Le message était clair dimanche dernier : ceux qui ont mitraillé la mosquée d'Istres voulaient en rajouter à la confusion qui envahit la France.
La situation a commencé à déraper l'été dernier, quand le phénomène du port du niqab a été évoqué au congrès de Versailles par le chef de l'Etat, un moment privilégié pour évoquer les questions essentielles de notre pays. Puis il y a eu l'affaire des restaurants "hallal", la grande question de l'Identité nationale, les minarets suisses qui ont fait réfléchir les graphistes du Front National, et la polygamie des musulmans qui était le dernier avatar de ce spectre de la peur et de la division.
L'agression armée contre la mosquée Arrahma était donc prévisible. On pourrait même s'étonner qu'elle ne fut perpétrée que si tard, tant la pression médiatique était grande.
Environ 500 personnes ont participé vendredi à un rassemblement de solidarité devant la mosquée mitraillée d'Istres, avec des responsables musulmans et des élus de gauche qui ont regretté l'absence de ministre, (seul un sous-préfet représentait l'Etat) alors que le secrétaire d'Etat à la Défense Hubert Falco qui assistait le matin à une cérémonie à Aubagne à 50 km n'avait pas jugé nécessaire de faire le détour.
L’archevêque d’Aix-en-Provence, par la voix du père Christophe Dufour, a qualifié d’inadmissible qu’un lieu de prière soit pris pour cible, assurant la communauté musulmane de tout le soutien de la communauté catholique.
Michel Vauzelle, le président de la Région, a été très clair :
"L’une de mes fiertés est que notre région porte l’identité de tous les peuples de la Méditerranée quelque soit leur religion. Je suis fier d’être le président d’une région où les valeurs musulmanes sont respectées. Cette fierté est à la hauteur de la douleur que je veux exprimer face à cet acte. Parce que notre république est laïque, elle se doit de protéger le culte religieux. Il y a en ce moment des personnalités chargées de hautes fonctions qui tiennent des propos inacceptables qui caricaturent l’islam. Je prends l’engagement de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que votre communauté soit respectée.
Vous êtes nos compatriotes et nous continueront à vivre ensemble dans la fraternité".









