vendredi 23 septembre 2011

Karachigate, le retour


L'affaire du Karachigate avance et va accompagner la campagne présidentielle.

Le 24 juin 2009, le rôle central de Nicolas Bazire était pointé sur ce blog, (relire Brouillard sur Karachi) il était le premier dans mon casting sur l'affaire :

• Nicolas Bazire "l'exécuteur" :
Sarkozy et Bazire, alors les deux plus proches collaborateurs d’Edouard Balladur et aujourd’hui meilleurs amis du monde (Nicolas Bazire fut le témoin de mariage du président avec Carla Bruni) ont donné leur feu vert à la création par une société d’armement d’une structure planquée à l’étranger (société Heine) permettant la rémunération opaque d’intermédiaires et pouvant servir à la campagne électorale des balladuriens. (Bakchich)

Il est aujourd'hui mis en examen.

Un autre homme m'avait échappé, Thierry Gaubert, qui fut sous Balladur très proche de l’actuel président. Il aurait accompagné Ziad Takieddine pour toucher à Genève des commissions en liquide, sur la vente des sous marins au Pakistan. Il les remettait ensuite à Nicolas Bazire, directeur de campagne de Balladur, selon les déclarations de son ex-épouse.


En 1988 il avait épousé Hélène de Yougoslavie, un mariage célébré par le maire de Neuilly, Nicolas Sarkozy. Lui aussi est mis en examen, la belle Hélène ayant décidé de révéler à la police ce qu’elle savait des activités douteuses de son mari, déjà poursuivi à la fin des années 1990 pour détournement de fonds.

Plus incroyable, cet extrait de conversation téléphonique, une écoute policière du 19 juillet d'une conversation entre la fille de Gaubert, Nastasia, et un ami, David C. (Le Monde)

- Nastasia : "En fait, ils ont trouvé un compte aux Bahamas, et euh... mon père l'avait mis au nom de ma mère."

- David : "Oui, oui."

- N. : "Donc voilà. Il a dit à ma mère : si tu craques euh..., toute la famille saute, on saute tous (...) Il lui a dit euh... vraiment, on est dans la merde."

- D. : "Putain."

- N. : "Ouais. Et euh... personne pour l'aider parce que euh... Copé est trop dans la merde. Hortefeux est trop dans la merde. Et si euh... Sarko ne... ne passe pas au deuxième tour, euh... lui aussi est (inaudible) dans la merde et personne ne l'aide. Il a dit... Mon père, il a dit à ma mère : personne m'aidera. Parce que tout le monde est dans la merde (...). Sarko, il veut même pas l'aider. Enfin là, ça va encore, mais si... si Sarko il passe pas en 2012 euh..., vraiment, ils sont tous dans la merde."

- D. : "Ah là je crois que si Sarko il passe pas, ils sont morts."

- N. : "Ah ouais. Tous."


Est-ce que cela donne envie d'en reprendre pour 5 ans ?


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5 commentaires:

jeandelaxr a dit…

Hélène de Yougoslavie (née de Savoie) et sa fille vont faire tomber Nico le hongrois ! Hi hi hi…!

BA a dit…

Des documents découverts chez Gaubert : un transfert de 10 millions de francs.

Les policiers, qui enquêtent sur le financement controversé de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 dans le cadre de l’affaire Karachi, ont découvert lors d’une perquisition au domicile de Thierry Gaubert, un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et proche de Brice Hortefeux, des documents bancaires compromettants, selon les informations recueillies par Europe 1.

Parmi ces documents, se trouve un relevé du transfert de fonds effectué entre un compte bancaire en Suisse et un paradis fiscal. Un transfert de 10 millions de francs, une somme qui pourrait correspondre à l’argent en espèces considéré comme litigieux dans les comptes de campagne d’Edouard Balladur.

D’autres documents bancaires datant des années 1990-1995 ont aussi été trouvés par les enquêteurs. Particularité : ils portent la signature de l’épouse de Thierry Gaubert, Hélène de Yougoslavie.

Thierry Gaubert, a été mis en examen le 21 septembre par le juge Renaud Van Ruymbeke. Il a reconnu avoir ouvert des comptes bancaires destinés à accueillir des fonds non déclarés provenant de Ziad Takieddine, l'intermédiaire par lequel seraient passés 33 millions d'euros de commissions occultes dans le contrat des sous-marins au Pakistan, et 200 millions d'euros en marge d’un contrat avec l’Arabie Saoudite.

http://www.europe1.fr/France/Des-documents-decouverts-chez-Gaubert-E1-734125/

BA a dit…

Samedi 24 septembre 2011 :

"Mon mari allait chercher des espèces en Suisse pour les remettre à Nicolas Bazire."

Dans un entretien accordé au Monde, Hélène de Yougoslavie, la femme de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, assure que son mari s'est rendu à de nombreuses reprises au début des années 1990 chercher de l'argent à Genève pour le remettre ensuite à Nicolas Bazire, alors directeur du cabinet et de la campagne présidentielle du premier ministre Edouard Balladur.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/09/24/mon-mari-allait-chercher-des-especes-en-suisse-pour-les-remettre-a-nicolas-bazire_1577141_823448.html#ens_id=1561228

BA a dit…

La police judiciaire cite le nom de Sarkozy dans une affaire de corruption.

Comme Bakchich le révélait le 25 juin 2008, la justice a ouvert à Paris un dossier concernant des enquêtes effectuées par une poignée de barbouzes pour le compte de l’ancienne Direction des constructions navales, devenue aujourd’hui DCNS. Des perquisitions dans les locaux de ce saint des saints de l’armement, où sont conçus et fabriqués les bateaux, frégates et autres sous-marins, et de DCN International (DCNI), sa branche commerciale d’alors, ont permis aux flics de la Division nationale des investigations financières (DNIF, un service de la direction centrale de la police judiciaire) de ramener du gros dans leurs filets : les preuves des filières de commissions distribuées par l’appareil d’État à l’occasion de la vente à l’étranger de ses frégates et ses sous-marins.

Selon les documents récupérés, deux petites sociétés, Heine et Eurolux Gestion, créées au Luxembourg sous la houlette de Jean-Marie Boivin, un ancien cadre maison à l’entregent important (contacté jeudi 11 septembre 2008, il n’a pas souhaité répondre à nos questions) ont joué un rôle clé pour acheminer discrètement les commissions. Heine était utilisée avant la mise en place de la convention de l’OCDE, qui interdit de graisser la patte à des ministres ou fonctionnaires étrangers.

Après l’entrée en vigueur de ce texte international, la structure Eurolux a été créée. « Après 2002, Eurolux a servi à contourner la mise en place de la convention OCDE de lutte contre la corruption », a expliqué l’un des mis en examen dans le dossier, comme l’a rapporté Le Monde.

LE FEU VERT DE NICOLAS SARKOZY

Les policiers ne s’y sont pas trompés et un rapport de la DNIF du 5 mars 2007, analysant ces documents, prête un rôle clé à Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget du gouvernement d’Edouard Balladur et homme de confiance du Premier ministre. On est alors en 1994 et les équipes de Balladur se préparent à entrer en campagne. Reconnaissant à la société luxembourgeoise Heine le rôle de tuyau à commissions, les flics évoquent dans leur synthèse que Bakchich a pu consulter l’un des docs mis sous scellé :

« Une chronologie fait apparaître que la création de la société Heine au deuxième semestre 1994 s’est faite après accord de Nicolas Bazire, directeur de cabinet d’Edouard Balladur, et du ministre Nicolas Sarkozy, et fait un lien entre ces faits et le financement de la campagne électorale de Monsieur Balladur pour l’élection présidentielle de 1995 ».

Traduction : Sarkozy et Bazire, alors les deux plus proches collaborateurs d’Edouard Balladur et aujourd’hui meilleurs amis du monde (Nicolas Bazire fut le témoin de mariage du président avec Carla Bruni) ont donné leur feu vert à la création par une société d’armement d’une structure planquée à l’étranger permettant la rémunération opaque d’intermédiaires et pouvant servir à la campagne électorale des balladuriens. Rien que ça.

DE L’ARGENT BALADEUR DONT LES DESTINATAIRES RÉELS RESTENT MYSTÉRIEUX

Interrogé par les policiers de la DNIF le 4 juin 2008, l’ancien directeur financier de DCNI confirme : « Nicolas Bazire est d’accord pour la création de Heine, comme M. Sarkozy ». Et le cadre en question d’évoquer des paiements relatifs à la vente au Pakistan de sous-marins à l’intermédiaire Ziad Takieddine, dont Bakchich a déjà noté le rôle majeur à cette époque dans l’entourage de Balladur et de François Léotard, alors ministre de la Défense.

Ce mégacontrat avec le Pakistan, d’un montant de 840 millions d’euros devait, selon la déposition de cet ex-cadre de DCNI, rapporter 4%, soit 32 millions de commissions à Takieddine, via sa société panaméenne Mercor Finance. De l’argent baladeur dont les destinataires réels restent mystérieux… Comme nous le révélions ici, l’intermédiaire jugé trop balladurien a été viré dès l’accession de Jacques Chirac à l’Elysée.

Laurent Léger, vendredi 12 septembre 2008.

http://www.bakchich.info/La-police-judiciaire-cite-le-nom,04994.html

BA a dit…

ALEXANDRE GALDIN : Ce matin-là, quand je suis arrivé au siège de l'association à 9 heures, nos bureaux étaient recouverts de dizaines de hautes piles de billets de 500 F. Un spectacle incroyable. J'étais stupéfait. « Qu'est-ce que c'est? », ai-je demandé. La réponse qu'on m'a faite, en substance, c'était : « Ne pose pas de questions. » Et je n'en ai pas posé.

Et à la banque ?

Cette fois, le volume d'argent était tel que ce n'est pas une mallette mais une valise en faux cuir marron, de très mauvais goût, que j'ai apportée à la banque. Sans doute pour la même raison, René Galy-Dejean m'accompagnait. A la banque, ils ont tout compté. Je me souviens de leurs regards effarés devant le volume qu'ils avaient en face d'eux.

Cela représentait combien ?

Je ne m'en souviens pas exactement. Peut-être trois millions de francs, soit l'équivalent de six mallettes.

A part René Galy-Dejean, qui fréquentait le 84, rue de Grenelle ?

Tous les ministres du gouvernement Balladur y disposaient d'un bureau, le plus souvent occupé par un homme de confiance. On croisait Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire, Brice Hortefeux, Frédéric Lefebvre, Michel Barnier, François Fillon, François Léotard, Michel Giraud…

Avez-vous évoqué, avec eux, la question de la provenance de ces fonds ?

Jamais.

Cet argent pouvait-il provenir des meetings ou des quêtes, comme l'a ensuite affirmé Edouard Balladur ?

Non. C'était impossible. Les explications d'Edouard Balladur, à cet égard, sont évidemment mensongères.

Le 12 octobre 1995, les comptes de la campagne d'Edouard Balladur ont été validés.

Oui. Et j'ai été très soulagé quand j'ai appris qu'Edouard Balladur avait désigné un autre mandataire que René Galy-Dejean pour les défendre devant le Conseil constitutionnel. Je savais que les explications officielles ne tenaient pas la route.

Que pensiez-vous de ces méthodes de financement ?

C'était politiquement inavouable et moralement condamnable, mais je ne me sentais pas, alors, dans l'illégalité.

Croyez-vous toujours qu'il s'agisse des fonds secrets de Matignon ?

Pour partie, peut-être. Mais pas seulement. Même si nous n'en parlions pas à l'époque, la thèse selon laquelle cet argent liquide pourrait provenir de rétrocommissions liées aux contrats d'armement me paraît également plausible. En tout cas, elle doit être explorée. Ma seule certitude, dans cette affaire, c'est que l'Aficeb et son trésorier, René Galy-Dejean, ont été instrumentalisés.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/affaire-karachi-l-incroyable-confession-d-un-tresorier-politique-06-03-2011-1345003.php