jeudi 30 juin 2011

Quand le Bio nous fait chier…



M. Marian Apfelbaum, professeur de nutrition à la faculté de médecine Xavier Bichat, expliquait il y a 10 ans lors d’une audition devant le Sénat :
"Certains aliments biologiques peuvent être bons pour la santé, mais ce n'est pas démontré. D'ailleurs, la législation en matière d'aliments biologiques (…) n'impose ni critères de qualité, ni critères de sûreté.

Je continue à penser que les aliments biologiques sont en effet un produit de la "connerie", c'est-à-dire de notre goût à être rassurés et de la nécessité, pour certains, d'être sûrs que l'aliment n'a pas été touché par le progrès. C'est évidemment faux ! Toute l'agriculture, depuis le néolithique, est entièrement artificielle. Seules les sociétés de cueillette mangeaient des produits naturels ! (…)"
Son point de vue iconoclaste prend un autre saveur aujourd'hui, alors que des graines germées certifiées bio sont accusées d'avoir semé la mort derrière elles. Comme l’a démontré une étude de l’Université du Minnesota publiée dans le Journal of Food Protection en 2004, le risque de contamination par Escherichia Coli est six fois supérieur en agriculture bio qu’en agriculture traditionnelle (d'après Gil Rivière-Wekstein).

Et si on y songe, le bon vieux fumier n'est jamais que de la merde (avec les bactéries qui vont avec) ; et puis l'absence de conservateurs, d'additifs aux noms étranges (qui ne sont parfois que de simples vitamines, mais il vaut mieux effrayer les consommateurs) dont la fonction sanitaire n'est pas inutile, favorise le développement des agents pathogènes (microbes, moisissures…), amplifié par le stockage des aliments ainsi que leur transport.

Autre sujet d'inquiétude concernant l'agriculture Bio : sa productivité est moindre, alors que la population mondiale augmente sans cesse. La filière est loin d'être une solution d'avenir.
Bien sûr, l'utilisation intensive d'engrais chimiques, de pesticides, prépare la mort de notre environnement, et l'agriculture Bio peut sembler une nécessité… Mais rien ne dit qu'elle est exempt de risques sanitaires majeurs. 

De plus, les soupçons se multiplient sur la possibilité d'une "arnaque" : selon Gil Rivière-Wekstein, auteur de Bio, fausses promesses, vrai marketing :
« il y aurait deux mondes dans l’agriculture, le monde de l’agriculture conventionnelle et des pesticides, mauvais pour la santé et puis de l’autre côté, le monde du « bio », naturel, sans pesticide, tout propre. Et bien c’est faux. L’agriculture biologique utilise de très nombreux pesticides.

La seule différence entre ces produits utilisés en « bio » par rapport à ceux qui sont utilisés par leurs collègues en conventionnel, c’est que dans le premier cas, ils sont naturels, donc leur toxicité est naturelle. Ils tuent naturellement les ravageurs. Alors que dans le cas de l’agriculture conventionnelle, on se permet d’utiliser des produits de synthèse, donc des produits qui fonctionnent avec la même toxicologie mais simplement, qui ont été synthétisés par l’industrie de la chimie » (source)

L’agriculture bio peut être meilleure pour l’environnement dans certains cas, mais elle n’est pas toujours plus respectueuse de l’environnement que certaines pratiques conventionnelles. C’est notamment le cas lorsque l’agriculture bio utilise du cuivre.

Prétendre que l’agriculture biologique, c’est l’idéal d’un point de vue environnemental, ce n’est pas vrai. Il existe des pratiques conventionnelles meilleures pour l’environnement que ne l’est le bio. Il faut tout prendre en considération (source).
Il n'est donc pas simple de concilier objectifs nutritionnels et écologiques, sanitaires et agronomiques...

9 commentaires:

Captainhaka a dit…

Moi, c'est les types qui bossent pour les industries agro-chimiques qui me font chier.

Hyacinthe R. a dit…

"Autre sujet d'inquiétude concernant l'agriculture Bio : sa productivité est moindre, alors que la population mondiale augmente sans cesse. La filière est loin d'être une solution d'avenir."
Productivité moindre, peut-être, mais quand on voit la quantité de nourriture gaspillée chaque jour dans le monde, on se dit que sûrement la question de la productivité n'est pas la première question à se poser. Je suis d'accord avec vous sur le fond, c'est la façon dont vous tournez votre article qui me dérange. Une agriculture bio (ou même raisonnée) ne constituera jamais à elle seule une alternative, c'est la surproduction et la surconsommation à laquelle la société est en proie qu'il faut plutôt remettre en question.

Rimbus a dit…

@Captainhaka : l'un n'empêche pas l'autre

@Hyacinthe R : l'actualité m'a fait me pencher rapidement sur cette question. Comme toujours, il semble que le manicheisme soit à éviter. Rien n'est tout blanc, ni tout noir. C'est vrai que j'ai privilégié les avis négatifs… Disons que c'est pour bousculer un consensus qui ressemble à de l'angélisme.

Captainhaka a dit…

???

Anonyme a dit…

Ayant passé une grande partie de mon enfance à jouer (aussi) dans les caniveaux… avoir mangé des coquillages directement sur les rochers ou ramassés dans la vase… etc etc…
je me pose la question de savoir si j'étais naturellement immunisé de par ma constitution génétiquement robuste
ou si le côtoiement régulier (sinon permanent ?) des microbes et autres agents pathogènes m'avait (naturellement) immunisé…

Alexis a dit…

"Prétendre que l’agriculture biologique, c’est l’idéal d’un point de vue environnemental, ce n’est pas vrai."

Et prétendre que c'est l'argument de vente du bio, c'est vrai ?
Moi j'entends plutôt dire que c'est bon pour qui en mange, plutôt que bon pour la nature…
Et j'entends surtout un discours de publicitaires, pas de politiques, faudrait pas confondre… Est-ce que ça viendrait à l'idée de quelqu'un de confondre le programme du PS avec une campagne d'affichage de Leclerc® ?
Je comprend pas bien cet acharnement anti-écolo un peu primaire (si j'ose dire). Évidemment, ça fait un peu peur… des gens qui ne promettent pas le confort (maintenu à son niveau actuel) pour tous mais un juste partage des ressources, et pourquoi pas des richesses… ça fait un peu peur… à gauche

David a dit…

"Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt.", cela résume parfaitement votre vision très limitée sur le sujet...pour info la citation n'est pas de moi, mais Confucius qui mangeait BIO c'est prouvé !! ;)

BERTRAND TIECHE a dit…

Juste à titre d'information, je me permets de vous rappeler humblement que l'agriculture productiviste n'existe que depuis la fin de la seconde guerre mondiale (je mets de côté Justus von Liebig, l'inventeur de l'agriculture chimique au 19ème siècle. Et que avant cela nos parents et grands parents (ceux-là même qui le plus souvent pestent contre le bio), se nourrissaient de "bio" sans le savoir !
Quel est l'avenir d'une agriculture productiviste qui empoisonne le sol, et qui surtout, dépend de la ressource du pétrole, dont l'épuisement des réserves est commencé depuis quelques années ?(depuis 2006 selon l'AIE)

Anonyme a dit…

Conclusion : ne nous privons de rien et mangeons de tout RAISONNABLEMENT ....