samedi 2 avril 2011

Vos meilleurs ennemis : les journalistes



Ils en prennent plein la tête les journalistes.
Les français ont été interrogés sur 15 métiers afin de connaître la côte d’opinion qu’ils en avaient, par l'Ifop, il y a 4 mois… le résultat est sans appel :

Les journalistes arrivent en 12e position, juste avant les banquiers, et juste après les prêtres !

Les politiques ne se privent pas de les rabrouer, de les critiquer, que ce soit Jean-Luc Mélenchon, dont c'est la spécialité, ou le parti présidentiel, qui dénonce les méthodes des journalistes d'investigation de Médiapart ("des méthodes fascistes"), ou encore le Front National qui expulse violemment un reporter de son congrès, l'occasion pour Jean-Marie Le Pen d'ajouter un "bon mot" à sa collection ("journaliste juif ? Ça ne se voit pas sur son nez !").

Et ainsi de suite, on pourrait faire une volumineuse compilation…

Et pourtant… N'y a-t-il pas de plus grande richesse pour une démocratie que d'avoir des journalistes libres de s'exprimer comme ils le veulent ?
Inconditionnel de la liberté de la presse, Thomas Jefferson disait que s’il devait choisir entre d’un côté, pas de gouvernement et une presse libre et de l’autre côté, un gouvernement et l’absence de presse libre, il choisirait sans hésiter la première proposition. 

Le journal "Courrier International" nous permet de prendre connaissance du travail des journalistes du monde entier. Une lecture nécessaire que je recommande.

En particulier ce témoignage d'un correspondant du journal anglais "The Guardian", en Libye.

Capturé par la milice du leader libyen et détenu pendant deux semaines dans des conditions difficiles, il raconte sa détention… Effroyable ! (à lire intégralement en suivant ce lien).
"On me pousse dans la cellule 11, un espace sans fenêtre, de 2,50 mètres sur 1,50 mètre, aux murs gris foncé, éclairé par une ampoule de faible puissance. J’y trouve une paillasse sale, une couverture et un oreiller dégoûtant. Un muret isole des toilettes recouvertes d’une épaisse croûte brune, un robinet et un seau. Il règne une forte odeur d’égout".
 On pourrait mettre en parallèle le cas de Jean-Marie Lemaire, reporter de France 24, blessé devant Brega, en Libye, et qui a failli y laisser une jambe.

Dans le monde l'année dernière, 57 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur profession. Reporters Sans Frontières rapporte qu'au cours de l'année 51 journalistes ont été enlevés, 535 ont été arrêtés, 1.374 ont été agressés ou menacés, tandis que 504 médias ont été censurés et 127 journalistes ont fui leur pays.
Selon RSF, dans beaucoup de pays le gouvernement français n'est plus considéré comme respectueux de la liberté d'information.

Mais dans notre pays, les  journalistes sont vraiment nos meilleurs ennemis, et l'ingratitude des citoyens à leur égard est tout à fait étonnante.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est vrai que depuis 2007 et même avant, mais depuis le sacre de Sarkozy c'est flagrant, bon nombre de personnes se sont aperçus ce que pouvait être les journalistes très très complaisants (Chabot, Chazal, Poujadas, Ferrari, Pernaut (le plus servile) et tant d'autres) ceci explique cela.

C'est dommage que pour une petite clique de soit-disant journalistes bien en vus du pouvoir(pour moi c'est plutôt des présentateurs d'émissions télé a la botte du pouvoir politique) une majorité de journalistes qui fait bien son boulot pâtisse des agissements de ces tristes individus.

Je sais pas si il existe un code de bonne conduite ou de déontologie dans cette profession, mais tout ce que je sais, c'est qu'ils y en a qui sont loin de mériter le nom de journaliste.

Captainhaka a dit…

D'ailleurs à ca sujet, un bon magazine d'investigation vient juste d'être déprogrammé sur TF1. Carré Viip ou un truc du genre. La profession a d'ailleurs exprimé sa désapprobation par la voix de M. Drucker et N Aliagasse.

Rimbus a dit…

Il ne faut pas confondre journaliste et speakerine ! Je parles des vrais journalistes.

ROUGE MER a dit…

Cher Rimbus, votre article a retenu mon attention.
Un ami me disait qu'il ne faut pas confondre les journalistes d'investigation, ceux qui prennent à coeur leur profession, des vrais chercheurs de vérité, avec les journaleux, ceuxt qui radotent ce que les autorités d'État ou financières lui disent de dire.
Beaucoup de gens autour de moi se méfient des derniers, véritables paillassons de la désinformation. Quant aux premiers, c'est vrai qu'il faut faire l'effort d'aller vers eux. Et cet effort a parfois un coût ( financier ).
Ceci avec l'avenue des blogs et d'une certain expression populaire libre, se tenir informer passent de moins en moins au travers des journaleux de chiens écrasés lécheurs de bottes. Et ceci dans plus en plus de pays. La démocratie, comme vous dites, c'est avant tout l'engagement de chaque personne. Et pas seulement d'une clique, d'un partie, d'une classe ou autre groupes à pression.
Bone journée. À vous lire, prochainement.
Rougemer, 2011 04 04.

Janfi from Mars a dit…

Il existe en effet non seulement une éthique mais aussi un code de déontologie attachés à cette profession que tous les titulaires de la carte de presse, ne respectent pas forcément. comme dans tous les métiers, il y a des brebis galeuses et devinez quoi, ce sont elles généralement les mieux rémunérées. Sous l'Occupation, les journalistes français collabos qui travaillaient à Je suis partout, étaient les rois. En gros, ça n'a pas beaucoup changé. N'empêche, dans les "foires aux métiers" organisées pour nos lycéens et collégiens, c'est une profession qui a pourtant toujours apparemment beaucoup la cote. Méfi des sondages ! Bonjour chez vous.