La République est propre. C'est ce qu'on voudrait croire, on aimerait adhérer aux discours de moralité des hommes politiques et à leurs mains propres.
Hélas, l'actualité nous rappelle, pour qui aime à chercher un peu plus loin, que l'Etat ne dédaigne pas de recourir à des "mains sales" pour faciliter ses affaires.
Et une de ses grandes affaires, c'est la vente d'armes. C'est en tout cas ce qui agite la presse, qui s'intéresse à l'affaire de l'attentat de Karachi. On y voit apparaître un personnage singulier, un Libanais d'origine Druze, Ziad Takieddine. Une de ces figures énigmatiques qui graviterait dans le premier cercle du pouvoir, sans autre légitimité que son entregent et son ambition, selon les affirmations de la presse. M. Takieddine réfute ces implications et dépose plainte.
Ces intermédiaires qui touchent de sonnantes commissions sur les ventes d'armes, ne se contentent pas seulement d'exercer une activité commerciale. L'enquête sur les ventes de sous-marins Agosta souligne le rôle des "rétrocommissions", et le secret voulu par l'Etat sur ces mouvement d'argent obscurs (ainsi que le souligne l'avocat des victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice).
Ces intermédiaires sont en concurrence, et leurs intérêts s'affrontent. Takieddine est rival de ------ (son ennemi acharné selon Bakchich), un autre intermédiaire spécialisé lui aussi dans les relations avec les pays arabes. Et cette rivalité gangrène la vie politique. Un exemple flagrant : Dominique de Villepin qui charge Takieddine dans l'affaire de Karachi, est devenu l'ami de -----. Un tout petit monde.
Quand certains intermédiaires sont soupçonnés d'être impliqués dans les méandres de la vie politique, dans les grands groupes industriels, qu'ils sont consultés par les conseillers du président de la République, les ministres, on se demande où est la vertu et la morale, et s'il ne faut pas lever le voile sur ces magouilles, ces trafics d'influences et ces dessous de table que le livre "Le contrat" suggère…
Mais la transparence n'est pas pour demain, et la République, tous régimes confondus, gardera longtemps ses mains sales, obligatoires à cette activité très morale qui est la vente d'armes ; il lui reste ses beaux discours, berceuse nécessaire à l'endormissement des citoyens trops naïfs.
(NB : Cet article a été modifié le 20 mai, suite à des menaces de procès en diffamation de la part d'un avocat d'une personne précédemment mise en cause )
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