jeudi 3 mars 2011

Montebourg et Alliès en Tunisie, pour sortir du présidentialisme



Après Paul Alliès, Président de la Convention pour la 6e République (C6R), qui a fait le déplacement à Tunis, le 26 février dernier, c'est Arnaud Montebourg, premier promoteur de cette nouvelle constitution, qui discutera des moyens "d'installer la révolution dans le droit constitutionnel tunisien".

Selon Alliès, "la délibération sur la réforme politique n'a pas encore trouvé son cadre populaire." Mais ne fait-on pas le même constat en France ?

La mise en place de la 2e République Tunisienne est un processus complexe qui demande du temps. Il faut organiser l'élection d'une assemblée Constituante et la présidentielle en même temps ; former un nouveau gouvernement après le 15 mars (date limite du pouvoir du gouvernement provisoire en place) pour préparer une Constituante ; proposer à référendum un projet de constitution rédigé par le Comité chargé des questions constitutionnelles (présidée par Yadh Ben Achour).

C'est auprès de ce comité que les deux défenseurs de la Sixième République interviendront pour apporter leur expérience et leurs réflexions sur la Ve République et ses dérives. Pour la Tunisie, comme pour la France, le passage à un parlementarisme majoritaire organisé autour de la responsabilité d’un Premier ministre semble en être une voie opportune.

Toute l'horreur d'un présidentialisme sans contrôle est apparu sous le règne de Ben Ali. Une oligarchie toute puissante, un absolutisme du pouvoir, un parlement soumis… Si les vices furent exacerbés jusqu'à devenir une violente dictature policière en Tunisie, une république bananière corrompue, ils sont en germe dans la Constitution française.

La Constitution Tunisienne a en effet été calquée par Bourguiba sur celle de la Ve République française. "Voilà où la Ve République peut nous mener, au ben-alisme, à la concentration de tous les pouvoirs", assure Arnaud Montebourg.

Les deux Français pourront rencontrer Nicolas Beau, le fameux journaliste du Canard, puis de Bakchich, qui s'est installé à Tunis. "On sent que les élites politiques tunisiennes sont prêtes pour ce régime parlementaire qu'elles revendiquent" disait-il hier sur son blog, et c'est de bon augure.

Sortir de ce carcan constitutionnel est un défi que semblent pouvoir relever ces Tunisiens qui pourraient bien devenir, pour nous en France, exemplaires.

3 commentaires:

Asse42 a dit…

Pour que la révolution citoyenne soit réellement démocratique il faut organiser le contrôle du politique sur le financier. C'est la priorité fondamentale. Tout le reste n'est que du pipot...

Mais ce n'est pas gagné lorsque l'on mesure à qui on a affaire:
http://lesouffledivin.wordpress.com/2011/03/03/derriere-les-revolutions-arabes-la-lutte-des-rothschild-contre-la-finance-islamique/

lespacearcenciel a dit…

Coucou Rimbus,
Juste pour information :
http://www.lespacearcenciel.com/pour-une-assemble-constituante-partie-1.html
Voilà l'avenir des Peuples, enfin, selon moi... :-)
Bises A+,
Hugues ;-)

romain blachier a dit…

A chaque fois que je lit Paul Allies, je confond pendant quelques secondes avec le fort différent Paul Aries.