mercredi 30 mars 2011

Transparency international appelle le PS à ne pas soutenir Guérini



Madame la Première Secrétaire, 

Le 16 avril 2009, un juge d’instruction a été nommé pour enquêter sur plusieurs affaires qui
mettent en cause le dirigeant d’entreprises Alexandre Guérini, avec la complicité supposée de son frère, Jean-Noël Guérini, Président de la fédération socialiste et du Conseil général des Bouches-du- Rhône. Plusieurs personnes ont été mises en examen dans ce dossier et placées en détention provisoire. L’information judiciaire porterait sur des présomptions d’abus de biens sociaux, de détournements de fonds publics, de corruption active et de blanchiment.

Par ailleurs, au cours des dernières semaines, un rapport d’enquête rédigé par Arnaud
Montebourg et dénonçant des pratiques de clientélisme et un système de pression au sein du Conseil général des Bouches-du-Rhône a été rendu public. Le parti socialiste a alors annoncé la constitution, après les élections cantonales, d’une commission d’enquête appelée à rendre son rapport avant l'été 2011. 

Au regard de ces éléments, Transparence International France appelle le parti socialiste à
mener cette enquête avec la plus grande diligence et à apporter sa pleine coopération à la justice afin de contribuer à faire la lumière sur des allégations aussi graves. 
Notre organisation considère par ailleurs que le parti socialiste, conformément aux engagements de transparence et de renforcement de l’éthique des élus qu’il a pris, s’honorerait en n’apportant pas son soutien à la candidature de Jean-Noël Guérini à la présidence du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Dans le contexte actuel d’appels répétés à une moralisation de la vie publique, la réponse
qu’apportera le parti socialiste à ces mises en cause se doit d’être exemplaire. 
Nous vous serions reconnaissants d’apporter une réponse aussi rapide que possible à la
présente lettre qui sera rendue publique sur notre site Internet. 
Veuillez agréer, Madame la Première Secrétaire, l’expression de nos salutations distinguées.


3 commentaires:

Gabale a dit…

En matière économique, il existe des agences qui se sont octroyées le curieux pouvoir de noter les Etats.

Je découvre qu'il existe peu ou prou la même chose en matière de corruption.

La section française de Transparency International, présidée par le camarade Lebègue, s'invite donc dans les Bouches-du-Rhône, cite le rapport Montebourg, et réclame du PS une commission d'enquête...

Risible surtout quand on sait comment fonctionnent les commissions d'enquête du PS...

En 2008, la commission de recollement a entériné les fraudes qui ont entouré l'élection du Premier secrétaire. Et en ce qui concerne le Languedoc-Roussillon, on a pu mesurer le vide autour d'une soi-disant « commission de dialogue et de réconciliation ».

Tout ceci bien sûr n'est que gesticulations et manoeuvres dans le cadre de primaires dont on peine à savoir si elles vont avoir lieu tant on peut constater le peu d'entrain à les organiser concrètement.

Je n'ai aucune sympathie particulière pour Jean-Noël Guérini.

Mais la seule enquête qui vaille est celle d'un juge d'instruction. Je ne sache pas, sauf erreur de ma part, que Jean-Noël Guérini est actuellement directement visé par une plainte en justice. Pour l'instant, il a le tort d'avoir un frère en détention préventive.

Je trouve pour le moins curieux que tous les pourfendeurs du système Guérini s'en remettent à la seule première secrétaire du PS. Si les choses sont aussi graves, pourquoi ces pourfendeurs n'agissent-ils pas sur le terrain judiciaire ? Peut-être le feront-ils un jour ? Pour l'instant, je ne vois que des postures.

Enfin, j'ai lu sur Wikipédia la biographie de Daniel Lebègue, digne représentant de l'énarchie, qui est très probablement un honnête homme soucieux du bien public. Mais j'ai été quand même estomaqué par le nombre de mandats qu'il cumule depuis 2003 dans différents conseils d'administration (j'imagine qu'il le fait à titre gratuit et que certains de ces mandats ne sont plus d'actualité)...

« Depuis 2003, il est administrateur d'Alcatel, Crédit agricole SA, Technip, Scor. Parallèlement, il est président de l'Institut du développement durable et des relations internationales, président de la section française de Transparency International, coprésident d’Eurofi, président d’Epargne sans frontières.
Depuis juillet 2003, il préside l'Institut français des administrateurs, association professionnelle des administrateurs de sociétés exerçant leurs fonctions en France. Il présidait également jusqu'en 2008 le conseil d’administration de l'Institut d'études politiques de Lyon. Depuis le 20 octobre 2008, il est président de l'ORSE, l'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises »

Rimbus a dit…

Gabale, il faut être clair : soit on couvre les dérives d'un système de clan et de manipulations frauduleuses au nom de l'intérêt général du Parti, et on n'a plus le droit de dénoncer les mêmes abus dans le camp en face, soit on fait le ménage en interne.
On a été moins hésitant contre Frêche… peut-être ne servait-il pas les mêmes intérêts ?

GdeC a dit…

@rimbus, je t'aime bien, mais je pense que tes billets gagneraient en force de persuasion si tu ne roulais pas aussi habituellement poru Montebourg, ce qui entraîne une certaine méfiance vis à vis de l'objectivité du propos. Si un jour, je fais la même chose pour Méluche, fais moi signe, je t'en serai reconnaissant.