samedi 27 février 2010

Le dernier voyage de Bernard Coutaz...

Mes yeux ont accroché ce titre à la une de La Provence tout à l'heure : Bernard Coutaz est mort hier.
Le fondateur d'Harmonia Mundi habitait à deux pas de chez moi, et c'était un voisin affable avec lequel je prenais plaisir à échanger quelques mots à chacunes de nos rencontres.

Hier des pompiers intervenaient sur la petite place Paul Doumer, dans notre modeste quartier de La Roquette… Les gyrophares étaient de mauvais augure, et je les voyais de loin, du bout de la rue. Par pudeur je ne me suis pas approché de ce cadavre couché dans une flaque sanglante. Les regards des passants étaient sombres, le mien aussi.

Maintenant je sais que c'était lui. Il profitait de la douceur de l'après midi, sous un soleil qui revenait enfin nous voir, assis sur un des bancs de la placette ; un début de printemps flottait sur Arles, et il s'est écroulé. Il est parti subitement me confirmait un ami témoin de la scène. Le médecin qui exerce là est intervenu aussitôt, puis les pompiers... Mais monsieur Coutaz était parti. Si les anges existent, ils l'ont emmené rapidement, comme on claque des doigts, pour qu'il ne souffre pas. Ils ne voudraient pas qu'il souffre, pas lui.

Je me souviens maintenant avec beaucoup d'émotion quand il m'avait reçu pour une interview au début de l'été, une chouette rencontre qui avait duré 2 heures, à parler de tout, de sa vie, de la vie…

Je la publie ici en hommage à ce très grand monsieur.




Bernard Coutaz, la réussite de l'indépendance.

Figure incontournable de la vie culturelle arlésienne, le fondateur d'Harmonia Mundi, nous reçoit au Mas de Vert, le siège de sa société. Portrait d'un mélomane anticonformiste.

Pour arriver au Mas de Vert, il faut rentrer dans la Camargue. Au bout d'une longue allée bordée d'arbres, on arrive chez Harmonia Mundi.
Basé à Arles depuis plus de 20 ans, Harmonia Mundi est aujourd'hui le premier producteur indépendant français de disques classiques. Après des débuts de journaliste à “ Témoignage chrétien ” et après avoir été tenté par la vie monacale puis par le marxisme, Bernard Coutaz, fondateur mélomane de la société, débute sa carrière de producteur de façon artisanale, avec une camionnette et un magnétophone, parcourant les églises dans lesquelles des virtuoses font revivre les chef-d’œuvres de la musique ancienne et baroque.




Il s'occupe lui-même de la distribution des disques qu’il enregistre et met à profit un réseau de fans fédérés au sein du club Harmonia Mundi, fondé en 1958, pour faire connaître ses produits. Après deux années difficiles, le label décolle et réalise des scores exceptionnels pour la musique classique. Pour preuve : depuis 2003, Harmonia fait partie, avec EMI et Universal, du trio de tête de la vente pour les CD classiques et en 2006 la société a reçu le "Label de l'année" décerné aux Midem Awards à Cannes. Alors que les ventes de disques s'effondrent dans les multinationales depuis 10 ans, elles progressent chez Harmonia Mundi.

Malgré la crise économique, le piratage informatique, la société Harmonia Mundi tire son épingle du jeu. Même si le chiffre d'affaires baisse légèrement depuis la crise financière (10 %), les ventes de disques se maintiennent. "À chaque fin de concert, nous vendons des disques" confie Bernard Coutaz. Son analyse de la crise du disque est à chercher dans le manque d'entrain de ses confrères, qu'il qualifie de "vendeurs de plastique". Selon lui, c'est le manque de contenu qui condamne cette industrie, les éditeurs de musique préférant vendre des rééditions plutôt que d'enregistrer des nouveautés. Chez eux le contenant prime sur le contenu, et les mélomanes ne s'y trompent pas. Mais la véritable force d'Harmonia Mundi, c'est son réseau de distribution, unique, qui prend des formes inattendues. Par exemple, un marchand de vins de Paris qui se fait aussi vendeur de disque, par amour pour la musique, ou des marchands de journaux, des abbayes, qui vendent le label Harmonia Mundi.

En 1988 l’entreprise poursuit la diversification de ses activités, et se lance dans l'édition littéraire (une des passions de Bernard Coutaz) offrant son réseau de distribution à de petits éditeurs indépendants. La diffusion des livres (un catalogue de 5000 titres pour un chiffre d'affaires de 19 millions d'euros, soit 40 % du CA total de la société, hors filiales étrangères) s'opère par un réseau de 6000 libraires et concerne 45 éditeurs, de la littérature à la science-fiction (un de ses points forts), en passant par la bande dessinée. Il n'hésite pas à distribuer des livres sulfureux, comme "l'Insurrection qui vient" des éditions La Fabrique.

Avec une présence internationale, (cinq filiales, anglaise, américaine, allemande, espagnole et néerlandaise) le rayonnement de la société camarguaise ne connaît pas de limite, et un point de vente vient même d'être ouvert à Oulan-Bator en Mongolie. Ce dynamisme commercial assure autant la prospérité de la société du Mas de vert que son indépendance. Dans un monde de plus en plus dominé par la finance et la banque, la société de Bernard Coutaz reste une entreprise de famille, qui en détient les actions, en toute indépendance.
Autre singularité de cette maison à contre-courant, on n’y touche pas de dividendes, qui sont réinvestis dans la société. Bernard Coutaz, octogénaire, continue bénévolement (il est à la retraite) à superviser la bonne marche de son entreprise. Que ce soit dans le domaine de l'édition littéraire, en tant qu'éditeur-distributeur, ou dans le domaine musical, sa présence est effective, même si il laisse désormais à son épouse et à son fils la gestion de la politique artistique et la direction de la société.


vendredi 26 février 2010

No Sarkozy Day : une journée de résistance


La journée d'action pour marquer son opposition au président de la République se structure et gagne des soutiens :

• organisations : 

 le CRC, le MAPA, le mai Paris, la FASE, Action Citoyenne, Sud Lycéen Manche ; le FLE, la FIDL, Revoltes.Net, Collectif France Multiculturelle, Alliance Ecologiste Indépendante.
 
• presse satirique : 

Siné Hebdo et le Kamikaze ;
 
• personnalités :

Dessinateurs : 
Lasserpe ; Decressac ; Berth ; Jiho ; Vuillemin ; Chimulus ; Olive ; SaT ; Large

Gilles Perrault. Ecrivain
Henri Montant : Journaliste
Susan Georges : présidente d’honneur d’Attac.
San Severino. Chanteur , auteur compositeur
Miguel Benasayag. Psychanalyste et Philosophe
Jean-Jacques Reboux, écrivain
Noël Gaudin, entarteur
Pierre Concialdi : économiste
Didier Porte. Humoriste
Guy Bedos, humoriste, acteur, scénariste
Dominique Tricaud, avocat
André Langaney, scientifique
Marie et Marcel Lapierre , vigneron
Christophe Alévèque, humoriste
Une conférence de presse se tiendra le lundi 1er mars à 10H00 à Paris (lieu à préciser) afin d’annoncer tous les soutiens artistiques, intellectuels, politiques etc…

• ville par ville, des animations sont en train d’être prévues pour le 27 mars avec des musiciens, des danseurs, des jongleurs, etc.
• en ce qui concerne Paris, un Char musical sera mis en place sur un 19 tonnes (obtenu grâce au soutien d’un collectif d’organisateurs d’évènements musicaux) .

Presse : 06 01 99 20 10
Coordination : 06 99 88 18 69

Pour contribuer à cette journée, et aider à son organisation, Siné hebdo a édité des T-shirts (10 €) et des autocollants en vente en ligne en suivant ce lien.

Un grand merci à Dedalus, qui est un des acteurs les plus actifs pour soutenir cette action.

jeudi 25 février 2010

Jacques Séguéla peut-il remplacer Pierre Louette ?


Afprelax le film  Version FRANcAISE
envoyé par relaxnews. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Je me suis déjà exprimé sur le changement de statut de l'AFP, ici et .

Voilà que son directeur, Pierre Louette, s'en va rejoindre la direction de France Télécom, avec Christine Albanel.

Backchich a fait un papier là dessus, en détaillant le parcours de ce Sarkozyste (issu du canal "historique", celui de Balladur) aux manières impeccables puisqu'il a appris à servir la soupe chez Bernard Arnault...

Sur Rue 89, Augustin Scalbert note que "parmi les projets qu'il laisse en chantier, la création, en partenariat avec un proche de Nicolas Sarkozy, d'une étrange filiale baptisée AFP Services, annoncée en CE la semaine dernière. (…) Il est vrai que la filiale, dont la création a été votée en conseil d'administration, serait partagée avec des partenaires qui ont fait de ce mélange incestueux leur marque de fabrique : Relaxnews".

Sur son blog du Monde Diplomatique, Marie Bénilde notait dès décembre 2008 : "Quel contrôle éditorial conservera l’Agence dans ce nouveau service où il s’agira autant de «  donner l’actualité des produits » du luxe ou de la mode que de tenir l’agenda des événements de l’industrie culturelle ? Faudra-t-il s’étonner si, dans quelques mois, ou quelques années, Pierre Louette annonce la nécessité de s’adosser à un grand nom de la technologie, de la communication ou des médias pour mieux développer un savoir-faire multimédia composite ?"

Scalbert nous éclaire un peu plus sur le profil de Jérôme Doncieux, le boss de Relaxnews, militant UMP, mais aussi ami de Nicolas Sarkozy. En 2004, alors ministre, ce dernier était venu dans les locaux de Relaxnews annoncer une série de mesures pour les PME. « Je connais Nicolas Sarkozy depuis dix ans », annonçait fièrement le jeune entrepreneur, dont Stratégies disait qu'il était un de ceux « que le ministre prend au téléphone ».

Selon le SNJ, ce projet « met l'AFP en danger d'être privée à terme d'une partie de son activité au profit de “partenaires” concurrents qui ne cachent ni leurs ambitions, ni leur proximité avec le pouvoir politique et de grands groupes de communication ».

Et si Nicolas Sarkozy nommait directement Séguéla directeur de l'AFP ? Au moins les choses seraient claires, et quel beau message "d'ouverture" !



mardi 23 février 2010

Michel Vauzelle donne sa langue au chat


Michel Vauzelle était l'invité tout à l'heure du chat organisé par la Provence.

Toujours brillant, il a répondu a de pertinentes questions de ses administrés.
Voici un sélection de ce dialogue sur Internet :

BYS  
Bonjour,
je serais intéressé d'avoir vos commentaires au sujet de l'annonce des résultats de gestion de PACA en comparaison par rapport au autres régions, notamment sur le montant de la dette et le niveau réel des investissements. (...)
Michel Vauzelle
La région Paca a été très mal gérée par M Gaudin à l'époque où la droite alliée au FN dirigeait la région. Il a fallu rattraper un retard considérable en matière d'investissement, et pour ne pas surcharger les impôts, il a fallu emprunter dans des limites très raisonnables puisqu'aujourd'hui la région est deux fois moins endettée que des villes comme Marseille, Nice ou Toulon. En ce qui concerne les impôts, il faut non pas regarder les pourcentages d'augmentation mais les chiffres réels en euros. De ce point de vue, la part régionale de l'impôt est minuscule par rapport à la part communale ou départementale. Depuis quatre ans, la Région n'a pas augmenté ses impôts, elle ne les augmentera pas si je suis président dans les prochaines années.

Verceuil Mr Vauzelle trouve t-il normal de bénéficier au 2ème tour des voix de l'extrême-gauche fascisante alors que l'extrême-droite se maintiendra en triangulaire au second tour pour faire perdre la droite. N'est-il pas ambigu de se faire élire grâce aux voix de Mr Lepen?

Michel Vauzelle
je ne serai en aucun cas élu grâce aux voix de Monsieur Le Pen. Si je fais de la politique, c'est pour me battre contre le fascisme ou ce qui y ressemble. Ce qui fait le succès de M. Le Pen aujourd'hui, c'est le nombre des déçus du sarkozysme qui avait stigmatisé la jeunesse des banlieues, les immigrés et une insécurité, la plus grave, celle qui concerne la violence contre les personnes et la criminalité, dont le pourcentage a augmenté de manière considérable en dépit des engagements répétés mais inutiles de monsieur Sarkozy.
Stef84 Nous sommes dans la mondialisation et Nicolas Sarkozy est un "omniprésident", comme disent les journalistes. Dans ce contexte, pensez-vous réellement que la Région peut nous aider face au chômage et aux problèmes que nous rencontrons dans la vie quotidienne?
Michel Vauzelle
La mondialisation a retiré la réalité du pouvoir qui doit appartenir au peuple au profit des puissances financières internationales. Le parlement européen avec sa majorité de droite ultralibérale ne protège pas l'économie européenne, ni notre modèle social de solidarité et de justice. La France, gouvernée par un président qui est lui aussi un ultralibéral ne protège pas davantage, ni nos entreprises qui sont délocalisées et créent du chômage massivement, ni nos acquis sociaux.
Avec ses faibles moyens et si elle n'est pas supprimée prochainement par les textes soutenus par le président devant le parlement, la Région peut créer des emplois, c'est le point essentiel de mon programme pour les prochaines élections. Nous avons créé 33 000 emplois ces dernières années, nous en créerons 10000 par an à partir de maintenant si je suis élu grâce à l'aide que nous apporterons aux petites et moyennes entreprises et l'aide à la réinsertion par la formation professionnelle.

facetti bonjour
que repond Mr Vauzelle a ceux qui mettent en cause sa methode et son clientelisme, qui ont conduit a plusieurs mises en examen dans son entourage ?

Michel Vauzelle
Je travaille dans l'intérêt général des habitants de la région, ce ne sont pas mes clients, mais mes concitoyens. "Mes clients" sont essentiellement M Gaudin, maire de Marseille qui a touché plus d'un milliard d'euro depuis que je suis président de cette région. Les autres "clients" importants sont le maire de Nice, M. Estrosi, le maire de Toulon, M. Falco, la maire d'Aix, Mme Joissains, la maire d'Avignon, Mme Roig, le maire de Cannes, M. Brochand. Aucun d'entre eux ne se plaint et l'opposition de droite vote toutes les subventions que la Région accorde aux associations culturelles et sportives.
Par ailleurs, toute irrégularité est immédiatement contrôlée par les services ainsi que par l'inspection générale des service que j'ai créée et transmise au procureur de la République, selon l'article 40 du code de procédure pénale. J'ai toujours été, en tant qu'ancien Garde des sceaux, très soucieux de la transparence et de la rigueur dans l'utilisation de l'argent public.

galak75 Votre propension à être en retard est légendaire... Problème, des gens qui vous attendent, ce sont des gens qui perdent leur temps ! Avez-vous calculé le gaspillage horaire que vous avez imposé à la Provence en 12 ans ? Sachant qu'il y a toujours plusieurs personnes qui patientent et parfois beaucoup, beaucoup, et que cela se reproduit plusieurs fois par jour, j'estime que c'est un peu comme si une petite ville comme Auriol avait été transformée en statue de sel... Si vous êtes réélu, promettez-vous d'être enfin ponctuel ?
Michel Vauzelle
Je vous remercie pour la pertinence de votre question. vous avez d'autant plus de mérite que si j'ai bien compris, vous avez été transformé en statue de sel. Si je suis en retard, ça n'est pas parce que je vais au cinéma ou que je fais des courses, c'est parce que je dois courir aux quatre coins d'une immense région et que comme vous, je subis les encombrements pour rentrer et sortir des villes, ainsi que l'enneigement des routes à partir de 1000 mètre, et quelques fois au-dessous. Je prends l'engagement de supprimer la neige l'hiver (que sur les routes) et d'obtenir de la SNCF qu'elle augmente et non pas diminue le nombre de cheminots qui réduira les problèmes de stress et de retard, dus aux encombrements dans nos villes.
Aujourd'hui, j'étais là à 10h50...





lundi 22 février 2010

il faudra bien se résoudre à accepter un Iran nucléaire



Un récent article de Slate intitulé "On ne peut pas accepter un Iran nucléaire" est tout à fait intéressant. Fred Kaplan y critique la position de Adam B. Lowther (defense analyst de the Air Force Research Institute) qui suggère qu'après tout, ce n'est pas si grave, et qu'une bombe iranienne pourrait bien servir les intérêts des États-Unis: les Saoudiens et les Égyptiens leur demanderaient de les protéger et de leur promettre des représailles contre l'Iran au cas où ce dernier les attaquerait. En contrepartie, les USA pourraient insister pour qu'ils mettent en place de grandes réformes économiques et démocratiques, et pour qu'ils fassent la paix avec Israël.

Avec raison, il se moque de cette idéologie angélique qui agite le hochet de la démocratie comme si c'était la clé qui ouvre le paradis. Si la démocratie est bien une clé, celle-ci ouvre aussi la porte de l'enfer (Berlin 1933 par exemple). Mais pour le reste, le trop long article de Kaplan nous balade dans l'histoire de l'arme nucléaire et semble conclure qu'il n'y a rien à faire. Malgré des propositions anachroniques, on termine la lecture avec une idée opposée à ce que suggère son titre (d'où le titre de mon propre billet).

Cependant, si cet article m'a agacé, il m'a fait réfléchir rapidement.
Il m'a semblé qu'il était le fruit d'une diabolisation excessive de l'Iran typiquement nord-américaine. Un exemple : le point principal de sa critique se résume dans cette phrase : "C'est là que les arguments des réalistes prônant l'insouciance devant une bombe iranienne ne tiennent plus debout. Si les Iraniens réussissent à fabriquer des bombes atomiques, il n'est pas certain du tout en fait, il est sans doute peu probable, qu'ils instituent ce genre de dispositifs de contrôle élaborés". (il avait vanté avant les dispositifs de contrôle des nations nucléaires).

Ainsi, les iraniens ne seraient que des barbares incapables de maîtriser l'arme nucléaire.
Sur quels critères se fonde-t-il ? Les Iraniens seraient-ils des guerriers belliqueux ? Tiens, je ne me souviens pas que l'Iran ait attaqué un de ses voisins récemment, disons depuis la fin de l'Empire Ottoman (ils ont résisté à l'attaque de l'Irak, mais faut-il les blâmer ?). Les Iraniens sont des obscurantistes religieux ? Certainement, mais Israel n'est-il pas aussi une sorte de théocratie ? Les Américains du nord ne jurent-ils pas sur la bible et ne font-ils pas aussi des prières officielles ? Que dire de l'allié Saoudien, qui est le principal client du fructueux commerce des armes occidentales...
Les Pakistanais qui ont aussi la bombe atomique ne sont-ils pas aussi inquiétants ?  Et les Coréens du nord, qui peut prétendre qu'ils ont une chaîne de commandement sûre ?

Alors, pourquoi tant de haine et de méfiance envers les Iraniens ?
Ah bien sûr, il y a ces propos anti-israeliens. Sont-ils à prendre au pied de la lettre ? Faut-il craindre que dès qu'une bombe nucléaire serait fonctionnelle, ils l'enverraient sur Israel ?

Réfléchissons à cette hypothèse : les Iraniens sont des fous barbares qui ne contrôlent pas leur état, et les commandes de la bombe atomique sont à la portée du premier gardien de la révolution qui passe... "Vite, vite, envoyons la bombe sur ces sales youpins !"
Les Iraniens seraient-ils prêts à vitrifier Jerusalem et les Palestiniens qui vivent aux alentours ? Ce serait étonnant. Viser Tel Aviv et prendre le risque d'une riposte israelienne (et Américaine) immédiate ? Je ne pense pas que les Iraniens soient aussi fous, gardiens de la révolution ou pas.

Alors, que feraient de leur bombe les Iraniens ? A mon avis, pas grand chose (comme nous, pauvres Français, qui sommes bien avancés avec notre bombe qui ne nous protège plus contre rien, surtout pas contre notre nouvel ennemi invisible, le "terrorisme").

Ils affirmeraient leur souveraineté et leur indépendance. Une indépendance vis-à-vis des Américains, c'est bien cela qui est intolérable quand on a un sous sol riche en matières premières. Leur isolement aussi, encore que le grand frère Russe ne soit pas en si mauvaises dispositions à leur égard :
Il y a 3 jours,  le chef d'Etat-major général russe Nikolaï Makarova déclaré que les conséquences d'une éventuelle frappe américaine contre l'Iran seraient "terribles", avant de rappeler que la Russie et l'Iran entretenaient traditionnellement des rapports d'alliés dans les domaines les plus divers.

Donc, je ne pense pas que l'Iran veuille se lancer dans une conquête du monde, ni attaquer Israel ou un autre de ses voisins, Afghans, Russes, Turcs ou Irakien. Je ne crois pas que les iraniens, qui ont un passé culturel riche et une civilisation respectable soient tous devenus fous. Les USA, trop  habitués depuis un siècle à faire la guerre hors de leurs frontières, s'imaginent peut-être que toutes les nations sont comme eux : belliqueuses et interventionnistes.


dimanche 21 février 2010

Le thon rouge est-il halal ?

Nouveau reflet du choc des civilisations, le hamburger halal déchaîne les passions.
L'inénarrable Zemmour met les pieds dans le plat, bien entendu, ce qui n'est ni casher, ni halal, ni bien élevé.


Zemmour voit des régions Hallal partout..
envoyé par dagrouik. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Une vidéo de mon pote Dagrouik.

Nous nous dirigeons donc vers un futur islamisé, où nous mangerons de la nourriture halal à l'ombre d'un minaret, en regardant des femmes en burqa, enfin, dans le futur que nous prédit le Cassandre-Zemmour.

Face à cette invasion de sarrazins, les nouveaux Charles Martel qui émergent dans notre bonne terre de France survolent le monde dans des hélicoptères. Ces anges verts, qui sont capables de réunir tous les chefs d'état à Copenhague, sont bien plus puissants.
Ils édictent leurs prescriptions, projettent leurs évangiles sur nos écrans devant lesquels chacun se prosterne. L'apocalypse selon Saint Gore, Le Psaume de Saint Artus ou l'Arche titanesque de Saint Nicolas, voilà nos bibles modernes.
"Le thon rouge tu ne mangeras pas" est l'interdit qu'ils imposent à ceux qui refusent notre cochon sacré. Ils instaurent une dîme carbone, et convertissent à leur nouvelle religion à tour de bras. Ils contrôlent nos assiettes étroitement, pour notre bien et celui du monde.

Eric Zemmour a tort. La nouvelle religion qui émerge est l'hélicologie. D'ailleurs elle connaît, comme toutes les religions d'importance, son schisme, le climatoscepticisme.

Dans l'hélicologie, les suchis sont tolérés mais sans thon rouge, qui n'est pas halal. Claude Allègre, le prophète climatosceptique ne s'est pas encore prononcé sur la consommation du thon rouge. "Aujourd'hui c'est le thon, demain c'est l'espadon, la morue, toutes les espèces, si on met le doigt là-dedans", a prévenu de son côté Mourad Kahoul, président du Syndicat des thoniers méditerranéens. "Je demande au président de la République de reprendre la barre, le commandement du pays" a-t-il ajouté.
Avec le prosélytisme caractéristique des nouveaux convertis, Isabelle Autissier, Grande Prêtresse de l'hélicologie, lance elle aussi une supplique au chef de l'Etat :
"Monsieur le Président de la République, graciez ce géant des mers !"

Le président va-t-il déclarer le thon rouge comme halal ?






samedi 20 février 2010

Propagandes de guerre

La guerre d'Afghanistan a une dimension médiatique dont nous ne voyons souvent qu'une face,  celle qui nous est destinée. En recherchant des documents sur Youtube, on trouve assez facilement des vidéos représentant toutes les forces en présence.



Le corps des marines produit ses propres documents. On remarque que tous les éléments de l'opération Moshtarak sont en place, les soldats au combat, l'aide à la population, les marines médecins qui soignent les enfants, le bulldozer pour la reconstruction, le sénateur afghan représentant le gouvernement Karzaï qui est satisfait et le reportage se termine sur le mot "peace". Chaque détail est travaillé, c'est un film de propagande exemplaire.

La chaîne Russia Today (en langue anglaise) est beaucoup moins optimiste :



Au troisième jour d'offensive, elle ouvre son édition sur la mort de 12 civils. Le reporter notre la disproportion entre les 15 000 hommes engagés et les 27 talibans capturés, après avoir tué 15 civils. Il met l'accent sur la méfiance des civils envers les Américains, les dommages collatéraux et l'enfer de la population prise sous un feu croisé permanent. Il souligne la difficulté de reconnaître l'ennemi qui est fondu dans la population.
Pour la chaîne russe, l'opération s'annonce très difficile. Ce reportage n'est pas un film de propagande, mais de l'information. Mais on peut aussi suspecter la Russie de noircir le tableau, après tout face à l'Otan il y a l'OCS. C'est un élément à ne pas oublier.

Dans l'autre camp, les talibans font passer leurs messages, comme ce film montrant les otages journalistes français :


الإمارة تنشر فيديو المعتقلين الفرنسويين
envoyé par wazeer-alerhab. - L'info video en direct.

C'est une vidéo qui date, a priori, de trois semaines. Elle montre les deux otages français qui expliquent qu'ils sont bien traités et appelent Nicolas Sarkozy à accélérer les négociations avec leurs ravisseurs.

L'Agence France-Presse était en possession de ce document, et avait choisi de ne pas le diffuser pour ne pas compromettre les chances de libération des deux journalistes.
Mais la vidéo a été diffusée, le 14 février, sur une chaîne de télévision en langue arabe. Et France 3 a présenté dans son journal de 19 h 30 de (très brèves) images floutées des deux hommes.
Le ministère français des Affaires étrangères a appelé à « la discrétion ». Elle s'impose, selon lui, « par égard vis-à-vis des familles de nos deux compatriotes et dans l'intérêt même de leur sécurité ». Les deux journalistes ont été enlevés, avec trois accompagnateurs afghans, dans la province de Kapisa (est), où les troupes françaises effectuent des patrouilles.

L'Élysée avait alors jugé "l'imprudence" des deux journalistes "vraiment coupable".
(d'après Ouest-France)

Ce deuxième film est artisanal, c'est du cinéma-vérité, et la prise ratée est comme un making off. Rien à voir avec le film de l'US Army. C'est pourtant aussi un film de propagande. Bien plus fort, plus polémique peut-être...

En effet, une convention recommande de flouter les visages des prisonniers. Les médias ont choisi de ne pas diffuser ces images, pour ne pas faire le jeu des ravisseurs.
Je me demande si à mon tour je ne fais pas une imprudence, en montrant ainsi ces images de propagande ? Suis-je aussi vraiment coupable ?

Je me demande ce qu'en pensent ces journalistes, perdus dans l'Hindou Kouch. Peut-être qu'ils souhaitent qu'on s'intéresse à eux ? Ils ne savent sûrement pas qu'ils sont eux aussi des journalistes à l'imprudence coupable...
Et bien soyons imprudents et coupables. Et continuons de regarder les films de propagande...

Dans ma recherche, j'ai trouvé aussi ce film de propagande pachtoune :



C'est un authentique délire nationaliste, dans lequel les Pachtounes veulent éjecter les immigrés (Ouzbèke, Tadjik et Hazaras) qui dénaturent leur identité nationale hors de leur espace vital.
Derrière une apparente naïveté, il est lourd de messages politiques. On y voit le vice-président d'origine Tadjik Mohammed Fahim et le chef d'état-major de l'armée, Dostom, d'origine Ouzbèke, renvoyés chez eux (j'en parlais lundi). Le Pakistan est annexé et les Punjabi expulsés.

Ce film amateur, tout en animation, xénophobe et nationaliste, reprend la thèse du Pachtounistan et les idées de l'ancien président Muhammad Daoud Khan. Peut-être que le problème ce n'est pas seulement les talibans mais aussi le peuple Pachtoune, qui est séparé entre le Pakistan et l'Afghanistan.
On trouve beaucoup de films de ce genre sur Youtube, cette idéologie n'est pas isolée. La lecture des commentaires sous la vidéo laisse songeur...

Voilà une petite sélection de ce qu'on peut trouver sur Internet, et les différentes façon de faire de la propagande. Bien sûr, ce genre de films n'a d'intérêt que si on a une vision critique des images, qu'on en décode le sens.
Les Américains enthousiastes expliquent en vidéo leur nouvelle stratégie, les Russes semblent objectifs, mais… Les Talibans diffusent les images de leurs otages pour faire pression sur les gouvernements, et les Pachtounes exposent leur désir d'épuration ethnique et d'hégémonisme.

Ces différents aspects sont à connaître, pour essayer de comprendre ce qui ce passe dans ce pays en  guerre…












jeudi 18 février 2010

A Peshawar, une femme vaut 2000 €


Pakistan : chaos ordinaire à Peshawar
envoyé par france24. - L'info video en direct.

Un excellent reportage de France 24 (durée 16 mn) sur Peshawar, ville pakistanaise du Nord Ouest, à proximité de la passe de Khyber, principale route pour pénétrer en Afghanistan.
Matthieu Mabin, le journaliste, explique comment il a organisé son travail.

 Le temps que je poste cette vidéo, un nouvel attentat vient de se produire.
L'explosion d'une bombe a fait dix morts sur un marché d'un village de la région de Khyber, dans le nord-ouest du Pakistan, non loin de la frontière afghane, ont annoncé les services de renseignement pakistanais.

Il y a tout juste une semaine, deux explosions successives près d'un centre d'entraînement de la police à Bannu, dans le nord-ouest du Pakistan (une centaine de km au sud de Peshawar), ont fait douze morts dont neuf policiers et plus de 25 blessés.

Encore une semaine avant, le 3 février, une attaque à la bombe a tué sept personnes dont trois soldats américains et en a blessé au moins 70 autres dans le nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane. L'attentat s'est produit lors de l'inauguration d'une école de filles, une centaine de km au nord de Peshawar.

mercredi 17 février 2010

Billet sur le journalisme en Afghanistan


Sur les terres des Taliban
envoyé par blackcoeur88. - L'actualité du moment en vidéo.

Il y a un peu plus de 2 ans (novembre 2007), Claire Billet rencontrait les talibans en Afghanistan. Un reportage sur ces "terribles ennemis" qui tiennent depuis des siècles leurs envahisseurs en  échec.

L'envoyée spéciale de France 24 dans ce pays en guerre, a-t-elle eu une activité coupable  (comme Claude Guéant l'a sous-entendu au sujet des journalistes de France Télévision enlevés dernièrement) ?
Il y a presque un an, elle expliquait les conditions de son travail sur son blog. Un blog exemplaire qui permet d'appréhender la complexité de la situation :
La criminalité croissante rend le travail des reporters souvent plus dangereux que les combats. Il ne faut pas critiquer publiquement les activités illégales d’un seigneur de guerre, d’un policier, d’un insurgé, d’un trafiquant de drogue, d’un officiel ou d’un politique; même si elles sont connues de tous.
Mais la politique du conflit s’ajoute aussi: quand les journalistes n’ont pas, d’eux-mêmes, pris partie dans le conflit, on leur demande de le faire. Les forces étrangères ne font d’ailleurs pas exception. L’Afghanistan est une guerre de communication, chacun défend son “bout de gras” comme la vérité.
Conséquence: les journalistes étrangers et afghans sont de plus en plus considérés comme des espions, des portes-micros de propagandes, comme une menace. Ou comme un butin.
Conséquence: traverser les zones de combats devient, justement, le parcours du combattant. Il faut se cacher des policiers corrompus, des insurgés corrompus et des bandits qui peuvent organiser un enlèvement contre rançon. Il faut prouver aux Taliban que les journalistes ne prennent (normalement) pas position dans le conflit. Compliqué quand on se trouve dans des régions tenues par une trentaine de groupes rebelles différents.
Comment alors vérifier les déclarations données par les différentes parties engagées dans le conflit? Comment faire notre travail de journaliste?
L’information en pâtit lourdement. Nous présentons souvent un Afghanistan travesti, loin de la réalité. Un Afghanistan de parodie.
Mon ami Le Coucou de Claviers nous signale un article de Courrier International qui commence ainsi : «Si les déclarations des talibans sont à prendre avec des pincettes, les reportages des médias et surtout ceux des Occidentaux sur les forces de coalition qui occupent actuellement l'Afghanistan ne sont pas paroles d'Evangile non plus.»

La guerre Afghane est aussi une guerre de communication.



lundi 15 février 2010

Les quatre cavaliers de l'apocalypse


La fin de la guerre en Afghanistan ne se fera que par le retour au pouvoir des seigneurs de guerre. Dostom et Fahim sont dans le gouvernement Karzaï, mais ils ne représentent que des minorités ethniques. Le ralliement des Pachtounes risque de coûter cher. Voici quatre portraits de chefs de guerre avec lesquels il faudra compter dans les mois qui viennent.

Abdul Rachid Dostom, la brute Ouzbèke


Abdul Rachid Dostom, 55 ans, seigneur de la guerre d'origine ouzbèke, seigneur de Mazar-e-Charif, ancien général de l'Afghanistan communiste coutumier des changements de camp, est précédé d'une réputation sulfureuse. Les autorités internationales lui reprochent des massacres sanglants et arbitraires pendant sa longue carrière militaire.
Le président Hamid Karzaï vient pourtant de le rétablir dans ses fonctions de chef d'état-major de l'armée afghane. Il était titulaire du poste jusqu'à ce qu'en 2008 il refuse de collaborer à une enquête sur la disparition d'un rival, et soit poussé vers la sortie.
Assassinats, viols, torture... Rien ne l’arrête. Il est accusé d’avoir laissé mourir des milliers de talibans enfermés dans des conteneurs au soleil.
Pour M. Karzaï, la promotion de Dostom a plusieurs avantages: le général, pas très regardant sur les méthodes, est un militaire d'expérience, et sa notoriété en fait un rabatteur dans la communauté ouzbèke d'Afghanistan.

Mohammad Fahim, le truand Tadjik


52 ans. Actuel vice-président et trafiquant notoire. Rejoint Massoud à la chute du régime communiste, puis devient ministre de la Défense. Suspecté de crimes de guerre pendant la guerre civile (1992-1996), il a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat. Mais Fahim est un influent Tadjik, la deuxième communauté du pays dont Karzaï, issu de la majorité pachtoune, espère ainsi se rallier les suffrages. Considéré comme un des hommes les plus riches d'Afghanistan, Fahim, fils d'un religieux musulman né dans un petit village de la vallée du Panchir, a étudié la loi islamique à Kaboul. Il a rapidement rejoint la résistance afghane après l'invasion soviétique de 1979.
Mohammed Qasim Fahim "est l'un des chefs de guerre les plus connus du pays, il a le sang de nombreux Afghans sur les mains depuis la guerre civile", a réagi Brad Adams, directeur de l'ONG Human Rights Watch pour l'Asie, pour qui "voir Fahim revenir au gouvernement serait une terrible régression".
Ministre de la Défense et vice-président de la première administration post-talibans en 2002, Mohammed QasimFahim avait été écarté du pouvoir après la victoire d'Hamid Karzaï à la première élection présidentielle de l'histoire afghane, en 2004. Karzaï avait tenté de le maintenir dans son équipe pour le scrutin de 2004, avant de céder aux pressions internationales. Par la suite, le président avait néanmoins élevé au prestigieux titre de maréchal à vie celui qu'il appelle "son proche ami de confiance". Depuis, Fahim était cependant devenu l'un de ses plus farouches rivaux, à la tête du Front National, branche politique de l'Alliance du Nord, qui regroupe les principaux opposants au président Karzaï.


Gulbuddin Hekmatyar, le fanatique Pachtoune

 
Ancien commandant de la lutte antisoviétique (1979-1989) en Afghanistan et éphémère Premier ministre dans les années 1990, Gulbuddin Hekmatyar, connu pour ses retournements d'alliance, est aujourd'hui activement engagé dans l'insurrection contre les autorités afghanes et les forces internationales, au travers de son mouvement Hezb-e-islami.
Ancien protégé du Pakistan et des Etats-Unis, qui lui ont abondamment fourni argent et matériel lors de la lutte contre les Soviétiques, il est désormais recherché pour "terrorisme" par Washington, qui l'accuse d'être lié à al-Qaïda.
Il entretient des relations ambiguës avec les talibans, qui avaient affronté ses troupes lors de leur conquête de l'Afghanistan dans les années 1994-1996. Depuis, ils ont rejeté à plusieurs reprises les propositions d'Hekmatyar pour constituer un front commun contre les forces étrangères dans le pays.
Le groupe d'Hekmatyar bénéficie d'une implantation ancienne dans les environs de Kaboul et dans l'est de l'Afghanistan, en particulier au Nouristan(1) (une région farouche que les soviétiques n'avaient jamais contrôlé), dont la population suit le rite islamique salafiste, ce qui est opposé à l’école de pensée hanafite des talibans.
Aujourd’hui, les membres du Hezb-e-Islami, gravitent autour d'Hamid Karzaï, et Hekmatyar ne cache pas sa volonté de négocier un accord avec le gouvernement. Mais cela n'empêche pas Hekmatyar de combattre férocement les Français qui occupent son territoire de Kapissa, au nord-est de Kaboul.

Jalaluddin Haqqani, le guerrier Pachtoune


Petit et maigre, le commandant Haqqani détient un record de victoires sur les troupes soviétiques ; celle de Matun, en 1991, s’avéra être la pierre de touche de l’effondrement russe et de la prise de contrôle de Kaboul par les moudjahidins en 1992. Il a été proche de Hezb-e-islami avant de faire allégeance aux talibans. Bien qu’il soit l’un des meneurs d’hommes les plus compétents, il a toujours été négligé par le mollah Omar : il n’est pas taliban, et il a connu un échec contre l’Alliance du nord à la fin des années 1990. Lorsque les talibans émergèrent en 1994, il fut le seul à offrir inconditionnellement la reddition de son fief, Khost ; mais il ne faisait aucunement partie du mouvement, ce qui lui valu d’être rejeté. Sous le régime taliban (1996-2001), il fut ministre des frontières et ne fut jamais consulté pour les affaires politiques.
A l’occasion de l’offensive de 2006, le mollah Omar se rendit à l’évidence de la compétence de M. Haqqani, et lui laissa carte blanche. Le commandant Haqqani est donc aujourd’hui, après le mollah Omar, une des personnalités les plus importantes d’Afghanistan. Il disposait déjà de quelques milliers d’hommes entre Khost et le Waziristan nord, mais il en a eu bien plus après avoir reçu le commandement de l’offensive. Son fils Sarajuddin est lui aussi un commandant renommé sur la frontière du Waziristan.
 Les Haqqanis seraient liés à Al-Qaïda et Washington les considère comme étant les "forces les plus léthales" en Afghanistan, comme le souligne le New York Times. Ils contrôlent la plupart des opérations contre les forces de la coalition dans le Sud-afghan et seraient à l'origine de nombre d'attentats meurtriers à Kaboul.
Le réseau Haqqani serait impliqué dans l’attentat suicide monté contre la CIA le 30 décembre 2009 qui a tué sept hommes à Khost. Le Pakistan, qui offre sa médiation entre les talibans du Waziristan et Hamid Karzaï se garde bien d'attaquer Haqqani, qui n'attaque pas l'armée pakistanaise en retour.

Sources :
(Le Monde Diplomatique, Libération, Le Point, grands-reporters.com, Le Nouvel Obs, Jeune Afrique, Le Figaro, Daily Times )



(1) : Notes sur le Nouristan
Le Nouristan (pays de lumière) est un territoire montagneux et boisé situé sur le versant sud de l’Hindoukouch, à l’extrême est de l’Afghanistan. Cette petite contrée de 121 000 km2 environ, autrefois appelé Kafiristan (pays infidèle) jusqu'à sa conquête par l’émir de Kaboul et l’islamisation de ses habitants à la fin du xixe siècle, jouxte le Chitral pakistanais où vivent encore quelques centaines de kafirs (païens), les Kalash. Ces derniers ont la particularité d'être souvent blonds aux yeux bleus, comme l'attestent de nombreux documents.
Ce territoire consiste en un ensemble de vallées étroites et très isolées, s’étageant de 1 200 à plus de 3 000 mètres d’altitude, et entourées de montagnes atteignant 5 500 mètres. Cette situation a permis aux habitants, cultivateurs de céréales (les femmes) et éleveurs de chèvres (les hommes), de conserver leur indépendance jusqu’à il y a un peu plus de cent ans, ainsi que leurs parlers très particuliers, appartenant à une branche distincte de l’indo-iranien.
Les Kafirs pratiquaient une religion où coexistaient la croyance en un dieu suprême, Imra ou Yamrai, le culte de divinités secondaires et la vénération de figures d’ancêtres-héros. Les pratiques liées aux croyances variaient selon les vallées.
Kessel y voyait le pays du vin, et ses habitants les possibles héritiers des armées d'Alexandre le Grand. D'autres l'origine de la "race aryenne". Cette idée agitait les esprits du début du XXe siècle, et en 1935, une expédition allemande, la Deutsche Hindukush Expedition, passa plusieurs semaines au Nouristan à la recherche des premiers « Aryens ».
Les Kafirs  sculptaient d’étranges « idoles » de bois : divinités ou images d’ancêtres. Certaines figuraient des cavaliers, d’autres des personnages montant des capridés, d’autres encore des guerriers debout. En 1929, quatre de ces sculptures furent données au Musée Guimet. Ces sculptures attirèrent l’attention de l’avant-garde parisienne. La revue Document publia Un cas de régression vers les arts « barbares » : la statuaire du Kafiristan, voyant dans ces figures grossièrement sculptées une pratique dégénérée issue d'un souvenir des sculptures de la Grèce antique.
Le roman de Kipling "l'homme qui voulut être roi" se déroule dans cette contrée, en se basant sur cette légende des descendants des soldats Macédoniens et Grecs.
(d'après Pierre Centlivres, « Max Klimburg, The Kafirs of the Hindu-Kush. Art and Society of Waigal and Ashkun Kafirs »)






dimanche 14 février 2010

Montagne, mer et forêt par Hiroshi Yoshida

Je suis amoureux de cet artiste dont j'ai déjà parlé, ici.

Pour le plaisir, voici 6 nouvelles estampes du maître du Shin Hanga, Hiroshi Yoshida :


Le mont Hodokayama après la pluie

Monts Hakubasan


Un bateau


Vent calme


Temple dans la forêt


Forêt de bambou

Mélange des genres


Natacha Atlas Nitin Sawhney
envoyé par givethemenoughdope. - Regardez plus de clips, en HD !

Je ne sais pas ce que c'est, l'identité nationale. J'ai trop vécu outremer pour n'avoir qu'une culture et mon identité est complexe, ou confuse…

Quand j'écoute Nitin Sawhney, cet Indien d'Angleterre qui fait chanter Natacha Atlas, une Anglo-egyptienne, quand les inspirations orientales se mèlent aux instruments européens, je me dis que rien n'est meilleur que le mélange des genres.



samedi 13 février 2010

Opération Moshtarak


Afghanistan offensive
envoyé par CNN_International. - L'actualité du moment en vidéo.

L'opération Moshtarak, ce qui veut dire ensemble, ou unité en Dari, rassemble 15 000 hommes : Américains, Anglais, Afghans de l'armée régulière... et 70 Français en majorité du 21e régiment d'infanterie de marine de Fréjus engagé aux côtés des Britanniques du Royal Welsh Regiment. (source)

Cette offensive, qui a démarré cette nuit se concentre notamment autour de la ville de Marjah qui compte environ 125 000 habitants. Quelques milliers d’entre eux ont fui la zone avant le début de l’attaque pour se réfugier dans la ville voisine de Lashkar Gah.
Le Helmand devait être le grenier de l'Afghanistan mais est devenu, avec la province voisine de Kandahar, la première région productrice d'opium au monde  à partir des immenses champs de pavot qui la tapissent, en particulier à Marjah et ses environs. Le talibans ne seraient qu'un millier, selon les différentes sources, mais le principal danger serait les bombes artisanales  et autres pièges, armes classiques de la guerilla.

Cette occupation de la "citadelle" des talibans vise un double objectif. Porter un coup décisif au cœur d'une région administrée depuis des années par les fondamentalistes Pachtounes, et mettre en place une infrastructure tournée vers la vie civile, une administration garantissant en théorie de meilleures conditions de vie.
C'est le pari du général McChrystal, gagner la population civile pour la couper des insurgés.

Annoncé a grand renfort de publicité, Moshtarak est aussi la plus grande offensive depuis l'assaut de Tora Bora.
Alors que l'offensive est en cours, la guerre médiatique continue. Les forces de l'Otan annoncent leur premiers succès alors que les talibans annoncent ne pas être vaincus.

A suivre...



vendredi 12 février 2010

ACTA la cata


«Anti-Counterfeiting Trade Agreement».

L'Acta est un accord en cours de négociation entre l'UE, les Etats-Unis, la Suisse, le Japon, l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, la Jordanie, le Maroc, Singapour et les Émirats arabes unis. Il porte sur le renforcement de la propriété intellectuelle, mais pas uniquement de produit culturel. En d'autres mots, il concerne aussi bien le téléchargement illégal de Bienvenue chez les Ch'tis que la contrefaçon de Viagra ou de polos Lacoste. Il s'agit de protéger tous les brevets (médicaments ou autres) et de lutter contre les contrefaçons. Ces discussions ont la particularité d'être discrètes, voire secrètes.

L'Acta s'apprête à officialiser la tendance actuelle (cf. Hadopi et Loppsi) qui consiste à demander aux fournisseurs d'accès Internet de jouer la police. Ils seraient légalement responsables des agissements de leurs clients, ce qui évidemment les obligerait à mettre en place des systèmes de contrôle.

(d'après Titiou Lecoq sur Slate)

Les fournisseurs d'accès sous pression

Sur le blog Reversus, Sandrine Bélier (député Europe-écologie) exprime une réelle inquiétude sur cette tendance visant les FAI :
Oui, j’ai le sentiment qu’il y a une vraie menace. Filtrage et blocage du Net sont aujourd’hui des expressions courantes dans l’arsenal législatif présenté par un gouvernement particulièrement décomplexé dans son rapport aux libertés publiques. Avec Loppsi, après Hadopi, on franchit une nouvelle étape, en exigeant des fournisseur d’accès à Internet  (FAI) qu’ils exercent eux-mêmes des pouvoirs de contrôle et de police (en principe réservés aux autorités judiciaires et juridictionnelles) !
Rubin Sfadj explique sur son blog comment "l'arrêt Tiscali" qui a été rendu il y a un mois créé un précédent juridique inquiétant. Tiscali a en effet été condamné et sa responsabilité engagée parce qu'il y avait de la publicité sur la page où étaient exposées des reproductions de bande dessinée sous copyright, postées par un utilisateur anonyme.

 La portée de l'arrêt Tiscali est extrêmement large : ni les plateformes de blogging, ni les agrégateurs de flux RSS, ni aucun des services en ligne que nous appelons "Web 2.0" ne sont à l'abri. Tous, ou presque, sont de près ou de loin financés par la publicité.

Loppsi, Hadopi, Acta, un arsenal pour tuer le web

La tenaille est parfaite : soit le contenu est filtré et modéré en permanence, ce qui met fin à la liberté et la spontanéité du Web 2.0, soit la publicité doit disparaître pour désengager le support, ce qui est dans les deux cas la mort de l'Internet libre.

L'accord ACTA a pour principal défaut de mélanger les torchons et les serviettes, et traiter de la même manière la contrefaçon physique et les flux numériques est une imbécillité.

Cette année, le cinéma a encore connu une fréquentation record, le numérique n'est peut-être pas l'ennemi des Arts, mais leur meilleur allié, en leur offrant une caisse de résonance dans la société.




Loppsi, James Bond lui dit merci !


La Loppsi 2 est bien connue maintenant, et ses grandes lignes sont largement expliquées dans la presse, ou commentées sur les blogs.

Mais un aspect concernant le renseignement n'est pas souvent évoqué. Alors que le ministère de la défense renforce le "secret défense", Loppsi 2 offre une sorte d'impunité à nos James Bond Nationaux.

L'article 431-21-1 stipule : La révélation, en connaissance de cause, de toute information qui pourrait conduire, directement ou indirectement, à la découverte de l’usage d’une identité d’emprunt ou d’une fausse qualité, de l’identité réelle des agents des services spécialisés de renseignement ou de leur appartenance à l’un de ces services est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. (...)
« La révélation commise, par imprudence ou par négligence, par une personne dépositaire, soit par état ou profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire ou permanente, de l’information mentionnée au premier alinéa, est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.
« Les dispositions du présent paragraphe sont applicables à la révélation de la qualité de source ou de collaborateur occasionnel d’un service spécialisé de renseignement. »

Messieurs les journalistes, vous voilà prévenus. Les agences spécialisée dans le renseignement seront plus étroitement encadrées et surveillée (article 33-1).

On pourrait s'amuser du paradoxe de cette loi qui interdit l'usurpation d'identité pour les citoyen (article 222-16-1), tout en la favorisant pour ses agents secrets.

Plus fort encore, l'article 656-1 détaille les mesures de protection des identités des agents, en particulier dans les procédures pénales, pour conclure : 
« Aucune condamnation ne peut être prononcée sur le seul fondement des déclarations recueillies dans les conditions prévues par le présent article. »

Une protection qui ressemble à une impunité totale, une "license to kill" digne de 007.

Enfin, je remets l'intégralité de l'article qui concerne tous les utilisateurs d'un ordinateur, il faut comprendre précisément ce qui va nous arriver :

De la captation des données informatiques
 « Art. 706-102-1. – Lorsque les nécessités de l’information concernant un crime ou un délit entrant dans le champ d’application de l’article 706-73 l’exigent, le juge d’instruction peut, après avis du procureur de la République, autoriser par ordonnance motivée les officiers et agents de police judiciaire commis sur commission rogatoire à mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur d’un système de traitement automatisé de données ou telles qu’il les y introduit par saisie de caractères. Ces opérations sont effectuées sous l’autorité et le contrôle du juge d’instruction.

Le juge d'instruction étant une espèce appelée à disparaître, c'est bien le ministère de la Justice, par la voix du procureur, qui décidera qui sera espionné en toute légalité.





jeudi 11 février 2010

Le maire de Tarascon jette l'éponge

 La Mairie de Tarascon

Communiqué  de Presse

Suite  à un recours déposé au Tribunal Administratif contre l’attribution par la Commune de Tarascon d’un marché de travaux au Groupe VINCI, une enquête judiciaire a été ouverte.
Ce marché portant sur la transformation d’une partie de l’ancienne caserne KILMAINE de Tarascon en Cité judiciaire, j’ai naturellement été entendu par les services de police en tant que Maire de la commune.

La commission d’appels d’offres a statué sur ce marché en fonction des rapports des services administratifs de la ville de Tarascon et de l’analyse du Maître d’œuvre.
J’ai tout mis en œuvre pour que les éclaircissements nécessaires et pièces  soient fournis au Magistrat instructeur.
J’attends  à présent que la Justice puisse déterminer s’il y a eu, ou non, irrégularité dans la passation de ce marché avec ce groupe de BTP.

Je constate que ce dossier est opportunément ouvert à un mois des élections régionales auxquelles je suis candidat.
Aussi, je me refuse à  envisager que les péripéties administratives liées à mes fonctions de Maire interfèrent dans le bon déroulement de la campagne électorale menée par la liste de la Majorité Présidentielle.

C’est avec regret et lucidité que je me résous, dans ces conditions, à décliner l’offre de l’UMP de me porter candidat à ces élections régionales.

Charles FABRE, Maire de TARASCON
 J'en parlais hier. J'ai eu l'occasion de rencontrer Charles Fabre, qui est un homme sympathique. Sa décision est courageuse et inspire le respect.
Je lui souhaite de sortir blanchi de ce soupçon de favoritisme.

mercredi 10 février 2010

Soupçons sur le tribunal de Tarascon

Le maire UMP de Tarascon, Charles Fabre, a été placé en garde à vue plus de 24 heures dans les locaux de la brigade financière de la police judiciaire de Marseille. Si Charles Fabre est ressorti libre, hier après-midi, des locaux de la PJ, sans aucune charge retenue à son encontre, de source judiciaire, on confiait "que les investigations se poursuivaient et que d'autres mises en examen pourraient intervenir".
Son conseiller Bernard Quilici avait déjà été entendu la semaine dernière, au sujet des conditions d'attribution de certains marchés concernant l'aménagement de l'ancienne caserne militaire dans  le quartier Kilmaine et notamment l'édification de la cité judiciaire. Mis en examen pour complicité de favoritisme, ce dernier fait l'objet d'un simple contrôle judiciaire. Des cadres de l'entreprise de bâtiment Dumez Méditerranée, filiale du groupe Vinci, ont également été entendus. La société Vivian, à Marseille, qui conteste l'attribution  du marché serait à l'origine de la plainte. L'enquête avait été confiée au juge d'instruction Charles Duchaîne en octobre dernier.

L'opportunité qui s'est offerte en l'an 2000, dès le départ de l'armée, de réhabiliter le quartier des casernes Kilmaine était à saisir pour offrir à l'administration judiciaire, et aux justiciables, de nouveaux locaux répondant aux nouvelles exigences d'un arrondissement remanié par la nouvelle carte judiciaire.
Il est à noter que la ville de Tarascon avait récupéré les anciennes casernes, alors que l'Armée comptait les mettre en vente à son profit. Mais une employée de la mairie avait opportunément redécouvert un décret oublié de Napoléon, lui-même confirmé par une ordonnance du Roi Louis XVIII, qui stipule qu'au départ de l'armée, la ville redeviendra le légitime propriétaire des bâtiments.


Conçus sur plus de 5000 m2, les aménagements de la future Cité judiciaire seront d'un coût relativement modeste pour un établissement de cette superficie. 10 500 000 euros seront nécessaires pour ce chantier qui devrait être terminé à l'été 2011. Le chantier total de réaménagement du quartier Kilmaine représente environ 50 millions d'euros et concerne à la fois le ministère de l'Education Nationale, avec l'extension du Lycée Alphonse Daudet, le ministère de la Justice, avec la Cité judiciaire, mais aussi la CCI du pays d'Arles qui gère le "pôle de formation aux métiers du cheval" de la Cité du cheval.
Un chantier emblématique du développement de Tarascon.

Une affaire qui tombe mal pour Charles Fabre qui est en troisième place sur la liste UMP régionale des Bouches-du-Rhône. "Je tiens à faire remarquer que, comme par hasard, ces affaires arrivent en plein coeur de la campagne électorale, observe l'avocat de la défense Me Jean-Pierre Buravan. On nous dit que c'est une plainte contre X déposée à Marseille contre Dumez, et une de ses filiales, qui est à l'origine du dossier. L'opportunité est pour le moins curieuse."

(d'après La Provence

mardi 9 février 2010

Angélisme en garde à vue : c'est bientôt les élections !


Délinquance des jeunes : itw de Nathalie Kosciusko-Morizet
envoyé par ump. - L'info video en direct.

L'UMP, par la voix de Brice Hortefeux, relance sa politique sécuritaire, comme il est de coutume avant chaque élection.
NKM a participé à un débat sur la délinquance des mineurs intitulé "en finir avec l'angélisme", le 20 janvier, une réunion animée par Xavier Raufer, l'idéologue d'extrême droite qui est l'expert incontournable sur ces questions.
On  a bien compris qu'il s'agissait de revenir une bonne fois sur cette odieuse ordonnance de 1945, certainement d'inspiration communiste, et qui a déjà été corrigée dans un sens plus répressif en 2007.

D'ailleurs, les gardes à vue de mineurs se multiplient :
Ce matin c'est une délinquante de 14 ans qui est cueillie chez elle en pyjama. (une histoire de bagarre à la sortie des classes). Maître Eolas rappelle d'autres affaires similaires : Une jeune fille de 15 ans, sans casier, en garde à vue pour avoir tenté de voler une paire de chaussures en solde ; un jeune homme de 15 ans, sans casier non plus, en garde à vue pour avoir fait un croc-en-jambe à un camarade à la sortie du collège. Sa réflexion à ce sujet mérite d'être lue : "Donc, il y aurait eu des consignes pour mettre le paquet sur les gardes à vue des mineurs au nom des objectifs chiffrés que ça ne m’étonnerait pas. Ça y ressemble."

La loi Loppsi 2 mélange le flicage sur Internet, le couvre-feu pour enfants (avec « contrat de responsabilité parentale » renforçant la pénalisation des familles en difficulté avec des amendes de 450 euros en cas de violation du couvre-feu et possible suspension des prestations sociales en cas de refus de contracter), la généralisation de la videosurveillance ainsi que la réintroduction de peines automatiques en matière routière, l'extention de la durée des écoutes téléphoniques.
Mais aussi un régime de protection des agents de renseignement, de leurs sources et de leurs collaborateurs lorsque ceux-ci sont concernés par des procédures judiciaires.
Cerise sur le gâteau, l'élargissement du recrutement de la milice policière baptisée « réserve civile » qui devrait être doublée…

Que du bonheur !

Le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France appellent les parlementaires et tous les citoyens soucieux du respect des équilibres démocratiques à s’opposer fermement à ce nouveau projet liberticide qui poursuit en réalité d’autres objectifs que la lutte contre la délinquance et nous prépare une société de contrôle.

Que ne ferions-nous pas pour préserver notre sécurité ?

Tout cela me fait penser que ma bonne ville d'Arles est dans le trio de tête des villes les moins dangereuses du département des Bouches-du-Rhône. Une ville dirigée par un communiste où il n'y a ni videosurveillance, ni police municipale, mais beaucoup de Nord-Africains et de Gitans. Notre charmante commissaire Marie-Josèphe Mazel n'a pas hésité à dire que "cette nouvelle année a été exceptionnelle, nous sommes très contents d'avoir réitéré les bons résultats de l'an dernier"... pour conclure : "Arles est une ville où il fait bon vivre", ce que je confirme.