Montebourg - l'écologie
envoyé par Rimbus. - L'info internationale vidéo.
Extraits du site Internet "Des Idées et des Rêves" d'Arnaud Montebourg :
Une prise de conscience
Pendant longtemps, je n’ai pas cru les défenseurs politiques des espèces en voie de disparition. Et puis j’ai rencontré Al Gore il y a quatre ans. J’étais venu avec un mélange de curiosité et de distance. Je suis ressorti deux heures plus tard bouleversé par sa démonstration et les éléments probants d’inquiétude qu’il déployait sous nos yeux. Cette rencontre a profondément changé le sens de mon engagement public. Je me suis dit que tout dirigeant politique avait le devoir et la responsabilité de mesurer et connaître dans le plus petit détail ces questions nouvelles. Je me suis mis à dévorer les livres qu’autrefois j’aurais négligés – notamment ceux de Lester Brown - et à penser qu’il n’est plus possible de penser l’économie sans l’écologie.
Affronter collectivement la finitude des ressources
Aujourd’hui, notre monde n’a d’autres choix que d’affronter collectivement la finitude de ses ressources, l’ampleur des destructions environnementales et la nécessité de vivre autrement. Le chemin sera long et le coût certain. Il faudra vaincre la résistance des industries polluantes, leur trouver de sérieuses solutions de remplacement, combattre les intérêts financiers considérables de celles qui épuisent les ressources naturelles, affronter l’enracinement de la consommation dans nos modes de vie. Mais quoiqu’il en soit, ce coût sera inférieur à celui de l’inaction.
La mutation écologique est l’un des axes forts de ma candidature
Je suis arrivé à la conviction que la mutation écologique est nécessaire. Face au péril écologique, le laisser-faire, l’incantation ou les bonnes intentions ne feront rien. Nous pouvons préférer au contraire l’anticipation, la prévision et la conduite du changement. Cela suppose de changer de logiciel politique. Nous, socialistes, avons cru sincèrement en la croissance. Aujourd’hui, le progrès n’est plus au rendez-vous. Notre modèle de civilisation, fondé sur le productivisme et une conception de l’homme affranchi de la nature est exténué. Il faut maintenant tracer les chemins politiques de la transformation. C’est le devoir de la génération à laquelle j’appartiens. Ne blâmons pas ceux qui nous ont précédés, mais leur monde n’est plus le nôtre. Réinventer nos vies n’est pas une mince affaire, mais c’est notre chance collective. Si les ressources de la planète sont limitées, celles de la créativité humaine sont illimitées.
Méthodologie de la mutation écologique de nos modes de vie
Il nous faudra mettre un terme à la « malcroissance », ce qui ne veut pas dire s’engager dans la décroissance. L’opposition entre croissance et décroissance n’a pas de sens. Les secteurs polluants devront décroître ou muter, les secteurs de l’économie décarbonnée devront, eux, croître. Plutôt que subir le déclin qu’impliquerait notre passivité, je propose donc que nous utilisions nos ressources pour prendre la tête de la mutation. Ce n’est pas simplement verdir notre économie, c’est inventer de nouveaux métiers, de nouvelles industries, de nouveaux procédés pour un New Deal vert. Nous allons changer nos manières de produire, de consommer, tout simplement de vivre. Nous allons isoler nos maisons, découvrir d'autres modes de transport, changer notre alimentation, consommer en citoyens. Révolution énergétique, bioassistance, biomimétisme, économie circulaire sont à l’ordre du jour. Tout autant que la fiscalité comportementale, la taxe carbone rose-verte guidée par un souci d’équité. Car l’équité dans la conversion est bien la clé de la réduction de nos émissions de CO2. Ainsi, tous les ménages, y compris les plus modestes, vont devenir investisseurs dans la mutation et non plus victimes de cette stratégie du changement. L’écologie ne doit pas être une punition collective, mais au contraire l’instrument pour placer la France dans la compétition internationale. La mutation écologique, c’est en fait plus que l’écologie, c’est le pilotage politique et démocratique du changement de société et de modèle économique.
14 commentaires:
Bien, bon, très bien… Et encore ? Que met-il dans le ventre de la 6e République ?
Tout à ait d'accord.
Et n'oublions pas le rôle des NTICE aussi dans cette démarche vers l'intelligence collective qui confortera à ce niveau un autre développement durable.
Bravo pour l'ensemble de votre blog.
Des paroles bien précieuses mais les actes doivent suivre concrétement. Je préfére cependant lire et écouter Montebourg que de me coltiner les supposées colères d'Hulot.
@ le Coucou : il faudrait que je fasse un article là dessus, il en parle dans son dernier livre, et quand j'en ai parlé à Arnaud, il m'a dit que son livre écrit avec Bastien François était toujours d'actualité (La constitution de la 6ème République, Odile Jacob, 2005) encore qu'il ait été amendé en 2007 avec l'élection du président au suffrage universel.
@Hectorvadair : Montebourg est très intéressé par la communication et les opportunités offertes par Internet. Un autre sujet à développer aussi (mais il y en a tellement…)
Sympa votre blog sur la BD, en tant que dessinateur, il me plait beaucoup aussi ;-)
@dima : Je crois que c'est pour pouvoir concrétiser ses idées qu'Arnaud s'est lancé dans cette bataille. Comme il l'a expliqué mardi, son département de Saone et Loire est son "laboratoire" où il teste en réel ce qui fonctionne et ce qu'il doit améliorer. Ce monsieur n'est ni un sot ni un opportuniste, il croit vraiment ce qu'il dit. Ma rencontre avec lui m'a vraiment convaincu de m'engager avec lui.
Ayant été membre de Rénover Maintenant en 2006-2007, je n'ai jamais perçu chez Arnaud la fibre écolo.
Encore un cas de Green Washing ?
@Denis : Montebourg a conçu la sixième république avec Bastien François (en 2001), qui est maintenant chez Europe-Ecologie, son engagement n'est donc pas une posture opportuniste.
J'ai parlé du Greenwashing avec lui, il est bien conscient des dérives et de la récupération qu'on peut faire de cette idée.
@Denis,
allez sur le site http://www.desideesetdesreves.fr et lisez ce qu'a écrit Montebourg sur la mutation écolo et vous comprendrez pourquoi vous ne l'aviez pas entendu aussi convaincu des questions écologiques il y a quelques années.
Il explique qu'il a eu une prise de conscience en 2006 justement lors de sa rencontre avec Al Gore et que depuis, il a dévoré rapports, livres, études sur le sujet.
Bref, selon ses propres mots il a "ouvert les yeux". Comme beaucoup d'entre nous très sincèrement...
@Lysandre @denis : de plus un de ses responsables de campagne est un écologiste convaincu, nous en avons parlé il y a 2 jours…
Mouaif… il en faudra plus pour me convaincre… Quand je lis des trucs comme : "L’écologie ne doit pas être une punition collective, mais au contraire l’instrument pour placer la France dans la compétition internationale" je ne doute pas de la sincérité (quoique) mais de la profondeur de l'engagement…
Facile de rédiger un programme politique qui puisse plaire à une majorité de citoyens.
Je ne m'attarde pas aux discours, sachat que ce sont les événements extérieurs et les pressions diverses qui dictent la marche à suivre.
Au Canada nous sommes aux prises avec un gouvernement conservateur. Nous disions qu'Harper avait accroché le portrait de Bush dans son bureau. Ce qui se dit aujourd'hui c'est que Bush a suspendu le portrait d'Harper à son bureau... et il est minoritaire!
Il surfe allègrement sur la vague de droite qui déferle un peu partout. Plusieurs pays extrêment populeux exercent une pression associée à leur « développement ».
Le résultat de cette course aux matières premières et aux sources d'énergie dictera le cours de l'histoire, peu importe la stratégie interne adoptée.
Accent Grave
@ Alexis, moi je peux pas blairer Hulot, je l'ai dit à Montebourg d'ailleurs, mais ce n'est pas pour ça que je ne respecte pas ses idées. Pour moi le plus important c'est la 6e république, cependant on ne peut pas nier qu'il y a un problème écologique dont il faut s'occuper. Lit son bouquin, il y a plein d'autres choses dedans.
@ accent grave, je te ferai un peu la même réponse qu'à Alexis… lit son bouquin !
nan, là, je crois pas que je vais lire son bouquin, de toutes façon, je ne pense pas pouvoir mettre la main dessus par ici…
C'est la référence à "la punition collective" qui, je trouve, fleure bon (?) les vieux archaïsmes (genre : c'est ça ou la bougie). Quelque part, je soupçonne même que c'est un peu popu, comme discours, un peu second degré, ne craignez rien, je suis juste un peu vert, mais pas chiant comme ces types à gros pulls.
Quant à la référence à une "compétition internationale", alors ça, pour moi, c'est vraiment l'incarnation de l'incompréhension profonde de ce qu'est l'écologie politique. Je suppose que si il y fait référence, c'est pour nous convaincre qu'il y a quelque chose à gagner (ou a sauvegarder), et que donc, y en a qui vont la perdre, cette compêt'. Mais comme on est gentils, rose devant, vert derrière, on va les aider, les perdants… Berk…
C'est pas parce qu'il y a une piste de course sur le bateau que celui-ci ne coule pas, et continuer à courir en pensant que ça empêchera le bateau de couler, c'est faire preuve d'un manque de discernement un peu inquiétant.
L'écologie, la sensibilité écologique, c'est de comprendre que tout le monde est sur le même bateau, qu'il n'y a pas de chaloupes, et qu'il est urgent d'empêcher le bateau de couler, au lieu d'essayer par tous les moyens d'être les derniers à l'eau.
Parce que au bout du compte, par exemple, quand nos enfants auront notre âge, y aura plus de pétrole, on le sait ça… mais on ne fait rien… à part essayer d'économiser, pour qu'il en reste encore un peu, rien qu'un peu, et que la course continue…
Et qu'en plus, elle continue dans un monde désert et sale, mais ça, c'est encore autre chose, ça c'est le bizness à Hulot & co…
@ Alexis
wé, au rythme où on en est, la seule chance de sauver la planète est parait-il d'en trouver une autre dans l'univers ;-(
donc parler encore de compétition moralisée dans le concert raisonnable des Nations relève du générique des Guignols de l'Info ;-)
mais que la France redevienne le pays des Lumières gratifiant le Monde, va pour Fanfan la Rose Montebourg !
@salvadorali
compétition moralisée ? Un peu comme la moralisation du capitalisme ? Non non, ça c'est une utopie…
Moi je parle de pas de compétition du tout !
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