samedi 18 juin 2011

La monarchie de juillet sauvera-t-elle le Roi du Maroc ?



En annonçant un référendum pour le 1er juillet, Mohammed VI renonce au pouvoir absolu.

Selon la nouvelle constitution proposée au peuple, le Premier ministre sera issu de la formation arrivée en tête aux élections législatives, et gouvernera le royaume. Le chef du gouvernement pourra aussi dissoudre la chambre basse du parlement après avoir consulté le roi, le président de la chambre et le président du Conseil constitutionnel.
Le projet «constitutionnalise tous les droits de l'homme». Il «garantit la justice sociale et le droit à l'initiative individuelle». Il prévoit une justice «indépendante vis-à-vis des pouvoirs exécutif et législatif» et «la criminalisation de toute interférence». 

Néanmoins, le roi gardera la main sur l'armée.

Je me souviens de la mort de Hassan II en 1999, j'étais à Casablanca… l'ombre du coup d'état militaire planait comme un spectre. Hassan II avait échappé miraculeusement à plusieurs attentats d'origine militaires (1971, 1972) .
Les gens allaient à "Marjane", le supermarché, pour stocker du sucre et des produits de 1re nécessité. Les mines étaient graves.
Dans la soirée, les généraux ont fait allégeance au nouveau Roi, Mohammed VI… Le Maroc était sauvé.

Aujourd'hui, le vent du printemps arabe qui souffle de l'orient commence à réveiller le Royaume. Mohammed VI, avec beaucoup de lucidité, n'attend pas que la situation dégénère et fait d'énormes concessions.
Il ne finira sans doute pas comme Ben Ali, Moubarak, Khadafi ou El Assad.

Pour le roi du Maroc, le nouveau premier ministre sera le fusible qui manque dans les pouvoirs absolus. Mohammed VI est en train de sauver la monarchie, et sans doute le Maroc.

Le Royaume du Maroc peut se féliciter d'avoir vu se succéder 3 hommes d'exception pour guider son destin, Mohammed V, Hassan II et Mohammed VI, qui se révèlera enfin à la hauteur de ses ancêtres, si le changement constitutionnel étouffe la contestation qui monte.

Un nouveau Maroc, un nouveau roi, un nouvel avenir ?

Vive le Roi !

9 commentaires:

Nouvel Hermes a dit…

Va donc dire "A bas le Roi!" au Maroc et tu verras ce qui t'arrivera! Lis la presse marocaine et tu verras ce qu'est la liberté d'expression! Je crois que ton billet est bien naïf même si je souhaite que tu aies raison...
Je préfère dire avec toi "Vive Montebourg"... Celui dont les socialistes veulent se débarasser.

Accent Grave a dit…

Les changeents de régimes qui tournent bien... ils sont rares.

Accent Grave

Captainhaka a dit…

Ce roi est en train d'entreprendre une réforme civilisationnelle importante dans cette partie du monde où les monarques n'envisagent aucune concession possible au pouvoir. Je ne parle même pas des présidents à vie.
C'est courageux de sa part, reste à savoir si les libertés s'en trouveront mieux protégées. Moi aussi je le félicite.

Rimbus a dit…

Etes vous pour une république du Maroc ? Le roi tente une "révolution" de velours… alors que d'habitude les révolutions tournent à la guerre civile, je ne le souhaite pas pour le Maroc.

Romain / Variae a dit…

Le Maroc c'est le Royaume Uni, la Tunisie c'est la France, d'un côté évolution de la monarchie, de l'autre décapitation d'un pouvoir trop rigide pour évoluer.

Salvadorali a dit…

@ Nouvel Hermès

Au nom de quel principe faudrait-il proclamer "à bas le roi", au Maroc en particulier ?

Au nom de la foireuse révolution française qui n'a finalement permis qu'aux bourgeois d'égaler les rois ? Ou alors du benbarkisme plus ou moins guevarien ? Mon Dieu, protégez-nous des gens qui nous veulent du bien !

D'autre part, il s'avère qu'une partie de la presse marocaine ne se gêne plus depuis quelques années pour clamer ce genre d'inepties... Je crois au contraire que la presse est un peu trop libre au Maroc ;-)

Cela dit, je suis ravi que tu souhaites que Rimbus aie raison, bien qu'il néglige dans son analyse le ressort essentiel du système de gouvernance marocain : le fait que le roi est également "commandeur des croyants"...

Marie-Aude a dit…

Etes vous pour une république du Maroc ? Le roi tente une "révolution" de velours… alors que d'habitude les révolutions tournent à la guerre civile, je ne le souhaite pas pour le Maroc.

Je suis parfaitement d'accord avec toi. Les "révolutionnistes" ont commencé déjà à se plaindre de la démocratie, j'ai vu en commentaire sur un blog qu'il faudrait interdire aux 50% d'ignorants de voter... ce qui n'est pas totalement faux en plus, et montre bien le défi de l'évolution politique marocaine, à deux vitesses entre les demandes des classes bourgeoises et les demandes des autres marocains. En plus ce que je n'ai pas vu écrit souvent, c'est la crainte véritable d'un éclatement du pays qui, s'il n'est pas aussi "tribal" que la Lybie, fonctionne encore énormément sur la base de l'allégeance locale. Et puis je suis extrêmement pessimiste sur les avancées réelles qu'on constatera dans quelques années - voir quelques mois - en Egypte (et même en Tunisie). Le problème / un des problèmes du Maroc c'est son absence de vraie classe politique, qui a été organisée avec talent par Hassan II, certes, mais qui pèse encore sur la vie politique actuelle. Et les représentants du 20 février se drapent dans une contestation qui prouve leur peu de capacité à faire évoluer leur mouvement de la contestation à la véritable action politique.

@Nouvel Hermès, c'est vrai qu'on ne dit pas "A bas le Roi", pas plus qu'en France on a le droit de dire "casse toi pauvre con" ^^ Il est clair que la situation de la presse est très loin d'être idyllique au Maroc, malheureusement, pour ce que je peux en lire, très peu de ceux qui se prétendent des journalistes le sont réellement.

Salvadorali a dit…

@ Marie-Aude

Tu as raison, la classe politique marocaine est une calamité mais il ne suffit pas de souligner que Hassan II l'avait machiavéliquement configurée...

Si tu ne nous expliques pas pourquoi nous en sommes arrivés à "ça" aujourd'hui, ton propos se borne en fait à dénoncer mécaniquement le prétendu absolutisme monarchique à la marocaine.

Ton commentaire ne se distingue donc que très peu de la prose de ces journalistes marocains dont tu dénonces, à juste titre, la pertinence.

à part ça, comment vont les affaires ? sympa, ta principauté berbère !

Marie-Aude a dit…

@Salvadorali
je ne comprends pas très bien ce que tu me "reproches". Mais si c'est de ne pas analyser en détail pourquoi la classe politique marocaine est aussi absente... ça ne tient pas en un commentaire de longueur raisonnable :)

Pour faire court
- historiquement parlant, et bien avant la colonisation, le makhzen est un ennemi -> il semble aujourd'hui une mission quasiment impossible de transformer le sentiment d'appartenance à une jemaa ou une kabyla en un sens du service de l'état, d'où l'omniprésence de la corruption, qui n'est mauvaise que pour les autres
- de la même façon, avoir une vraie réflexion politique avec une population adulte encore illetrée ou quasiment illetrée à 50% relève du doux rêve -> on vote local, pour les importants du coin, pour la famille, pour la kabyla
- les jeunes du 20 février n'étaient manifestement absolument pas préparés à faire autre chose que protester dans la rue. Leur attitude de refus, de boycott même, ouvre le champs à une constitution préparée au palais, et imposée, c'est facile quand on n'a pas d'adversaire. Si il y avait eu un projet réel, porté par un groupe, une vraie discussion / négociation aurait été possible