mercredi 11 mai 2011

Montebourg n'est pas une girouette


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En 1997 Arnaud Montebourg a 34 ans, et sa vision du monde ne manque pas de maturité. Il se lance en politique sérieusement, en se faisant élire député en Saône-et-Loire. C'est le début d'un combat pour des idées (et des rêves) qui le conduisent aujourd'hui à se présenter à l'élection présidentielle.

Il l'a dit lui même, il est temps maintenant qu'il les porte seul. Sans doute l'homme a mûri, s'est "fait le cuir" dans le combat politique, a gagné en crédibilité en présidant un Conseil Général puis en s'y faisant réélire. Mais la constance de ses idées est bien là.

En 1997 le candidat dénonce déjà, comme aujourd'hui, le capitalisme boursier, et il est convaincu qu'une forme de démondialisation est nécessaire, en taxant aux frontières européennes les produits fabriqués par des ouvriers sans aucune protection sociale… Tout comme aujourd'hui.

En 2001, sa réflexion lui fait comprendre qu'un des maux principaux de notre démocratie bancale est la constitution de la Ve République, un constat partagé par Jean-Luc Mélenchon. 10 ans plus tard, il reste le premier partisan de la 6e République, une idée qu'il a su imposer dans le PS en 2007, et qui est reprise à leur compte par de nombreux acteurs de gauche.

Marie-Noelle Lienemann, dans une tribune sur Marianne, explique que selon elle Montebourg "fait preuve d’une certaine inconstance dans ses positions. Il s’est roulé pendant un temps avec délectation dans la candidature Ségolène Royal. Alors bien sûr, Arnaud Montebourg a de grandes qualités, mais la période appelle à de la constance, des choix clairs, une certaine continuité. C’est le cas de Martine Aubry".

Sans doute Marie-Noelle ne connaît pas bien Arnaud et ses idées… Quant à la constance de madame Aubry, "ses choix clairs" concernant la candidature à l'élection, on ne peut que s'étonner qu'ils soient comparés à ceux de Montebourg, qui a décidé le premier de ne tenir compte que d'une chose, de la solidité de son programme plus que de la subjectivité des sondages.

8 commentaires:

estelle92 a dit…

Tu as parfaitement raison, Rimbus, au NPS la vraie girouette c'était Peillon me semble-il, Valls aussi, en aucun cas Montebourg !!!
Estelle92

Anonyme a dit…

Je ne pense pas que les sondages ont été derrière la non candidature de Martine l'indécise, l'hésitante et la mal-entourée. Que de compétences et de vision claire marginalisées. Déception regrettable. J'attendais beaucoup plus de la Femme des 35 heures.

Enfin, il reste François le corrézien. Le candidat du Terroir est bien là avec son expérience de responsable politique sérieux et pragmatique. D'aucuns le prennent pour la copie de l'homme à la porsche mais force est de constater que Bernadette s'est rarement trompée quand il s'agissait des élections présidentielles...

dima

Alin a dit…

Très bon article, je vous ai lu avec plaisir.

J'ai trouvé une seule inexactitude, quand vous dites:
"En 2001, sa réflexion lui fait comprendre qu'un des maux principaux de notre démocratie bancale est la constitution de la Ve République. 10 ans plus tard, il reste le premier partisan de la 6e République, une idée qu'il a su imposer dans le PS en 2007, et qui est reprise à leur compte par de nombreux acteurs de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon."

Il se trouve que dans cette histoire c'est plutôt le contraire comme influence, puisque cette 6ème république dont ils partagent tous les deux la vision et les principes a été abordée par Mélenchon en 1991, dans son livre "A la conquête du chaos". Vous pouvez lire une description de ce livre sur ce blog:

http://www.danielbaiguini.fr/2010/04/a-la-conquete-du-chaos/

Et pour être complet, c'est toujours en 1991 que Mélenchon, Julien Dray et Marie Noëlle Lienemann ont présenté un texte au PS qui proposait la 6ème république et qui avait obtenu à l'époque 8% de voix.

Une bonne journée et merci encore.

Rimbus a dit…

@estelle92 : oui, l'hôpital se moque de la charité

@dima : François le Français… je ne vois pas trop quelles sont ses mesures phares de transformation…

@Alin ; merci de cette précision, j'ai corrigé. J'ai beaucoup de respect pour le camarade Méluche.

Anonyme a dit…

Marie-Noelle a raison mais je crois quand meme que Montebourg ferait, dans un avenir très proche, un très bon garde des sceaux.

Il parait qu'on s'est déjà mis d'accord au PS sur un socle amendable de projet présidentiel. Non ?

dima

dima a dit…

"mais force est de constater que Bernadette s'est rarement trompée quand il s'agissait des élections présidentielles..."

Je vends des boules cristals dédiées aux "innocents égarés" à prix d'ami, promis.

PS: Chirac vote pour François Hollande à moins qu'Alain Juppé se présente...

Rimbus a dit…

Dima, chacun trouve les références qui lui conviennent.

dima a dit…

Malgré le pseudo démenti, qui n'en vaut pas un, puisqu'il faut, au moins, un meeting en commun (Sarkozy et Mr ou Mme Chirac) ou une franche déclaration de Chirac en faveur de Sarkozy, une partie de l'électorat Chiraco-Gaulliste s'en souviendra, si le doute lui en prend, une fois dans l'isoloir...

A part ça, je ne fais que relater les faits et rien que les faits.

PS: Cambadélis, sur RFI, a rappelé au PS que le plus important, maintenant, est d'etre "présent" au second tour.