L’organisateur des corridas arlésiennes est avant tout un homme du terroir, et il a été reconduit au poste de directeur des arènes d'Arles l'année dernière.
Chez les Jalabert, on a la Camargue qui colle aux pieds, comme la boue sur les bottes du grand-père, Alphonse, qui fut gardian du marquis de Baroncelli (fondateur de la Nation Gardiane) dans les années 20. C’est au Mas La Chassagne, au cœur du delta, que s’enracine cette famille d’éleveurs de chevaux et de taureaux.
Luc Jalabert a été un “rejoneador”, un torero à cheval, et il organisait, avec son frère Marc, des spectacles taurins et équestres depuis une vingtaine d’année quand ils reprennent la direction des Arènes d’Arles en 1999. Une délégation de service public qui leur a été renouvelée cet été pour la troisième fois. La SAS Jalabert était pourtant opposée à une autre cavalière de renom, la rejoneadora Nîmoise Marie Sara. Mais ses bons résultats ont renforcé la confiance de la municipalité. « En 10 ans, nous avons fait 15 fois le plein des arènes, plus un billet à vendre » s’explique Luc Jalabert. Et c’est vrai que l’entreprise tourne à plein. Avec un Chiffre d’affaires de 3,4 millions d’euros, une fréquentation soutenue (120 000 spectateurs par an, avec les courses camarguaises), les arènes d’Arles sont un succès. Les Jalabert ont développé “l’espace Toro”, en périphérie de la ville, avec ses corrales où les aficionados vont juger les qualités des bêtes de combat.
La philosophie de Luc Jalabert est d’offrir des corridas dans lesquelles « la race du toro est aussi importante que le nom du torero vedette ». Arles se définit donc plus comme un ville “toriste” (tournée vers le toro) plus que “toreriste”, comme Nîmes (plus préoccupée par le matador). Selon lui, c’est que « la tauromachie arlésienne est plus ancrée, plus rurale, mais aussi plus populaire qu’à Nîmes, où l’aficion est plus urbain et bourgeois ». Mais Luc Jalabert ne dédaigne pas les grands matadors, puisque le torero vedette qui a dominé la tauromachie cet été est lui-même un Jalabert. Jean-Baptiste, dit Juan Bautista, est le fils du directeur des arènes, et il a triomphé à Madrid au mois de juin, en sortant par la grande porte de Las Ventas (privilège dont il a été le seul à bénéficier cette année).
Et puis, Luc Jalabert a le sens du spectacle. Ses corridas “Goyesques”, où le sable des arènes se couvre d’un dessin éphémère ont inspiré des artistes de renom, comme Christian Lacroix (un autre Arlésien célèbre), ou l'an passé, l’artiste de New York Ena Swansea, qui a fait danser des toros sur un sable bleu, le 11 septembre.


















