoi ce dossier ressurgit-il maintenant ?

La différence la plus notable, c'est que dans cette grande démocratie que sont les Etats-Unis d'Amérique, le président de la République (l'homme le plus puissant du monde à cette époque) a été contraint de démissionner suite à l'enquête parlementaire du sénateur Ervin sur le Watergate, une bien petite affaire comparée aux scandales nationaux.

Mais dans notre monarchie républicaine française, Sarkozy (ministre du budget au moment de la vente de sous marin au pakistan et directeur de campagne du premier ministre Balladur) convoque le congrès pour le soumettre, pas pour y être mis en accusation ou lui présenter sa démission. L'honneur n'est pas une qualité de notre chef de l'Etat.

La burqa pakistanaise opportunément lancée dans le tourbillon médiatique pourrait bien recouvrir pour toujours un dossier un peu trop sensible que le président tient pour une fable grotesque.



jeudi 18 juin 2009

Dieu


Ce matin je me suis levé tard.

Comme la brume envoyée par morphée tardait à se dissiper, dans l'odeur du café chaud et ma revue de web matinale, je tombe chez Nicolas sur cette déclaration de Fadela Amara, ni pute ni député, mais soumise au sarkozysme certainement (certaines mentent ?), qui veut faire interdire le port de la burqa.

... Alors je me replonge dans les archives du blog, puisque j'avais traité le sujet le 23 novembre 2007. Moi, Rimbus le laïcard, je défendais la liberté de culte, la liberté vestimentaire (à cette époque je vivais encore à Casablanca, dans ce quartier Mers-Sultan que j'ai tant aimé).

Position difficile a défendre, j'en conviens, mais sincère.
D'après moi, il ne faut pas punir celle qui porte le voile, ou la burqa (ça peut être volontaire, donc légitime), mais punir celui qui l'empêche de les retirer.

C'est à ce niveau que se situe la défense de la liberté.

Du coup j'ai relu ce billet où il est question de Saint Paul, et les commentaires qui vont avec (vous pouvez le faire aussi). Je me rends compte que j'y dévoile ma conception de Dieu, en discutant avec mon ami Dima (de temps en temps mon blog devient un forum de discussion, j'aime bien ça).

Rien que ça : Dieu.

Alors je remets au premier plan ce que j'y disais discrètement (j'assume mes propos) :

Dieu, c'est un mot bien facile qui ne représente rien. Je ne crois pas à une représentation anthropomorphique, humanisée d'un principe suprême. Je crois qu'il y a l'univers, dont nous ne percevons que le reflet (ou l'ombre sur le mur de la caverne) et que le principe même de "réalité" nous échappe. Ma conception de Dieu serait juste cette réalité. Sans mythe ou notion morale.

Cette "réalité" nous échappant, nous évoluons individuellement dans un monde qui nous est propre, et nous avons chacun notre propre perception d'une partie du réel. J'en viens à émettre l'hypothèse que nous sommes chacun notre propre dieu dans notre propre univers et que la seule attitude possible est de respecter la croyance de chaque individu, qui est par définition unique et légitime.

Ainsi si deux coreligionnaires s'accordent en apparence sur des dogmes communs, au fond chacun d'eux les interprètent selon leur vision de monde. Un homme de 1 m 50 ne perçoit pas le monde physique ou social comme un homme de 1m 95.

Selon moi, l'expérience mystique n'est qu'une expérience de perception du réel. Au regard de ce que nous croyons savoir de l'univers, il me semble absurde de penser qu'il y a un déterminisme dans la création de l'homme... Je crois nous ne sommes que des poussières éphémères et nous ne déterminons pas l'existence de l'univers.

Partant de là, tout le reste n'est qu'organisation sociale et politique qui devrait évoluer dans l'interêt du genre humain dans sa globalité.

Hélas on en est loin.

mercredi 17 juin 2009

Vive la Provence !


J'ai répondu hier à la consultation initiée par Michel Vauzelle, pour remplacer le nom de Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et lui trouver une nouvelle appellation.

C'est encore Brice Hortefeux qui a mis les pieds dans le plat : En février dernier, il avait soutenu sur le plateau d'I-télé qu'"il y avait trois régions identifiées par les Français: Bretagne, Alsace et Auvergne".
Michel Vauzelle avait vivement réagi en qualifiant la déclaration d'" injurieuse pour nos habitants et indigne de la part d'un ministre de la République".
Et puis il a compris que PACA ça ne voulait rien dire, que ça n'avait aucune histoire.

Alors j'ai voté pour Provence.
La Provence, avant d'être un beau journal que je lis chaque jour, a été un royaume.
Son territoire a une langue et une histoire.
La Provence, c'est l'antique province romaine, c'est de là que la culture latine a essaimé en Gaule.

Vive la Provence !

mardi 16 juin 2009

Pakistan et Iran, deux poids et deux mesures…

AQ Khan


Terrorisme islamiste, prolifération nucléaire en Corée ou en Iran...
Ces grandes terreurs qui agitent les stratèges américains ont pour principale origine le Pakistan.


On sait depuis longtemps que l'islamisme a été encouragé par le Pakistan et les Etats-Unis pour lutter contre l'invasion soviétique en Afghanistan. Le Pakistan, ce pays dont la raison d'être est la religion musulmane (qui a motivé sa sécession de l'Inde), qui est débordé par ses extrêmes.

Cette nation hétéroclite est devenue une puissance nucléaire, face à l'arsenal atomique de l'ennemi héréditaire indien. On se reportera à l'article de S. Gherardi pour Le Monde qui détaille l'itinéraire de Abdul Qadeer Khan, devenu le "père" de la bombe Pakistanaise, en rapportant dans son pays les secrets de fabrication des centrifugeuses nécessaire à l'enrichissement de l'uranium.
A.Q Khan était traducteur dans une entreprise néerlandaise, u
ne filiale d’Urenco, joint-venture anglo-germano-néerlandaise destinée à produire de l’uranium enrichi, et il est devenu espion et héros national.
A.Q Khan est un humaniste, et a généreusement délivré ses secrets à la Corée du Nord, à la Lybie, à l'Iran (dont les centrifugeuses sont identiques à celles d'Urenco), en créant le principal réseau de fourniture nucléaire des pays en voie de développement.

A.Q Khan, dont le réseau a été démantelé, coule des jours tranquilles (mais assigné à résidence) chez lui, à Islamabad. Bien qu'ayant avoué avoir contribué à la dissémination de l'arme nucléaire en 2004, il a été grâcié par Pervez Musharraf le lendemain de sa condamnation.

Le régime d'Islamabad bénéficie d'une étonnante bienveillance de la part des Etats Unis, alors que ses voisins diabolisés par les américains (Afghanistan, Irak, Iran) semblent en comparaison bien inoffensifs.

Israel, le Pakistan, l'Inde, la Corée du Nord... si ces pays ont une arme atomique, je suis bien obligé de reconnaître qu'il n'y a pas de raison objective d'interdire à l'Iran de gagner son émancipation et de devenir une grande nation nucléaire souveraine.
En effet l'Iran est aussi l'antique Perse, un des endroits où la civilisation a été inventée, comme nos mythes et légendes collectifs, de Gilgamesh à Omar Khayyam ; un des plus vieux pays du monde.

Il y a un consensus politique iranien à ce sujet : Mir Hussein Moussavi, le candidat favori des "anti-Ahmadinejad", était premier ministre lorsque la République islamique a relancé secrètement, en 1987, un programme nucléaire avec l'assistance du réseau d'A. Q. Khan.

Si on autorise le Pakistan a posséder l'arme absolue, malgré son instabilité, ses fautes, son fanatisme, comment le refuser à l'Iran ?

Sur le même sujet, dans les archives :
Des Américains contre la guerre en Iran
Bush et Sarkozy en guerre contre l'Iran

lundi 15 juin 2009

Actes Suds et directs



Il est libre Max...
Enfin pas encore. A moitié seulement.

Après 22 ans de prison pour des attentats et des meurtres, Max Frérot, l'artificier d'Action Directe, condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, doit bénéficier d'un régime de semi-liberté, premier pas vers une libération conditionnelle. Agé de 52 ans, il doit être transféré demain du centre de détention de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) au centre de semi-liberté de Nîmes (Gard).

Il devrait travailler dans L'Association du Méjan qui a été créée en 1984 par les fondateurs d'Actes Sud pour organiser des manifestations culturelles dans la ville d'Arles. Le président de l'association, Hubert Nyssen, préside aussi le conseil de surveillance de la maison d'édition tandis que sa trésorière, Françoise Nyssen, préside le directoire d'Actes Sud.

Rien d'étonnant venant de monsieur Nyssen, qui notait sur son blog, le 5 juin, à propos de la futilité du "débat" Bayrou-Cohn Bendit : "Comme si l'urgence n'était pas de voir que l'Europe glisse sur une pente qui pourrait bien la livrer aux vieux démons totalitaires."

On se souvient que le camarade de Frérot, Rouillan avait bénéficié en décembre 2007 d'une semi-liberté retirée un an plus tard après qu'il eut évoqué dans la presse les faits lui ayant valu d'être condamné. Soigné en prison pour une maladie rare, il demande une suspension de peine pour raisons médicales.

samedi 13 juin 2009

Téhéran se révolte, en direct sur Twitter







D'après un iranien de Téhéran qui raconte les conséquences de l'élection iranienne, l'ancien premier ministre et principal Challenger du président réélu Mahmoud Ahmadinejad, Hossein Moussavi, serait assigné à résidence.
Il relate la journée sur son Twitter.

Vers 19 h 30 il écrit : "twitter facebook youtube friendfeed are blocked in Iran #iranelection"
Visiblement, il a une ligne qui fonctionne encore... puis ce message :
"
my 256k ADSL is just 1kb/s now, afraid of being disconnected from internet #iranelection"

Mais la ligne tient encore, octet par octet...

Il raconte qu'il n'a jamais vu Téhéran de la sorte, à feu et à sang, avec des détonations... Dans la rue il entend à la fois les cris "à mort le dictateur", comme ceux d'"Allah ouakbar"... Il raconte la foule qui est dans la rue, les arrestations d'opposants, l'émeute qui gronde.

Son dernier message, à 22 h 30 : "
I am out to the streets, will try to get some pictures. #iranelection"

Plus tard, il précise : "
We're not looking for a way to change our regime,we just need some changes, some reforms,80% of people voted for that, but..."

L'Afp confirme ce black out médiatique.

Le site Tehranbureau, bureau de presse consacré à l'Iran et indépendant, s'il déclare ne pas pouvoir confirmer l'arrestation de Moussavi, parle de 50 à 100 morts, suite aux émeutes (
Panic on the streets of Tehran. Outside mass protests. Between 50-100 dead).
Il parle d'équipes de télévision de presse française expulsée d'Iran après avoir été violentées (
French TV pulls out of Iran, scared, terrified, after being roughed up).

Sur Twitter des messages de solidarité du monde entier demandent de se vêtir en vert, en signe de soutien à la jeunesse iranienne révoltée.

Voici ce qu'on pouvait apprendre à minuit sur la situation à Téhéran ce soir.

vendredi 12 juin 2009

Tirer la couverture à soi


… Il faut bien, puisque c'est pas écrit dessus !

Bon et bien il ne vous restera plus qu'à acheter le nouveau Vendredi "spécial été".
C'est cool, j'y retrouve tous mes potes de blog en vedette : Le docteur No, Nicolas Premier, Eric (toujours en crise), RVA le militant, Mémé Kamizole, Hypos, Irène, Olympe... et les autres qui courent le long des 92 pages)

Je reste discret, vous n'en saurez pas plus sur moi, Rosselin a juste insisté pour que j'apparaisse dans sa sélection des 300 meilleurs blogs (c'est la gloire)… donc vous me trouverez page 84, et page 28 j'illustre le billet de Birenbaum (la classe !).

Une chouette numéro, qui agite la blogosphère amérindienne, que vous êtes obligés d'acheter !

jeudi 11 juin 2009

Contamination et communication





La pandémie de grippe A H1N1 annoncée a fait des débuts timides et fort médiatisés.
Les statisticiens suédois de Gapminder.org ont mesuré l'écho médiatique des premiers cas en le comparant avec celui d'une autre maladie tristement célèbre, la tuberculose, pendant la même période (du 24 avril au 6 mai 2009).
les 31 victimes de la grippe ont généré 253 442 références sur Google News, alors que dans le même temps, les 63 066 victimes de la tuberculose en ont généré 6 500.

Le ratio "news/death" est de 8 176 pour la grippe et 0,1 pour la tuberculose.

Il y a des maladies à la mode.

Filaplomb édite Marcel Uderzo


Marcel Uderzo, le frère et collaborateur d'Albert (créateur d'Astérix le Gaulois), vient de publier une nouvelle bédé aux éditions Filaplomb. C'est un plaisir de relayer leur communiqué :

Les éditions Filaplomb sont heureuses de vous annoncer l'arrivée de leur petit dernier. Traduit et adapté par Didier Ray, ce conte de Robert-Louis Stevenson hisse la grand voile et vous emmène au large sous le crayon de Marcel Uderzo.

Parmi les éléments déchaînés et face à la colère océanique, c'est une petite philosophie de l'existence que nous offre ce nouveau volume de la collection «Le Fil Graphique».


A commander en ligne pour 4,20 euros, frais d'envoi de 0,90 euros inclus. Livraison par courrier en 24 à 48 heures.


mercredi 10 juin 2009

Hahahadopi !

Vers un front populaire ?





Eric, le blogueur citoyen, m'interpelle sur l'avenir du Parti socialiste.

Que ce soit Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg, les "rénovateurs" du PS comprennent que la richesse de la gauche c'est sa diversité, mais aussi son unité.
Le PS n'est plus la seule voix de la gauche, et il faut en tenir compte. Alors que Montebourg plaide pour l'orgnisation de "grandes primaires populaires" ouverte à tous les militants et sympathisants, Hamon appelle à un rassemblement de la gauche, à travers une offre susceptible de "bâtir une maison commune"(l'idée d'un front populaire a été soulevée dès le 2 juin par Cambadélis, ainsi que par Paul Quilès et Marie-Noelle Lienemann).

Le piège du scrutin a un tour a traumatisé le PS. Sur un suffrage à 2 tours, logiquement, le rassemblement se serait fait plus ou moins à l'avantage de la gauche et de son premier parti.
Là où l'Ump a phagocyté les droites dans un grand parti à la voix unique, sans réserve de voix, la pluralité de la gauche exprime la démocratie. Mieux vaut la laisser s'exprimer et la fédérer plutôt que de la contraindre à s'adapter à un moule.

L'alliance de ces diversités dans un front uni est la seule chance de renverser le sarkozysme. Pour les régionales, une des élections les plus importantes puisque la région gère notre quotidien social, comme pour la présidentielle ou les législatives.

Au lieu de se combattre, les courants d'idées doivent s'épauler, et l'exercice du pouvoir doit être partagé. C'est la fin de l'hégémonie du PS, mais l'émergence d'une force plurielle. Montebourg pense qu'il y a un fond commun a définir, autour duquel un rassemblement large est possible.
Il cite avec élégance la rose et le réséda d'Aragon :

"Quand les blés sont sous la grêle, Fou qui fait le délicat, Fou qui songe à ses querelles, Au coeur du commun combat".


Un sacré bordel à gérer quand même, si vous voulez mon avis.

lundi 8 juin 2009

Le nouveau parlement européen : victoire des autres



Si j'observe le nouveau parlement européen, j'ai l'impression que le séisme politique français n'a pas eu de répercussion notable sur l'hémicycle de Bruxelles.
Le parti vert est tout petit à côté du groupe centriste démocrate, et le PPE recule légèrement. Les socialistes malgré leur claque restent le deuxième groupe du parlement.
Le parlement globalement bascule à droite.

Mais le vrai gagnant du scrutin, c'est ce que le parlement appelle "les autres", the others, les sans étiquette, bric à brac flou d'aventuriers des causes perdues, de racistes et d'illuminés nationalistes, qui a gagné des sièges sur toutes les formations et constitue la 3e force du parlement, en passant à 91 députés (dont 28 anglais), dont l'émergence devrait éclater et se structurer…

Normalement l'extrême droite, renforcée dans tous les pays de l'Union, devrait se constituer en groupe, avec les Le Pen, Gollnish, mais aussi Alessandra Mussolini, Franck Vanhecke du Vlaams Belang, les Roumains de Corneliu Vadim Tudor, les anglais, etc.
... et peut-être les islamophobes néerlandais de Geert Wilders.

L'Allemagne s'affirme comme la nation dominante, puisque ses députés sont les plus nombreux dans chacun des grand groupes parlementaires et la voix de la France est marginalisée (Sur les 736 députés européens, 99 élus sont allemands, 72 français) :

PPE : Allemagne 42 sièges, France 30
PSE : Allemagne 23 sièges, France 14
ADLE : Allemagne 12 sièges, France 6
Verts : Allemagne 14, France 14

Le Royaume-Uni voit une explosion des sans étiquettes (dont l'extrême droite) et des eurosceptiques et souverainistes.

Barroso devrait être reconduit, et l'Europe de droite se durcir, sans devenir plus verte (même si les verts sont la seule formation ayant gagné quelques sièges).

Rien de très réjouissant.

samedi 6 juin 2009

D.Day : tribute to Robert Capa


Robert Capa a été le seul reporter photographe du débarquement du 6 juin 1944, avec pour seule arme son appareil photo.
Rendons hommage au fondateur de l'agence Magnum qui est mort au vietnam en sautant sur une mine.
Ça aussi c'est le journalisme. Chaque année des journalistes payent de leur vie l'information qui alimente la lecture matinale de nos feuilles de chou favorites.


vendredi 5 juin 2009

Hou la menteuse, film à scandale...

Une Landaise de 49 ans a reçu fin mai une convocation de la police parisienne après avoir laissé un commentaire sur le site Internet Dailymotion qualifiant la secrétaire d'Etat à la famille, Nadine Morano, de menteuse.
(…)
Depuis la publication de cette information, les internautes n'arrêtent pas de commenter la vidéo en question avec des messages de soutien à cette dame et des dizaines de "hou la menteuse"

(Le Monde)

Nous en sommes à 1823 le temps de copier-coller ces quelques lignes... Tous ces commentateurs vont-ils subir une plainte de la part de la murène de l'Ump ?

Pression sur les journalistes : record français !


Une super info récupérée chez le très influent Birenbaum :

Selon un reportage de la télévision Suisse TSR "Sarkozy vampire des médias", il ne fait pas bon être journaliste dans notre pays. Entre les mises à pieds, les sanctions, le climat est détestable et la France a le triste record européen d'être le pays où les interventions policiaires et judiciaires contre les journalistes sont les plus nombreuses, nous révèle cet édifiant reportage.

Il reprend aussi des scoops de journalistes révélés dans leur livre (Patrice Machuret dans "l'enfant terrible" nous apprend que Sarko consulte un "Gourou", Jean-Paul Moureau, un spécialiste de l’étiopathie, une médecine parallèle à mi-chemin entre l’ostéopathie et la kinésithérapie qui lui envoie des ondes positives).

Un très intéressant document qui passe en revue les coups médiatiques de Sarko, a compléter avec l'analyse de Guy Birenbaum, pertinente, (il revient entre autre sur le cas Audrey Pulvar) et qui dans sa conclusion dénonce l'autocensure des patrons de rédaction, sous l'épée de Damoclès de l'omniprésident.

Nouveau code de déontologie des journalistes, réforme de l'AFP, je ne m'étendrai jamais assez sur cet abus de pouvoir de Nicolas Sarkozy qui entend contrôler l'information, comme Berlusconi ou Poutine.

jeudi 4 juin 2009

RSA : revenus sociaux aléatoires


Hier il m'est arrivé un truc assez étonnant :
Je suis passé à la CAF pour me renseigner sur le RSA.

Faut que je vous explique : quand je suis rentré du Maroc, j'ai décidé de me mettre à mon compte. N'ayant aucun droit, je me suis inscrit à l'ANPE, qui m'a aiguillé sur le RMI. Passage obligatoire pour bénéficier des facilités accordées aux créateurs d'entreprises, dont font partie les travailleurs indépendants. Je dois reconnaitre que le système m'a bien aidé à démarrer, avec une prime de 150 euros pendant 6 mois. Mes petites affaires fonctionnant moyennement, je touche encore 37 euros de RMI.

Je suis donc allé me renseigner, pour savoir à quelle sauce j'allais être manger avec le RSA. Vais-je garder mes 37 euros ?

L'employée préposée au renseignement n'en savait rien : peut-être que oui, peut être un peu plus, peut être que non... Mais on m'a assuré que je passais au RSA, en sous-entendant que ça ne changeait pas grand chose, à part le nom. En tout cas ces braves gens n'en savaient pas plus et on m'a conseillé de revenir en fin de mois pour obtenir un renseignement...

J'ai cependant compris ce que voulait dire RSA : Revenus Sociaux Aléatoires.

(comme je savais pas quoi faire de ce dessin, un refusé, ben je le colle là, il est très bien)

lundi 1 juin 2009

Lutte contre le socialisme et origine de l'islamisme.


Le commencement de l'islamisme se situe à la chute de l'Empire Ottoman. En 1928, en Egypte, Hassan al Banna fonde les "Frères Musulmans" en réaction au déclin du monde musulman. Leur influence grandit jusqu'aux années 50, malgré l'éxécution en 49 du fondateur du mouvement, suite à l'assassinat du Premier ministre égyptien de l'époque, Mahmud Fahmi Nokrashi. Le mouvement wahhabiste des Ibn Séoud les finance. Saïd Ramadan (père de Tariq Ramadan) est recherché lui aussi et fonde des antennes européennes en Suisse et en Angleterre (semble-t-il avec la protection des américains, inquiets du "socialisme" de Nasser).

Sayyed Qotb (1906-1966), membre des Frères musulmans soutenu par Saïd Ramadan, théorise alors la violence comme stratégie politique, qui inspire encore les mouvements djihadistes. Il appelle a la constitution d'un État islamique fidèle au Coran en remplaçant les hommes à la tête du pouvoir grâce à une révolte sociale, il est contre le nationalisme arabe et la société laïque. En opposition avec Gamal Abdel Nasser, qui vient de prendre le pouvoir, il est emprisonné en 1955, puis exécuté sur son ordre en 1966. L'organisation est proscrite.

Mais la défaite égyptienne de 1967 face a Israël change la donne.
Alors que le monde musulman était encore sous l'influence de l'idéologie baassiste de Michel Aflaq, les idées de Panarabisme laïque s'écroulent. Dans une prière publique, au lendemain de la défaite, le cheikh Mohammed Mitwalli Shaarawi, le plus populaire des responsables religieux du pays, « remercie Dieu pour une défaite traumatisante qui a servi à réveiller la nation et à lui donner conscience qu’elle s’est égarée en excluant la religion des affaires publiques ». Les frères Musulmans, en renonçant aux idées de Qotb, s'assagissent et rentrent en grâces. Le pouvoir voit dans l’instrumentalisation de la religion un moyen de reconstruire sa légitimité perdue, convaincu qu’il parviendra à contrôler les religieux...

En revanche, les gamaat islamyia, qui veulent s’engager dans l’action violente, font leur apparition. Ils quittent les Frères musulmans pour déployer leur action. D’abord, ils se lancent à la conquête des jeunes, s’implantent dans les universités, pénètrent les écoles secondaires les plus prestigieuses et recrutent parmi les enfants des grandes familles bourgeoises de Damas, Amman, Le Caire, Alexandrie, Khartoum. Mouvement intellectuel et politique au premier chef, l’islamisme radical n’a jamais été l’apanage des classes défavorisées. Ses dirigeants, aussi bien ceux des gamaat à partir de 1967 que, plus tard, ceux d’Al-Qaida, sont des intellectuels de la bourgeoisie éduquée et aisée. (ref)

Alliant le combat et l'étude, cette nouvelle génération de guerriers se retouvent 15 ans plus tard en Afghanistan. Ils combattent l’affaiblissement de l’oumma (la communauté des croyants) qui est le résultat de déviations des musulmans eux-mêmes, de leur éloignement de la religion. Tout musulman non pratiquant serait un infidèle. L’Egyptien Ayman Al-Zawahiri, le dirigeant ouzbek Tahir Yaldeshiv, Abou Moussab Al-Zarkaoui, Cheikh Essa, futurs membres de l’état-major d’Al-Qaida, sont parmi les partisans les plus enragés du takfirisme, l'idéologie la plus radicale inspirée de Qotb. Pour des hommes acquis à ces idées, souvent instruits – médecins, ingénieurs, etc. –, le djihad afghan offre un puissant ciment. Beaucoup étaient d’anciens militaires adhérents du mouvement clandestin Djihad islamique du docteur Ayman Al-Zawahiri. C’est ce groupe qui avait assassiné le président Anouar El-Sadate en 1981 pour le punir d’avoir signé la paix avec Israël à Camp David trois ans plus tôt.

Au Pakistan, sous l'influence du Palestinien Abdullah Azzam, Zawahiri rencontre Ben Laden, au MAK, Maktab Al-Khadamat (« bureau des services »), chargé d'acheminer des capitaux de sources occidentales pour financer le jihad contre l'armée soviétique en Afghanistan. Il a activement recruté des milliers de combattants (moudjahiddins) de par le monde. Le tout est supervisé par l'ISI, les services secrets pakistanais, et la CIA.

On connait l'histoire, et comment Ben Laden et Al Qaïda ont retourné leurs armes contre les américains.

Aujourd'hui, le principal ennemi des Etats-Unis d'Amérique est cet islamisme, qui avait toujours été considéré comme un rempart possible contre le socialisme, contre Nasser ou contre les soviétiques en Afghanistan.

Qui sème le vent récolte la tempête.