jeudi 30 juillet 2009

La burqa et le pantalon


Alors qu'en France Nicolas Sarkozy fait d'un vêtement porté par moins de 400 personnes, une question majeure de la vie politique française (au point d'en parler pendant son premier congrès de despote républicain), au Soudan c'est une jeune femme qui risque 40 coups de fouets pour avoir osé porter un pantalon dans un restaurant de Khartoum, la capitale. La jeune femme écrit régulièrement dans le journal soudanais indépendant Al-Sahafa, qui a des sympathies de gauche liées à l'opposition et collabore à la Mission des Nations Unies au Soudan (Unmis).

Au fond, c'est un peu la même chose, mais inversée.
Un pouvoir cherche a imposer une pensée unique, et combat à coup d'interdits et de sanctions les autres idéologies. Bien entendu, sur la forme il n'y a rien de comparable. La question portée au sommet de la république française ne se traduirait pas par une sanction physique d'une autre âge. On ne sait pas par quoi elle se traduirait, du reste, et toute la question est là.

Mais sur le fond, il s'agit de la même chose. Le pays occidental veut condamner l'expression d'une pensée qu'il combat, la dictature musulmane condamne l'expression du mode de vie occidental.

La seule position honorable pour la France serait de tolérer officiellement ces 400 femmes voilées intégralement, au nom de la liberté de pensée, et fort de ce principe, condamner vigoureusement l'attitude de Khartoum, par voie diplomatique et officielle. Dans le cas contraire, nous ne pourrions qu'accepter une réaction du pouvoir soudanais, comparable à la notre.

Il faut soutenir la journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein, et laisser les femmes s'habiller librement, en mini-jupe comme en niqab, en garçon si elles le souhaitent.

Jugement le 4 août prochain.
(à lire sur Libération)

lundi 20 juillet 2009

Je suis de droite



C'est le jeu de l'été des blogueurs de gauche, le plus illustre d'entre eux m'invite dans la danse, comment refuser ?

Il s'agit de répondre à 2 questions comme si on était de droite. Rien de plus simple, j'ai 20 ans de publicité derrière moi, je sais vendre n'importe quoi, y compris la merde :

1. En ces temps de crise généralisée des valeurs et du “système“, quels seraient vos points d’ancrage idéologiques à droite ?

2. Etant à droite, que soutiendriez vous plus que tout dans l’action du président Sarkozy ?

Aujourd'hui notre monde subit les secousses sinistres motivées par des aventuriers sans foi ni loi. Dieu nous montre nos fautes. Tournons-nous sur notre passé et retrouvons cet ordre éternel, dans lequel la société avance dans la prospérité, comme le troupeau engraissé encadré par des pâtres assistés de leurs chiens fidèles.

Que serait notre France sans ses Napoléon, Louis ou Charlemagne, sans nos tuteurs qui ont fait fructifier notre terroir, celui qu'on veut nous prendre ! Sans guide, le troupeau s'égare, sa laine s'effiloche et l'ours ou le loup n'en font qu'une bouchée ! Car il est là l'ours carnassier, dans la forêt qui entoure notre petit pré. Oui, il est ici le loup affamé, il est déjà dans nos fourrés, a forniquer nos chiennes fidèles...

Mais que paraisse un berger, volontaire et décidé, qui débroussaille le pré, relève les barrières, et le troupeau se rassemble à nouveau, les chiens expulsent les nuisibles, et ensemble tout est possible, à nouveau.
A nouveau la prospérité, à nouveau l'ordre sous la main du bon pâtre. La France éternelle a retrouvé son guide, il s'appelle Nicolas Sarkozy.


jeudi 9 juillet 2009

En vacances


Pour une dizaine de jours... A plus !

mercredi 8 juillet 2009

Tibehirine, Karachi, la vérité et le dos des islamistes


"Je veux la vérité", a déclaré mardi Nicolas Sarkozy devant la presse, en se disant "vraiment déterminé à ce que la lumière soit faite". Selon lui, "il n'y a rien à cacher".

"Naturellement, je lèverai le secret défense sur tout document que nous demandera la justice", a promis le président de la République. "Il n'y a pas d'autre façon de faire la vérité", a-t-il souligné. "Les relations entre les grands pays, elles s'établissent sur la vérité, pas sur le mensonge", a considéré le chef de l'Etat.

Sarkozy faisait allusion à l'affaire du massacre des moines de Tibehirine au mois de mars 1996, en Algérie. Sept morts attribués aux islamistes et que les révélations d'un ancien militaire attribue à l'armée algérienne.

Voilà qui n'est pas sans rappeler l'affaire du massacre des employés de la DCN à Karachi au mois de mai 2002, au Pakistan. Onze morts attribués aux islamistes et que les révélations d'un ancien barbouze attribue à l'armée Pakistanaise. Dans cette affaire c'est MAM qui se dit favorable pour lever le secret défense.

C'est aussi ce que remarque Jean-Marcel Bouguereau sur son blog.

Pour ma part, je remarque que le fameux "secret défense" vient d'être étendu, il y a un mois, par Hervé Morin qui se justifie en expliquant : "Aujourd'hui vous ne pouvez pas protéger efficacement des documents qui méritent de l'être, des magistrats peuvent venir dans un lieu, ouvrir des placards, lire des documents classés secret défense, sans qu'il y ait le filtre de la Commission du secret de la défense nationale".

Je me dis aussi que si l'islamisme a été un paravent bien pratique pour masquer des erreurs ou des coups tordus dans ces deux affaires, on est en droit d'imaginer que ce subterfuge a été aussi utilisé dans d'autres cas pour masquer la vérité. Entretenir la peur est utile.

Mais vous connaissez l'histoire, à trop crier au loup de façon inconsidéré, on fini par être dévoré pour de bon.

lundi 6 juillet 2009

Lettre à Frédéric Mitterrand

Photo © Reuters via Libération

monsieur le ministre,

selon un article du site PC inpact, vos services cherchent à modifier à leur avantage le contenu de l'encyclopédie libre Wikipedia.
Cette manière de procéder discrédite votre ministère en occultant des informations offertes gratuitement à tous. Wikipedia n'est en effet pas un espace de publicité mais une expérience participative dont l'intérêt repose sur l'objectivité de son contenu (ce qui est difficile, la malhonnêteté et l'absence de sens moral caractérisant parfois l'espèce humaine).

Voilà une tentative de manipulation qui ne fait pas honneur à votre administration.

Je tenais à vous faire part de mon indignation et j'espère que vous donnerez des instructions à vos subordonnés pour qu'ils agissent dans l'intérêt de l'image de votre ministère.

En espérant, monsieur le ministre, que vous ne prendrez pas ombrage de mon message citoyen, je vous présente mes sincères salutations.

(ma signature et mon adresse postale réelle)

J'ai écrit cette lettre à notre nouveau ministre de la culture, après la lecture d'un vite-dit sur le site d'@si :

Wikipédia présente Olivier Henrard, sa vie, son oeuvre, et - sujet ô combien houleux - une chapitre sur « la controverse sur la loi Création et Internet ». Olivier Henrard est en effet corédacteur du projet de loi Création et Internet, surnommée loi Hadopi. Mais voilà, cela fait tache "pour un éminent juriste, alors que le texte a été sanctionné devant le Conseil constitutionnel pour atteinte à la présomption d'innocence ou atteinte à la liberté de communication ou d'information" (PC Inpact). Et de surcroît, cette même page Wikipedia dénonce sa méconnaissance d'Internet, et souligne sa position très controversée au sujet d'un filtrage par liste blanche d'Internet pour les accès Wi-Fi publics.

Mais ce lundi matin, le site PC Inpact faisait remarquer que la page avait été nettoyée : "Un lecteur, Alain C. nous indique que la page actuelle ne contient plus ces mauvaises taches dans ce parcours doré." La rubrique « controverse sur la loi Création et Internet » a tout simplement été effacée. Et le magazine en ligne pousse plus loin l'investigation : "Notons l'adresse IP, 143.126.11.222, de son auteur et effectuons un reverse DNS. Surprise : cette adresse IP est rattachée à proxy-valois.culture.fr."
Je ne manquerai pas de vous tenir au courant si ce mail produit quelque effet, ce dont je doute.

samedi 4 juillet 2009

Tout l'univers est vert !



Cohn-Bendit appelle les "écolos" du PS et du MoDem à le rejoindre.

Des éléphants aux fraises des bois, tout le monde il est vert nous dit la chanson de "Dothy et le magicien d'Oz". Une chanson prémonitoire ou seuls les petits pois sont rouges, comme passés de mode.

Martine Aubry explique au Journal Le Monde :
"Le socialisme est né du rapport capital-travail dans l'entreprise. Nous l'inscrivons désormais dans un rapport capital-travail-nature. Mais il ne faudrait pas que la nécessaire lutte contre le réchauffement climatique et pour la préservation de nos richesses naturelles nous conduise vers une sorte de néonaturalisme, une société qui refuserait l'innovation, la création, la mobilité, et qui se replierait sur elle-même, sur la tradition, sur des tribus, des communautés. L'écologie est compatible avec le développement et le progrès."

Corinne Lepage veut mélanger l'orange du Modem et le vert :
Mme Lepage a souhaité, dimanche 21 juin dans un communiqué, qu'une alliance de son parti avec Europe Ecologie soit "explorée" au "même titre que d'autres alliances éventuelles" en vue des élections régionales de mars 2010. Mme Lepage a "réaffirmé son attachement au MoDem" dont Cap 21 est un parti fondateur, ainsi que "sa volonté de prendre toute sa part dans la rénovation souhaitée par une grande partie des militants du MoDem".

Quant à Borloo, il répond aux questions de son organe officiel sur cette même tendance :
Quel message adressez-vous à Europe Écologie qui se réunit également ce week-end ?
"Sur le fond, nous avons beaucoup de valeurs à partager et nous pourrions aller plus loin avec eux."

Green is great !

Un menteur



Je lis chez Intox2007 que Nicolas Sarkozy n'hésitait pas à mentir sur France 2, face à la caméra de télévision, à propos des retraites ("Le Financement des retraites est équilibré jusqu'en 2020") dans un but évidemment électoraliste (il est opposé à Ségolène Royal).

Je remarque qu'il affirmait aussi que la France se retirerait d'Afghanistan si il était élu.

Une nouvelle fois nous constatons que les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

Oh le menteur !


Comment il disait ? "je ferai ce que je dis" ou bien "je dis ce que je fais" ou une bêtise du genre, pour conforter les gogos qui composent son électorat. Il faut dire qu'il ne lésine pas sur les superlatifs pour convaincre ses affidés lobotomisés, comme le montre le toujours bien informé Birenbaum sur son billet d'hier.

mercredi 1 juillet 2009

Un cancre (ou comment copier ses petits camarades)


C'est Jean, mon ami de La Croix-rousse, qui a trouvé ce lien merveilleux sur La Fondation Copernic. Du coup je fais le même billet que "Le jour et la nuit". Ben oui, j'ai la flemme.

L’histoire universitaire et le rapport malheureux de Nicolas Sarkozy à celle-ci permettent de comprendre la politique de mépris qu’avec constance ses affidés développent à l’endroit de la recherche et des chercheurs, de l’université et des universitaires. Preuves à l’appui.

Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’université et la recherche trahissent une implication personnelle qui n’obéit pas seulement à la centralisation présidentielle du pouvoir. Il ne suffit pas de mettre en cause les conseillers et la plume du discours du 22 janvier 2009 sur « une stratégie nationale de recherche et d’innovation » alors que des passages improvisés de cette allocution prennent un ton acrimonieux et que bien d’autres interventions confirment un solide ressentiment. Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s’en prenait par exemple à celui qui avait mis la princesse de Clèves au programme du concours d’administration centrale : « Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle » (23 février 2007 à Lyon). Depuis, les propos méprisants se sont multipliés contre les scientifiques ou des sciences. En février 2008, la mise en place d’une commission présidée par le professeur Guesnerie, visait à donner une caution académique aux reproches adressés à un enseignement qui négligerait l’entreprise, accorderait trop de place à la macroéconomie et à la sociologie et préparerait, on le devine, à des pensées politiquement subversives. Toutefois, la commission Guesnerie conclut à une excellente qualité d’ensemble des manuels. Les attaques contre la section économique et sociale ont néanmoins continué en prenant parfois le ton du persiflage au nom d’une compétence peu évidente. Ainsi, le 27 janvier 2009, Nicolas Sarkozy ressassait-il son hostilité devant un nouveau public : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C’est une blague. Mettez vos enfants dans la filière ES, ils ne pourront pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques ».

Titres de compétence ? Les sociologues savent bien que les jugements en disent souvent plus sur leurs auteurs que sur les choses dont ils parlent. Or les études de Nicolas Sarkozy n’ont pas été si brillantes ni spécialisées qu’elles l’autorisent à juger de haut les questions d’orientation scolaire et de pédagogie. Par contre, elles ont été assez médiocres pour nourrir son ressentiment personnel qui, en affinité avec l’humeur anti-intellectuelle des milieux qui le soutiennent, explique largement la « petite guerre » faite aujourd’hui aux scientifiques et universitaires.

Avant l’élection présidentielle de 2007, les sites officiels (ministère de l’Intérieur, Conseil Général des Hauts de Seine), partisan (UMP) ou professionnel (Cabinet d’avocats Arnaud Claude – Nicolas Sarkozy) indiquaient que Nicolas Sarkozy avait une maîtrise de droit privé, un certificat d’aptitude à la profession d’avocat, un DEA de sciences politiques et fait des études à l’Institut d’Etudes politiques de Paris. Quelques uns étaient plus précis comme le Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire indiquant un « DEA de sciences politiques avec mention (mémoire sur le référendum du 27 avril 1969 » ainsi que celui du Conseil Général des Hauts de Seine qui assurait que « Nicolas Sarkozy décroche un DEA de sciences politiques avec mention, lors de la soutenance d’un mémoire sur le référendum du 27 avril 1969 ».

La mention des Etudes à l’IEP de Paris est problématique puisque Nicolas Sarkozy n’y a pas poursuivi ses études jusqu’au bout comme il est aisé de le vérifier dans l’annuaire des anciens élèves. Or, selon les usages, le titre d’ancien élève ne vaut que pour les diplômés. Il fut donc abandonné. Toutefois, le site de l’Elysée porte toujours cette indication lapidaire : Institut d’Etudes Politiques de Paris (1979-1981). Quant à l’expression « avec mention » accolée à un diplôme, elle indique cette propension à « gonfler » son CV caractéristique des candidatures aux emplois d’aujourd’hui. Si les universitaires savent que tous les diplômés ont au moins la mention « passable », tous les Français ne le savent peut-être pas. L’ensemble des CV est flou à d’autres égards puisqu’on ignore où les diplômes ont été obtenus. Seul le site professionnel du cabinet d’avocats des Hauts de Seine indiquait que Nicolas Sarkozy « est diplômé de droit privé et d’un DEA de sciences politiques de l’Université de Paris X Nanterre ».

C’est en effet là que Nicolas Sarkozy a fait ses études. Faute d’annuaire d’anciens élèves, il était plus difficile de vérifier ce curriculum vitae. Le certificat d’aptitude à la profession d’avocat a bien été obtenu en 1980 avec la note de 10/20 (cf. doc. 1 en annexe). Il y a par contre un problème pour le DEA. Sauf la même défaillance de mémoire des professeurs exerçant en 1979 dans le DEA de sciences politiques de Paris X Nanterre, Nicolas Sarkozy n’a pas obtenu son diplôme. Une petite enquête se heurte à la page noire du réseau intranet de l’université. L’auteur de ces lignes a alors adressé une demande écrite à la présidence de l’université qui a confirmé que le service de scolarité disposait bien d’un document certifiant l’obtention du DEA. Il restait à vérifier avec la pièce qui fait foi en la matière, à savoir le procès verbal de délibération, document autographe au format A3, difficile à contrefaire. Le candidat apparaît bien dans le procès verbal de la première session : il est « ajourné » car absent de l’épreuve écrite terminale et n’ayant pas rendu son mémoire (cf. doc. 2). Il restait à consulter le procès verbal de la deuxième session. Or, le procès verbal a disparu des archives de l’université. Il est même le seul procès verbal manquant de toute l’existence du DEA.

Un conclusion est certaine : les universités protègent mal leurs archives. Si l’auteur de ces lignes a pu y pénétrer pour enquête, on peut supposer que d’autres puissent le faire aussi, légalement ou non, pour des raisons illicites. Voila en tout cas un bon motif de réforme de l’université : garantir l’authenticité des diplômes.

Alain Garrigou Professeur de science politique à l’université de Paris X Nanterre.