lundi 14 novembre 2011

Montebourg et Mélenchon : le fond et la forme


 Divergence de forme évidente, entre Montebourg et Mélenchon.

Quand Jean-Luc attaque François Hollande ("capitaine de pédalo dans la tempête"), Arnaud prend la défense de l'impétrant qu'il a choisi de soutenir… en renvoyant le camarade Méluche dans ses cordes avec le qualificatif de nouveau "Georges Marchais".

C'est ce que la presse résume, un florilège de petites phrases sans réelle signification, si ce n'est de parfaire des postures… la politique est aussi un théâtre, hélas.

Mais en écoutant l'un et l'autre, ce matin, Montebourg face à philippe Cohen sur France Inter et Mélenchon questionné par Bourdin sur BFM TV, on comprend que sur le fond la convergence est toujours là, sur de nombreux points :

Les deux fustigent le diktat des marchés financiers qui imposent les nouveaux gouvernements en Europe… dont le gouvernement grec d"union nationale" qui accueille l'extrême droite dans ses rangs, ce qu'ils dénoncent avec la même véhémence. Ils sont tous deux favorables à un référendum sur le nucléaire. Ils veulent de manière identique faire payer ceux qui ont profité de la spéculation financière pour s'enrichir.

Sur le fond, leur vision est identique… Mais si le champ de bataille est bien identifié, les chemins pour y arriver sont différents. Arnaud Montebourg, qui a gagné une nouvelle notoriété au cours des Primaires, entend bien conserver sa liberté de parole, sans prendre une place particulière dans l'organigramme de la campagne présidentielle de François Hollande. Son objectif est de peser dans cette présidentielle pour y défendre ses idées, celles qu'il partage avec les autres partenaires de l'opposition de gauche.

Montebourg se positionne toujours comme l'acteur principal de l'unité des gauches, de Mélenchon à Chevènement, en passant par les écologistes. Le combat fratricide est sans issue, et il défend l'idée que les socialistes reprennent les idées des autres formations, rouges ou vertes. Au delà des postures, il y a une présidentielle a gagner.

Sans concession avec la direction du PS, dont il rappelle le manque de réactivité, il poursuit son combat pour la rénovation des pratiques socialistes : il appelle les conseillers généraux des Bouches-du-Rhône a mettre Jean-Noël Guérini en minorité et le PS a engager une procédure d'exclusion à son encontre, ainsi que son frère Alexandre.

Il confirme la mise en place de son nouveau mouvement, bien en dehors du PS, comme de nombreux de ses sympathisants… Son nom définitif reste à trouver (la nouvelle France, celui qui avait été envisagé il y a quelques semaines, est déjà un club de réflexion marseillais initié par Karim Zéribi, l'ancien porte-parole de Jean-Noël Guérini…).

Arnaud Montebourg ne met pas tous ses œufs dans le même panier.

11 commentaires:

Cécile a dit…

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4342935

Ils devraient tous écouter ça.

Anonyme a dit…

Montebourg ferait mieux de rejoindre Mélenchon, le seul qui propose un vrai projet de société et qui a la force de s'opposer au capitalisme aveugle et sans morale.

Joseph DeStale a dit…

Mélanchon casse la croûte sur le PS. Déjà il quittait le parti en gardant son fauteuil de sénateur (faut pas pousser) et une fois la retraite atteinte (avec la bonne pension qui va avec), il consacre ses loisirs à casser du sucre sur le PS. Il avait qu'à y rester si ça l'obsède tellement. A part ça il n'a rien à proposer sinon la même soupe que les Lepen et consorts, yaka-i-fokon, merde à l'europe, saigner les riches et tutti quanti berlusconi.

Anonyme a dit…

Je ne me contenterai pas d'un changement de tête au sommet de l'Etat comme en Grèce ou en Italie. Rigueur de droite ou rigueur de gauche quelle différence ?
J'ai voté PS en 1995, 2002 et 2007. J'ai tiré les leçons de nos échecs. Hollande en 11 ans à la tête du PS n'a développé aucune vision d'avenir, il veut gérer un système en faillite.
Cette fois-ci ma voix ira à Mélenchon au 1er tour.

dima a dit…

Mélenchon furax d'être vu avec Hortefeux

"(...) Jean-Luc Mélenchon serait-il donc inquiet de ce que pourrait penser son électorat s’il apprenait qu’il s’entretient amicalement avec Brice Hortefeux, quand le président du Front de gauche tire à boulets rouges sur lui dans les médias ? (...)"

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/72411/date/2011-10-31/article/melenchon-furax-detre-vu-avec-hortefaux/


PS: Vu l'état de la (dés)union de la Gauche, Sarkozy peut envisager de gagner en Mai 2012.

Le Prétorien a dit…

La démondialisation dans sa version de gauche reste entachée d’un cosmopolitisme qui est la marque de fabrique des éléphants socialistes, toutes tendances confondues. C’est pourquoi dans un récent entretien accordé au JDD, M. Montebourg avouait la raison d’être du créneau antimondialisation qu’il défend, à savoir agir comme un « rempart du lepénisme », c’est-à-dire empêcher les électeurs socialistes cocufiés par le PS, de rallier l’opposition nationale. Bref, stériliser la colère populaire.
Et comme François Hollande et Martine Aubry, Arnaud Montebourg a précisé, qu’il était porteur d’un « projet internationaliste » qui lui interdit notamment de condamner la politique d’immigration de peuplement. Les Français jugeront.

Jacques Noblia a dit…

Bien que ça ne plaise pas à beaucoup de "camarades" je ne vais pas prendre trop de précautions de langage.
Après le démarrage en fanfare de la campagne du PS (comme nous nous sentions bien entre nous!)
Nous venons de vivre un novembre calamiteux. Outre le thermidor financier (3 ou 4 coups d'état quand même) imposé aux peuples nous avons vu notre candidat et son équipe (BN compris) se prendre les pieds dans le tapis à bien trois reprises. Point n'est besoin d'y revenir ici.
Quelques éléments qui expliquent cette séquence désolante:
La nature? posture? choix idéologiques ? de notre candidat normal.
Les options du même ordre des "experts" entourant le candidat et le BN : Arnaud a très bien compris que ceux ci ne voulaient prendre en compte ni le sens ni la dimension cataclysmique de la crise. Le refus d'organiser un débat sérieux et médiatisé avec le plus modéré des Economistes Atterrés est ici significatif, comme les commentaires plutôt embarrassés et inaudibles de François et Martine sur le diktat Franco-Allemand pour la Grèce.
La mauvaise maîtrise du jeu des ambitions qui a conduit à une équipe de campagne dont je ne comprends ni l'organisation ni la finalité.
Une méconnaissance notoire de la puissance des intérêts et forces mise en jeu dans la bataille.
Les Banquiers sont déjà dans la place avec Elie Cohen, Daniel Cohen, Jouyet etc.
Quand au lobby nucléaire on a tous vu . Même les moins 25% de nucléaire c'est un changement de mix énergétique. Ce ne sera pas une promenade de santé ce n'est pas une raison pour ne pas le faire et mobiliser en disant...la vérité.
Quand à la "com" elle est désolante avec Valls pour commenter les 90 mn de Sarko, et encore mieux Lang face à Copée: dérisoire.
Pour Mélenchon, oui on peut dire qu'il est proche des "thèses" d'Arnaud, mais s'agit-il une posture ou d'un projet politique solide ? De plus si dans le discours il est percutant, il a quelque mal à envoyer ses scuds au delà du PS. Face à Copée il s'est laissé faire selon les commentaires sur MédiaPart.
Pour conclure, le lancement du "mouvement" par Arnaud est un rayon de soleil j'en suis.
Pour le nom "Nouvelle France" ne me parait pas bon : pas assez explicite, trop manipulable.

Jacques Noblia

Rimbus a dit…

D'accord avec toi Jacques, le combat pour nos idées doit continuer, quel que soit le vainqueur en mai 2012. Il est clair que nos idéaux ne seront pas représentés. C'est donc sur le terrain idéologique que nous devrons agir. Soyons à la hauteur pour militer avec intelligence, organisons-nous et tissons un réseau au delà des clivages habituels.
Pour la "Nouvelle France", c'est plié, donc on reste "Des Idées et des Rêves" (DIDR) pour le moment.

dima a dit…

En somme chacun défend sa petite chapelle comme avant les primaires et rien n'a changé coté ambition personnelle. Le culte de la personalité dégouline des narines de certains militants/sympathisants dits "socialistes". A quoi auraient servi les primaires si on ne respecte pas leurs résultats ? je devais m'en douter depuis le début : l'extreme gauche n'a jamais été démocrate dans l'ame meme en pratiquant... de l'entrisme au sein du PS, un vrai parti de gauche. Bon vent aux idées utopistes !

Jacques Noblia a dit…

Merci à Rimbus tout d'abord.
@ Dima :
Je pense que vous ous méprenez sur le sens du mon billet et de la réponse de Rimbus. Il ne s'agit pas du tout de mettre en difficulté F. Hollande mais de mettre en évidence un certain nombre de postures (trop souvent définies par des communicants) et des choix politiques qui peuvent se révéler contreproductifs et dangereux pour l'issue de la campagne. J'assume le principe de la primaire et donc son résultat, mais la pire des façons d'entrer en campagne serait de ne pas voir des "difficultés" qui crèvent les yeux et de les esquiver sous prétexte de ne pas gêner Hollande.
Celui-ci et ses soutiens les plus sincères devraient méditer ceci :
"garder moi de mes amis, de mes ennemis je m'en charge "
Encore faut-il savoir distinguer les uns et les autres.

dima a dit…

Montebourg a perdu les primaires et que ça soit répété dans les chaumières des reveurs utopistes. Montebourg a négocié, comme un boutiquier, son soutien "pudique" contre des sièges au parlement pour ses amis qui partagent ses idées et que ça ne soit jamais oublié par celles et ceux qui adulent leur champion comme un chevalier blanc. En fin de compte ce n'est qu'un politicien comme les "Duflot" et autres "Placé" chez EELV. Si Sarko gagne ce qui est fort probable, il saura qui remercier dans le camp de la Gauche. On attend la bérézina en Mai 2012 pour pouvoir "prendre" le parti. On a oublié ce qui est advenu au 47% de Ségolène. Un vrai régime. 7% et pas mieux. Alors les 18% de Montebourg, je ne vous dis pas...