mardi 22 février 2011

Un renouveau productif au service du citoyen



Pour refonder une économie solide, et reconstruire une production industrielle nationale (la meilleure façon de résorber le chômage), plusieurs voies sont possibles. L’observation des différents moyens utilisés par les nations étrangères apporte des éclairages et des solutions à ce problème, la nécessité d’un renouveau productif.
C’est la démarche pragmatique d’Arnaud Montebourg, et l’élu local de Saône-et-Loire, qui a été le témoin direct du déclin industriel de nos régions, constate que seule l’innovation et le soutien de la puissance publique peuvent relever le défi d’une nouvelle productivité.

Pragmatisme économique

La Corée du Sud est un exemple instructif(1) : ce pays, de même taille que la France, a trois fois plus d’ingénieurs qu’elle ! Sa population a un haut niveau d’éducation, et les moyens investis en recherche et développement y sont supérieurs d’un tiers à ceux de la France. Le groupe Coréen Samsung est devenu en 2010 la plus grosse entreprise technologique au monde(2).
De même, aux États-Unis, patrie du libéralisme, les principaux campus technologiques universitaires ont un financement public à plus de 70 %(3). Ces deux nations dominent dans les secteurs innovants et les nouvelles technologies. Partout dans le monde, la base industrielle d’un pays est le résultat de solides partenariats entre argent public et fonds privés au sein desquels l’Etat apporte généralement la part majoritaire des ressources.

Cet investissement massif vers la recherche et les nouvelles technologies est nécessaire pour que la créativité industrielle soit porteuse d’une prospérité retrouvée.
La clé de l’innovation est aujourd’hui détenue par les petites structures, entre 200 et 500 salariés, mais le temps de développement de leurs nouvelles technologies est de plus en plus long. C’est donc sur ce facteur temps qu’Arnaud Montebourg entend jouer, en proposant la création d’un fond d’investissement national appuyé sur l’épargne des Français, une des plus importante au monde, et dont un tiers est en sommeil dans des contrats d’assurance-vie(4).

Tout doit être mis en œuvre pour drainer l’épargne privée vers l’innovation, en permettant de soutenir les nouvelles sociétés sans attendre un retour sur investissement rapide, comme c’est le cas actuellement. Les secteurs innovants ont besoin d’une non-rentabilité à court terme pour se développer, et l’Etat doit se repositionner comme “l’assureur des risques longs”, pour libérer les entreprises de leur dépendance à l’égard des marchés financiers.

Vers une entreprise plus vertueuse

En retour, l’entreprise doit se faire plus “vertueuse”, en indexant ses salaires sur sa productivité. Les sociétés cotées en bourse devraient ainsi faire rentrer à hauteur d’un tiers, des représentants des salariés dans leur conseil d’administration. La rente actionnariale doit cesser de rechercher le plus grand profit au détriment des salariés, et le moment est venu de construire l’alliance des capitaines d’industrie et des salariés, contre les actionnaires et la tutelle du profit indécent(5).

Mais le renouveau productif doit s’accompagner aussi d’une nouvelle façon de consommer, plus citoyenne. De nouveaux comportements émergent, plus respectueux de l’environnement, plus économes en ressources et plus technologiques, qui pourtant ne concernent pas encore l’ensemble de nos concitoyens(6). Notre société nouvelle, analyse Montebourg, doit ressembler au logiciel libre, celui que chaque utilisateur peut enrichir. Dans cette économie de la contribution, il n’y a plus de produit fini, et la consommation n’est plus passive.

Montebourg a évalué le coût de la réindustrialisation de la France à 80 milliards d'euros par an, "soit l'équivalent du grand emprunt" (7).

De cette nouvelle interaction entre le producteur créatif et le consommateur exigeant, émerge alors un nouveau contrat social, où le citoyen a la première place.

D'après le livre d'Arnaud Montebourg "Des Idées et des Rêves"

(1) Sur l'ensemble de 2010, la Corée du Sud a affiché une croissance de 6,1%, contre seulement +0,2% en 2009, lorsque le pays s'efforçait de s'extraire de la crise économique et financière mondiale. (Les Echos)

(2) Le MIT a un budget annuel de 1,7 milliard  de dollars. Les financements proviennent pour plus de la  moitié de contrats de  recherche (plus précisément : 53% revenus de recherche, 17% revenus de produits des capitaux gérés par la fondation, 10% revenus des frais de scolarité, 5% dons, 15% divers). La recherche en particulier est financée à plus de 80% par le gouvernement fédéral. (Manifeste pour un MIT à la française, p. 6, 2004)

(3) Samsung Electronics a atteint l’an dernier le chiffre d’affaires record de 82 milliards d’euros et raflé à Hewlett-Packard le titre de plus grosse entreprise technologique au monde. Porte-drapeau d’une Corée du Sud conquérante, il génère plus de recettes que Microsoft, Apple et Google réunis. (Capital)

(4) Fin 2010, les encours de l’Assurance-vie sont en hausse de 6% et s’établissent à 1 307,8 milliards d’euros. (mon épargne.com)

(5) Un mois après avoir annoncé un résultat 2008 record de 13,92 milliards d'euros, le géant pétrolier Total supprime dans l'Hexagone 306 emplois dans la pétrochimie et 249 postes dans le raffinage. (L’Usine Nouvelle)

(6) Les mutations sociales où l’acte de consommation devient réalisation de soi et les applications nouvelles du Web 2.0 renforcent le pouvoir du consommateur, sa faculté à critiquer l’offre, à la modifier voire à la coproduire, et ses capacités d’engagement et d’autonomie (modèle wiki mais aussi consommation responsable). Ce pouvoir restauré du « consomm’acteur » induit lui-même une réactivité des marques qui utilisent ces nouvelles fonctionnalités du consommateur pour entretenir un lien toujours plus étroit avec lui, et modifie, plus rapidement que par le passé, les biens et les services proposés. (Rapport "Sortie de crise : vers l’émergence de nouveaux modèles de croissance ?", Daniel Cohen)

(7) Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste pour la présidentielle, a formulé des "propositions pour la réindustrialisation de la France" lors d'un déplacement mardi 22 février 2011 en Meurthe-et-Moselle, en prônant une forme de "protectionnisme, dirigisme et d'interventionnisme". (Le Parisien)

2 commentaires:

Gwendal a dit…

Bon, ça fait un petit moment que j’ai envie de te le dire, mais je n’osais pas à cause de ma sympathie pour toi depuis des années... Mais là je suis obligé.
Ca m’ennui que tu ais choisi le camp de ce godelureau... Quitte à choisir un socialiste, tu aurais pu, au moins, prendre un homme de gauche, non ?
Car enfin, prendre comme exemple la politique économique d’un pays ultralibéral comme la Corée du Sud c’est du niveau d’une Lagarde, d’un DSK ou d’un Alain Minc, au choix.

Rimbus a dit…

Non Gwendal, proposer d'interdire les stock options, de faire rentrer un tiers de salariés au CA des sociétés, la mise sous tutelle du système bancaire et une politique industrielle de "protectionnisme, dirigisme et d'interventionnisme", ça n'a rien de libéral, ce n'est ni du Lagarde ni du Minc.
Montebourg n'est pas connu, il faut étudier ses propositions en détail. Montebourg se définit ainsi : "Je suis inclassable. Je propose un alliage politique nouveau. Sur l’économie, je suis pragmatique. Sur la finance, je suis communiste de philosophie. Sur l’écologie, je suis un Vert modéré. Et sur le social, je suis un socialiste classique."