mercredi 27 avril 2011

Alexandre Djouhri, la communication en creux

 Dominique de Villepin et Alexandre Djouhri

Je sens que je vais encore avoir des ennuis.

Me voilà une référence de Wikipédia. Mais il y a des références qui sont délicates.
Celle concernant la fiche Wikipédia d'Alexandre Djouhri me met sur le devant de la scène, et pour le coup, je n'aime pas trop (quand on tape Djouhri dans Google cette fiche est en tête de liste). Je suis un peu comme monsieur Alexandre, la lumière n'est pas forcément ce que je préfère.

Alexandre Djouhri communique en creux. Il a pour habitude d'envoyer son avocat pour intimider les journalistes qui s'intéressent à lui. Pour ma part, c'est une simple mention, sur un petit billet publié sur mon blog de Médiapart qui a déclenché ses foudres.
Sur le coup, j'avais trouvé cela flatteur : avoir un mail de Médiapart, puis un échange avec Edwy Plenel himself, parce que monsieur Djouhri a exigé qu'on censure mon billet (et qu'il faut bien le "dépublier"), c'est pas mal. Ici même, j'ai dû le "caviarder".

Gilles Klein avait même parlé de l'affaire sur @si !

Et puis, ce genre de mésaventures, ça apprend a écrire… On peut dire pas mal de choses, mais il faut y mettre les formes, un petit conditionnel par ici, un peut-être par là… il faut être prudent.

"Dans le grand public, comme dans la plupart des rédactions, personne ne sait qui est Alexandre Djouhri" écrit Raphaelle Bacqué dans le Monde. Et pour cause.

Quand deux journalistes de Paris Match veulent écrire un article sur ce monsieur si discret, leur article est tout simplement annulé par la rédaction. "En guise d'explication, il leur a été dit que Ramzi Khiroun (...), conseiller de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi porte-parole d'Arnaud Lagardère, (...) était intervenu pour empêcher la publication de l'article", précise même l'AFP.

Bref, si vous voulez en savoir plus sur Alexandre Djouhri, essayez le Rimbusblog, en attendant la sortie du livre de Pierre Péan, consacré à l'illustre personnage. La fiche Wikipédia n'est pas vraiment à jour.

Mais ma dernière recherche date du mois de février. Elle est cachée dans un de mes petits articles confidentiels, assez peu lu, un peu obscur, mais celui qui prendra le temps de bien le lire y découvrira les dernières nouveautés concernant l'homme d'affaire, sa famille et ses relations.

samedi 23 avril 2011

3 infos sur les Bouches-du-Rhône

3 infos sont tombées hier, elles ont toutes une importance pour le département des Bouches-du-Rhône :

La Tauromachie remporte une victoire


André Viard, de l'Observatoire national des cultures taurines a annoncé l'inscription de la tauromachie "à l'inventaire du patrimoine national immatériel", à l'issue de la première novillada qui marquait l'ouverture de la féria d'Arles.

Une reconnaissance hautement symbolique "pour les quatre régions françaises qui entretiennent la tradition taurine" a souligné Michel Vauzelle, député d'Arles. (Arles Info)


Intercommunalité : Bernard Reynes a l'oreille de Hugues Parant


La question d'un regroupement du pays d'Arles dans une même EPCI ne semble pas avoir été retenue par le préfet de Region Hugues Parant.

Hier matin, il a présenté une proposition de nouvelle carte territoriale : la communauté de communes de la Vallée des Baux et des Alpilles, disparait, Saint-Rémy de Provence tombe dans le giron de Châteaurenard, le fief de Bernard Reynes (UMP). Vauzelle, qui plaidait pour une unité de l'ouest du département n'a pas été écouté. « Cette méthode, que l’on pourrait croire technocratique, est en fait politicienne » a dénoncé le président de la région, qui est aussi député d'Arles.
Chérubini, le maire PS de Saint-Rémy ne veut pas en entendre parler. Schiavetti, le maire PC de Arles dénonce « des raisons électoralistes ». (Mars Actu)

Une suite prévisible à mon billet du mois de février.


Pas de Promo pour Servier

 
Certains l'appellent déjà la "promo Médiator". Les étudiants de deuxième année de la faculté de pharmacie, la promotion 2010, avaient jusqu'à ce matin un embarrassant nom de baptême, révélé par La Provence : Jacques Servier. Elle sera rebaptisée "Promotion Galien", a annoncé l'Université de la Méditerranée Aix-Marseille II, dans un communiqué.

Dans une lettre adressée vendredi au doyen de la faculté, Patrice Vanelle, le député PS Gérard Bapt, président de la mission de l'Assemblée nationale sur le Mediator, avait qualifié de "très choquante pour des milliers de victimes", la décision de donner à la promotion le nom du président du groupe pharmaceutique Servier qui fabrique le médicament.

vendredi 22 avril 2011

Dans les poubelles du PS



Arnaud Montebourg, qui accuse le clan Guérini d'avoir mis en place à Marseille un "système où le pouvoir et l'argent sont associés", s'est vu envoyer sur les roses par la première secrétaire, qui a jugé qu'il n'y avait rien de significatif dans le rapport qui lui avait été remis à ce sujet.

Tout a été fait pour enterrer ce maudit document. L'éminence grise de Martine, François Lamy, a fait mine de l'avoir égaré, et s'il n'était pas sorti dans la Presse, on en aurait pas parlé.

Cette patate chaude étalant les turpitudes du PS aux approches des cantonales a fait l'effet d'une bombe.
Guérini l'a qualifié de "totalement grossier, mensonger et diffamatoire", et a porté plainte contre son auteur.

Début mars, Montebourg, ses primaires, ses idées et ses principes étaient vivement critiqués au Bureau National… Des rumeurs d'exclusion circulaient contre celui qui mettait ainsi les pieds dans le plat.



Et puis les cantonales ont été victorieuses, Jean-Noël Guérini a retrouvé son perchoir au Conseil général bucco-rhodanien et tout peut repartir comme avant… le mistral semble retomber sur la Canebière.

Martine et Jean-Noël, c'est une grande histoire d'amour, un vaudeville champenois qui s'est consommé pendant le sacre de Reims. Quand Jean-Noël a quitté Marie-Ségolène et que toute "sa" fédération est devenue Aubryste. Alors Arnaud et son rapport, on s'est dit à Solférino que c'était pas très compatible avec la realpolitik socialiste.

Et pourtant… Montebourg ne veut rien lâcher. Une commission d'enquête a tout de même été créée, et le président du Conseil Général de Saône-et-Loire maintient ses accusations :"J'ai toute confiance dans la commission, dans son honnêteté, pour mettre au jour les faits condamnables que j'ai pu constater dans les Bouches-du-Rhône", a-t-il déclaré, "je leur ai apporté les pièces à conviction, les noms des témoins, les sources d'information".

Et les preuves ne manquent pas, ni à Montebourg, ni au juge Duchaîne, le magistrat qui a déjà écroué Alexandre Guérini (le frère de Jean-Noël), et qui mène ses investigations dans les rouages du Conseil général. Les frères Guérini semblent être spécialistes des poubelles, celles du PS comme celles des Bouches-du-Rhône.

Dernier exemple en date : la décharge du Mentaure à la Ciotat, ou comment l'argent du département de Jean-Noël disparaît dans les poches de la société privée d'Alexandre.
Le coup se joue en trois bandes. D'abord, le CG13 préempte un terrain sous prétexte de sauvegarder une espèce rare de liseron duveteux, argument écologique indiscutable… puis dans la même journée il décide que finalement on va y créer une décharge administrée par Alexandre et sa société SMAE. Seconde phase, on paye quelques millions à la SMAE pour effectuer des aménagements nécessaires, qu'elle se garde bien d'effectuer. Troisième coup, quelques années après, Alexandre fait travailler d'autres sociétés à sa place (liées avec le grand banditisme, ne craint pas de dire le journal La Provence), qui présentent à leur tour leurs factures au département.

Les ordures, une spécialité de la la Camorra napolitaine et du PS phocéen.

Arnaud Montebourg met la première secrétaire au pied du mur : "La gauche ne peut pas se permettre d'enterrer ses propres affaires politico-financières quand elle les reproche, à juste titre, à la droite. Sinon elle perdrait toute crédibilité, toute aptitude à vouloir diriger la République"

Un billet publié sur Le plus du Nouvel Obs

mercredi 20 avril 2011

Pour la Saint Valentin, offrez votre sperme, plutôt que des chocolats !



La conclusion de l'éditorial du très respectable Surgery News de la Saint Valentin a coûté son  poste à son auteur, le vénérable Lazar Greenfield.

Ce professeur émérite à l'Université du Michigan Medical School (78 ans), a déclaré lundi qu'il avait démissionné de son poste de président de l'American College of Surgeons après que le conseil de l'association a rejeté ses tentatives de faire amende honorable.

Ce chirurgien célèbre pour son invention du "filtre Greenfield" (un dispositif placé dans la veine cave inférieure des patients qui sont particulièrement vulnérables à une embolie pulmonaire), a en effet expliqué dans un article que le sperme était bénéfique et qu'il contenait des exhausteurs de l'humeur, y compris l'ocytocine et de la sérotonine, ainsi qu'un activateur de sommeil, la mélatonine.

Il a conclu: "Il y a donc un lien plus profond entre les hommes et les femmes que Saint-Valentin n'aurait soupçonné, et maintenant nous savons qu'il y a un meilleur cadeau pour cette journée que les chocolats."
Selon son article, "les étudiantes ayant des rapports sexuels non protégés sont significativement moins déprimés que celles dont les partenaires ont utilisé des préservatifs."
Accusé de machisme, et de faire campagne contre le préservatif, il a été remplacé illico par une femme présidente (la deuxième en un siècle), Patricia Numann, chirurgien à la retraite.

Les arguments du professeur Greenfield étaient plus pénétrants que ceux du Très Saint Père, concernant le préservatif, encore un épicurien incompris.

Indexer les salaires sur les gains de productivité


"La prime, une supercherie" par Europe1fr

L'annonce toute démagogique du gouvernement de l'octroi d'une prime de mille euros n'est qu'une aumône, au mieux, et au pire un pot de vin pour acheter un vote, dans un an.
C'est aussi pour le gouvernement un argument pour plus tard, quand la question du pouvoir d'achat reviendra sur le tapis, mais ce n'est qu'un artifice.

Face à Arlette Chabot, Arnaud Montebourg a dénoncé hier sur Europe 1, cette manœuvre grossière : "Cette prime est exceptionnelle, négociée, et elle ne concerne pas les entreprise qui ne versent pas de dividendes, même quand elles gagnent beaucoup d’argent", et a pointé du doigt le fait qu'elle "est compensée par des exonérations de charges sociales. Donc, ce n’est pas les actionnaires qui vont payer, ce sont les salariés. C’est une supercherie, une de plus !"

Puis le président du Conseil général de Saône et Loire a détaillé sa vision de la redistribution des richesses : "indexer les salaires sur les gains de productivité".En 10 ans, les gains de productivité on augmenté de 56 % chez Michelin, chez Air Liquide, chez Lafarge… deux fois plus que l'augmentation de la masse salariale.

Montebourg n'a pas manqué de dénoncer "la bande du Fouquet's" cette oligarchie privilégiée fiscalement qui se réserve les richesses de la production.

La France a besoin d'être redressée, et Montebourg se positionne dans une candidature de transformation du système actuel, avec une offre politique "décapante et audacieuse".

Message personnel : merci au Coucou et à Nicolas pour leur soutien influent

mardi 19 avril 2011

Les blogs et l'argent ? Soutenez Rimbus !



L'argent des blogs, les blogs et l'argent.

C'est la question du mois.
D'une part, c'est le rachat du Huffington Post, par le géant des médias AOL pour 315 millions de dollars (217,2 millions d'euros) ayant motivé une révolte des blogueurs qui l'alimentent bénévolement (ils réclament leur part du gâteau), qui a soulevé la question, et d'autre part le coup de gueule de Hugues Serraf, qui a quitté Rue 89 pour Atlantico parce qu'il ne voulait plus écrire gratuitement, qui la porte sur le terrain français.
Un article du Monde de Xavier Ternisien de la semaine dernière a raconté tout cela.

La réaction dans la blogosphère ne se fait pas attendre, Birenbaum, Romain, Nicolas, Vogelsong, Gabale
Aujourd'hui c'est Benoît Raphael qui donne son avis sur la chose.

Quant à moi… je suis comme tout le monde. J'ai des factures à payer.

Comme tu l'as remarqué, cher lecteur, j'ai installé un petit module (là, en haut à droite) pour promouvoir les abonnements à des magazines. C'est un petit deal avec une agence qui s'occupe de Toutabo et de son offre pour des abonnements Courrier International à moitié prix.

Pour améliorer le truc, je propose de visiter son site :

cliquez ici pour découvrir l'offre Courrier International

Plus il y aura de visites différentes, plus je gagne de sous (vas-y clique donc, cher lecteur, rien qu'une fois, ça ne te coûte rien). Et puis je me dis que soutenir la presse, c'est soutenir mon activité, puisque j'écris aussi dans la presse (et pour pas cher, hélas). Comme je vend aussi des création graphiques publicitaires, faire de la pub pour une centrale d'abonnement, qui propose des tarifs compétitifs, ça ne me dérange pas. Je trouve même ça bien.

Voilà, c'est un essai pour rentabiliser un peu ce blog (j'espère que tu as cliqué sur le lien, et ne va pas cliquer dix fois, ça ne sert à rien). Et si tu t'abonnes à Courrier Internationnal parce que tu aimes lire des articles du monde entier, c'est encore mieux, mais là, tu fais bien comme tu veux.

Voilà, c'est ma contribution à ce débat sur les blogs et l'argent. Je ne suis pas Paul Jorion, qui rentabilise très bien son blog grâce à ses lecteurs.
 Moi je ne suis qu'un petit amateur,  qui  se demande s'il a des lecteurs, et si ses lecteurs l'apprécient assez pour le soutenir, un peu.

On verra bien le résultat.

dimanche 17 avril 2011

Pisser sur le Christ me fait chier



Avez-vous vu "Piss Christ" ?

C'est le genre d'image qui me fait chier. En général je jette un regard sur ce genre de truc, dans les galeries, par politesse.

 Mais bon, s'il n'y avait son titre, une provocation de plus à la Marcel Duchamp (depuis un siècle qu'on nous le copie le Marcel, hein, ça va bien…), ben l'image n'a qu'un intérêt assez limité. Soi-disant que c'est une photo dans un verre de pisse… ah…
De la bière ça doit donner la même chose, plus ou moins… Si le mec dit pas que c'est de la pisse, on en sait rien.
Moi, comment il a fait sa photo, je m'en moque, c'est le résultat qui compte.

Ben le résultat, pour moi c'est un photo d'un crucifix… Ça me fait un peu chier dès le départ. Je jette un œil poli, normalement, et je vais voir la suite de l'expo.

Mais là, comme l'artiste a le sens du commerce, il précise bien : hé les mecs, c'est dans de la pisse ! Ah ok, t'es donc un punk, ou un urophile ? (je connais un blogueur qui gagne sa vie en envoyant des spams a des détraqués dans ton genre… faut bien vivre).

Bon, c'est bien, t'es encore au stade pipi-caca, dans quelques années tu vas découvrir le sexe, et tu nous fera une vierge avec du foutre dessus, tu peux me croire, ça fera une chouette photo.
Andres Serrano est un malin. En 2007, il se faisait déjà vandaliser ses œuvres. Le martyr a vraiment un côté très classe.

Ben ça marche toujours. Ce matin, à Avignon, c'est des culs-bénis qui ont cassé la photo d'Andres. Blasphème, ils ont dit les calotins.

Moi je me demande qui est le plus con, le petit emmerdeur qui refait le bon vieux coup de la provoc, ou l'idolâtre qui vénère des objets.
Les cons ça ose tout, c'est bien à ça qu'on les reconnaît.

Ces gens me font chier.
Surtout depuis que je sais d'Andres Serrano croit en Dieu (qu'y dit).

2012, l'année internationale des coopératives

 
ceralep sn par cerabru26

"Les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur". 

Tel sera le slogan de l’organisation des Nations unies pour 2012, Année Internationale des Coopératives.

Il met en évidence la contribution des coopératives au développement socio-économique, reconnaissant en particulier leur impact sur la réduction de la pauvreté, la création d'emplois et l'intégration sociale : "Les coopératives rappellent à la communauté internationale qu'il est possible d’allier la viabilité économique à la responsabilité sociale" a déclaré Ban Ki-moon, secrétaire général de Nations unies. Un secteur prometteur qui compte déjà aujourd'hui 800 millions de membres et emploie plus de 100 millions de personnes dans le monde.

Arnaud Montebourg a justement fait du capitalisme coopératif l'un des piliers de son programme pour 2012, pour une nouvelle France et son renouveau productif.
Loin d'être une utopie, l'expérience montre que la coopérative est un système qui fait ses preuves, sauvegardant les emplois et la prospérité.

France5 a réalisé un reportage sur une de ces coopératives ouvrières : "Le patron c'est nous" (à visionner ici) qui retrace l'aventure de la société CERALEP à St Vallier dans la Drôme.

Cette entreprise fabrique des isolants électriques pour des courants à très haute tension.

Lors de la reprise de l'entreprise par un fonds d'investissement en 2001, l'objectif de ce dernier était d'obtenir de chaque unité de production un rendement supérieur à 10%, objectif qu'il n'atteindra jamais. Dès lors, les dirigeants décideront de fermer St Vallier et mettront artificiellement cette unité en perte par une sur-facturation de la part du groupe. Deux ans après la prise de contrôle du fonds d'investissement, les évènements se précipiteront : dépôt de bilan en septembre 2003, puis liquidation en janvier 2004.

En avril 2004, la société est reprise sous forme de Scop par 52 employés qui s’engagent dans l’aventure et recapitalisent l’entreprise, avec un apport personnel qui oscille entre 300 et 3 000 euros, complétés par les dons des habitants (constitués en association), soucieux de préserver l'activité économique de leur territoire.

Depuis cette date, la société ne réalisera que des exercices bénéficiaires. Les niveaux de salaires à la date du dépôt de bilan seront intégralement maintenus immédiatement après la reprise de l'entreprise. Depuis Ceralep a créé dix nouveaux postes de travail et augmenté les salaires de 13,1%.
(source Alter autogestion)

2010 s’est terminée en beauté pour les Scop : plus de 15 d’entre elles ont raflé les Prix et les Trophées les plus prestigieux en matière d’innovation et de performances. Une reconnaissance officielle du dynamisme et du succès de ce Mouvement qui ne cesse de se développer.


Un sujet déjà traité sur ce blog à travers l'exemple de Coopaname

vendredi 15 avril 2011

Montebourg for Dummies : parlons économie



Le programme que défend Arnaud Montebourg est bien ficelé : tout s'y tient.

Résumons ses propositions économiques en commençant par la relocalisation de la production, puis ses propositions concernant la finance et l'Europe.

Relocaliser c'est rompre avec une mondialisation un peu folle qui fait produire à des dizaines de milliers de km ce que l'on consomme. C'est recréer des emplois sur notre territoire, tout en diminuant la pollution des transports. La mise en avant du capitalisme coopératif répond en partie à cette exigence, l'expérience prouve que les coopératives préservent des délocalisations et du chômage.

Changer la finance. Deuxième volet essentiel à la transformation nécessaire de notre système. La création d'un fond d’investissement national appuyé sur l’épargne des Français, une des plus importante au monde, doit soutenir la création de ces petites coopératives innovantes, pour les dégager des exigences de retour sur investissement des financiers. Le métier de la banque sera modifié, avec une séparation entre les activités de dépôt et d'investissement (Glass-Steagall Act), et une mise sous la tutelle de l'Etat.

La dette et l'Europe : la Banque Centrale US rachète directement les titres d’emprunt publics ; il faut que l’UE et la BCE elles aussi se mettent à racheter les dettes des pays enropéens, et accorde des prêts sans intérêts aux états. Laisser courir une inflation contrôlée (3 ou 4 %) permettrait de réduire en 10 ans de 26% le poids de la dette, avec indexation des salaires sur les gains de productivité des entreprises. C'est une solution envisageable pour éviter le piège d'une politique d'austérité, où l'absence d'inflation préserve surtout le rentier et le créancier.
  Pour en savoir plus, lire la dernière interview d'Arnaud Montebourg dans Le Figaro

jeudi 14 avril 2011

Le visiteur du mercredi est spécialiste en effets spécieux



Nicolas Hulot s'est donc déclaré mercredi comme candidat à l'élection présidentielle.

Mais cet effet d'annonce est spécieux, rien n'est vraiment clair… Participation à une primaire ouverte ou pas, on en discute encore… Et le nucléaire ? Il reste flou…
Comme le dit le blog Intox2007, pour le visiteur du mercredi, les problèmes commencent.

Ni gauche, ni droite, il a un positionnement assez obscur qui va jusqu'à désorienter. Sur le blog Partageons mon avis, Nicolas estime ne l'avoir jamais entendu parler vraiment de politique.

Sarkofrance, blogueur influent et écologiste notoire, promettait il y a 8 jours de ne pas voter pour lui s'il devait être "l’incarnation fade de l’écologie politique".

Dans les couloirs de l'Assemblée Nationale, les critiques sur cette candidature ne manquent pas… Jean Lassalle, la qualifie d'"escroquerie intellectuelle" qui n'a que des inconvénients.


Nicolas Hulot fait l'unanimité des critiques... par Nouvelobs

Pour moi, il restera toujours le visiteur du mercredi de mon enfance, entre Garcimore et Brok & Chnok.

Ce blog a déjà beaucoup traité de ce personnage, ces quelques articles complètent le portrait :

Hulot, président ! Hulot, président !
La culpabilité, source de richesse inépuisable 
L'hélicologisme est-il un humanisme ?
Les carences de M. Hulot

mercredi 6 avril 2011

Point de vue sur l'islam : Gamal Al-Banna



Gamal al-Banna, né en 1920, est le petit frère d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans et grand oncle de Tariq Ramadan.

Il se démarque par sa vision progressiste de l'islam.

Il a en particulier pris position concernant le port du hidjab (foulard islamique) considérant que l'important pour une femme était la décence et que le foulard ne faisait pas partie des fondements de l'islam mais de la coutume.

« le Coran ne dit pas que la femme doit porter le voile, seulement qu'elle doit cacher sa poitrine ».

Gamal al-Banna s'oppose au conservatisme des cheikhs contemporains en les accusant de déformer l'esprit de l'islam et en se référant à tout bout de champ aux hadith (propos attribués à Mahomet) plutôt qu'au Coran :

« On ne peut pas se fonder là-dessus pour répondre aux préoccupations d'aujourd'hui : ce ne sont que des paroles rapportées, dont l'authenticité est souvent contestée et dont la signification est indissociable du contexte historique dans lequel elles ont été écrites au fil des siècles. »

Gamal al-Banna préconise au contraire une réinterprétation du Coran à la lumière du monde moderne, une religion qui ne délivre plus des règles de vie et des injonctions sur les moindres détails de la vie quotidienne, mais laisse à l'homme son libre arbitre et son autonomie :

« Le Coran est un guide pour les croyants, pas une science exacte » il reproche aux islamistes et aux institutions religieuses, comme al-Azhar, de vouloir « appliquer à la lettre un islam inventé il y a plus de mille ans » en s'appuyant notamment sur les hadith (paroles et actes de Mahomet, pas toujours authentifiés). « Des milliers de hadiths ont été fabriqués au fil des siècles pour servir des intérêts religieux ou politiques. Cela n'a aucun sens de s'y référer pour répondre aux questions d'aujourd'hui ».

Jugé provocateur, ce discours reste confidentiel en Égypte.

 Alors que les débats sur l'islam (ou la laïcité, on ne sait plus), reposant en partie sur des fantasmes, perturbent l'actualité française, la vision d'un islam "moderne", débarrassé de ses archaïsmes effrayants, est encourageante.

Pour en découvrir plus :
 
(D'après mon article Wikipedia)

mardi 5 avril 2011

Pierre Lang veut rétablir la peine de mort et le bagne pour les chômeurs


On connaissait Jack… triste symbole d'une gauche caviar qu'on voudrait voir disparaître, on connaissait Carl, transfuge du Front National perdu dans un parti croupion qui dit "Non aux minarets"… On va apprendre a connaître Pierre Lang !

Ce député-maire UMP, était fameux pour être le cocu le plus célèbre de France :
il a été débouté en janvier par le conseil de l’Ordre des médecins de sa plainte contre un chirurgien qu’il accusait d’avoir rompu le serment d’Hippocrate en séduisant son épouse. En se basant sur le code de déontologie des médecins, qui énonce que le médecin «reçu à l’intérieur des maisons, respectera les secrets des foyers et sa conduite ne servira pas à corrompre les mœurs», le conseil a constaté que l'adultère se consommait dans la garçonnière du joli-cœur, ce qui était un acte privé.

Mais Pierre Lang, qui siège à l'extrême droite de l'hémicycle, est aussi partisan du rétablissement de la peine de mort pour les auteurs d'actes terroristes (proposition de loi 1521 du 8 avril 2004, avec Dassault, Vanneste, Myard, Chassain… le gratin). Il pourrait être une idole des réacs.


Le 30 mars, il récidive dans l'outrance, et dépose une proposition de loi proposant que les titulaire du RSA et les chômeurs depuis plus de six mois, accomplissent obligatoirement vingt heures par semaine de tâches d’intérêt général.

Une forme de bagne pour punir les plus démunis, en quelque sorte. C'est oublier que nous cotisons tous à une "assurance" chômage, et que les allocations ne sont que le maigre dédommagement d'un risque contre lequel nous nous prémunissons.

La proposition de Pierre Lang est une escroquerie qui veut nous faire payer 2 fois nos cotisations salariales.

L'âne et le mouton en foire



Un baudet et un mouton, réunis à la foire
discutaient laïcité, le sujet à la mode.
“Je suis un ignorant”, se lamentait l’âne,
“mes pensées limitées ne sont pas faraudes”.

“Je suis béni de Dieu, consacré à sa gloire”
répliqua l’ovin, “je n’ai d’autres connaissances
que celles écrites dans le livre des moines,
et je sais tout par ma sainte croyance”.

“J’ai besoin de comprendre pour bien croire”,
expliquait le baudet, “cela m’est plus commode”.
“Imbécile”, dit le mouton, “tes recherches sur l’âme
sont des gibiers qui n’ont pas de nemrod !”

Un religieux acheta le mouton, l’immola avec art
et sur sa peau séchée, devenue toute diaphane
il recopia l’histoire de Gabriel, d’Abraham ;
quant à l’âne, il vivait, toujours fort et gaillard.

Un âne qui doute vaut mieux qu’un mouton crédule
l’ignorance est plus belle que l’arrogance ridicule.

lundi 4 avril 2011

Programme PS : pour Montebourg, il y manque l'audace



Candidat à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire, estime être le seul à porter un projet vraiment nouveau quand ses rivaux déclarés, comme François Hollande, ou non, comme Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn, partagent le même passé et les mêmes idées. S'il ne se désolidarise pas du projet que présentera le PS le 5 avril, c'est en réalité une autre voie qu'il propose en plaidant pour la " démondialisation " et l'émergence d'un système alternatif au capitalisme financier. Parmi ses soutiens, il avance les noms de Christiane Taubira, Frédérique Bredin, Roland Casto.

 
• Quelles leçons tirez-vous des élections cantonales ?

Ce qui s'est passé dans les urnes est extrêmement préoccupant. Tous nos candidats ont ramé sur le terrain pour arriver à ce résultat : non pas une victoire mais une non- défaite. Nous assistons à une insurrection douce et sourde de la société française. Dix ans après le 21 avril 2002, alors que le FN a muté, la droite se recompose autour de lui, autour d'une nouvelle forme de radicalité, crée de nouvelles habitudes de vote sur des orientations idéologiques inédites.

• Le Parti socialiste a-t-il, lui, vraiment changé depuis dix ans ?

Ceux qui ont fait le projet de 2002 pilotent celui de 2012. Un certain nombre de choix contenus dans ce projet ont déjà été portés dans les élections précédentes, comme les 300 000 emplois pour les jeunes.

• Est-ce la raison pour laquelle le PS n'arrive pas à mobiliser les catégories populaires ?

Elles le considèrent comme le cogérant d'un système qui s'écroule. Les Français attendent davantage. Tout programme qui serait une mise sous respiration artificielle du système économique actuel, moribond, nous fera passer pour les infirmiers de la mondialisation et non pas pour les bâtisseurs d'un autre monde, d'une nouvelle France.

• N'avez-vous pas vous-même alimenté le rejet des partis traditionnels en dénonçant l'" affaire Guérini " ?

Le Front national n'est pas né avec l'" affaire Guérini ". Je ne suis pas l'auteur de l'ordonnance judiciaire qui a incarcéré le frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône. J'ai alerté Martine Aubry neuf mois avant les élections cantonales et je regrette de n'avoir pas été entendu. Cela nous aurait épargnés à tous à gauche, et particulièrement aux socialistes marseillais, des souffrances inutiles. Ça va, non ? Maintenant, certains disent que c'est Montebourg qui fait monter le Front national !

• La direction du PS, après le dépôt de votre offre de preuves, continue de dire qu'il n'y a rien à reprocher à Jean-Noël Guérini. Qu'en pensez-vous ?

J'ai fait mon devoir. Chacun a pris ses responsabilités. L'histoire jugera. Point à la ligne.

• Dans votre rapport sur la primaire, vous aviez proposé l'organisation de grands débats entre les candidats. La direction du parti n'en veut pas. Craignez-vous un torpillage ?

Le verbe est exagéré. La primaire est engagée, soutenue par le peuple de gauche. Elle est irréversible. Le fait que des grands débats deviennent des " grands oraux " lors de l'Université d'été de La Rochelle me convient. Mais on peut imaginer la tenue de débats parallèles, maîtrisés par nous-mêmes, pour éclairer l'opinion.

• Les strauss-kahniens ne sont-ils pas tentés de limiter la primaire à un scrutin de ratification de leur mentor ?

Il est bien normal que les strauss-kahniens essaient d'éviter des candidatures artificielles.

• Qui visez-vous ? François Hollande ?

Je pense qu'il n'y a pas de divergences fondamentales entre François Hollande, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Manuel Valls ou Laurent Fabius. Ils ont dirigé le parti ensemble pendant de nombreuses années, ils en ont conçu l'orientation politique qui domine aujourd'hui.

La primaire ne peut pas se réduire à un concours de boeufs charolais. Ce doit être une discussion autour des chemins que nous voulons emprunter pour engager le destin national. Il n'y a pas de place dans la primaire pour un candidat qui n'aurait pas de propositions alternatives, de vision, de stratégie pour le pays.

Les strauss-kahniens admettent qu'il y a entre nous des choix différents. Il vaut mieux en débattre lors de la primaire pour mieux nous unir autour du vainqueur.

• La direction du parti va présenter le projet socialiste le 5 avril. Elle dit que ce sera celui du candidat. Vous sentez-vous engagé par lui ?

Comme participant à sa rédaction, je peux affirmer que le programme est un compromis dans lequel tout le monde peut se reconnaître. Il sera une boîte à outils pour les candidats. Puis la société va s'engouffrer dans le débat, comme elle s'est engouffrée dans le référendum sur le traité constitutionnel européen.

Je ne situe donc pas ma candidature en opposition au projet du parti. Je l'approuve, mais il ne traite pas d'un certain nombre de questions auxquelles nous devrons nous attaquer : la surpuissance de la finance qui oppresse les choix politiques des nations, des citoyens et des contribuables. Les audaces que j'aurais souhaitées ne sont pas au rendez-vous. Je pense qu'on peut aller beaucoup plus loin dans la création d'un nouveau modèle français.

• Qui pensez-vous rassembler autour de vous ?

Je rassemblerai les rénovateurs, une partie de la gauche et le pôle écologique du parti, des élus et des dirigeants des autres partis de gauche qui s'exprimeront bientôt en ma faveur. Ma candidature est celle des Français qui se mettent en mouvement, qui s'approprient la primaire et non pas celle de l'appareil qui en a peur.

• Ça, c'est le " rêve obamien " ?

Non, ce n'est pas un rêve. Faisons les comptes : j'ai obtenu le soutien de Christiane Taubira, Frédérique Bredin, Roland Castro et d'autres dont il est un peu tôt pour donner le nom. Je suis en discussion avec les amis de Jean-Pierre Chevènement et de nombreux élus Verts. Nous avons aussi le soutien de plus de 2 400 volontaires qui popularisent ma candidature sur tout le territoire.

• Vous irez vraiment jusqu'au bout ?

Je suis candidat parce que je porte un projet difficile mais audacieux. Il se résume en un mot : démondialisation. Dans ce projet, la politique redevient plus forte que l'économie, les choix et la destinée d'une nation sont plus importants que la force des marchés, on met fin au libre-échange pas seulement pour nous mais comme méthode de mise en concurrence des systèmes sociaux, des choix souverains des Etats, des nations et des peuples. Ce projet-là, nul ne le porte dans cette primaire. Comme le dit Jean-Luc Mélenchon, certains ont des sondages et d'autres ont des idées.

• Vous revendiquez une certaine forme d'utopie ?

Non. Mon projet, socialiste dans sa modernité comme dans sa tradition, est réaliste. Evidemment, il nécessitera plus de courage que ce à quoi les socialistes se sont habitués.

S'attaquer aux paradis fiscaux, pas seulement dans les communiqués du G20 mais dans la réalité, suppose une part de conflictualité qu'il faudra assumer. S'attaquer aux marchés financiers, mettre les banques sous tutelle et briser la spéculation qui asservit les peuples européens suppose une part de conflictualité à laquelle les sociaux-libéraux ne nous ont pas habitués.

S'attaquer à la question salariale et au partage des richesses dans l'entreprise, le premier lieu de distribution, supposera des négociations âpres et un compromis politique avec le patronat pour y parvenir. S'attaquer au système économique en imaginant un système alternatif qui s'appelle le " capitalisme coopératif " supposera beaucoup de tempérament.

• Ces solutions sont-elles vraiment réalistes ?

Absolument. Elles ont déjà existé dans l'Histoire ou sont mises en oeuvre dans certains endroits du globe. De nombreux penseurs et acteurs de la vie politique et économique les préconisent. Où est l'utopie ? Peut-être dans la part de courage que les socialistes n'ont jamais eue.

Je défends ce que nous aurions dû mettre en oeuvre depuis très longtemps, quand nous étions au pouvoir, quand quinze gouvernements socialistes et sociaux-démocrates dirigeaient l'Union européenne. Je défends ce que dans l'opposition nous aurions dû, dès 2002, proposer aux classes populaires et aux classes moyennes en butte à leur appauvrissement

Depuis l'effondrement de Lehman Brothers, c'est-à-dire depuis le 15 septembre 2008, nous savons que les Français cherchent un nouveau modèle. Avec les intellectuels, les responsables politiques, les chercheurs, il est possible d'écrire ce nouveau modèle avec des millions de mains. C'est le sens de ma candidature qui n'est donc pas négociable. On en a besoin.

Propos recueillis par Sophie Landrin et Olivier Schmitt - Le Monde, lundi 4 avril 2011

Pubs fausses vintage

Un écho au billet précédent, ou quand la réalité dépasse la fiction.

N'ayons pas peur de la radioactivité :



Boire un petit coup c'est agréable :



La drogue c'est bon !





Fumer, c'est trop classe !

Fausses pubs vintage

Une petite merveille trouvée sur la boîte verte… j'a-dore !




samedi 2 avril 2011

Tirons les leçons de Fukushima : privatisons Areva !



Areva, le fleuron du savoir-faire français en nucléaire civil va devenir une entreprise privée.

Pour l'heure, moins de 4% d'Areva sont cotés, par le biais de certificats d'investissement, sortes d'actions sans droit de vote dont les échanges sont nettement moins faciles que ceux des actions ordinaires.
Actuellement, l'Etat français détient directement 10,2% d'Areva. Mais la majorité du capital du groupe est détenu par des organismes, eux-mêmes contrôlés tout ou partie par des fonds publics. Le Commissariat à l'Energie Atomique contrôle 73% d'Areva, la Caisse des dépôts et consignations 3,3% et EDF 2,2%.

Le nucléaire vendu au pays de l'or noir

Dans un premier temps, les certificats d'investissement actuellement cotés d'Areva vont être transformés en actions ordinaires. C'est une demande du fond d'investissement du Koweit qui a conditionné son entrée au capital d'Areva (4,8 % soit 600 millions d'euros) à cette modification, ouvrant ainsi la porte à la spéculation : Il sera désormais possible pour tous les actionnaires de vendre des titres sur le marché. (Romandie News)

Les analystes soupçonnent que le CEA, qui a de forts besoins de financement, pourrait être tenté de céder 15 % de ses titres.

« On se dirige vers un processus rampant de privatisation du groupe », s'indigne Gérard Melet, administrateur CGT d'Areva, en soulignant que « les objectifs de court terme de la Bourse sont incompatibles avec les investissements indispensables au nucléaire, comme l'accident de Fukushima vient de le rappeler ». (La Tribune)

Business is business

Et oui, les actionnaires veulent des dividendes, et qui dit bénéfices, dit économies, un peu comme l'opérateur privé japonais, TEPCO, qui s'était distingué par le nombre de rapports d'inspection falsifiés ou dissimulés, tant auprès des autorités japonaises que de l'AIEA, concernant ses centrales nucléaires, dont Fukushima. 

Jean-Noël Capdevielle, directeur de recherches au sein de l'Unité Astroparticule et Cosmologie est un observateur attentif de l'industrie nucléaire depuis plus de 30 ans, et il ne mâche pas ses mots sur TEPCO :
"Le nucléaire et le privé, dans le cadre d'une économie ultralibérale mondialisée sont incompatibles, le profit ayant priorité sur la sécurité. Le nucléaire doit rester l'affaire de l'état et des citoyens via un strict contrôle parlementaire. Pour le moment, c'est le cas en France, mais avec l'Europe et l'évolution d'EDF vers la libéralisation, je nourris de fortes craintes pour l'avenir". (La Dépêche)

Sortir du nucléaire, il ne faut même pas y penser

Parler de sortir du nucléaire deviendra de plus en plus difficile, quand les intérêts privés dicterons leur volonté avec avidité. Mais ni vu, ni connu, l'avenir énergétique de notre pays est en train d'échapper à notre souveraineté nationale.

La principale bénéficiaire de l'opération semble être Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva initiatrice du projet, dont la tête était sur le billot il y a peu. En effet, ses défenseurs plaident qu'il ne faut pas aggraver la crise qui secoue actuellement l'industrie nucléaire en nommant un néophyte à la tête d'Areva.

Vos meilleurs ennemis : les journalistes



Ils en prennent plein la tête les journalistes.
Les français ont été interrogés sur 15 métiers afin de connaître la côte d’opinion qu’ils en avaient, par l'Ifop, il y a 4 mois… le résultat est sans appel :

Les journalistes arrivent en 12e position, juste avant les banquiers, et juste après les prêtres !

Les politiques ne se privent pas de les rabrouer, de les critiquer, que ce soit Jean-Luc Mélenchon, dont c'est la spécialité, ou le parti présidentiel, qui dénonce les méthodes des journalistes d'investigation de Médiapart ("des méthodes fascistes"), ou encore le Front National qui expulse violemment un reporter de son congrès, l'occasion pour Jean-Marie Le Pen d'ajouter un "bon mot" à sa collection ("journaliste juif ? Ça ne se voit pas sur son nez !").

Et ainsi de suite, on pourrait faire une volumineuse compilation…

Et pourtant… N'y a-t-il pas de plus grande richesse pour une démocratie que d'avoir des journalistes libres de s'exprimer comme ils le veulent ?
Inconditionnel de la liberté de la presse, Thomas Jefferson disait que s’il devait choisir entre d’un côté, pas de gouvernement et une presse libre et de l’autre côté, un gouvernement et l’absence de presse libre, il choisirait sans hésiter la première proposition. 

Le journal "Courrier International" nous permet de prendre connaissance du travail des journalistes du monde entier. Une lecture nécessaire que je recommande.

En particulier ce témoignage d'un correspondant du journal anglais "The Guardian", en Libye.

Capturé par la milice du leader libyen et détenu pendant deux semaines dans des conditions difficiles, il raconte sa détention… Effroyable ! (à lire intégralement en suivant ce lien).
"On me pousse dans la cellule 11, un espace sans fenêtre, de 2,50 mètres sur 1,50 mètre, aux murs gris foncé, éclairé par une ampoule de faible puissance. J’y trouve une paillasse sale, une couverture et un oreiller dégoûtant. Un muret isole des toilettes recouvertes d’une épaisse croûte brune, un robinet et un seau. Il règne une forte odeur d’égout".
 On pourrait mettre en parallèle le cas de Jean-Marie Lemaire, reporter de France 24, blessé devant Brega, en Libye, et qui a failli y laisser une jambe.

Dans le monde l'année dernière, 57 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur profession. Reporters Sans Frontières rapporte qu'au cours de l'année 51 journalistes ont été enlevés, 535 ont été arrêtés, 1.374 ont été agressés ou menacés, tandis que 504 médias ont été censurés et 127 journalistes ont fui leur pays.
Selon RSF, dans beaucoup de pays le gouvernement français n'est plus considéré comme respectueux de la liberté d'information.

Mais dans notre pays, les  journalistes sont vraiment nos meilleurs ennemis, et l'ingratitude des citoyens à leur égard est tout à fait étonnante.

vendredi 1 avril 2011

Poisson d'avril