dimanche 3 juillet 2011

Quand Alain Lipietz parle de DSK et de Nafissatou



Sur son blog, Alain Lipiez fait son analyse de l'affaire DSK, et c'est assez intéressant. Je conseille à tous de la lire.

Alors que tout le monde semble considérer que l'innocence de l'ex-patron du FMI est un fait acquis, ou presque, l'écologiste nous explique que ce n'est pas si simple.

"DSK était aussi pour moi un copain de travail, je l’ai toujours connu charmeur, jamais violent, et j’aimerais aussi qu’il ne soit pas coupable. Mais les préférences de coeur n’ont rien à voir avec la recherche de la vérité", écrit-il. Et il explique point par point pourquoi l'accusation de viol n'est pas levée. Son point de vue de peut pas laisser indifférent.

Une approche prudente, qu'il conclut par une petite extrapolation de l'affaire dans d'autres contextes :


Première expérience
En 2013, Valls ou Vaillant étant ministre de l’intérieur, le président de la Banque Mondiale, américain, descend au Lutetia lors d’une escale à Paris. Yasmina, femme de chambre, l’accuse de l’avoir violée. La police ira-t-elle l’intercepter à Roissy ? Un juge d’instruction sera-t-il désigné ? 
Si oui : le juge découvre que la carte de séjour de Yasmina, demeurant à Sevran, est fausse. Et que la dame arrondit ses fins de mois en laissant son fils dealer dans l’escalier. Le substitut recevra-t-il l’ordre de réclamer un non-lieu ?

Deuxième expérience. 
Alexandra von K, belle rejeton d’une noble famille saxonne, s’est enfuie d’Allemagne de l’Est à à 18 ans et a obtenu l’asile aux Usa en affirmant qu’elle a été violée par des hommes de la Stasi qui l’avait arrêtée comme dissidente. Elle fait fortune grâce à une chaîne de pâtisserie sans calorie mais au goût digne des viennoiseries. Sa fortune, 20 ans après son arrivée, est équivalente à la moitié de celle de Bill Gate, et son élégance en a fait la coqueluche de la Jet-Set, le joyau des réceptions du couple Obama. Elle rencontre un soir DSK dans le hall du Sofitel de NY. Ils prennent une coupe de champagne, il la raccompagne à sa porte, la pousse, ferme la porte à clef, devient pressant , la force. Elle porte plainte. On découvre alors qu’elle a exagéré les sévices de la Stasi, et qu’elle s’est approprié le brevet de la crème chantilly basse calorie, découverte par un de ses cuisiniers. Question : dira-t-on que « l’accusation s’est effondrée » ?

Effectivement, ces cas imaginaires sont intéressants. Mais nous sommes dans la littérature romancière.

D'autres déclarations, bien réelles, sont aussi troublantes. Celle que l'accusatrice soit une prostituée pour le compte de son syndicat hôtellier n'est pas la plus étonnante.

Un homme n’a jamais cru à la version du viol : René Ricol. Il a occupé la suite 2806 pendant quatre ans quand il présidait l’Association mondiale des experts-comptables. Il y a quelques jours, dans un dîner privé, le commissaire au Grand Emprunt continuait à douter : "La version de la femme de chambre ne tient pas quand on connaît les lieux. Impossible d’entrer sans savoir que la salle de bains est occupée. Pour moi, c’est une opération agitée par une petite mafia new-yorkaise". (JDD)

Autre déclaration, celle du député PS de l'Eure François Loncle, proche de Dominique Strauss-Kahn, a évoqué dimanche l'hypothèse de "connexions" entre le groupe Accor, propriétaire français de l'hôtel Sofitel de New York, et "certaines officines françaises".

Mafia, officines… la théorie du complot est relancée, DSK lui même l'avait évoquée comme je le disais le 16 mai.

Et il est toujours aussi difficile de se faire une "intime conviction" quant à la culpabilité ou l'innocence de DSK.

Sur le même sujet, le toujours excellent Seb Musset imagine DSK en possible premier ministre, donc j'en déduis que sa conviction intime est faite, et chez la charmante Sasa (qui a été labelisée Left-Blog, bienvenue au club) l'intime conviction est le contraire…

7 commentaires:

Denis a dit…

Même s'il ne fait aucun doute dans mon esprit que toutes les charges seront bientôt levées, il reste que le déballage de linge sale autour de DSK, de mon point de vue, l'a totalement discrédité aux yeux de l'opinion. Que dire encore de ces dirigeants du Parti Socialiste et de Jean-Marie Le Guen qui évoquait, vendredi, Les valeurs de DSK ?

Anonyme a dit…

Et si on parlait de ta "démondialisation" ? et de la possibilité d'une utopie qui ne dit pas son nom par pudeur ? au moins on restera dans le sujet et dans l'intéressant utile. Ce qui m'exaspére ce sont les gens qui donnent l'impression, de par leurs écrits, d'avoir marre de cette histoire et qui se régalent en la commentant...

dima

Anonyme a dit…

En attendant un débat utile, de la lecture matinale pour le père Lipietz :

"AFFAIRE DSK. Primaire PS : Hollande est ravi !

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/l-affaire-dsk/20110705.OBS6456/affaire-dsk-primaire-ps-hollande-est-ravi.html

dima

Salvadorali a dit…

@ dima

une utopie qui ne dit pas son nom par pudeur ? voila qui est croustillant, je veux dire intellectuellement parlant :-)

il y aurait donc une solution idéale pour protéger la chèvre de la convoitise loup tout en faisant fructifier le chou ?

ça valait donc le coup que DSK tente d'en tirer un au noir dans ce Sofitel providentiel...

Anonyme a dit…

Les coups peuvent fatals comme certaines femmes le sont...

Ce qui m'ennuie présisément avec cette utopie pudique c'est qu'elle est aussi partagée et fantasmée par les gars de la marine !

Sérieusement, un pays ne peut à lui seul "démondialiser" si ce n'est pour aller tout droit dans le mur.

dima

phentermine a dit…

This is a nice post thanks for sharing with me.

BA a dit…

Le juge Renaud Van Ruymbeke, chargé du volet financier de l'affaire Karachi, a aujourd'hui une conviction, étayée par de nouveaux éléments judiciaires : les 20 millions de francs (3 millions d'euros) en espèces qui ont alimenté de manière suspecte la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995, proviendraient bien de rétrocommissions versées à l'occasion de marchés d'armement.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/07/08/affaire-karachi-pas-de-fonds-secrets-de-matignon-dans-les-comptes-de-campagne-de-balladur-en-1995-selon-un-temoin-clef_1546273_823448.html