mercredi 7 juillet 2010

Le retour du dada bling-bling



Paul Warguin, de l'Express, vient de faire une très belle enquête qui est le parfait prolongement de mon billet sur l'écurie de madame Woerth, Dam's.

Elle est à lire dans le détail, mais je vais en résumer une partie, pour l'adapter à la lecture rapide de mes amis blogueurs pressés :

L'écurie Dam's a aujourd'hui un capital de 360 000 euros, et une trentaine d'actionnaires (tous issus de l'élite industrielle). Comment expliquer un tel pouvoir d'attraction, cette concentration inédite de VIP, où tout est luxe et CAC 40 ? La passion des chevaux ?

Il faut préciser que l'écurie Dam's a été créée quelques mois après la loi TEPA, qui donne la possibilité de déduire de l'impôt sur la fortune 75% des investissements directs dans des PME, à concurrence de 50 000 euros.

Les "pros" de l'optimisation fiscale ont eu tôt fait de s'engouffrer dans la niche, en élaborant des placements sans risque ou presque, et n'ayant qu'un lointain rapport avec la notion de PME, par exemple, assimiler une écurie de groupe -réunissant plusieurs actionnaires- à une PME, afin de pouvoir profiter du rabais d'ISF.

La Banque Privée 1818 , une de ces entreprises spécialisées, connait bien cette combine. Par un extraordinaire hasard, Florence Woerth a été employée par cette banque.

Par un autre extraordinaire hasard, le 10-12-2007, Eric Woerth s'est opposé à l'Assemblée Nationale à Gilles Carrez (Ump), rapporteur général de la commission des finances, parce que ce dernier voulait réduire le cadre de cette disposition fiscale, en souligant le risque d'abus (il soutenait un amendement prévoyant que pour être valides les investissements devraient concerner des entreprise de plus de 10 ans ayant plus de 50 salariés). La réponse d'Eric Woerth est claire, dans sa conclusion :
 "Pourquoi chercher à rogner un dispositif efficace ?"

Pourquoi ne pas le faire s'il est source d'abus, pourrait-on répondre ? Je laisse au lecteur essayer de deviner les motivations de monsieur Woerth.

Mais il est dans les habitudes de Bercy d'accorder des compensations, surtout à la filière hippique :

Le PMU a ainsi obtenu la permission de diversifier ses activités en proposant des paris sportifs en ligne; la taxe sur les paris en dur (la version papier) a été abaissée de 11,5% à 7,5%, soit un cadeau annuel, pour le PMU, estimé à une grosse centaine de millions d'euros - et autant de moins dans les caisses publiques.

Que le propriétaire du PMU soit France Galop, où madame Woerth a travaillé, est encore une coïncidence. Que monsieur Monzat, directeur de France Galop, ait été employé par Eric Woerth à Bercy est une autre coïncidence. Que monsieur Woerth soit maire de Chantilly, la capitale du hippisme est toujours une coïncidence.

Et se baser sur des coïncidences pour engager des chasses à l'homme, c'est vraiment des méthodes de fasciste, aussi nous ne tirerons aucunes conclusions de ces extraordinaires coïncidences.

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6 commentaires:

ceriselibertaire a dit…

Très belle histoire, et pendant ce temps on prévoit de diminuer l'allègement pour les personnes à domicile et l'allocation logement.

Rimbus a dit…

@ceriselibertaire : oh ça va, hein, on va pas pleurer sur les gueux quand même ?

Nicolas a dit…

Quand j'ai vu un lien sous blogueur pressé, j'ai deviné...

Bon, les chevaux, c'est son dada ? Pas les cheveux...

captainhaka a dit…

Quand les handicapés posséderont des chevaux, on verra comment les aider :^(

La photo que tu proposes est extrêmement instructive: On y voit un Eric arborant un ruban de vieux canasson triste alors qu'il a décoré ses petits copains avec la légion d'honneur, assis à côté d'une pouliche de luxe portant casaque Chanel car elle le vaut bien :^)

pow wow a dit…

En les voyant, on jurerait à cause d'un je ne sais quoi que dans le couple c'est madame le jockey et monsieur le canasson. Il a l'air fatigué cet homme. J'espère qu'il a une maîtresse.

patrice a dit…

beau travail
patrice