samedi 12 mars 2011

Sondages d'un autre âge et nécessité d'une Primaire de gauche



Sur la foi d'un sondage, réalisé un an avant l'élection présidentielle, j'entends un peu partout, dans la rue, sur les blogs ou leurs commentaires, dans les médias, dans mes emails… j'entends le même discours ou presque :

Seul Dominique Strauss-Kahn peut faire gagner la gauche, il faut qu'il soit son candidat.
L'avis général est que sur la foi de ce sondage (forcément infaillible), on doit annuler les Primaires socialistes, ouvertes à tous. Forcément, des citoyens gauchistes risqueraient de ne pas choisir le directeur du FMI, un organisme qui impose des contraintes antisociales aux pays en difficulté, comme la Grèce.

Et donc, dans la logique de ces gens là, n'ayant pas d'autre sauveur à gauche, pas d'autre possibilité de vaincre la droite, il ne faut pas faire confiance au peuple. Il faut que les éléphants du PS imposent leur candidat, DSK… c'est mieux.

On nous a déjà fait le coup en 2007, sur la foi du sondage ci-dessus. On a vu le résultat.

Les primaires existent aux USA, en Grèce, en Italie et d'autres pays encore. C'est en se basant sur ces expériences que Ferrand et Montebourg ont proposé cette solution, validée par la direction du parti et la très grande majorité des militants.
La nouveauté peut effrayer, c'est normal, mais le courage politique exige qu'on termine ce qu'on a entrepris, et non pas de jeter l'éponge au premier doute, en s'effrayant au moindre sondage.

Les arguments avancés par les détracteurs des Primaires montrent qu'ils n'ont pas bien compris leur fonctionnement.
On pourra se référer au site de Montebourg, qui détaille leur principe.

Le socialiste Olivier Ferrand, de Terra Nova, concepteur des primaires avec Arnaud Montebourg, s'est exprimé cette semaine pour répondre aux critiques les plus habituelles :



Sur une primaire socialo-socialiste :
Même si on reste dans une primaire socialo-socialiste, elle a son intérêt. Le candidat PS aura alors une dynamique électorale. Ce n’est pas la même chose d’être élu par 3.000 personnes que par plusieurs millions. L’exemple italien avec Romano Prodi l’a montré. Cela entraînera aussi une dynamique militante. Des sympathisants vont venir gonfler les rangs des militants et ainsi multiplier les forces sur le terrain. Enfin, la primaire est une répétition générale qui permet de rôder les équipes, le candidat, les discours… (Nouvel Obs)
Sur la primaire comme outil de rassemblement
Prenez l’exemple de la dernière primaire démocrate. La primaire Obama-Clinton a été très dure. Alors que 67% des partisans d’Hillary Clinton affirmaient qu’ils ne reporteraient pas leur voix sur Barack Obama, ils ont pourtant voté pour lui. Tout est mis en place pour réunir derrière le candidat. Si ces procédures avaient existé en 2006, le PS aurait été rassemblé derrière Ségolène Royal. La primaire est la réponse à la montée du Front national. (Nouvel Obs)
Sur l'union de la gauche :
Il faut au moins que le PRG et les chevènementistes (le MRC), qui étaient membres de la commission de préparation des primaires, participent. Du côté d'Europe Écologie-les Verts, Daniel Cohn-Bendit plaide depuis le début pour participer. Il est minoritaire en interne, mais la montée en puissance de Marine Le Pen nécessite pour les écolos de réévaluer leur décision. Jean-Luc Mélenchon, pour le Front de gauche, ne voudra peut-être pas en être. Mais enfin... Si Christiane Taubira n'avait pas été candidate en 2002, Lionel Jospin était au second tour. Ne recommençons pas. (Le Point)
Sur la pétition de Michel Vauzelle
Michel Vauzelle dit que les primaires vont créer la pagaille, mais la pagaille, elle existe maintenant ! Nous vivons depuis 2002 dans une compétition permanente, sauvage, dérégulée de leadership non tranché ! Cela n'est pas forcément lié aux hommes, mais à l'absence de procédure. Il faut qu'une compétition soit régulée, maîtrisée, avec des règles comme celles de la charte éthique. Par ailleurs, dans le genre de situation que nous connaissons aujourd'hui, le fait de s'adresser à tous les citoyens rend beaucoup plus compliqués les petits arrangements d'arrière-boutique. (Le Point)

Bien qu'il soit classé comme partisan de DSK, il ne considère la légitimité de la candidature de l'homme du FMI qu'à condition qu'elle passe par le choix républicain des citoyens, et non des seuls militants socialistes.

Et si effectivement DSK est plébiscité par le peuple de gauche, et qu'il remporte la Primaire, alors il bénéficiera du soutiens de tous, sans contestation. En effet, lors du vote, en signant la liste d'émargement, le votant s'engage à soutenir le candidat vainqueur des primaires.

Fort heureusement, certains ont compris ces enjeux.

3 commentaires:

Nicolas a dit…

Etant cité dans ce billet, j'apporte juste une précision (déjà vue avec le taulier en commentaire chez moi) : le fait que j'indique que je ne voterai pas aux primaires ne veut absolument pas dire que je suis contre...

(en fait si, mais à ce stade, on n'a plus le choix).

Rimbus a dit…

Nicolas, j'ai mis le lien sur commentaires, puisque nous nous sommes expliqués (de manière virile) là dessus.

Nicolas a dit…

Oui, mais je suis chiant.