jeudi 31 mars 2011

Sauvons la planète !



Sauvons la planète !
Sauvons la planète !

C'est en  regardant une pub quelconque qui incitait à "sauver la planète" que j'ai décidé d'écrire ce billet.
Sauver la planète, dit comme ça, c'est un slogan imparable permettant tous les greenwashings.

Mais en y regardant de près, je me demande s'il n'y a pas une vision complètement faussée des choses derrière ces mots si fédérateurs, si incontestables : "sauvons la planète".

Ainsi, la planète serait "malade", en danger… bigre !

La planète qui nous porte est âgée à peu près de 4,5 milliards d'années. On connaît un peu son histoire, qui est une succession de transformations continuelles, dérives de continents, modifications climatiques, périodes de volcanismes, destruction cyclique des êtres vivants, plus ou moins massive, et renaissance continuelle des formes de vie…

Depuis quelques années, une espèce vivante particulière s'imagine qu'elle a rendu malade la terre : l'humanité, pétrie d'orgueil jusqu'à croire qu'elle peut inquiéter la Terre.
Non la terre n'est pas malade, et nous n'avons pas à la sauver.

Croire que la terre est "malade", c'est extraire l'homme du cycle de la vie, en faire un être à part… un être à part qui a souillé son jardin originel, et qui est maudit pour cela. Un être qui est l'aboutissement de la vie même.

Ça ne vous rappelle rien cette histoire ? La vision écologique "bas de gamme" n'est qu'une psychose issue d'un héritage mystique biblique. La terre n'est pas le jardin d'Eden. Nous ne sommes pas les fils de Dieu, fait à son image, chassés du paradis pour avoir goûté à la concupiscence

La "planète", comme ils disent, nous a créé l'espace d'un instant, comme elle a créé des millions de formes de vie dont la durée équivaut à leurs facultés d'adaptation, de résistance.
Nous ne voulons pas sauver la planète, nous ne voulons que nous sauver nous-même, ce qui est très différent.

Les prédicateurs de l'apocalypse moderne pratiquent un anthropomorphisme assez naïf : la terre serait sensible au bien et au mal, et donc sensible aux créations de l'homme, qui sont le mal (mais oui, nous sommes mauvais, nous avons été chassé du jardin d'Eden).

Les modifications climatiques qui nous angoissent, la terre en a vu d'autres, et de bien pire, des millions d'années avant qu'apparaisse le premier homme.

Laissons la planète en dehors de ça.

Nous voulons nous sauver, c'est bien assez. Nous voudrions retrouver la vie des bon sauvages, ces hommes qui vivent dans la gentille forêt, à la merci du gentil tigre qu'il faut protéger, ou de la gentille meute de loup…

Et bien cela n'est pas possible.

Commençons par ne pas nous bercer d'illusions. La seule chose que nous pouvons faire, c'est  sauvegarder nos gènes. Alors qu'une infime minorité d'hélicologistes veut nous faire croire qu'un retour au jardin d'Eden est possible, une moitié de l'humanité survit à peine. Un enfant meurt de faim toute les 5 secondes, pendant que Yolaine de la Bigne cultive les plantes rares dans son jardin écologique.

Ne sauvons pas la planète, elle n'a pas besoin de nous, mais sauvons-nous nous même. Le climat se modifie, la belle affaire, parlons plutôt de l'humanité qui grossit, grossit, et dont un tiers meurt de faim. Parlons de la gestion intelligente de nos ressources limitées, ayons le courage de comprendre que nous ne retournerons jamais dans cet Eden mythique qui n'existe pas, mais que notre futur sera un nouveau monde, une terre trop petite pour une humanité trop fertile.
Et ça, il faudra bien le regarder en face, et faire des choix, s'adapter, ou mourir.


L'humanité disparaîtra ?
Peut-être, et croyez-vous que la planète cessera de tourner ?

14 commentaires:

lejournaldepersonne a dit…

Fessenheim
Ces nuages… ces merveilleux nuages
Qui passent… au dessus de moi
Savez-vous d’où ils proviennent ?
De Fukushima…ou de Fessenheim ?
Je viens de casser mon compteur Geiger
Et je ne sais pas comment je vais faire pour mesurer la radioactivité dans l’air.

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/fessenheim/

Cécile a dit…

Même longueur d'ondes (radioactives?) ! ;o)

Didier Goux a dit…

À propos des ravages du “sauvons-la-planétisme”, si vous voulez rire un peu, lisez donc ce livre.

Laurent Quivogne a dit…

La planète n'a en effet guère besoin d'être sauvée. Il y a quelques milliards d'années, avant l'arrivée des cyanobactéries, il n'y avait que du gaz carbonique dans l'atmosphère et pas un poil d'oxygène, pas non plus d'ozone qui fait notre ciel bleu...

C'est notre peau que nous cherchons à préserver et, tout de même, celle des espèces animales et végétales qui cohabitent avec nous, pour le meilleur et pour le pire parfois. Dans ce sens, "Sauvons la planète" est une "synecdoque", comme on dit qu'une ville tout entière est en fête: ses habitants bien sûr, non la ville elle-même.

L'écologie ne fait dissension que dans les solutions; tout le monde est d'accord sur le constat que, par exemple, trop de gaz carbonique, c'est mauvais: mais les uns disent de tout arrêter, les autres qu'on trouvera une solution dans l'avenir. C'est encore une histoire de dette puisque nous "empruntons" aux solutions de l'avenir pour nourrir l'humanité (et la faire rouler en bagnole), traiter les déchets radioactifs,...

Il me semble en effet que l'avenir est lourd de promesses, comme par exemple les expériences sur la production de pétrole à partir de phytoplancton, qui peuvent ouvrir des possibilités pour le futur. A condition néanmoins de faire aussi preuve de sagesse en renonçant à la voracité: ne pas désespérer de la puissance créatrice de l'homme; ne pas non plus tout miser sur elle pour se dédouaner du devoir d'être vertueux et parcimonieux.

Vlad a dit…

Je suis bien d'accord. Bonne journée.

Rimbus a dit…

@lejournaldepersonne : alors vous, vous pouvez vous vanter d'avoir révolutionné le genre, en terme de blog ! Je reste sans voix à écouter la votre.

@Cécile : tu devrais suivre le lien du journaldepersonne, il est radioactif !

@Didier Goux : j'ai beaucoup de lecture en retard, mais merci du conseil ;-)

@Laurent Quivogne : ah, je ne savais pas que tu lisais mon blog ! Merci pour le "synecdoque", un terme que ke ne connaissais pas !

Ce billet n'est pas anti-écologie, il veut démontrer que encore une fois on fait de l'infantilisme angélique sur un problème grave. Le problème, ce n'est pas la disparition des ours blancs ou des pandas, objectivement on en a rien à taper, c'est vraiment du luxe, mais c'est la disparition de l'espèce humaine. Et si l'humanité doit perdurer, ce sera forcément au détriment du monde "d'avant les hommes", et de cette "nature sauvage". Ça il faut s'y habituer très vite, au lieu de s'auto-persuader du contraire.

Sinon, il y a une autre solution, interdire la procréation, tuer les vieux et les faibles… ça ne va pas plaire à tout le monde. Le film "Soleil Vert" qui traite de cette question, est censé se passer en 2022… Dans 10 ans. Il est juste un peu en avance.

@Vlad : merci et bonne journée aussi !

Anonyme a dit…

Bravo, c'est la première fois que je lis un truc intelligent suite à la "pérénisation" de ce slogan trompeur.
Effectivement la planète est moin en danger que nous même;
ne sauvons pas la planète mais sauvons ce qui nous reste d'humanité.

Rimbus a dit…

@Anonyme : merci.

Ambrouille a dit…

Désolé mais je ne comprends pas le sens de ce billet. Tout part d'une publicité contenant un slogan écologiste caricatural, et en voulant critiquer cette caricature, tu caricatures toi-même les écologistes. Personnellement et objectivement, mais moi je n'en ai pas rien à taper des ours blancs, des pandas et du thon rouge. Je n'ai pas envie qu'ils disparaissent, et s'ils disparaissent, cela sera totalement de notre faute. Les déchets nucléaires dont on ne sait pas quoi faire, les marées noires, les OGM, les pesticides, la déforestation et j'en passe... Est-ce qu'on ne prend pas des risques inconsidérés ? Est-ce qu'on hypothèque pas légèrement notre avenir, est-ce qu'on ne souille pas un tout petit peu trop la planète ? Car la planète ce n'est pas seulement une croute avec un noyau dedans... La terre, c'est notre environnement, c'est la nature, c'est les thons rouges, c'est nous.
Vous voulez sauver l'homme et pas la planète ? Bande d'égoïstes... Le problème c'est que sans planète, nous ne sommes rien.

Rimbus a dit…

Et oui l'ambrouille, tu n'as rien compris à mon billet iconoclaste.
C'est pas grave, d'autres l'ont lu et compris.

Ambrouille a dit…

C'est pas très sympa de traiter si cavalièrement quelqu'un qui n'est pas d'accord avec toi, surtout quand c'est un fidèle lecteur. Mais ce n'est pas grave, je continuerais à te lire même si je ne suis pas capable de comprendre.

Rimbus a dit…

Désolé, cher lecteur, mais j'ai ma manière de penser, libre à chacun d'apprécier ou pas. Je ne peux pas faire autre chose que dire sincèrement ce que je pense. Par exemple, on ne me fera jamais croire qu'en achetant un yaourt on sauve la planète. Si certains veulent croire les mensonges du marketing, libre à eux.

Anonyme a dit…

Et oui c'est pourtant la vérité, quand la terre décidera qu'elle étouffe, un nouveau virus apparaitera mais ce sera un super virus et bye bye la visite ici on fait de la place.

igreck a dit…

Il y a d'autre articles au sujet de green peace et ses revenues etc.etc.
http://profbof.com/ecologie/greenpeace.htm
http://naturepolitiqueogm.wordpress.com/2009/10/09/greenpeace-dit-elle-la-verite/