mercredi 29 septembre 2010

Uri Avnery et l'esprit de Ghandi



Il y a 4 jours, Uri Avnery, le pacifiste de Gush Shalom, a publié un texte intéressant.
C'est en entendant le petit-fils de Ghandi dire “Mon grand père nous a dit d’aimer l’ennemi alors même qu’on le combat”qu'il a compris que le processus de paix en cours entre Israël et la Palestine ne devait pas mettre dos à dos deux populations, dans deux états bien séparés, étanches.

C’est de cette façon que cette idée est vendue aux masses. Elle est populaire parce qu’elle promet une séparation totale et définitive. Laissons-les hors de notre vue. Qu’ils aient un État, pour l’amour de Dieu, et vivons seuls. La « solution à deux États » sera réalisée, nous vivrons dans l’"État-nation du peuple juif", qui sera une partie de l’Occident, et "ils" vivront dans un État qui fera partie du monde arabe. Entre nous, il y aura un haut mur, une partie du mur entre les deux civilisations.

Uri Avnery propose de revenir à la sagesse de Gandhi. Il est impossible de faire bouger des masses humaines sans une perspective. La paix n’est pas juste une absence d’hostilités, ce n’est pas le produit d’un labyrinthe de murs et de barrières. Ni une utopie du “loup demeurant avec l’agneau”. C’est un vrai état de réconciliation, de partenariat entre des peuples et entre des êtres humains, qui se respectent l’un l’autre, qui sont prêts à satisfaire les intérêts de l’autre, à commercer ensemble, à créer des relations sociales et – qui sait – ici et là même à s’aimer.
Pour résumer l’essentiel : deux États, un avenir commun.

mardi 28 septembre 2010

Le sexe et l'écriture



Une vidéo dont l'origine serait le blog espagnol Nimias Cosas Minimas (choses banales minimes), un espace étonnant et plein de poésie.

lundi 27 septembre 2010

le beau Beau


"Quittez immédiatement les lieux, ou je vous en fous une". A la fin d’un entretien au ministère, le vendredi 24 septembre, Eric Besson menace le directeur de la rédaction de Bakchich Hebdo, Nicolas Beau.



Nicolas Beau est né en 1952, il a été diplomé de l’IEP Paris en 1973.
Journaliste au « Quotidien du Médecin », au « Monde », à « Libération », à l’agence Capa, au « Nouvel économiste », à « l’Expansion » et au « Canard Enchainé ».
Il est aujourd'hui directeur de la rédaction de Bakchich.info (depuis décembre 2007).

samedi 25 septembre 2010

Afghanistan : libération des journalistes


Dans la vallée de Kapisa, Hojatullah Mujadadi, directeur d'une radio FM et responsable d'une association de défense de la liberté de la presse, a été interpellé le 18 septembre par la police.
A Ghazni (Est), Rahmatullah Naikzad, collaborateur régulier de la chaîne Al-Jazeera, a été arrêté par les forces internationales qui l'accusent d'être un propagandiste taliban. Enfin, un caméraman d'Al-Jazira, Mohammad Nadir, arrêté mercredi à Kandahar a été arrêté le 22 septembre, par un commando conjoint de l'ISAF et de l'armée afghane à Kandahar (Sud).

Ce n'est pas la première fois que des journalistes de la chaîne Al-Jazeera sont détenus en Afghanistan, et ces nouvelles arrestations ont provoqué une vive protestation de Reporters sans frontière.

Devant les nombreuses réactions, les 3 journalistes ont été libérés hier.

Par contre, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont toujours prisonniers (271 jours) d'un groupe d'insurgés. Espérons, puisqu'on a eu de leur nouvelles, qu'ils seront rapidement libérés.

jeudi 23 septembre 2010

Jesus Christ en garde à vue !


Jesus et les drogues
envoyé par Adellama. - Les dernières bandes annonces en ligne.

Un petit film amusant, trouvé sur le blog de Bénédicte, flic de choc.

Elle est aussi accro à Google, elle surveille son trafic ! Son billet a un titre qui devrait faire recette, "acheter du shit sur Internet".

L’Académie nationale de pharmacie a, mercredi 22 septembre, officiellement dénoncé l’usage fait, depuis un an, par les forces de l’ordre d’un test censé identifier, à partir d’un simple prélèvement de salive, la consommation de drogues et de certains médicaments. Ce test ne fournit pas selon elle les performances annoncées et  donne un grand nombre de faux résultats. Cette même institution réclame — et pour les mêmes raisons — l’interdiction de la libre commercialisation des tests urinaires, de plus en plus fréquemment utilisés, censés identifier la consommation de cannabis chez les enfants et les adolescents. (Slate)

mardi 21 septembre 2010

Point de vue sur l'Afghanistan par Gilles Dorronsoro



Gilles Dorronsoro est un chercheur en science politique, spécialiste de l'Afghanistan et de la Turquie contemporains.
Après avoir obtenu en 1996 un doctorat en sociologie politique à l'École des hautes études en sciences sociales pour ses recherches sur l'Afghanistan, il a été professeur de science politique à l'Institut d'études politiques de Rennes puis à l'Université Paris I. Il a également été coordinateur scientifique à l'Institut français d'études anatoliennes. Il est actuellement chercheur invité à la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale. Il s'exprimait la semaine dernière dans l'International Herald Tribune.

Sa vision de la situation confirme la déroute de la coalition internationale, et les défauts de la stratégie du commandement américain.

Concentrés au cœur du territoire pachtoune, dans la région de Kandahar et du Helmand, les forces occidentales n'arrivent pas à contenir l'insurrection. Bien pire, dans les zones de combats intenses, la population soutient majoritairement les insurgés.

Enfin, après avoir concentré l'essentiel de ses forces dans le sud, la coalition n'est pas en mesure de contenir les talibans dans d'autres parties du pays : elle est dans un bourbier dans le sud et les groupes insurgés gagnent au nord, tout en consolidant leur emprise à l'est, encerclant petit à petit Kaboul.

Les insurgés ont constitué un véritable état fantôme, devant le vide laissé par le pouvoir corrompu de Kaboul, et  ils assurent des services limités mais efficaces. Selon Derronsoro, les ONG ont pris l'habitude de négocier directement avec les chefs de guerre.

Son jugement est sans appel : " Les États-Unis doivent commencer à voir la réalité en face et négocier maintenant avec les talibans avant qu'il ne soit trop tard."

En outre, le président afghan se passe de plus en plus du parlement et agit à travers une jirga (rassemblement de chefs tribaux) pour établir de nouvelles politiques, déclare Derronsoro, cité par Françoise Chipaux, ancienne correspondante du journal Le Monde pour le sous-continent Indien.

Dans ce contexte, l'élection législative du week-end dernier ressemble à une pantalonnade, qui ne sert que de signal aux nations occidentale, sans concerner une grande partie de la population, déçue des "années Karzai" et de la dégradation de ses conditions de vie. La population qui soutient l'insurrection risque d'avoir été sensible à ses consignes de boycott.
L’éventuel bénéfice politique de la consultation n’est pas non plus évident dans la mesure où un tel environnement  va conforter, comme lors du premier scrutin, les ex seigneurs de guerre et tous ceux qui détiennent un quelconque pouvoir, les nombreuses irrégularités déjà enregistrées (plus de 3000) entachent déjà la légitimité des résultats. Après une présidentielle plus que douteuse, que faut-il attendre d'une telle consultation ?

S'il est très facile de pénétrer dans un bourbier, toute la difficulté est de s'en extraire.
Il y a fort à parier que tout cela se soldera par un lourd tribut versé aux ennemis d'hier, et la reconnaissance de leur pouvoir. Ce qu'on appelle une sévère défaite.

samedi 18 septembre 2010

Tirer sur un fuyard


Ben oui, c'est normal de tirer sur un fuyard. On va pas obliger les gendarmes à courir derrière, il sont moins entrainés que les brigands, c'est bien connu (même avec des menottes, ces salauds-là sont tellement rapides).
Et puis pourquoi surveiller un individu dangereux ? Mieux vaut le laisser s'enfuir pour pouvoir le tirer ensuite comme un lapin, en toute impunité. Un de moins, c'est toujours ça.

Hergé connaissait la technique, il l'avait expliquée dans "Le sceptre d'Ottokar".

vendredi 17 septembre 2010

Sublime subliminal


Avez-vous déjà évalué la force du conditionnement qui nous gouverne ?
Chacun d'entre nous est persuadé d'agir en toute indépendance, sûr de son libre-arbitre.
Et pourtant, notre spontanéité pourrait bien être dirigée... à notre insu.

Que chacun tire ses propres conclusions de cette expérience !

L'absolue nécessité


DRAGUIGNAN, Var (Reuters) - L'accusation a demandé jeudi l'acquittement d'un gendarme, Christophe Monchal, jugé aux assises du Var pour avoir tué en 2008 un gitan qui tentait de s'enfuir des locaux d'une brigade.
La défense plaide aussi l'acquittement. Le verdict est attendu vendredi.
"Le gendarme Monchal a agi conformément à la loi, il ne peut pas être pénalement condamné", a dit l'avocat général Philippe Guémas dans un réquisitoire de deux heures.
Christophe Monchal était selon lui "en état d'absolue nécessité" lorsqu'il a tiré sept balles sur Joseph Guerdner, 27 ans, poursuivi pour vol à main armée et qui cherchait à s'enfuir à l'occasion d'une pause pendant sa garde à vue. Il était alors entravé.
Trois projectiles ont touché le fuyard qui s'est réfugié dans un arbre avant d'en tomber et de décéder plus tard.

mercredi 15 septembre 2010

… Paroles de députés…



Deuxième séance du mardi 14 septembre 2010 (Présidence de M. Bernard Accoyer)

Mme Catherine Coutelle. Dans le cadre d’une interview accordée au grand rendez-vous Europe 1, vous avez déclaré, le 12 septembre dernier que la réforme des retraites était une avancée extraordinaire pour les femmes.
Je laisse à vos collègues, qui ont tenté de déposer des amendements que vous avez tous refusés, le soin de savoir si cette réforme constitue une avancée extraordinaire pour les femmes.

M. Éric Woerth, ministre du travail. Collabo !

M. Christian Eckert. Monsieur le ministre, vous avez traité Mme Coutelle de collabo. C’est honteux !

M. Éric Woerth, ministre du travail. Et alors ? Et vous, vous ne valez pas mieux !

M. le président. Veuillez poursuivre, madame Coutelle !

mardi 14 septembre 2010

Pour Baroin, les tweets et les blogs sont la source de tous les maux

La question de monsieur le député des Landes, Alain Vidalies :


Le "premier cercle" collecteur de fonds pour l'UMP
envoyé par alain_vidalies. - L'info internationale vidéo.

La réponse de monsieur le ministre du budget, François Baroin :


Woerth/Bettencourt: Baroin met à l'index... internet
envoyé par LePostfr. - L'info internationale vidéo.

Monsieur Baroin, qui dénonce l'absence de preuves, peut pourtant lire sur Mediapart (encore lui !) l'enquête de Laurent Mauduit, et méditer sur le faisceau d'indices troublants, ainsi que les documents les justifiant, qui soulève le soupçon de fraude fiscale gigantesque dont on pourrait accuser l'ami du président de la République, généreux donateur de l'UMP, M. Wildenstein.


Bien entendu, un soupçon ne saurait annuler la présomption d'innocence à laquelle tout accusé doit bénéficier.

The Taliban are winning, we are losing


Rien de bien nouveau depuis 9 mois, depuis ce billet déjà intitulé "la défaite en chantant".
Hélas, l'actualité récente ne fait que confirmer la défaite de la coalition en Afghanistan.

Malgré cela, dans ses discours pathétiques le président Français s'obstine à cacher la réalité de la situation à son peuple. Méthode Coué ? Cynisme ?

Qu'on en juge sur pièces :

Du côté de la coalition :

• Le 2 juillet dernier, le général français Vincent Desportes, directeur du collège interarmées de défense, estimait, dans un entretien au Monde, que le moral des troupes engagées en Afghanistan n’était pas bon, que sur le terrain, «la situation n’a jamais été pire».
 • «Personne ne peut contester le fait que les talibans étendent leur présence», vient de déclarer le général américain David Petraeus, nouveau commandant des forces américaines et des forces de l’Otan en Afghanistan. (source)
• "The Taliban are winning, we are losing," a déclaré Robert Blackwill, qui était l'adjoint de Condolezza Rice comme conseiller à la sécurité nationale de 2003 à 2004. (source) 

Du côté des insurgés Afghans :

• Le mollah Omar, le chef des talibans, met en garde les Américains contre la poursuite de la guerre en Afghanistan. "La victoire de la nation islamique sur les envahisseurs infidèles est maintenant imminente". (source)
•  Gulbuddin Hekmatyar (chef du Hezb e-Islami) vient de déclarer que l'armée française est en mauvaise posture. Ses soldats sont continuellement attaqués et le rythme des attaques augmente chaque jour. Ils ne peuvent pas espérer enregistrer des succès contre les moudjahidines. Ils sont fatigués et démoralisés. Ils n'ont aucune idée de contre qui, pourquoi et comment ils se battent. (source)

Dans les deux camps, l'analyse est la même.

Robert Blackwill préconise même une partition de l'Afghanistan, en abandonnant le sud du pays aux Pachtounes, population principale des insurgés. Une vision ethnique du conflit assez lucide, et conforme aux rivalités afghanes. On notera que le commandement de l'armée nationale Afghane, l'ANA, ne compte qu'une minorité de Pachtounes. Un problème souligné par Ramazan Bashar dost, candidat aux élections législatives du 18 septembre prochain, qui explique : "le plus gros handicap, c'est que l'armée afghane n'est pas une armée nationale, mais ethnique". (source)

Cette Armée nationale, sur laquelle compte la coalition pour pouvoir quitter le pays, vient du reste de se faire balayer lors de sa première opération, le mois dernier. (source)

Alors que la coalition se délite (les Pays-Bas ont commencé leur retrait), et que les débats parlementaires s'engagent dans tous les pays de la coalition sur l'opportunité de poursuivre le conflit sous sa forme actuelle, seul le président français s'abstient de toute discussion avec les représentants du peuple.
Le seul argument du gouvernement français est que « nous sommes en Afghanistan pour empêcher les attentats dans le métro à Paris ».

Cynisme effarant, alors que cette guerre semble au contraire un des principaux griefs que pourraient nous faire les terroristes islamistes.

lundi 13 septembre 2010

Ladro di biciclette, va fa enculo !




Voi che non chiuda la porta, va fa enculo in profondità.

dimanche 12 septembre 2010

Tout le sarkozysme dans la circulaire du 9 août


A la suite de la funeste circulaire du 5 août, dans laquelle il est demandé de cibler tout particulièrement les Rroms pour procéder à des expulsions du territoire (Le ministre de l'Immigration Eric Besson avait contesté la semaine dernière que les Rroms aient été spécialement visés par le gouvernement), la circulaire du 9 août éclaire de façon lumineuse les objectifs du gouvernement.

Un encadré met en exergue l'aspect primordial du document : "donner lieu à un écho médiatique". Tout le sarkozysme est dans cet encadré, et même si la circulaire émane du cabinet de Brice Hortefeux, c'est bien les méthodes de Nicolas Sarkozy qui sont appliquées.
Cette utilisation, voire manipulation des médias, n'est pas sans rappeler la politique de Karl Rove, l'âme damnée de Georges Bush.

Nicolas Sarkozy est bien un fils de pub. Papa Pal n'a-t-il pas été publicitaire ?

Peu importe l'utilité de l'action, elle doit frapper les esprits. Les nombreuses lois populistes inapplicables motivées par des faits divers sont du même ressort (loi anti-niqab, anti-jeunes etc.). Elles n'ont pour but que de frapper l'opinion dans ce qu'elle a de plus vil, l'émotion sans réflexion, qui permet tous les débordements.

La circulaire du 9 août nous prépare un nouveau 21 avril.

(Une info de l'excellent "Canard Social" )

J'aime Chomsky


Déclaration de monsieur Noam Chomsky, qui critique avec raison la loi Gayssot :
"J’apprends que Vincent Reynouard a été condamné et mis en prison au nom de la loi Gayssot et qu’une pétition circule pour protester contre ces mesures. Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d’une société libre, tels qu’ils ont été compris depuis les Lumières.

Cette loi a pour effet d’accorder à l’Etat le droit de déterminer la vérité historique et de punir ceux qui s’écartent de ses décrets, ce qui est un principe qui nous rappelle les jours les plus sombres du stalinisme et du nazisme.

Si la justification de la loi Gayssot est d’interdire les « opinions abominables » ou de faire respecter le droit « de ne pas craindre de vivre dans un climat » de préjugés et de racisme, alors il devrait être évident que, si de telles lois étaient appliquées de façon impartiale, elles rendraient illégales une grande partie des propos exprimés publiquement qui, même si on peut les considérer comme ignobles, devraient certainement être autorisés dans une société libre et qui, en fait, le sont, sans même que cela ne soulève la moindre question.
Par conséquent, je souhaite exprimer mon soutien à la pétition contre l’application de cette loi dans le cas de Monsieur Reynouard (ou dans tout autre cas).

Le 5 septembre 2010."

La diversité des opinions est la richesse de la démocratie. Ceux qui veulent en interdire certaines ne sont pas des démocrates.

Je soutiens totalement monsieur Chomsky.

samedi 11 septembre 2010

Michel Vauzelle prend la défense de la corrida



En réponse au défilé nîmois des anti-corridas, les aficionados se sont regroupé à Arles pour défendre la corrida, dans la capitale française de la tauromachie. A la suite de Hervé Schiavetti, maire de la ville et président de l'Union des Villes Taurines Françaises, Michel Vauzelle, le président de la région de Provence, député d'Arles, a prononcé un discours devant une foule compacte, pour défendre la liberté des amateurs de corrida. Olé !

Le discours c'est terminé par une pluie de confettis en forme de têtes de toros.


Pluie de toros sur Arles
envoyé par Rimbus. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

A tribute to the Rutles

J'ai une pensée pour le plus grand groupe du monde, qui a bercé mon enfance.
Qui se souvient des Rutles ? Que mes plus jeunes lecteurs en prennent de la graine !

Rétrospective d'une carrière hors normes, celle des fabulous RUTLES !










mardi 7 septembre 2010

Béhachel, Sakineh et les femmes assassinées

J'ai entendu hier Béhachel qui militait pour la sauvegarde de cette pauvre Sakineh, jugée coupable d'adultère et condamnée à mort par lapidation en Iran.

Dans cette triste histoire, le moyen d'exécution de la sentence semble prendre le pas sur la sentence elle-même. La lapidation. Et Béhachel d'en rajouter dans l'horreur, en évoquant les pierres fracassant le crâne de la pauvre femme, son cerveau répandu sur le sol, etc. Une horreur.

Ceux qui prennent la défense de cette pauvre femme ont raison. La peine de mort est une horreur. Mais dans la bouche de Béhachel, l'horreur est bien supérieure quand c'est à coups de pierres qu'elle est infligée. Il n'a pas vraiment tort, je dois le reconnaitre.

Néanmoins, je crois qu'il faudrait aussi s'en prendre aux autres exécutions de femmes de par le monde. Même si elles sont "propres". Une balle de fusil c'est plus correct n'est-ce pas, surtout quand il n'y a pas cette stupide charia, cet Islam source de tous les maux ?

Je n'en suis pas si sûr.
 Voyez plutôt, et ayez une pensée pour ces femmes chinoises. On ne diabolisera jamais la Chine, ce pays est trop puissant. Mais puisqu'on ne parle que de cette pauvre Sakineh, je crois qu'il est utile de parler aussi des autres.

J'en viens même à me dire que c'est plus la haine de l'Iran qui motive les belles âmes que la condamnation de cette pauvre femme... Sinon pourquoi ne font-ils pas mention aussi des femmes condamnées en Chine (pas pour adultère, pour subversion, est-ce plus tolérable) ?

C'est sans doute moins médiatique, et la Chine ne fait pas partie de l'axe du mal.

Là aussi, l'objectivité est à géométrie variable.


Concernant une diabolisation excessive de l'Iran, comme le fait avec insistance Béhachel, il n'est pas inintéressant de se reporter au dernier billet de Georges Malbrunot : "Des hommes d'affaires iraniens lancent un appel à la France". 
Il se termine comme ceci : "Refuser à l’Iran sa place dans le concert du business international, c’est condamner les libéraux, humilier la liberté et renforcer le pouvoir des barbus."

Sensiblerie et angélisme sont les mamelles de la connerie



Je découvre en lisant L'Obs cette vidéo d'une jeune fille, en Bosnie, qui se débarrasse d'une portée de chiots.

 L'AFP en a même fait une dépèche :
La police avait indiqué la semaine dernière avoir identifié l'adolescente qui, dans une vidéo de 44 secondes, mise en ligne sur le site de partage Youtube, saisit un par un des chiots dans un seau blanc pour les jeter loin dans une rivière au débit rapide. Une enquête est en cours.
De nombreuses pages avaient ensuite été créées sur le site de socialisation Facebook pour exprimer une indignation générale et appeler à retrouver l'adolescente.
 Ces quelques lignes méritent qu'on les analyse.
Ainsi, la police est intervenue pour identifier cette personne, comme on le fait pour un criminel. Facebook se trouve une nouvelle fois le vecteur d'une chasse à l'homme (en l'occurrence une gamine), et les messages haineux à son encontre ne se comptent plus.

Pourquoi une telle émotion ? Un petit chiot est certes attendrissant, mais il peut se transformer en un pitbull meurtrier, les exemples ne manquent pas. Qu'a fait de si criminel cette jeune fille ? La SPA fait de même.

Le petit chien est donc sacré dans le cœur des âmes sensibles.
Pourquoi ? Est-ce une croyance en la métempsychose, à la manière bouddhiste ? La vie serait sacrée, et on ne devrait tuer aucun animal ?
Non, ce n'est pas ça. Ces gens qui s'indignent d'un geste assez banal, se débarrasser d'une portée encombrante, ne s'indigneraient peut-être pas si on supprimait un chien adulte, coupable d'avoir attaqué un homme (ou pire un petit nenfant).

Ces gens sensibles se mobiliseraient-ils pour sauver les rats, les cafards, les araignées, ces animaux qui n'ont pas la chance de résider dans nos cœurs ? La plupart certainement pas, et nombreux seraient ceux qui appelleraient une entreprise de dératisation si une invasion de nuisibles envahissait leur demeure.

Beaucoup d'individus réagissent a ce fait divers futile. Mais les vraies horreurs commises par l'humanité, pendant les nombreuses guerres, comme les massacres de Fallujah (j'ai fait un billet sur le sujet, il n'a suscité qu'un commentaire), ne mobilisent que très peu de monde, n'intéressent pratiquement personne. Nous dépensons des milliards pour nourrir nos animaux de compagnie, alors que des milliers d'enfants meurent de malnutrition. La mort a pour les gens sensibles une géométrie variable.

Cette humanité pétrie de sensiblerie et d'angélisme me fait peur. Elle n'a plus le sens des valeurs, elle ne prend pas de recul, elle fonctionne sur l'émotion au détriment de la raison, elle préfère la subjectivité à l'objectivité, elle est infantile et immature.

Lao Tseu disait : "on tient le bien pour le bien, c'est en cela que réside le mal".

samedi 4 septembre 2010

J'aimais déjà les étrangères quand j'étais un petit enfant…




Lavilliers chante "l'étrangère" d'Aragon (7 août 2010, Palais du facteur Cheval)...
Et Tino Rossi "La Bohémienne aux yeux noirs"…



Les Rroms inspirent les poètes (comme ce vieux Totor avec Esmeralda), laissons-les circuler chez nous, ils sont un des éléments qui font la France, depuis des siècles.

vendredi 3 septembre 2010

Quand l'industrie pharmaceutique fait son gras sur la malbouffe



"Les chaînes de restauration rapide devraient offrir gratuitement à leurs clients des statines, un médicament contre le cholestérol, avec les hamburgers, préconisent des scientifiques britanniques", annonçait il y a trois semaines l'AFP.

En effet, l’étude Jupiter (2008), financée par les laboratoires AstraZeneca, a été présentée comme la preuve qu'un traitement anti-cholestérol avec des médicaments de la classe des statines pouvait être bénéfique pour des personnes en bonne santé. 

Mais les études ne font parfois appel qu'à la science du marketing ! 

Ainsi, cette étude Jupiter, comme le souligne le site psychomédia soulève de nombreux conflits d'intérêt :
" l'étude a été conduite par des employés du laboratoire AstraZeneca; 9 des 14 coauteurs ont des liens financiers avec le laboratoire et la majorité des membres des comités censés “surveiller” les aspects méthodologiques et éthiques de l’étude ont des liens avec l’industrie pharmaceutique; le principal auteur est lui-même co-détenteur du brevet du dosage de la CRP, le test biologique qui identifie les personnes en bonne santé qui devraient se voir prescrire une statine".


Bien plus, le site signale une autre étude contradictoire (Kausik Ray et al. de l'Université de Cambridge) : ses résultats mettent en doute les avantages préventifs des statines, ces médicaments pouvant avoir des effets secondaires sévères chez certaines personnes, considèrent les auteurs. 

Pour finir, Psychomédia présente une analyse du sociologue Donald Light, professeur en politique de santé à l'University of Medicine and Dentistry du New Jersey, qui n'y va pas par 4 chemins : 
"Parfois, les compagnies pharmaceutiques cachent ou minimisent des informations sur de graves effets secondaires des nouveaux médicaments et surestiment les avantages des médicaments", dit-il. "Puis, ils dépensent deux à trois fois plus en marketing qu'en recherche pour convaincre les médecins de prescrire ces nouveaux médicaments. Les médecins peuvent obtenir des informations trompeuses et ensuite désinformer les patients sur les risques d'un nouveau médicament."
L'idée était pourtant géniale : puisque les millions de hamburgers et autre saloperies consommées quotidiennement favorisent le cholestérol, vendons aux chaînes de fast-food des millions de pilules de statines pour annuler cet effet désastreux et promettre une bonne santé aux goinfres obèses tout en préservant leurs mauvaises habitudes (et le chiffre d'affaire des chaînes de restauration qui deviendraient leur premier client).

Mais cette opération n'aurait pas les effets de santé publique recherchés (la réduction des risque d'accidents cardio-vasculaires), l'excès de sel étant un autre facteur majeur de risque : "Il était important que soit reconnu qu'une consommation excessive de sodium contribue à l'hypertension, qui est le principal facteur de risque d'accident vasculaire cérébral", explique le Dr Hakim, directeur scientifique du Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires. 

D'autre part, Pierre Meneton (Inserm) déclarait, il y a déjà dix ans  : "Un siècle d’études médicales et scientifiques le démontre : consommer trop de sel est responsable d’une élévation de la pression artérielle chez l’homme et de l’augmentation du risque d’accidents cardio-vasculaires. Les recommandations américaines, canadiennes, suisses, scandinaves, australiennes....et même celles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconisent de réduire la consommation de sel".

Plutôt que de se gaver de statines prophylactiques pour brûler nos graisses excessives (et prendre un risque inconsidéré d'interaction médicamenteuse), mieux vaudrait réduire l'excès de sodium (sel) dans notre alimentation (un excès défendu par un puissant lobby), et faire de l'exercice physique.

L'association WASH milite  pour
une réduction du sel dans l'alimentation

Mais ce genre de démarche n'enrichit pas les laboratoires, qui préfèrent communiquer sur des sujets qui eux non plus, ne manquent pas de sel.

Le hochet


 La légion d'honneur, hochet impérial inventé par Napoléon 1er, est censée récompenser "les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation".

Ainsi, elle est distribuée de manière subjective a un peu n'importe qui, ce qui faisait dire à Jean Yanne : « La Légion d’honneur, c’est comme les hémorroïdes, aujourd’hui n’importe quel trou du cul peut l’avoir. »
Geneviève de Fontenay (organisatrice des concours Miss France), l'a refusé pour cette raison, mais en des termes plus châtiés : « C’est vraiment désacraliser le ruban que de le distribuer à n’importe qui… comme des médailles en chocolat. »


Cette légion d'honneur attribuée a Patrice de Maistre est de cet ordre là, celui du copinage et du népotisme, mais cela n'a rien d'exceptionnel.
Eric Woerth a raison : un député est sans doute assailli de propositions de distribution de hochets, c'est normal quand on représente une circonscription, on doit en compter des trous du cul à satisfaire ! Il aura signé le parapheur qu'on lui a présenté sans même lire les courriers, machinalement, sans en garder souvenir. Lui ferait-on un mauvais procès ?

Présentée comme cela, sa défense est imparable, et ses détracteurs semblent se parer des couleurs fécales de la mauvaise foi et de l'archarnement.

Mais…

Mais il s'avère que c'est un courrier adressé au ministre de l'intérieur (Nicolas Sarkozy) qu'a signé monsieur le député Woerth. Voilà qui est étrange, monsieur de Maistre aurait-il quelque chose à voir avec la police, ou les cultes ? Non.
Quel est donc ce service rendu à la République justifiant l'attribution de ce cordon rouge de la honte (comme le qualifiait Léo Ferré) ?


Mais l'hypothèse du parapheur chargé du député ne tient pas, puisque c'est sur un papier à l'entête d'une association de soutien à l'action de Nicolas Sarkozy que cette demande a été écrite, à quelques jours des élections présidentielle. Une particularité qui doit sortir du lot.

Cet égard spécial permet de bien signifier au futur président que l'heureux pressenti à la décoration est un généreux donateur. C'est même ce qui semble motiver l'attribution du hochet. En retour, le nouveau distingué embauchera l'épouse de l'édile devenu ministre, un renvoi d'ascenseur courtois à 180 000 euros annuels (et on voudrait nous faire croire que c'est une coïncidence, mais les coïncidences dans cette affaire sont si nombreuses qu'elles en deviennent extrêmement banales).

Financer la campagne électorale de monsieur Sarkozy serait donc la preuve d'un mérite éminent rendu à la Nation, justifiant la distinction suprême. S'il y a bien quelque chose de scandaleux dans cette affaire, c'est bien cela, plus que les petites mesquineries des petites gens qui se pistonnent et se cooptent pour des raisons triviales et prosaïques.


La communication désastreuse d’Eric Woerth
envoyé par BFMTV. - L'info video en direct.

En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière, disait Jules Renard.

mercredi 1 septembre 2010

Jouons un peu...



François-Marie est un peu étourdi, comme il jouait chez sa mamie, il a égaré son jouet.

Sauras-tu le retrouver ?