mardi 13 décembre 2011

Interdire tout ou partie des ventes à découvert

Le mécanisme des ventes à découvert manipule le risque avec désinvolture. En la matière, il s’agit de vendre de manière différée des titres que l’on ne possède pas. Dans l’intervalle de temps, le vendeur doit se procurer les actions en question, en espérant que leur prix aura baissé. Alors il aura fait une plus-value.

A l’inverse, si son calcul est faux et que le prix monte, il est perdant et l’acheteur considère avoir fait une bonne affaire. Autant dire que le pari est plus que risqué et que le fait de ne pas posséder ce que l’on vent pose problème. C’est là un symbole de l’économie de casino qu’il faut faire tomber. 

Pourquoi parier à la baisse du cours d'une société serait-il plus dommageable à l'économie que le parier à la hausse avec son risque de bulle spéculative ? Cette asymétrie de traitement ne protège pas l'investisseur, elle l'induirait même en erreur plaident les défenseurs de cette pratique.

En théorie, effectivement, il y a une symétrie, une complémentarité, entre la vente et le l'achat, entre la baisse et la hausse de valeurs, principe sur lequel se fonde l'économie.

Au final, le jeu serait équilibré (selon le théorème du prix Nobel d'économie J.F. Nash dans lequel l'équilibre entre plusieurs joueurs, connaissant leurs stratégies réciproques, est devenu stable du fait qu'aucun ne modifie sa stratégie sans affaiblir sa position personnelle).

On pourrait aussi penser à la ruche de Mandeville… où le vice et la vertu sont également nécessaires à la bonne marche de la société, et la recherche de profit individuel égoïste n'étant pas incompatible avec le bien général… Une fable cynique, qui n'est pas sans rappeler la "main invisible" d'Adam Smith (l'idée que des actions guidées par notre seul intérêt personnel peuvent contribuer à la richesse et au bien-être commun). Ainsi, la symétrie entre l'égoïsme et l'altruisme serait la condition de la prospérité.

Pourtant, pour que cette symétrie existe, et que le jeu du pari sur la hausse ou la baisse d'une action soit effectivement à somme nulle, il faudrait qu'il soit aussi facile pour une société commerciale de gagner de l'argent que d'en perdre, ce qui n'est évidemment pas le cas.

On pourra aussi prendre en compte la psychologie humaine, qui préfère parler des trains qui n'arrivent pas à l'heure que de de ceux qui sont ponctuels, pour comprendre que l'aspect négatif est souvent privilégié, et qu'allié à la cupidité, le pari à la baisse devient une faiblesse humaine pouvant ruiner un système économique.

On notera que Jean-Louis Borloo n'est pas loin d'Arnaud Montebourg sur le sujet de la finance. Le réalisme semble être plus fort que l'idéologie.

1 commentaire:

See Mee a dit…

Tu as raison d'attirer l'attention là-dessus !