mardi 22 novembre 2011

L'éruption de la fin


Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

En écrivant l'Internationale, en 1871, Eugène Pottier n'espérait sans doute pas que 140 ans plus tard, ses paroles seraient toujours d'actualité… tout au plus "les rois de la mine et du rail" sont devenus "les rois de l'usure et de la finance".

Non seulement le travail a été dévalisé, mais il a été tué. Les financiers ont compris que l'activité spéculative rapportait plus et plus vite que l'activité productive.

Leur volonté fait force de loi, et l'usurier a pris le pas sur l'élu politique. Les gouvernements se font pour complaire aux financiers au détriment du citoyen.

Cet état de fait n'est pas fortuit. Il a été voulu, orchestré, volontaire. La pensée libérale a poussé à abolir les règles financières pour abolir leurs contraintes… Liberté, que de crimes n'a-t-on commis en ton nom ? disait madame Rolland sur l'échafaud en 1793.

Quant aux chefs de gouvernements qui se sont mis dans les mains de leurs créanciers en succombant aux sirènes de la finance, confondant investissement et mauvaise gestion, il sont arrivés au moment de l'addition, et doivent faire régler la note par leurs administrés.

Mon ami Yann Savidan écrit ce matin sur son blog : "Je ne sais pas pour vous mais depuis quelques jours, quelques semaines, j'ai comme la très nette impression que nous sommes tous assis sur un volcan qui monte en fusion et qui, sans aucun doute, va enter en éruption."

La raison tonne en son cratère, c'est l'éruption de la fin, disait Eugène Pottier.

5 commentaires:

ladyapolline a dit…

Très bon biyé

Cécile a dit…

Vive l'Internationale et le genre humain ! ;o)

dima a dit…

Encore des mots
toujours des mots
les memes mots
rien que des mots...

http://youtu.be/ICnbevTw4WQ

BA a dit…

« Le Parisien » : Vous souvenez-vous du délibéré portant sur les comptes de campagne d’Edouard Balladur ?

JACQUES ROBERT : Parfaitement. Et ce n’est pas un bon souvenir. Je vis très mal la façon dont le droit, à cette occasion, a été tordu.

C’est-à-dire ?

Comme tous les dossiers électoraux, celui d’Edouard Balladur a été examiné par trois conseillers rapporteurs détachés auprès de nous par la Cour des comptes et le Conseil d’Etat. Leur rapport, présenté en séance pleinière, était sans équivoque : les comptes du candidat Balladur accusaient 10 millions de francs de recettes d’origine inconnue. Ils étaient donc irréguliers.

Ont-ils tenté d’obtenir une explication de l’ex-candidat ?

Oui. Ils lui ont écrit à trois reprises, par lettre recommandée, mais Edouard Balladur ne leur a jamais répondu. L’explication selon laquelle ces 10 millions provenaient de la vente de tee-shirts, esquissée par son trésorier, ne tenait pas la route. C’était une somme énorme. On s’est tous dit que Balladur se fichait de nous.

Les comptes de Jacques Chirac, eux, étaient corrects ?

Non. Mais les irrégularités n’avaient pas une telle ampleur.

Comment les Sages du Conseil constitutionnel ont-ils réagi ?

Nous étions tous très ennuyés. Roland Dumas, président du Conseil, a alors pris la parole. « Nous ne sommes pas là pour flanquer la pagaille, a-t-il dit. Les Français ne comprendraient pas qu’on annule l’élection pour une affaire de dépassement de crédits. Il faut trouver une solution. » Il s’est tourné vers les rapporteurs. « Des postes ont peut-être été majorés? Si vous baissiez cette somme, ce serait pas mal… » La séance a été suspendue. Les trois rapporteurs se sont retirés pour travailler. Au bout de cinq ou six heures, quand ils sont revenus, le montant avait été réduit, mais les comptes étaient encore largement dépassés. Roland Dumas leur a demandé de faire un effort supplémentaire. Les rapporteurs se sont retirés à nouveau. Ils ont fini par présenter des comptes exacts… à 1 franc près. Sans doute pour montrer qu’ils n’appréciaient pas d’être pris pour des imbéciles.

En ce qui concerne Chirac ?

Cela s’est passé quasiment de la même manière.

Avez-vous accepté de valider ces comptes ?

Je sais que je ne voulais pas le faire, mais, après toutes ces années, je ne me souviens pas de mon vote. Peut-être ai-je, finalement, rallié les arguments de Roland Dumas… Vous savez, le Conseil constitutionnel, c’est un peu un club. On est entre gens de bonne compagnie, on se tutoie. Claquer la porte, donner des leçons aux collègues, ça ne se fait pas. Une chose est sûre : nous n’étions pas très fiers. Nous venions de passer trois jours à huis clos. Nous étions épuisés, mal à l’aise. Nous nous sommes dispersés sans un mot, avec le sentiment que la raison d’Etat l’avait emporté sur le droit.

Vous êtes-vous demandé d’où pouvaient provenir les fonds de Balladur ?

Nous avions la certitude que leur origine était douteuse, mais nous penchions plutôt pour un potentat africain, une grosse fortune française ou les fonds secrets de Matignon. A l’époque, personne ne parlait de Karachi, du Pakistan ou de l’Arabie saoudite. Je ne me souviens pas que l’hypothèse de rétrocommissions liées à des contrats d’armement ait été évoquée.

Aujourd’hui, qu’en pensez-vous ?

Juste avant notre vote, Roland Dumas a passé une heure à l’Elysée avec Jacques Chirac. Sans doute lui a-t-il dit que la situation était délicate et qu’il avait dû manœuvrer pour faire régulariser les comptes. Mon impression, c’est que Roland Dumas, Jacques Chirac et Edouard Balladur se tenaient à l’époque par la barbichette. Et que nous avons servi de caution à une belle entourloupe.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/jacques-robert-on-s-est-tous-dit-qu-il-se-fichait-de-nous-01-12-2011-1747309.php

Alfred a dit…

J'adore cette émission :-)