mercredi 4 mai 2011

Découpages contestés à l’ouest des Bouches-du-Rhône.



La solution d'un regroupement du pays d'Arles dans une même EPCI n’a pas été retenue par le préfet de Region Hugues Parant.
Vendredi 22 avril, le préfet de Région a présenté sa proposition de nouvelle carte territoriale correspondant au schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI).
Concernant l’ouest des Bouches-du-Rhône, le pays d’Arles est profondément remanié : la communauté de communes de la Vallée des Baux et des Alpilles disparaît, partagée entre les deux autres Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du territoire, Rhône-Alpille-Provence et Arles-Crau-Camargue-Montagnette. Saint-Rémy de Provence et Eygalières tombent dans le giron de Châteaurenard, le fief du député Bernard Reynes, et ses 8 autres communes sont rattachées à l’ensemble arlésien.
Les municipalités encore indépendantes seront intégrées aux 2 nouveaux groupements. Au sud, la commune des Saintes-Maries de la Mer devra logiquement rejoindre Arles. Quant à Mollégès, Orgon et Plan d’Orgon, elles intégreront l’EPCI nord-ouest de Châteaurenard.

 Méthode politicienne

Michel Vauzelle, qui plaidait pour une unité de l'ouest du département n'a pas été écouté. “Cette méthode, que l’on pourrait croire technocratique, est en fait politicienne” a dénoncé le président de la Région, qui est aussi député d'Arles. En effet, comme le souligne Hervé Schiavetti, le maire Arlésien, la nouvelle EPCI nord-ouest correspond à la circonscription électorale de l’élu UMP de Châteaurenard.
Hervé Chérubini, le maire PS de Saint-Rémy ne veut pas en entendre parler. Il s’étonne de ne pas avoir été contacté par la préfecture, alors qu’il est un des premiers concernés : “ j’ai découvert la proposition vendredi, comme tout le monde”. Il conteste fortement l’argument avancé par Hugues Parant, “d’une agriculture au nord des Alpilles beaucoup plus intensive, organisée autour de cités de marchés, plutôt provençale et tournée vers la Durance quand celle de Camargue est rhodanienne”.
Selon lui, cette vision est dépassée, la région de Saint-Remy vivant maintenant principalement du tourisme et de la culture. “La question du tourisme n’est même pas évoquée dans cette proposition” s’étonne Chérubini, soulignant beaucoup d’incohérence, tant sur la forme que sur le fond, dans ce projet.

Une grande déception

Une opinion partagée par le maire d’Arles, qui fait part d’une “grande déception”. Pour lui aussi, l’absence de concertation dans l’élaboration de cette proposition conduit “à une occasion manquée pour l’avenir du Pays d’Arles”. Le partage du Parc Naturel des Alpilles entre deux EPCI lui semble une grave erreur. De plus, l’unité profonde de ce territoire, de Châteaurenard à Arles, est une réalité concrète qui se traduit par les différentes circonscriptions (Chambre de commerce, Justice, sous-préfecture…) qui la représentent. C’est avec inquiétude qu’il évoque un premier pas vers une possible absorption de l’EPCI nord-ouest dans la sphère du Grand-Avignon. Une revendication qui n'est pas cachée par le sénateur UMP du Vaucluse Alain Dufaut, qui reproche au préfet d'avoir renoncé à intégrer au Grand-Avignon les communes du nord des Bouches-du-Rhône, à savoir Châteaurenard, Barbentane, Graveson, Rognonas et Noves.

Un territoire bipolaire

Une inquiétude balayée par Bernard Reynès, qui reste fortement attaché au Pays d’Arles (dont il est le vice-président du Scot). Selon lui, l’existence d’une EPCI nord-ouest “correspond bien à une bipolarité du pays d’Arles”, marquée par la géographie (les Alpilles traversent le territoire), ou l’économie régionale. Il souligne que 16 maires voisins de Châteaurenard ont souhaité cette solution qu’il considère “comme une solution équilibré”. Si un seul regroupement doit unir dans le futur le pays d’Arles, c’est sur la base d’un projet commun qui reste encore à définir.

Pour la préfecture, il ne s’agit que d’une proposition, comme l'a demandé le législateur, et le temps de la négociation est prévu à l’issue de la présentation du projet préfectoral. M. Castoldi, sous-préfet d’Arles, précise que cette proposition a été élaborée par les services de l’Etat en se basant sur la consultation des différents organismes administratifs (Insee, services financiers et fiscaux etc.), qui ont mis en exergue la dualité du territoire. Les deux EPCI proposées représentent donc des bassins de vie bien distincts, d’un poids démographique assez équivalent.

La Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) doit rendre ses conclusions dans les 3 mois à venir, et le projet du préfet de région peut être modifié si une majorité des deux tiers en conteste le bien-fondé. Une majorité qui peut sembler difficile à trouver, seuls 5 élus du Pays d'Arles sont représentés à la CDCI…

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