jeudi 13 octobre 2011

Frédéric Lordon et la fin des banquiers



Frédéric Lordon est peu connu du grand public (il est économiste, directeur de recherche au CNRS).
C'est bien normal : il refuse de passer à la télévision (et ce passage sur France 3 est une exception). On doit acheter ses livres ou le lire sur son blog "La pompe a phynance" sur Le Monde Diplomatique.
Son dernier ouvrage, D'un retournement l'autre, a la particularité d'être une pièce écrite en alexandrins, sur la crise financière actuelle.

Lordon est un révolutionnaire économique. Comme d'autres économistes, Stiglitz, Jorion ou Roubini, entre autres, il diagnostique la mort du système capitaliste moderne miné par le surendettement généralisé.
Il dénonce en particulier la position des banques qui ont le monopole des transactions monétaires au point de devenir indispensables à la vie économique et citoyenne.

Il propose de les laisser faire faillite, ce qui selon lui ne saurait tarder si les états cessent de les renflouer avec l'argent des contribuables, pour les nationaliser à moindre coût, en sacrifiant leurs actionnaires pour sauver ce qui peut l'être.

Il suggère ensuite une nouvelle forme d'administration de ces nouvelles structures basée sur un modèle coopératif ou mutualiste.

Sa vision radicale n'est pas sans rappeler les propositions d'Arnaud Montebourg, en plus extrême. Mais Lordon est aussi un adepte de la démondialisation (cliquez sur le lien pour lire son article qui explique parfaitement ce que signifie ce mot jugé par beaucoup comme flou et sans substance).
Frédéric Lordon est clairement un des penseurs de la sphère Montebourgienne…

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la nationalisation des banques est aussi recommandée par Jacques Attali, qui disait en 2009 :
"Il y a d’abord une prise de conscience des excès du capitalisme financier et une acceptation du renforcement de l’État. Mais encore faut-il que celui-ci soit fort et efficace. Prenez l’exemple des banques : seuls les États ont aujourd’hui les moyens de leur apporter des fonds propres. On va donc nationaliser des établissements. Ces nationalisations, même partielles, sont nécessaires à la fois sur le plan économique et moral. La France va finir par le faire, même si l’establishment bancaire fait tout pour l’éviter."
Si on écoute les arguments des contradicteurs de Montebourg, on constate qu'ils objectent que ses propositions, comme la démondialisation, sont des "dingueries" (JF Copé)… Quand elles ne sont pas qualifiées de réactionnaires et ringardes (M. Valls). 

Il y a fort à parier que ces opposants-là n'ont pas pris la peine de lire et de comprendre ce que nous disent les nombreux économistes et spécialistes de la finance (ceux déjà cités ici et bien d'autres encore) qui ont inspiré le projet d'Arnaud Montebourg.

Quoi qu'il en soit, ces idées nouvelles ne s'éteindront pas dimanche soir.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

"Ces idées ne s'éteindront pas dimanche soir." Oh que tu as raison ! Je pense même qu'elles vont infuser la campagne présidentielle de 2012. Voir ici :

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/10/11/lettre-de-reponse-a-arnaud-montebourg/

Et puis lire le journal nous permet d'apprendre chaque semaine quelque nouvelle joyeuseté bancaire ou financière qui nous rapproche toujours plus du "global collapse". Du coup il m'étonnerait beaucoup que Mélenchon reste tout seul à parler de la déconfiture financière : va bien falloir que TOUS les candidats nous causent au moins un peu de ce qui se passe et pas seulement de la couleur des fleurettes...

Un partageux.

GdeC a dit…

@rimbus : Lordon, Montebourinesque ? Pas que... je m'en réclame aussi, comme beaucoup, et de plus en plus. Et tu vas voir qu'aujourd'hui et demain, avec l'appel à la capitalisationd es banques de Barroso, il va être encore plus d'actualité, et sera très certainement bien sollicité... Quelle hypocrysie généralisée !

Rimbus a dit…

@Anonyme : Montebourg est tenace et il ne lâchera pas l'affaire… je lui fais confiance.

@GdC Montebourg et Mélenchon boivent à la même source, nous sommes d'accord là dessus, tu le sais…