Je viens d'écouter cette bande-son de la discussion soi-disant "off" pendant laquelle Nicolas Sarkozy a accusé un journaliste d'être pédophile, sur le ton de la boutade…
Hallucinant !
En fait, Sarkozy mélange toutes les affaires (Clearstream, Karachi, Bettencourt) et prend à parti les journalistes présents, en les flattant ("vous êtes de bon professionnels", "mais non, c'est pas vous, hein ?") et en leur disant qu'ils sont manipulés par Médiapart (et le juge Van Ruymbeke au passage). Grande opération de séduction du président, qui alterne menaces et caresses.
Il laisse penser que les journalistes de Médiapart sont mauvais et menteurs, et que eux, qui sont présent autour de lui, ont bien tort de les suivre, qu'ils sont au dessus de ça, qu'ils sont "manipulés". (par qui ? vise-t-il le couple Plenel-de Villepin ?)
Au moment de l'épisode "pédophile" on entend tous les journalistes rire à gorge déployée… on est dans une ambiance de copains et de connivence.
Les réactions outrées qui vont suivre ne sont pas celles des "privilégiés", trop flattés de rire avec le président. Ou alors, que d'hypocrisie !
Je comprends pourquoi le son a été long à être dévoilé… c'est une honte pour ces journalistes, comme quand les salauds riaient pendant que Joffrin se faisait humilier en conférence de presse.
En écoutant la vérité, elle apparaît toute autre, mais elle n'en est que plus terrifiante.
Pourtant, je me mets à la place de ces journalistes privilégiés, gratifiés d'un leur badge-sésame, comme une décoration qui ouvre les portes fermées au vulgus pecum. Je me suis déjà retrouvé dans cette situation, à côtoyer un ministre avec une étiquette autour du cou… Et d'échanger un bon mot avec lui, pour lui tirer un portrait flatteur, avec mon numérique de supermarché…
Alors un "off" avec le président… dans un congrès de chefs d'Etat… Vous la garderiez froide votre tête, vous ?

6 commentaires:
Attentat de Karachi : ces documents qui restent cachés.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/11/23/karachi-ces-documents-qui-restent-caches_1443806_823448.html
Invité de Bibliothèque Médicis sur Public Sénat, Valéry Giscard d’Estaing (VGE) s’est exprimé sur le dossier Karachi.
L’ancien président de la République a affirmé qu’il existait une liste des rétrocommissions protégée par le secret défense. Or, « le secret défense n’a rien à voir avec celles-ci », a-t-il assuré.
Alors que d’importantes zones d’ombre existent dans le dossier Karachi, Valéry Giscard d’Estaing est lui au moins certain d’une chose : « Il existe une liste des rétrocommissions puisqu’on la protège par le secret-défense. Si elle n’existait pas on n’aurait pas besoin de la protéger », a-t-il expliqué.
http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/vge-retrocommissions-un-scandale-n-ont-rien-voir-secret-defense-56520
un peu généralisant tout de même sur la presse cher ami. Il y en a, comme tu le sais, des bons.
@BA : merci pour la veille
@Romain : tu remarqueras que je comprends cette servilité, il n'y a guère que des femmes comme Audrey Pulvar pour tenir tête au président, à la Paxman.
Je vois que toi aussi tu apprécies Audrey…
Effectivement, il s'agit d'un off qui en dit long... Notamment sur la stratégie de conviction et la rhétorique du Président ! Mon analyse par ici http://www.illycom.fr/wordpress/2010/11/25/off-de-sarkozy-la-rhetorique-du-president/ avec un petit cadeau en fin de billet...
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