samedi 31 octobre 2009

Viva Vauzelle !


Le renard argenté de Provence est le grand favori pour se succéder à lui-même à l'hôtel de la Région PACA. Michel Vauzelle a une autre stature que Mariani, son adversaire de l'Ump qu'il devance de 10 % selon un sondage Opinion Way pour le Figaro. Dans l'hypothèse d'une triangulaire avec Le Pen il franchit les 50 %.

Vauzelle, qui a été le bras droit de Mitterrand le grand en 1981 a une bonne expérience des campagnes présidentielles. La présidence de Région ne saurait lui échapper.

vendredi 30 octobre 2009

un coup de Tarasque



J'avais une heure à tuer à Tarascon.
J'avais laissé Armando avec un chauffeur du car Avignon-Arles acariâtre qui venait de déverser sur un couple d'anglophones un torrent d'injures.
Ça y était, la nuit tombait et il fallait bien que je fasse passer cette heure de vie à trépas, avec le moins de souffrance possible. Le froid est tombé aussi sec, mais légèrement humide quand même.

J'ai fait un petit tour pour trouver le dernier "Bakchich" et poser un cul au chaud.
Moi, les troquets j'y suis bien quand je les connais. La première fois faut y aller doucement, pas trop s'attarder.



J'ai fait un crochet dans les ruelles derrière le Tribunal de Grande Instance, pour perdre mon temps et éviter d'avoir à le buter, un coin étrange où il y a des maisons biscornues peintes en rouge. C'est vachement classe Tarascon, des fois.

La nuit est tombée très vite, j'ai même pensé qu'elle s'était cassé la gueule, et maintenant il faisait noir. Je suis rentré dans le rade qui fait tabac, pas loin de mon rencard. J'y avais déjà acheté des clopes. A l'intérieur c'est un genre design années cinquante, dans les tons tabacs, justement.
J'ai commandé une bière ; je l'ai sifflée dare-dare, j'avais les muqueuses en plâtre.
J'ai feuilleté mon canard et j'ai entendu "in the ghetto" d'Elvis, la musique d'ambiance qui tue. Putain, j'en menais pas large. Après j'ai eu un coup de blues, forcément. J'ai remonté vers le Rhône pour aller à mon rencard, pour faire le guignol, comme d'hab. Merde j'avais intérêt à en tirer mille francs (oui, je pense en francs) au moins, de ce plan avec le traczire que ça me foutait de buter c't'heure, un scénario dans lequel les huissiers que j'ai au cul interviennent obstinément. un vrai coup de Tarasque je vous dis !

Ce matin par contre, j'ai vu Armando, il m'a dit qu'il avait vertement remis en place le chauffeur acariâtre. Armando est Portugais, et il ne faut pas prendre la tête aux Portugais. Du coup ça m'a remonté le moral.

jeudi 29 octobre 2009

Super offensive contre les hypers


L'attaque vient de 2 fronts, l'éxécutif et le législatif.

D'une part, le gouvernement va poursuivre en justice neuf distributeurs, dont les plus grandes chaînes d'hypermarchés, accusés de pratiques abusives à l'égard de leurs fournisseurs, une action inédite par son ampleur. En lançant ces procédures, le gouvernement fait le constat que sa Loi de modernisation de l'économie (LME) n'a pas suffi à éradiquer toutes les dérives, même si depuis l'entrée en vigueur de la loi, les distributeurs ont "joué le jeu" avec une baisse des prix

D'autre part, Bernard Reynès, le député de la 15e circonscription des Bouches-du-Rhône (maire de Châteaurenard) UMP à l'Assemblée Nationale, vient de déposer, fin octobre, une proposition de loi ayant pour objet de "donner au commerce de proximité sa véritable place dans notre droit de l’urbanisme et de doter les élus des outils leur permettant de réaliser leurs objectifs d’aménagement urbains en matière de commerce et de services".

Face à la paupérisation de certains quartiers, constate le député, à la désertification accélérée des villages et des communes rurales, dues à la suppression des institutions locales de l’Etat (trésoreries, postes, tribunaux), les commerces de proximité restent parfois le seul rempart. Ils peuvent rendre bien des services à la clientèle locale, tout en aidant à conserver dans les communes des lieux de rencontre et de convivialité.

Les points essentiels de la proposition de loi sur le commerce de proximité :

• Modification substantielle du droit de préemption des communes sur les fonds de commerce, les fonds artisanaux, les baux commerciaux et certains terrains.

• Possibilité de mise en œuvre du régime de la location-gérance par la commune dans l’attente de la rétrocession du fonds : cette proposition peut permettre à la commune de faire exploiter le fonds de commerce dans l'attente de sa rétrocession en évitant sa dépréciation.

• Modification du code de la construction et de l’habitation, afin notamment de faciliter la transformation des logements situés au-dessus des commerces de centre-ville en local commercial.

• Amélioration des conditions de retraite des artisans et commerçants à faible revenu.

• Attribution de labels ayant pour objet de signaler aux consommateurs certaines qualités des commerces de proximité.

• Extension aux petites sociétés sous le régime du réel simplifié de la faculté de tenir leur comptabilité selon des dispositions simplifiées comme c’est déjà le cas pour les entreprises individuelles.

lundi 26 octobre 2009

Petit plaisir



Une femme très voluptueuse
tout en lard, poitrine et fesses
dans la contrée était fameuse
elle s'appelait dame paresse.

Un homme connu pour énergique,
d'une détermination sans faille
était admiré tant il était tonique
son nom de baptême était travail.

L'homme réussissait ses entreprises
la femme séduisait qui la croisait
toujours elle n'en faisait qu'à sa guise
alors que lui son labeur l'obsédait.

Leur rencontre était improbable
mais elle se produisit par hasard,
un jour qu'ils étaient à la même table
à un dîner qui se prolongeait tard.

Les pôles opposés d'un aimant
s'attirent habituellement
et ils s'unirent pareillement
en devenant même des amants.

De cette union contre nature
qui se renforçait avec le temps
naquit un joli petit enfant
qui avait une fort belle allure.

Comme il fallait le baptiser
et qu'ils ne savaient que choisir
quelqu'un leur suggéra plaisir
ce qui sembla approprié.

Le fruit du travail en effet
et ce que la paresse peut donner
sont par le même mot désignés
plaisir de travailler ou paresser.

dimanche 25 octobre 2009

La mort du blogueur


Un blogueur d'apoplexie décéda
et son entrée au paradis il postula :
devant Saint Pierre il se présenta
dès son entrée dans l'au-delà.

"je veux pour l'éternité séjourner ici"
dit-il devant la porte du Paradis
sûr que sa vertu lui ouvrirait celle-ci
et que des Saints il deviendrait l'ami.

- "Mais qui es-tu donc petit blogueur,
lui répondit le gardien de la demeure,
pour venir après ta dernière heure
solliciter ici cette ultime faveur ?

- De mes écrits on faisait débat
j'ai même été repris par Vendredi
dans mes billets je mettais tout mon cœur
sur Wikio j'étais en très bonne place !

Le Saint-père répondit d'une voix lasse :
- Du temps passé sur un ordinateur
quel or, quel argent as-tu pris ?
C'est sur ce critère que tu rentreras.

- Mais aucun, ou si peu que c'est rien
j'ai offert mon art gratuitement,
vers les autres je faisais des liens,
j'agissais avec désintéressement.

- pauvre naïf, à quoi sert ton talent
si tu n'a pas un peu d'entregent ?
je constate que tu as gaspillé ton temps,
que ta conduite est celle d'un dément !

Ici c'est comme en bas, on aime la fortune
et comme tu n'as pas développé d'affaires,
que tu n'es qu'un rêveur, à moitié dans la lune,
ta place n'est pas ici, elle est chez Lucifer".

Le blogueur comprit à ses dépends
que sur la terre comme au ciel,
on est minable si on a pas d'argent
et comme l'abeille il aurait dû faire son miel.

le lionceau qui voulait être roi


Un lion régnait sur une jungle lointaine,
non qu'il fut le plus fort, ni le plus beau,
mais à force de trahisons et de vociférations,
il tenait sous son joug les bêtes de la plaine.

A son rejeton, pour qu'il se fasse les crocs
il voulu donner une source dont les eaux,
pures et limpides, abreuvaient sa nation ;
le lionceau juvénile se saisit de l'aubaine.

Mais tous les animaux, dépendant du ruisseau,
s'unirent et protestèrent, poussant des cris de haine :
du macaque au serpent, de l'éléphant à la hyène,
ils menacèrent de faire une révolution !

La garde rapprochée du si mal aimé lion
argumenta en vain, avec beaucoup de peine,
qu'une si belle lignée ne pouvait faire un sot,
et pour se faire bien voir, défendit le lionceau.

La fronde maintenant déchaînait les passions
et prenait une tournure hors de toute proportion,
que le despote n'avait vue durant son court règne
une vindicte si puissante pour un simple cours d'eau.

C'est alors que le jeune héritier fit une déclaration :
il signifia au peuple que cette offre il dédaigne,
qu'importe, son destin est tracé et qu'il ira très haut,
dans un fort rugissement qui troubla l'opinion.

C'est ainsi qu'un chaton s'affirma comme un lion
et qu'il fit de son père, hier encore félin, un petit bourricot.

mardi 20 octobre 2009

Thomas Jefferson et la finance


« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis. »

Thomas Jefferson - 1802

Le 3e président des Etats-Unis d'Amérique était peut-être le plus brillant. Cette réflexion sur la finance et les banques n'est qu'un aperçu de sa clairvoyance.

On peut ajouter à son crédit la rédaction de la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis, sa farouche défense de la liberté de la presse, de la laïcité et sa proposition en 1801 de l'abolition progressive de l’esclavage qui sera rejetée par le Sénat. Il avait déjà fait interdire la traite des noirs de l'Etat de Virginie en 1778. Néanmoins, il faut avouer qu'il avait des idées racistes, considérant l'homme de race noire inférieur à l'homme blanc, comme de nombreux penseurs de son temps. Son engagement contre l'esclavagisme n'en est que plus remarquable.

Ce francophile convaincu, défenseur des idées de la révolution française, eut la sagesse de maintenir son pays en dehors des guerres européennes, poursuivant ainsi la politique pacifiste de son prédécesseur et ami John Adams.

A la fois scientifique, philosophe et architecte, cet homme exceptionnel méritait bien que je lui rende hommage. Alors que la vie politique semble dominée maintenant par la bassesse et la médiocrité, je me demande où sont les Jefferson d'aujourd'hui...

samedi 17 octobre 2009

En attaquant le fils, c'est le père qui est visé


C'est la constatation du peintre Pal Istvan Ernö Särközy Nagybocsaï, plus connu sous le nom de Pal Sarkozy : "C'est ma peinture qui est visée, et les attaques contre mon fils Nicolas sont le fait de malveillants qui ne comprennent pas mon œuvre".

Jeté sur les route de l'exil pour fuir l'armée rouge qui occupe la Hongrie, Pal passe à l'ouest en 1948 et se retrouve à Paris. Grâce à l'aide d'un grand-oncle, il se refait une santé et une situation dans la communication visuelle.

Financièrement, Pal a réussi. Son studio de publicité a employé jusqu'à 40 personnes et lui assure une retraite confortable, entre Ibiza et l'île de la Jatte, à Neuilly. A 78 ans, il s'est jeté dans la peinture et expose à Madrid, Tunis, à la Fiac. Les toiles, un mélange de peinture et de photos travaillées sur ordinateur par son complice Werner Hornung, se vendent plutôt bien.

Grand séducteur, Pal collectionne les épouses et les enfants, une passion sensuelle qu'il transmet à son fils Nicolas, ainsi que l'art de la manipulation médiatique par la publicité.

Attaquer mon fils pour me déstabiliser est indigne, s'insurge Pal Sarkozy. Ceux qui font ça sont des jaloux et des aigris, tout cela parce que ma peinture est géniale et que ces conservateurs ne supportent pas l'art non conventionnel.

(d'après Le Monde)

(un entretien tout à fait imaginaire, bien sûr, qui ne mérite pas un procès en diffamation, mais n'est qu'un exercice de style satirique, je préfère le préciser pour les lecteurs qui prendraient au premier degré mon trait d'humour ; par les temps qui courent, cet avertissement me semblait nécessaire. Un billet inspiré par une réflexion du Comte de Champignac, que je remercie pour sa pensée sagace).

jeudi 15 octobre 2009

Faire revivre le patrimoine disparu

Mathilde Béjanin avec un élément de la maquette du Palais des Tuileries disparu

Faire revivre les monuments disparus, c'est le travail de Hubert Naudeix et de sa compagne Mathilde Béjanin, des Editions Honoré Clair (un hommage à l'archéologue Arlésien du 19e siècle).
Hubert est un spécialiste de l'architecture et de la 3D et Mathilde est une littéraire spécialisée en archéologie. Ensemble, il travaillent à reconstituer le plus fidèlement possible le patrimoine architectural aujourd'hui anéanti.

En ce moment ils planchent sur l'aile détruite du palais des tuileries (au cours de l'incendie de la révolte des communards).
En s'appuyant sur un vaste réseau d'experts, ils compilent les gravures et tous les documents sur le bâtiment disparu qui sont analysés et recoupés, pour en concevoir un modèle en 3D.
Celui-ci est utilisé pour faire une maquette en volume, afin de l'exposer à la cité de l'architecture et du patrimoine. Leur travail est aussi édité sous la forme d'un beau-livre ou d'un film d'animation sur DVD.
En projet également, la reconstitution de l'éléphant de la Bastille (dans lequel logeait Gavroche, dans Les Misérables) et une maison de la Rome antique, entre autres...

Ces jeunes entrepreneurs n'ont pas hésité à créer ce nouveau métier, malgré la crise, portés par une passion commune qui n'a pas d'équivalent.
D'origine parisienne, ils ont choisi de s'installer dans la ville la plus douce de provence, Arles.
C'est là que je les ai découvert, à ma grande surprise.

Un nouveau trésor pour la capitale Camarguaise si littéraire et patrimoniale, à soutenir et à faire connaitre.

mercredi 14 octobre 2009

Pédophilie ordinaire

J'en ai les larmes aux yeux.

Le billet le plus poignant que j'ai jamais lu sur un blog, celui de Maître Mô.

un extrait :
"Ça se passe comme ça pendant deux mois environ. Paul connaît mieux les enfants, maintenant, et le soir, il fait un truc rigolo avec Jade, après avoir couché Ilan dans la chambre voisine de la sienne -enfin, il trouve lui que c’est rigolo, Jade s’en fiche, elle trouve que c’est un jeu de bébé, mais ça à l’air de lui faire plaisir, alors… Il rejoint Jade en bas, pour la coucher à son tour, mais avant, il prend le foulard bleu de maman, le noue sur les yeux de Jade, et il trempe son doigt dans des trucs -du sucre, du chocolat, de la confiture, du miel- et le met dans la bouche de Jade, qui doit deviner en goûtant ce que c’est : trop facile, franchement, mais bon, c’est rigolo un peu quand même."

Vous avez déjà compris.
Mais il faut lire tout le billet, le désarroi de la fillette, l'enchaînement des événements, le pourquoi du silence, les années qui passent, l'enquête, les pensées de Jade, fillette de 7 ans dont l'innocence est comme un fleur jetée dans un verre d'acide.

L'écriture est superbe, simple comme des mots d'enfants, sans pudeur.

Un billet que j'aurais voulu ne jamais lire, mais que chacun devrait lire.

J'ai vraiment les larmes aux yeux et la gorge serrée. Je pense à ma fille à moi et les gouttes d'eau salées viennent plus vite le long de mes cils. J'ouvre grand les yeux pour qu'elles ne coulent pas sur mes joues.

Pour la première fois je fais un billet sans illustration, il y a des choses qu'on ne décore pas.
J'ai honte d'être un homme.

La défense de Jean Sarkozy


Le fils du président de la République a trouvé un nouveau job.
Les accusations fusent : piston, népotisme, etc.

Pourtant, il faut reconnaitre que Jean Sarkozy a déjà les réflexes de l'homme politique aguerri. C'est avec un nouveau look que le jeune homme s'est justifié sur France 3 : nouvelle coupe de cheveux, lunettes, il a laissé tombé sa belle crinière d'éphèbe (craignait-il les sollicitations de Frédéric Mitterrand ?), pour adopter l'apparence d'un technocrate sorti du moule d'une grande école.

Il a tout compris : le paraitre compte plus que le fond, le nom est plus important que la compétence.

Et puis le président l'a bien dit : la création des lycées en 1808 par Napoléon Bonaparte a marqué la fin des privilèges de la naissance. Nous avons bien compris que Jean Sarkozy n'étant plus lycéen, il peut donc enfin user du privilège d'être le fils du président.

L'égalité républicaine n'est-elle pas que Jean Sarkozy puisse bénéficier comme les autres, (les petits Bouygues, Lagardère, Dassault, etc.), des avantages d'avoir un papa puissant ?

lundi 12 octobre 2009

Appauvrissement


Partout, l'appauvrissement grandit dans notre monde occidental.

Bien sûr chacun pense à son compte en banque. Enfin quand je dis chacun, cela ne concerne pas la nouvelle élite. C'est le propre de notre société moderne, plus de pauvres, moins de riches, mais des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres.

Ceci est relatif. Les pauvres d'aujourd'hui sont certainement moins pauvres que ceux du passé, mais le sentiment de pauvreté est sûrement plus grand. La société de consommation fait que l'absence de bien se fait plus cruelle, plus oppressante.

Chaque jour, le message est répété, matraqué, imposé : il faut posséder, toujours plus de biens inutiles, habits, gadgets, voitures toujours nouvelles, télévisions toujours plus plates, téléphones toujours plus petits et puissants... Posséder, pour égaler le voisin, le dépasser, c'est le but ultime. Une plus belle maison, une automobile plus chère, un costume plus beau.
Cette folie de la consommation effrénée est le moteur de l'économie, à laquelle on consacre toute son énergie. Cette course insensée génère d'innombrables frustrations : on se suicide à son travail parce qu'il est la clé de ce culte absurde du paraître.
Les femmes sont lobotomisées, contraintes à un rôle de potiche soumises à la dictature de l'apparence tout en ayant l'illusion de gagner une place de choix en pouvant participer à cette course à la réussite.

Ceux qui réussissent à assurer ce fameux train de vie, le font au détriment de leur intellect. Appauvrissement toujours, appauvrissement des idées, de l'humanisme, du cœur. Semblables à la plèbe antique, on leur impose des jeux du cirque dans lesquels ils plongent comme on leur recommande de le faire. Leur nouveaux héros sont des multimillionnaires auxquels les plus pauvres vouent des cultes qui absorbent tout leur esprit, rejetant dans les ténèbres les autres considérations, les idées de démocratie et de politique, l'altruisme ou la fraternité. Les stars du ballon rond ou de la chansonnette, du spectacle, sont les idoles modernes d'un peuple décérébré.

Appauvrissement du tissu économique aussi : les sociétés se rachètent les unes les autres pour se concentrer dans quelques mains, toujours plus puissantes.

Appauvrissement enfin de l'égalité des chances républicaine, quand le nom prime sur la compétence, avec ces nouvelles dynasties semblables à une nouvelle noblesse. Les fils des capitaines d'industries succèdent à leur père, les enfants des rares artistes privilégiés reprennent la place de leur géniteur, une nouvelle caste se met en place.

Dans cette compétition sans merci, les laissés pour compte n'ont qu'à mourir, une mort sociale cruelle qui précède la vraie mort. Celui qui a encore conscience de l'absurdité de ce monde est rejeté comme un fou, et sa lucidité est assimilée à une pathologie qu'il faut soigner à coup de pilules calmantes.

la quête de la richesse matérielle comme but ultime est ainsi l'appauvrissement suprême, et comme le disait si justement Alexis de Tocqueville :

“ Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes (…) ”

dimanche 11 octobre 2009

La république catholique


C'est bien la fin de la laïcité française.
Le représentant du chanoine de Latran est à Rome ce dimanche pour lécher les pieds de l'évêque de Rome, le traditionaliste Ratzinger. Une façon de clore en beauté une semaine chargée.

"La dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain" écrivait Sarkozy dans son livre "La religion, la République, l'espérance". Difficile d'être plus clair... et plus inquiétant !

François Fillon s'abaisse donc lui aussi a cautionner une cérémonie à la gloire de la superstition, la canonisation, qui fait d'hommes et de femmes exemplaires, des intercesseurs entre le dieu des chrétiens et les hommes. Une forme catholique du polythéisme.

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé" disait encore Sarkozy et la loi Carle dont j'ai déjà parlé est un élément permettant de favoriser l'enseignement privé, et donc religieux...

La république catholique apostolique et romaine est en marche.

vendredi 9 octobre 2009

Cannabis et prohibition


La prohibition de l'alcool aux Etats-Unis (1920-1933) fournit une opportunité alléchante pour le crime organisé de mettre sur pied des filières d'importations, des fabriques ou encore un réseau de distribution illégal de boissons alcoolisées aux États-Unis, notamment au travers des speakeasies. À Chicago, les Genna, famille d'origine sicilienne et Al Capone furent à la tête de ces trafics d'alcool, renforçant grandement leur empire criminel grâce aux profits des ventes illégales d'alcool.

F.D. Roosevelt, conscient de l'effet contre-productif de cette loi, abrogea le Volstead Act qui définissait la prohibition, ce qui permit à l’État de lever de nouvelles taxes.

Il apparaît donc que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

La question de la prohibition du cannabis revient sur le tapis en France : Daniel Vaillant, élu PS à Paris et ancien ministre de l'Intérieur, suggère de "tenter le pari de la réglementation" du cannabis pour faire baisser sa consommation, aujourd'hui en pleine "explosion".
"On peut imaginer un contrôle des approvisionnements extérieurs et une production en France. Tout se ferait dans la transparence, dans la règle comme pour le tabac et l'alcool. Pas de produits frelatés, pas d'économies souterraines et une vente à des endroits précis et contrôlés, interdite aux mineurs de 16 ans"

Rappelons que la France, non contente d'être l'un des pays les plus répressifs de l'Union européenne en matière de stupéfiants, est également l'un de ceux où l'on fume le plus de cannabis. Ces chiffres font de la France le canard boiteux de la politique européenne, loin derrière les si libéraux Pays-Bas, où les jeunes en particulier fument beaucoup moins de cannabis que les jeunes Français. Les Pays-Bas, régulièrement montrés du doigt parce qu'ils mènent depuis plus de trente ans une politique très libérale en matière de stupéfiants, les niveaux d'expérimentation du cannabis et de la cocaïne sont inférieurs aux autres pays.
(Rue 89)
Des chercheurs ont comparé des groupes de consommateurs réguliers de cannabis dans des villes comparables, aux politiques sur le cannabis opposées –Amsterdam, Pays-Bas (dépénalisé), et San Francisco, USA (pénalisé). Outre une plus forte consommation à San Francisco, les chercheurs ont trouvé de fortes similitudes entre les utilisateurs des deux villes. Il n’y eu « aucune preuve qui soutienne que la pénalisation puisse diminuer la consommation ou que la dépénalisation puisse l’augmenter».
(référence)

La proposition de Daniel Vaillant, vue sous cet angle, n'est pas stupide. Elle pourrait même affaiblir les circuits criminels.

Bien entendu, l'UMP s'est élevé contre cette décision, dénonçant "le laxisme prôné par le Parti socialiste toujours aussi naïf en la matière".

Quand on voit les résultats de la politique de prohibition française, on se demande qui est le plus naïf : celui qui persiste dans une voie qui est un échec, ou celui qui propose d'essayer autre chose, en se basant sur des chiffres incontestables ?

Le prix Nobel qui ne veut rien dire


Qui a reçu le prix Nobel pour la paix ? Monsieur Obama, citoyen américain, ou le président des Etats-Unis ?
Si c'est le président américain, il y a de quoi s'interroger... Les Etats-Unis occupent militairement deux pays, l'Irak et l'Afghanistan, et menace l'Iran depuis des années (un pays qui n'a jamais agressé ses voisins en 50 ans).
Si c'est le citoyen Obama, on se demande aussi ce qui lui vaut cette distinction...

Il faut reconnaître que le président Obama a une attitude tout à fait positive par sa volonté de dialogue avec l'Iran, ses prises de position en faveur du désarmement, son ouverture vers le monde musulman. Mais les belles paroles n'ont d'intérêt que si elles se traduisent en actes.

Pourquoi récompenser si vite les Etats-Unis sans attendre les conséquences de cette nouvelle politique ? Cet empressement décrédibilise la valeur de ce prix, selon moi, ainsi que la fondation Nobel.

Et puis il faut se rappeler que l'ensemble des prix Nobel a concerné 733 hommes pour 33 femmes (chiffres 2007), bel exemple de parité de la part de la fondation Nobel.

Il faut dire qu'une des femmes sélectionnées dans la liste des prétendants au prix était Ingrid Betancourt (!)...

A mon avis ce prix ne représente plus rien, c'est bien dommage.

PS : Laurent Murawiec est mort. Le plus Bushiste des français mériterait lui, le prix Nobel de la guerre... à titre posthume !

jeudi 8 octobre 2009

Vie privée, vie lubrique


La vie privée de ceux qui nous gouvernent a toujours suscité l'intérêt de leurs administrés.

A la belle époque, la bonne société produisait déjà son lot de scandales et la politique prenait parfois des allures de Vaudeville, comme aujourd'hui.

Ainsi, en 1908, un nouveau collaborateur du Président du Conseil George Clemenceau recevait ces croustillantes instructions :
"Vous serez discret. - Mais j’ai l’habitude de l’être, mes dossiers sont déjà souvent confidentiels ! - Oui, mais vous allez connaître, de fait, une partie de la vie -très- privée de notre Patron. Si vous croisez par exemple Rose Caron, la cantatrice, vous faites comme si vous n’aviez rien vu. Ne le répétez à personne, les journalistes ne sont jamais loin. Clemenceau serait scandalisé si l’on faisait même une simple allusion à sa vie privée, dans la presse."
On s'amusera de noter que la mort de l'illustre Félix Faure, une dizaine d'années auparavant, alors qu'il était dans les bras de sa maîtresse, avait motivé de la part du même Clemenceau cette hilarante oraison funèbre : "Il a voulu vivre César et il est mort Pompée".

Oui, les frasques des puissants (qui sont des êtres humains, soumis aux exigences naturelles) sont toujours scrutées -comme celles de notre voisin, de notre copain- et alimentent les discours gras des comptoirs des estaminets populaires.

Il faut dire que nos gouvernants ont entre leurs mains notre législation, et qu'à ce titre leur conduite devrait être exemplaire. Et que celui dont l'exemplarité est douteuse devrait renoncer à un poste de cette importance. On en est bien loin.

Mais il serait trop simple de se cacher derrière cette notion de vie privée. Un ministre de la Justice, par exemple, a accès à des dossiers brûlants et sa vie privée pouvant cacher des proximités intimes susceptibles d'entrainer des conflits d'intérêt, une totale transparence est nécessaire (la "paternité anonyme" de l'enfant de Rachida Dati était tout à fait scandaleuse à ce titre, tant qu'elle était en charge place Vendôme).

Berlusconi, Bill Clinton, DSK… La liste est longue, et la vie sexuelle des élites est souvent regardée à la loupe, à tort ou à raison. C'est le prix à payer pour exercer le pouvoir, qu'on le veuille ou non. Et puis nos ministres ou chefs d'états sont bien au courant de ce système médiatique dont ils ne voudraient user qu'à leur seul avantage.

Les choses ne sont pas si simples, et l'action de nos dirigeants doit être surveillée dans ses moindres détails, concernant leur fortune, leurs affaires, leur népotisme ou leurs mœurs, en toute transparence. Il me semble que c'est la moindre des choses que peuvent attendre des citoyens de ceux qui les dirigent : une vertu sans tache, justifiant le pouvoir qu'ils exercent et la fortune qu'on leur concède. Que ceux qui ont des actions honteuses à cacher s'écartent du pouvoir politique.

Et qu'on arrête de nous servir la mauvaise soupe de la vie privée, quand certains, grâce à leur fonction, favorisent leurs affaires, leur familiers ou leurs enfants

mardi 6 octobre 2009

Ecrire comme un Pro


Écrire comme un pro n'est pas compliqué : il suffit de suivre les conseils d'un pro.
Christophe Cachera est un routard expérimenté qui a parcouru tous les chemins de l'écriture : la presse, l'agence de presse, la création de journaux, l'édition littéraire, la communication.

Il a sorti un bouquin qui s'appelle "La méthode pour écrire comme un pro". C'est une bible, qui passe en revue toutes les affres de la création, les pièges à éviter, les règles de base. Clair et concis, les blogueurs devraient s'en inspirer : Christophe est aussi un internaute et il y a un chapitre spécial consacré à l'écriture sur le web (auquel je n'ai rien à redire).


"J’ai voulu présenter ces techniques sous une forme facile à appliquer, en m’adressant à un public dont le métier n’est pas d’écrire mais qui rédige dans le cadre professionnel" dit-il sur son blog consacré à ce livre.

C'est le directeur de la comm. de la ville d'Arles, et c'est mon pote !

Cas de conscience



Je suis bien emmerdé. Je suis d'accord avec Le Pen. Enfin Marine, le nouveau visage du Front National. Je m'étais gardé de dire ce que je pensais sur Frédéric Mitterrand, au moment de l'arrestation de Polanski.
Mais sa déclaration "De le voir ainsi jeté en pâture pour une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens et de le voir ainsi seul, emprisonné, alors qu'il se rendait à une manifestation où on allait lui rendre hommage, c'est-à-dire ainsi pris au piège, c'est absolument épouvantable" m'avait révolté.
Faut-il rappeler qu'il est question d'un homme qui a reconnu être coupable de rapport sexuel sur une enfant de 13 ans (une vieille histoire qui n'a pas de sens) ?



Absolument épouvantable. Ces mots ont résonné dans mon esprit. L'épouvante absolue. La peur totale, autrement dit. Monsieur le ministre n'a pas peur des mots.
Mais venant de la part de quelqu'un qui a fait l'apologie du tourisme sexuel, il y a des leçons de morale qui sont déplacées.

Frédéric Mitterrand m'avais déjà semblé suspect quand il s'était empressé d'annoncer avec jubilation sa nomination au ministère de la culture. Ses prises de positions sur la loi Hadopi m'avaient un peu énervé.

Ce que l'on peut admettre d'un acteur du monde culturel, doit-on l'accepter d'un ministre de la République qui se pose en donneur de leçon ?
Doit-on appliquer au ministre de la Culture la complaisance douteuse qu'on concède à l'écrivain de "La mauvaise vie" (il faut lire la critique qu'en fit D. Fernandez dans le Nouvel Obs : "Mais qui croirait à une fanfaronnade devra lire attentivement la très belle scène d'amour avec un prostitué de Patpong, un récit d'une surprenante délicatesse, malgré la précision des détails) ?
La poésie du tourisme sexuel peut exister, chacun peut bien décrire ses turpitudes avec élégance et style, cela ne doit cependant pas faire illusion sur l'envers du décor, une extension d'un colonialisme économique où l'argent est roi.
Sa photo, sur la couverture du livre, exprime ce qu'il y a de plus cynique dans une caricature de bourgeois. Un gros havane entre les doigts, il a l'air de dire "tout est permis à qui fait fortune" avec un regard en coin, fuyant. Du sarkozysme pur et dur, en somme.

Aujourd'hui, en découvrant que Marine Le Pen rejoint mes réflexions, je suis troublé.

Mais sur ce point précis, je dois admettre que comme elle, je juge indigne de sa charge Frédéric Mitterrand. Sa démission ne pourrait que me réjouir. Mais il ne faut pas y compter, l'attrait des ors de la République est bien trop irrésistible.
Comme dit Marine, une tache de plus dans ce gouvernement.

PS : Je m'aperçois que Donjipez a fait presque le même billet que moi, à lire en complément.

dimanche 4 octobre 2009

Pao zhuang yin yu

zi-an-liu (Paix)


Zhao Gu était un poète bien connu de la dynastie des Tang (618-907) dont les œuvres étaient très appréciées, alors que Chang Jia était moins doué et ne pouvait écrire que des poèmes de deuxième ordre. Ce dernier était amateur des poèmes de Zhao qui était son idole, et il voulait à tout prix le rencontrer.

Un jour, comme il avait entendu dire que Zhao allait partir pour Hangzhou, Chang se hâta de se rendre dans un grand temple de cette ville, car il croyait qu'aucun touriste n'exclurait ce site de son itinéraire. Pour attirer l'attention de Zhao, Chang écrivit, sur les murs de ce temple, de nombreux poèmes qu'il laissa incomplets. Son truc marcha à merveille. Quand Zhao vit ces poèmes inachevés, il s'arrêta et ajouta des vers pour les compléter.

Étant donné que les vers de Chang étaient de piètre qualité et que ceux de Zhao étaient bien stylisés et remplis de grâce, les gens dirent que Chang avait "coulé une brique pour attirer le jade" (Pao zhuang yin yu).

Aujourd'hui, cette expression (Pao zhuang yin yu) est largement employée en Chine quand quelqu'un veut se montrer modeste. On le retrouve surtout dans des introductions orales ou écrites, et il permet de signifier qu'on souhaite que les autres puissent apporter des opinions ou des commentaires de grande valeur.

Parfois, les commentaires des blogs apportent un utile complément aux propos de leur auteur. Parfois l'invective et le dénigrement non constructif polluent le discours initial.
Eric Mainville avait effectué une amusante étude à ce sujet à laquelle je recommande de se reporter en suivant ce lien. Il revient sur le sujet, dans un billet consacré aux insultes et aux dérapages dans les commentaires sur Internet (à lire ici, il est d'une grande lucidité).

Il m'a fallu supprimer l'autre jour un commentaire dont l'insulte était le seul sujet. Je le déplore, puisque l'intérêt d'un blog, pour son auteur, c'est d'y lire des réactions. Des contradictions ou des louanges, peu importe. Un blog sans commentaires est un blog sans vie.

Mais l'insulte vulgaire n'apportant rien de constructif, elle sera effacée sans autre forme de procès que l'expression de mon bon vouloir, qu'on se le tienne pour dit.

Pao zhuang yin yu, puissent vos nombreux commentaires faire vivre ce modeste blog et l'éclairer à lumière de leur sagesse, comme le jade qui luit au soleil.

samedi 3 octobre 2009

Les mercenaires Américains au Pakistan


La nouvelle stratégie américaine au Pakistan semble porter ses fruits.

Selon le journal France Soir, le New York Times, dans son édition du 21 août dernier, rapportait que la CIA confie à des sociétés privées de mercenaires (comme Xe Services, nouveau nom de BlackWater) le chargement des missiles Hellsfire sur des drones ainsi que leur lancement. L’entreprise de mercenariat agirait dans les zones tribales pakistanaises depuis 2007.

Islamabad et Washington, bien sûr, démentent la présence et l’action de ces firmes américaines de sécurité privées.

Mais de nombreux experts, agents de l’ISI et journalistes, avancent que les Etats-Unis, via Xe ou DynCorps, sous-traitent en fait des activités d’espionnage aux agences de sécurité pakistanaises comme InterRisk ou Speed Flow Service. Sous couvert d’assurer leur sécurité et leurs « intérêts », les Américains utiliseraient ces agents pour recueillir des informations sur la localisation et les activités des Talibans et des terroristes d’al-Qaida en zones tribales.

Comme l’explique l’expert Najjam Siddique, « les Américains mènent une guerre souterraine d’espionnage et utilisent leurs propres agents car ils n’ont absolument plus confiance en l’armée pakistanaise et en l’ISI, qu’ils estiment complices des Talibans afghans et des membres d’al-Qaida réfugiés dans le pays ».

Dans son succès de librairie Blackwater: The Rise of The World’s Most Powerful Mercenary Army (Nation Books), le reporter Jeremy Scahill écrit : « Son installation à Moyock, N.C., est devenue le centre militaire privé le plus sophistiqué de la planète, car l’entreprise possède l’une des plus grandes réserves privées d’armes lourdes au monde. Il s’agit d’un grand centre d’entraînement à la fois pour les forces militaires et les forces de sécurité locales et fédérales des États-Unis, et les forces étrangères et les particuliers […] On y développe des dirigeables de surveillance ainsi que des bandes d’atterrissage privées pour sa flotte d’aéronefs, laquelle comprend des hélicoptères de combat. » Les représentants de la société affirme avoir entraîné chaque année environ 35 000 militaires et « agents de la force publique ».

Néanmoins, les résultats sont là, et après Baïtullah Mehsud (chef des taliban Pakistanais du TTP) tué par un drone début août, c'est son successeur Hakimullah Mehsud qui aurait été victime d'une guerre de succession interne ainsi que le chef des taliban Ouzbek Tahir Yuldashev victime lui aussi d'un drone fin août au Waziristan.

L'infiltration et le renseignement semblent les bonnes méthodes pour combattre un islamisme semblable à l'hydre multicéphale qui a toujours été soutenu par les services secrets du Pakistan.

vendredi 2 octobre 2009

La loi de la peur



Un violeur récidiviste fait les grands titres. La France a peur. L'histoire n'est pas nouvelle, elle est horrible et frappe les imaginations.

Mais pourtant, selon Serge Portelli, "le taux de récidive en matière de viol est très bas, moins de 1%".

La ministre de la Justice, Alliot-Marie, souhaite que la castration chimique puisse "s'appliquer pendant l'incarcération, mais aussi après". Il faut "que la personne, qui doit être volontaire, n'ait pas ensuite la possibilité d'y renoncer, sauf à retourner en prison. C'est une proposition que je ferai dans le cadre de la loi qui sera déposée avant fin octobre" au Parlement.
Tout cela s'ajoutera à l'arsenal législatif mis en place depuis 2008, avec loi de rétention de sûreté, castration chimique et autres...

Cette merveille, la Loi n° 2008-174 du 25 février 2008, puise ses sources dans l'histoire européenne. Parmi les arguments avancés par la majorité pour justifier la mise en place d’une rétention de sûreté pour les « criminels dangereux », l’existence de mesures semblables dans d’autres pays démocratiques figure en bonne place. Le rapporteur UMP de la commission des lois, Georges Fenech, loue ainsi le « dispositif allemand » qui ne date pas d’hier. « La mesure de "détention de sûreté" (Sicherungsverwahrung) a été introduite dans le Code pénal allemand en 1933, sous la République de Weimar », écrit le député. Ce qu’il ne dit pas, c’est que, comme l'a révélé le Canard enchaîné, le signataire de cette loi « contre les récidivistes dangereux » n’est autre que celle du chancelier du Reich de l’époque, un certain Adolf Hitler ! À l’époque, son gouvernement parle déjà de « rétention de sûreté » après la peine si « la sécurité publique l’exige ». On a les références qu’on peut… (l'Humanité, 22/02/08)

Je préfère, moi, me référer à l'homme qui a abolit la peine de mort, Robert Badinter :
La « rétention de sûreté », telle qu'elle apparaît dans le projet de loi du 28 novembre 2007 est un « changement profond d’orientation de notre justice. [...] Après un siècle, nous voyons réapparaître le spectre de « l’homme dangereux » des positivistes italiens Lombroso et Ferri, et la conception d’un appareil judiciaire voué à diagnostiquer et traiter la dangerosité pénale. On sait à quelles dérives funestes cette approche a conduit le système répressif des Etats totalitaires. » (Robert Badinter, La prison après la peine, le Monde du 27/11/2007)

Si on disait que 99 % des violeurs ne récidivent pas, l'effet serait différent sur la population, et notre petit monarque ne pourrait se présenter comme le protecteur de la nation française. Combien d'entre eux seront touchés par cette peine sans fin ?

Tout ceci me fait penser encore à Alexis de Tocqueville :

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître."

Rosselin, un mec qui déblogue


C'est un l'histoire d'un mec qui s'est mis à débloguer le vendredi.
Dans la grande soupe au lait de la blogosphère, il écrème la mousse du dessus pour la servir sur papier, comme un maître saucier qui opère une savante réduction pour extraire la quintessence épicée, aux différents arômes subtils, de ce qui se raconte sur Internet.

Vogelsong et Eric Mainville ont écrémé l'écrémeur dans une interview bloguesque de celui qui n'a pas de blog, mais un journal endormi pour l'instant. C'est à deux pas des 2 Magots, carrefour de la Croix-Rouge à Saint Germain des prés (j'y trainais il y a 25 ans quand j'apprenais à tenir un crayon à l'Académie Julian, rue du Dragon), qu'ils ont coincé Rosselin, et sous la torture lui ont fait tout avouer.

"J’ai peur de bloguer. Vous (les blogueurs) êtes des gens impitoyables. Vous êtes méchants (sourire) ! Sérieusement. Je suis trop sensible à la critique. Je lisais des gens sur les blogs critiquer Vendredi ou dire que nous étions ceci ou cela, cela me heurtait vraiment. J’ai du mal avec la critique dure et les trolls. Il faut avoir la peau dure pour bloguer…"

"J’aimerais démarrer (la reprise de Vendredi) avant la fin de l’année. Le nouveau projet éditorial sera prêt début novembre. Si tout fonctionne bien, c’est à dire la connexion entre le net et le papier, le fonctionnement avec les blogueurs et la nouvelle formule, oui avant la fin de l’année. Mais on ne repart pas tout seul. Emmanuel (de Moutis) et moi avons investi beaucoup de notre argent là dedans, (Pierre) Bergé nous a accompagné (nous avions gagné de l’argent ensemble avec la télé locale, nous l’avons réinvesti ensemble) et on va étoffer l’équipe : Guy Birenbaum va intervenir dans la nouvelle formule...
Nous ne voulons pas repartir seuls et recherchons un partenaire. Financier ou pro du secteur. Sur les 2 000 000 d’euros dont on a besoin, pour achever le lancement du projet, on a la moitié."

Ben moi j'ai fait un billet de léchage, avec des liens pour les amis blogueurs et un clin d'œil pour Rosselin, des fois qu'il m'oublie dans la prochaine charette.

La fièvre de la Fiesta des Suds monte…

Billet invité : tribune libre à Janfi from Mars :

Plus contagieux que la grippe A, la fièvre qui s’empare des aficionados de la Fiesta des Suds à l’approche de ce grand rendez-vous musical phocéen.

Et comme à chaque édition, pour la 17e en date, du 16 au 24 octobre prochain, cela reste toujours aussi délicat d’annoncer l’affiche des soirées à venir sans risque de tomber dans un inventaire à la Prévert, tant les artistes et concerts conviés en la circonstance se distinguent par leur nombre et diversité.

Fidèle à sa tradition, le festival automnal que beaucoup nous envient, se présente une fois encore comme un génial melting-pot et shaker cosmopolite des tendances musicales du monde et du moment.

Samedi 17 octobre

A l’image d’un des poids lourds de ce cru 2009, la punk-rockeuse est-berlinoise Nina Hagen (www.ninahagen.com ), 54 ans désormais.



Rappelez-vous, pour ceux qui ont connu ces temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, du chant tyrolien sur fond de reggae dans les années 80 pour un tube planétaire - African reggae - entre autres excentricités, eh bien c’était elle ! L’ex-star des eighties effectuera ainsi sur la scène marseillaise le 17 octobre au soir un come-back très attendu ; le swing manouche électro des enfants de Django de Caravan Palace (www.myspace.com/caravanpalace), les régionaux de l’étape d’Oaï Star (www.myspace.com/oistar ), branche agitée du Massilia Sound System, le rappeur hip-hop Féfé (www.myspace.com/fefessc), échappé du Saïan Supa Crew…



… et les reggaemen réunionnais de Toguna (www.myspace.com/toguna) et Baster
(www.bastermusik.com ) complétant par ailleurs le menu (copieux) de cette première Saturday’s night fever de la manifestation.

Vendredi 16

La veille inaugurale, vendredi 16 octobre, n’est pas non plus à négliger, ne serait-ce que pour d’autres régionaux de l’étape, l’urban griot Toko Blaze (www.myspace.com/tokoblaze ), ivoiro-camerounais de Marseille adepte du ragga-reggae survitaminé, et DJ Oil (www.myspace.com/djoil13 ) qui ne manquera sans doute pas d’en mettre, de l’huile. Ajoutez-y au cours de cette même soirée le p’tit gars de Cergy, du 9-5, Anis (www.anis-music.com )et ses mélodies acidulées à succès ainsi que la prestation rock explosive d’une fille à papa, la dénommée Izïa (www.myspace.com/iziamusic ), même pas vingt balais, sœur de Arthur H et progéniture du Grand Jacques (Higelin) :



… Sans oublier le chanteur soul Charlie Winston (www.charliewinston.com), frère, lui, de Tom Baxter, et attendez-vous à ce que les masques anti-H1N1 valsent rapidement face à la déferlante de sons et rythmes concoctée.

Jeudi 22 octobre

Ensuite et après une courte pause de début de semaine, la température montera encore d’un cran jeudi 22 octobre avec le flamenco du guitariste Juan Carmona ( www.juancarmona.com)



qui rouvrira le bal en compagnie de deux invités, le gitan Antonio Canales et l’andalou Rafaël de Carmen, qui sont parmi ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle en la matière et dans les tablaos. Cocktail endiablé toujours, complètent le show de ce jeudi … une fanfare mexicaine
(cabron !), la Banda tierra del sol (www.myspace.com/bandatierradelsolssa), et un contrebassiste jazzy errant, Avishai Cohen (www.avishaimusic.com).
Fiesta des Suds, terre de métissage…

Vendredi 23 octobre

Le vendredi suivant, pour une fois, ça ne sera pas raviolis mais plutôt une salsa à base d’électro rock (Rhinôcerôse, www.rinocerose.com Loo & Placido, www.looandplacido.com), de DJ House (Josh Wink, www.myspace.com/joshwink) :



et de ragga dancehall jamaïcain - avec l’un des deux papes du genre, Chaka Demus (www.myspace.com/chakademusdjspirit ) mais sans son alter ego Pliers -, le tout arrosé d’une bonne dose stambouliote (Eurasia, Derdiyoklar, Baris K…) et massaliote (Phred & Relatif Yann), saupoudré également de danses hip-hop et cultures urbaines.

Samedi 24 octobre

Apothéose enfin, le samedi 24, pour la clôture avec le beau bizarre Christophe (www.christophe-lesite.com) , icône insaisissable derrière ses éternelles lunettes noires. L’oiseau ne vit que la nuit comme il le concède lui-même. Un drôle de zèbre en tout cas qui depuis ses succès pour midinettes des années yé-yé, n’a eu de cesse d’emprunter une trajectoire nomade quelque part entre chansons romantiques, rock intemporel et mots bleus. Un artiste inclassable, « le dernier des géants » selon le journal Les Inrockuptibles. Ce dernier partage la tête d’affiche de ce dernier jour de fête avec une autre pointure, roi du raï celle-ci. Vous aurez bien entendu reconnu Khaled
(www.myspace.com/khaled1234 ) revenu avec son dernier album, moins word et plus roots, aux sources oranaises de son art quand il était encore Cheb (le jeune) Khaled.



Deux champions dans leur catégorie qui ne nous empêcheront pas de souligner deux autres clous du bouquet final. Tout d’abord, l’enfant du pays, le très occitan et excitant Sam Karpienia (www.myspace.com/samkarpienia) , et, cerise sur le gâteau, ce qui sera sans nul doute la révélation de cette cuvée 2009 : le Staff Benda Bilili (www.myspace.com/staffbendabilili ) en provenance directe de Kinshasa !



Ce gang de musiciens de rue…paraplégiques juchés sur leurs étonnantes mobylettes tricycles améliorées (fauteuils pour handicapés à l’africaine) risque bien en effet, carburant à un détonnant mélange de blues, reggae, soul et rumba kinoise, dans l’ambiance enfiévrée de
l’écrin du Dock des Suds, d’en faire lever plus d’un, grippé ou pas.

Janfi from Mars

Nota-bene : Attention, la Fiesta des Suds, ce n’est pas qu’une ribambelle d’artistes tous plus doués que les autres pour nous faire danser, mais aussi, rappelons-le, des expos, des documentaires, des bonnes intentions et un tas d’autres animations
(www.docks-des-suds.org). Déclarée par ailleurs « événement structurant de Marseille Provence capitale européenne de la culture 2013 », la manifestation phocéenne est ainsi appelée à monter encore davantage en puissance dans les années à venir.

On s’en lèche par avance les babines…

jeudi 1 octobre 2009

Bilan du mois de septembre

(clic sur l'image pour la voir en grand)

Nicolas poursuit son opération transparence. Moi aussi.
Le mois de septembre a été bien meilleur qu'août, c'est normal, les gens ont repris le boulot, donc ils se font chier au bureau et en profitent pour visiter les blogs.
7848 visites, c'est pas mal, c'est 2000 visites de plus que le mois dernier (et presque autant de visiteurs).

Les 10 premières sources de trafic :

1. google 3 215
2. (direct) 1 178
3. images.google.fr 484
4. wikio.fr 295
5. twitter.coml 231
6. facebook.com 151
7. yahoo 120
8. jegpol.blogspot.com 116
9. blogger.com 108
10. sarkofrance 84

Mes visites insolites du mois : le 13 septembre, un Slovaque de Bratislava a passé 4 minutes pour consulter 3 pages, et le 12 septembre, un Coréen de Séoul a passé 6 minutes pour consulter 3 pages.

Le socialisme chinois en images

Le président Hua nous guide en dessinant un nouveau plan (auteur inconnu), 1978
Ministre de la sécurité publique et vice-premier ministre en 1975, il est choisi par Mao pour lui succéder à la tête du Parti communiste chinois.
Il devient Premier ministre en avril 1976 à la suite de Zhou Enlai.
A la mort de Mao en septembre de la même année, il devient Président du parti.


Avec le printemps vient la chaleur par Zhang Jinrong et Yu Huali. (1975)
Livres sur le bateau : «Marx, Engels et Lénine sur la dictature du prolétariat».


Les hommes et les poissons sautent de joie
(auteur inconnu, 1978)


Miliciennes sur le fleuve jaune par Cui Zhande. (1976)


Aux côtés du président Mao par Liu Wenxi. (1962)


Ecoutons Mao et soyons de bons élèves du président
par Liu Wenxi. (1965)


Le président Mao avec les peuples d'Asie, Afrique et Amérique latine
par Wu Biduan et Jin Shangyi. (1961)


Toujours debout au milieu de la nuit
(auteur et date inconnus)


Le dragon et le phénix sont de bons augures
(auteur inconnu), 1959


La recontre entre Zhu De et l'incarnation de buddha Geda en 1936.
(auteur inconnu) 1982

Vice-président de la République populaire de Chine (1954-1959),
Zhu De est considéré comme le fondateur de l'Armée rouge.

Source : Artchina

Bonus :



A l'occasion de la célébration du 60e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, Claude Hudelot, sinologue et co-auteur de "Le Mao" (Ed. du Rouergue) commente une affiche de 1966.


Propos recueillis par François Béguin
Réalisation : Karim El Hadj