vendredi 5 août 2011

Quand Montebourg fait l'Assemblée buissonnière



Montebourg, qui est mis en cause pour absentéisme par un rapport de l'Assemblée Nationale, répond et s'explique sur son blog :
"Mes absences -tout à fait reconnues de ma part en réunion de commission- sur lesquelles je suis aujourd’hui grossièrement jugé, sont parfaitement explicables par mon entrée en campagne tôt, il y a presque un an, dans le cadre de la primaire citoyenne dont le scrutin se déroulera les 9 et 16 octobre prochains.

Je sillonne la France, rencontre des milliers de français, écris et publie des propositions, m’exprime partout pour défendre des idées et convaincre les gens. 
Pendant ce temps, il est exact que je ne vais pas en commission signer comme à l’école des feuilles d’émargements et de pointage. Et je n ai pas l’intention de le faire davantage, encore moins avec l’hypocrisie de certains de mes collègues qui signent et s’en vont. Je paierai donc sans sourciller mes amendes, si amende il doit y avoir, comme j’ ai toujours scrupuleusement acquitté mes contraventions de stationnement…"
La dernière réforme constitutionnelle orchestrée par Nicolas Sarkozy n'a renforcé le parlement qu'en en renforçant sa majorité. 
Le quinquennat, renforcé par la réforme constitutionnelle de 2008, et le fait qu'on élise d'abord le président de la République pour ensuite lui donner une majorité parlementaire, font que cette chambre parlementaire n'a plus qu'une fonction, celle de chambre d'enregistrement des lois. Celles-ci sont présentées par le secrétariat du président, qu'on appelait naguère le gouvernement.
L'opposition, muselée, doit plier devant une majorité ne représentant plus une opinion populaire qui désavoue au deux tiers l'action présidentielle.

C'est sur ce constat que le député de Louhans a décidé de prendre la clé des champs, pour défendre ses idées aux primaires, ainsi qu'il l'explique clairement :
"Les députés sont depuis la réforme constitutionnelle de 2008 réduits au rang de potiches décoratives, avec le seul droit de se taire, d’être, surtout s’ils sont de la majorité, dociles, sommés de se transformer en machines à voter, à soutenir ou ne pas trop critiquer les décisions du pouvoir." (…)

"Si je suis trop absent de ce théâtre d’artifices qu’est devenu le Parlement, c’est parce que la bataille pour changer la République se tient ailleurs, dans la présidentielle, dans la primaire, dans laquelle j’espère pouvoir fonder avec les socialistes, les républicains et les Français courageux, la VIe République, dotée d’un Parlement digne de ce nom".
Bastien François ne disait pas autre chose en 2008, quand il a écrit son livre sur "la constitution Sarkozy" :
"La Constitution Sarkozy, faute de toucher véritablement aux conditions d’exercice démocratique du pouvoir gouvernant, n’a pas porté atteinte au principe d’irresponsabilité politique qui s’est enkysté dans nos institutions en même temps que le présidentialisme majoritaire qui le rend possible. Le président de la République, chef réel du gouvernement, quoi qu’en dise le texte de la Constitution, continuera à n’être responsable devant personne. […]"

Certains prétendent que ces questions constitutionnelles sont de peu d'intérêt, et que notre vie quotidienne n'est pas affectée par ces points de détails du fonctionnement de la République.

Ils ont bien tort, quand l'idéologie d'un seul gouverne une nation, ses convictions nous affectent chaque jour. Non, la réforme constitutionnelle est loin d'être un détail.


UMP- 4 ans. La révision constitutionnelle a... par ump

2 commentaires:

GdeC a dit…

@rilbus : je n'en attendais pas moins de toi...

Anonyme a dit…

Il y a des fessées qui se perdent... les amendes ne sont pas suffisantes, parait-il.

dima