mardi 31 mai 2011

Ils sont parmi nous…


C'est au cours du mariage princier qu'on les avait repéré…

… On ne savait pas qu'ils contrôlaient le sommet des états.

Ce que l'affaire DSK nous apprend sur l'argent



La lecture de l'article de Romain Pigenel sur Variae laisse perplexe.

"L'argent qui choque", vaste question.

En bon social-démocrate, il défend le droit à l'enrichissement, enrichissement absolu s'il le faut.
Encore une suite du traumatisme de l'affaire DSK.
Bien entendu, il a raison, l'entrepreneur qui réussit mieux que son concurrent, en vendant 1000 là où l'autre ne vend que 10, doit gagner cent fois plus. Le commerce est ainsi fait.

Mais le problème à mes yeux, et le malaise qu'il induit, est que la fortune de DSK (ou plutôt Sinclair), est un héritage. Bien sûr, ce n'est pas de l'argent mal acquis ; bien sûr ils ne sont pas fautifs d'avoir hérité. Mais à ce compte, les nobles étaient-ils fautifs de leur privilèges héréditaires ? Le malaise vient de là. Ne faut-il pas s'indigner de ces fortunes anormales ? Fallait-il faire une révolution pour en arriver là ?

N'y a-t-il pas une "oligarchie" qui se reconstitue, avec ses lieux privilégiés (comme "Le Siècle"), au même rythme qu'un nouveau Tiers Etat apparaît, avec ses lieux spécifiques, Restos du cœur, Hard discount et autres ? La misère face à l'outrance.

Romain Pigenel est un malin : pour défendre cette nouvelle caste des plus que riches, devenue héréditaire (Dassault, Lagardère ou Bettencourt en sont de bon exemples), il l'amalgame à la classe moyenne, ce brave bourgeois qui sans avoir des fins de mois difficiles doit surveiller son budget. Ce chef d'entreprise qui réussit mais peut aussi s'effondrer, ce médecin qui enchaîne les actes pour sauver son petit train de vie.

Il compare un repas de qualité aux millions de dollars consacrés au confort d'un seul… Une pirouette facile : "Parce qu’après tout, quand on voit l’activité des Restos du Cœur et des soupes populaires exploser, on se dit qu’il y a un risque que les restaurants fréquentés par mes camarades Hamon, Montebourg et Valls paraissent « indécents » aux yeux d’un certain nombre de Français".

Le problème n'est pas là. Il ne s'agit pas de prendre des mesures extrêmes, ni de préparer le Grand Soir. L'enrichissement est recherché par tous, dans un certaine mesure. Le malaise n'est pas là.

Le malaise que provoque la fortune de DSK traduit une autre réalité.
Cette fortune n'est pas celle d'une bourgeoisie laborieuse, dont la prospérité reflète celle de sa nation, elle représente l'absence d'imposition régulatrice, la spéculation et le capitalisme financier, le symbole d'un système perverti et sans contrôle, où l'argent se nourrit de lui-même, sans aucunes frontières. Elle représente le système boursier où seul l'argent est une valeur morale, elle met sous les yeux de tous la différence de condition entre le peuple qui peine et l'élite qui jouit.

Quand Dominique Strauss-Kahn épinglait Hervé Gaymard, jugeant qu'il était indécent pour un ministre d'avoir un logement de fonction dont le loyer mensuel valait 10 fois le Smic, il ne faisait part que d'une "indignation morale", la même que celle que ses moyens d'aujourd'hui provoquent. Non, DSK n'est pas "coupable" d'être plus que riche, il n'est qu'une"victime" du système qui le permet…Un système qu'il défend dans ses grandes lignes, jusqu'à preuve du contraire.

Jean-Luc Mélenchon explique très bien ce que la social-démocratie, la politique du compromis, peut représenter, et comment l'intérêt général est confisqué au profit de l'intérêt de quelques uns, il est à écouter sur Intox2007.

lundi 30 mai 2011

Certitude de culpabilité



Dans l'affaire DSK, une notion revient en boucle : "présomption d'innocence".
Il y a des mots passe-partout, qui sont parfois trompeurs.

Dans cette affaire, comme dans celle de Tron, je vois plutôt une certitude de culpabilité.

Soit la ou les plaignantes ont raison, et donc leur accusation est fondée, ce qui entraîne forcément la culpabilité de la personne accusée, soit ce sont des déclarations fausses et il y a une culpabilité avérée de dénonciation calomnieuse.

Dans ces affaires, l'une des 2 parties est coupable (il n'y a pas de présomption, juste une certitude), reste à définir laquelle, et à la punir selon la loi.

samedi 28 mai 2011

Mon dessin du Canard de la semaine


Oui, une bien belle romance : une milliardaire se ruine pour que son mari infidèle évite la prison. C'est sûr que ça fait plus d'audience qu'un smicard violeur qui finit en taule faute de pouvoir se payer une caution et un bon avocat. Non, il ne faut pas honnir celle qui est milliardaire, ni tous les enfants de riches, qui n'y sont pour rien d'avoir cette fortune entre leurs mains.

D'ailleurs, il était bien injuste aussi d'en vouloir à ces pauvres nobles, en 1789, qui n'y étaient pour rien d'être si puissants… on ne choisit pas sa naissance, hein ? Pour un peu, on pourrait se dire que c'est eux les victimes, quelle malchance d'avoir des parents riches !

Oui, ayons de la compassion pour les plus que riches. Ils ont déjà tout, palais, laquais, joyaux… Mais tout cela n'est rien, ils veulent aussi l'amour de leur prochain, la seule vraie richesse.
Pauvres riches !

vendredi 27 mai 2011

Votez pour la démondialisation !



La démondialisation est un concept prônant une nouvelle organisation de l’économie mondiale.

• Elle prend en compte l’augmentation des interdépendances humaines dans le monde mais s’efforce de les soustraire à la domination de la Globalisation financière et du Libre-échange.

• Elle vise à rendre plus juste, sociale et écologique l’organisation économique mondiale grâce à de nouvelles règles endiguant les effets néfastes du libre-échange et du néo-libéralisme.

• Elle tend à mieux articuler la décision prise dans le cadre civique à l’action au niveau international.

La démondialisation se base principalement sur la mise en place de Taxes douanières, modulées selon le coût écologique et social des marchandises, et la reterritorialisation de la production.
(dossier complet sur wikipedia)

C'est un des axes majeurs du programme que propose Arnaud Montebourg.
Sont dernier livre (2 €), "Votez pour la démondialisation", est préfacé par E. Todd.

"Ce texte vaut autant par la fermeté de son ton que par la clarté de ses propositions. Nous sommes ici bien loin du robinet d'eau tiède qui a fait tant de mal à la gauche", averti l'économiste dans son préambule.

C'est cette rigueur d'analyse qui fait la force de Montebourg : il cherche toujours à s'attaquer à la racine du mal. Comme il préconise un changement de constitution pour sauver la France, il défend la démondialisation pour sauver son économie, et ses emplois.

On trouvera toujours des gens pour dire que les socialistes n'ont pas de programme… sans doute ceux-ci ne connaissent que les ténors de l'ancienne génération, ceux qui ne veulent un changement qu'à la condition qu'il ne change rien au système en place.

"Votez pour la démondialisation", un petit bouquin de poche à acheter d'urgence.

jeudi 26 mai 2011

Pour une candidature unitaire à gauche

Quand un pote m'a appelé pour me proposer de m'associer à cette démarche, je n'ai pas hésité.
Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose, selon la formule consacrée.
Cette candidature unitaire à gauche, appelée de nos vœux, ne signifie pas renoncer à nos convictions, certains sont plus rouges ou plus verts, c'est selon.

Pour ma part, je pense qu'un rassemblement doit s'opérer après que chaque formation politique à gauche ait organisé ses primaires (PS, Verts, Front de gauche). Les candidats désignés ont le devoir de s'entendre, et de s'unir (un deuxième tour des primaires de gauche, en quelque sorte). Rien n'est impossible, même si cela fait discussion.

Et c'est sur la discussion, la confrontation des différences, que se fait la démocratie. Plus qu'une candidature d'incarnation (il n'y a pas de sauveur suprême…), c'est un choix de programme politique où s'additionnerait les nuances et les compatibilités, qui est recherché.

J'avais déjà signé l'appel du 21 avril, cette lettre ouverte va dans le même sens.




Lettre ouverte d’un électeur à tous ceux qui font de la politique à gauche

Pour faire avancer l’unité à gauche, faites comme nous : copiez, collez et personnalisez cette lettre ouverte, puis envoyez la vite aux responsables politiques de gauche que vous connaissez. Et faites tourner !

Le Kremlin-Bicêtre, mai 2011

Chers camarades,
Comme disent les Chinois, il est des coups de massue qui rendent lucides : si la gauche veut remporter l’élection présidentielle de 2012, elle devra aller unie au combat dès le premier tour.

Imaginer que tel ou tel candidat ou candidate évitera la dispersion des voix à gauche entre vos différents partis, provoquera le réflexe d’un vote « utile », est un pari dangereux, une illusion entretenue par des sondages dont on connaît la volatilité… et la fiabilité.
Enterrer Nicolas Sarkozy trop vite est tout aussi illusoire. C’est un redoutable adversaire en campagne électorale, chacun le sait. C’est un des rares domaines où sa compétence n’a pas encore été mise en doute.

Mais surtout, Marine Le Pen sera vraisemblablement au second tour, nul besoin de sondages pour le craindre.

L’élection présidentielle de 2012 se gagnera donc au premier tour. Autrement dit, celui des deux candidats, de gauche ou de droite, qui aura le plus rassemblé son camp avant le scrutin présidentiel aura de fortes chances de l’emporter, soit parce qu’il sera face à Marine Le Pen, scénario hélas le plus probable, soit parce qu’il aura obtenu un score élevé au premier tour et aura donc créé une dynamique suffisante pour gagner le second.

C’est le bête et implacable raisonnement arithmétique qu’impose notre scrutin majoritaire à deux tours. On peut regretter qu’il en soit ainsi, qu’il ne nous soit plus permis de faire un « choix de coeur » au premier tour. Mais c’est comme ça.

Cette réalité électorale doit conduire les politiques que vous êtes à agir en conséquence, c’est à dire à vous battre pour que ce soit bien le candidat de gauche qui rassemble le plus efficacement son camp dès le premier tour, et non celui de droite, Nicolas Sarkozy.
Inutile d’attendre le dernier moment pour bâcler un marchandage de circonstance, purement politicien, ou le programme et les idées passeront à la trappe. Inutile encore de compter sur un accord entre les deux tours, vite fait bien fait, entre les partis de gauche au cas où ce serait l’un des leurs qui accède au second tour. Dans le premier cas, face à Le Pen, pourquoi le candidat s’embarrasserait-il d’une négociation avec ses amis politiques alors qu’il est pratiquement certain d’être élu ? Dans le second cas, face à Sarkozy, redoutable candidat, le spectacle de chefs de partis de gauche se rabibochant opportunément après une campagne qui les aura durement opposés sera d’un effet déplorable et ne peut que favoriser le candidat de la droite.

Avez-vous le droit d’envisager cette défaite ? N’avez-vous pas, au nom de la confiance et des mandats que vous ont confié le peuple, des obligations, dont celle de gagner pour mettre un terme à la politique désastreuse menée par Nicolas Sarkozy ?

Chers camarades, il est temps d’atterrir. D’arrêter d’avancer en ordre dispersé, avec des candidatures tactiques, « providentielles » ou fantaisistes. Bref, il est temps de prendre la mesure de cette nouvelle donne électorale et d’en tirer les conséquences. Dès que possible, vos partis doivent travailler ensemble à une plateforme commune et à la désignation d’un candidat unique pour toute la gauche. Après tout, les primaires ont bien été imaginées pour cela, non ?

Rappelez-vous : n’avaient-elles pas vocation, à l’origine, à sortir des logiques partisanes en s’adressant à tous ceux qui « partagent les valeurs de la gauche », qu’ils soient roses, verts ou rouges ? Imaginez la dimension que prendraient ces primaires si elles mobilisaient tous les partis ! Elles donneraient un autre souffle à la campagne et un autre poids au candidat ainsi désigné. Et avouons-le, elles seraient sûrement prises beaucoup plus au sérieux qu’aujourd’hui.

Pour vous, responsables politiques, ce ne sera pas facile de dépasser les clivages et les rivalités d’appareils, on l’imagine. Certains d’entre vous ne souhaiteront peut-être pas monter dans le train de l’unité. Mais l’enjeu est à la hauteur de l’effort : pour que la gauche remporte ce scrutin présidentiel, l’unité et les concessions qu’elle implique, sont le prix à payer et, soyons plus positifs, le défi à relever.

D’ailleurs pensez-vous sérieusement qu’un programme qui rassemble tous les partis de gauche soit un défi aussi insurmontable ? Nous partageons tous un socle de valeurs communes : écologie, services publics, société solidaire, emploi pour tous, fiscalité redistributive, laïcité, régulation de la finance, éducation, innovation, recherche, et bien sûr, l’ambition d’une France forte, généreuse et influente sur la scène mondiale.

Chers camarades, quelle tâche plus stimulante qu’un programme unitaire pour ceux qui aiment la politique et veulent changer les choses ! Ce n’est pas une utopie, c’est une nécessité. Les électeurs le sentent et multiplient les appels dans la presse et sur le Net. Nous sommes à un an de l’échéance, vous avez encore le temps de vous y mettre. N’attendez pas.

Un programme, un candidat… la victoire en 2012 !
Captainhaka : Le grumeau, Custin d’Astrée : 365 mots, Cycee : bahbycc, Dominique Darcy : dominiquedarcy, Eric Citoyen : Mon Mulhouse, Gaël : De tout et de rien, Jean-Claude : Slovar – Les nouvelles, Jean Renaud Roy : @jr_roy, Juan : SarkoFrance, Jules Praxis : @jules_praxis, Le Coucou : Le coucou de Claviers, Melclalex : A Perdre la raison, MrsClooney : La femme de George (s) , Nicolas : Partageons mon avis, Nicolas : La rénovitude, Nicolas Cadène : Débat socialiste, Richard Trois : Richardtrois, Rimbus : Rimbus le Blog, Romain Pigenel : Variae, Ronald : Intox2007, Jacques Rosselin : @rosselin, Seb Musset : Les jours et l’ennui de… , Stef : Une autre vie,  Sylvie Stefani : Trublyonne, Valérie de Saint-Do : Microcassandre, Vogelsong : Piratages, Yann Savidan Carnet de notes de…, Zeyesnidzeno : La France a peur

Pour faire avancer l’unité à gauche, faites comme nous : 

copiez, collez et personnalisez cette lettre ouverte, puis envoyez la vite aux responsables politiques de gauche que vous connaissez (députés, maires, sénateurs, responsables de parti, etc). N’hésitez pas à nous envoyer leur réponse. Vous pouvez pour commencer retrouver les mails de vos députés en cliquant ici. Et faites tourner !


mardi 24 mai 2011

la gauche du combat face à la gauche du renoncement


2012 - Un accord Mélenchon - Montebourg dès le... par idees_reves

Méluche le confirme, Nono et lui c'est quasiment la même chose.

Rien d'étonnant, j'ai toujours respecté monsieur Mélenchon.
Son discours, quand on l'écoute avec attention, au-delà de l'éloquence du tribun et de ses effets de manches, est d'une rare acuité.

Montebourg et lui se ressemblent, avec leurs nuances respectives, leurs caractères propres, leurs styles particuliers… et leurs idées communes.

Ils se ressemblent comme Martine Aubry ressemble à François Hollande.

D'un côté, une gauche audacieuse, réformatrice, dont les principes sont nés de l'analyse et de la morale. De l'autre, une gauche paresseuse et conservatrice, basée sur la demi-mesure et le compromis. La gauche qui dénonce face à la gauche du silence, la gauche du combat face à la gauche du renoncement.

D'un côté, Montebourg qui dénonce les turpitudes du clan Guérini, de l'autre, Aubry qui enterre les dossiers et ferme les yeux sur les écarts du pacha de Marrakech ; les partisans d'une nouvelle République face aux défenseurs du présidentialisme ; ceux qui veulent la démondialisation contre ceux qui se complaisent dans un statu-quo institutionnel et économique.

Méluche à tout compris : quand on veut le forcer à choisir entre les représentants de la gauche-molle qu'on a placé en tête des sondages, comme de bons bergers qui canalisent les moutons, il répond : "il faut se battre pour des idées !"

Les siennes et celles de Montebourg, en l'occurrence.

lundi 23 mai 2011

Lagarde au FMI ? Pour Montebourg c'est un choix périlleux



Arnaud Montebourg vient de réagir à la possible nomination de Christine Lagarde pour succéder à Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fond Monétaire International. Pour le candidat déclaré aux primaires socialistes, ce choix serait "périlleux".

"Le nom de Madame Christine Lagarde, avancé par différents responsables politiques de notre pays, peut se révéler être un choix périlleux.
Périlleux parce que Madame Lagarde soutient les politiques d’austérité les plus dures, comme celle imposée actuellement à la Grèce (…)" a mis en garde Montebourg, avant de rappeler qu'elle défendait "la politique exigée par les marchés au moment précis où il est hautement nécessaire de les domestiquer".

Il n'a pas manqué de souligner son implication dans "l'affaire Tapie", avant de conclure : "ne reviendrait-il pas au FMI de s’ouvrir à d'autres politiques et aux pays du Sud en se réformant en profondeur ? A l'évidence Madame Christine Lagarde n'a pas le profil pour de telles exigences".

C'est une réponse à Madame Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, et candidate non-déclarée à ces primaires, alors que la démission de DSK ravive le souvenir du "Pacte de Marrakech". Martine Aubry avait considéré dimanche que la possible arrivée de C. Lagarde "serait une très bonne chose pour notre pays et pour l'Europe".

(source : communiqué officiel de Montebourg aux agences de presse, photo © Webstern socialiste).

Un avis partagé par Juan, sur Sarkofrance.

Le meilleur candidat de gauche est celui qui rassemble le plus


Arnaud Montebourg est The Rassemblator par onvabenygauner

Le candidat le plus légitime pour représenter la gauche n'est-il pas celui qui la rassemble le plus ?

Interrogé hier sur la possibilité de faire un accord avec les socialistes dès le 1er tour des présidentielles, Jean-Luc Mélenchon a exclu cette éventualité sauf si le candidat désigné était Arnaud Montebourg. Un convergence de vue entre les 2 hommes déjà exprimée pendant leur déplacement commun à Dole, pendant la campagne des cantonales, que Méluche avait confirmée le 1er mai sur i-télé.

Voilà pour la gauche de la gauche… mais plus à droite ?
 Jean-Pierre Chevènement a déclaré de son côté que s'il était au PS, il voterait Montebourg.

Bon, avec le soutien de Taubira et des radicaux de gauche, le camp socialiste semble rassemblé autour d'Arnaud.

Oui mais les écologistes ? Ceux du PS sont favorables à Montebourg, et plus inattendu, Nicolas Hulot aussi.

Qui peut mieux concrétiser une candidature unique de la gauche que Montebourg ?

Certains semblent perdus après le scandale DSK… Aubry, Hollande… est-ce le seul horizon pour rassembler la gauche ?

Pourquoi ne pas voter pour le changement et l'audace ?

dimanche 22 mai 2011

Henri Rivière, le Shin-Hanga à la française

Comment ne pas penser au Shin-Hanga en regardant l'œuvre de Henri Rivière ?

Né en 1864 et mort en 1951, il aura été le contemporain de Kawase Hasui (voir mon billet précédent), et ses thèmes, instantanés de la vie quotidienne ou de la nature, comme sa technique (bois gravés et lithographie), le rapprochent de cette école picturale japonaise.

Formé en 1880 à l'art graphique chez le peintre d'histoire Émile Bin, il débute comme illustrateur dans différents journaux. En 1882 il est secrétaire de rédaction de l'hebdomadaire "Le Chat noir", puis collabore au cabaret éponyme avec son "Théâtre d'ombres" (de fines découpes en ombres chinoises, là aussi un mode d'expression tout ce qu'il y a de japonais).

Ce parisien a laissé une série fameuse, 36 vues de la Tour Eiffel (Lithographie), inspirée des 36 vues du mont Fuji, de Hokusai. En voici une sélection :

Vue dans la tour


Vue de la rue Beethoven

 Vue du Pont d'Austerlitz

Vue de Notre-Dame

Vue de l'estacade

Mais Rivière, dans ses paysages de Bretagne, démontre que sa technique égale celle des maîtres Japonais :

La vague, étude (Litho)

Vague montante (gravure sur bois)

Vague frappant un rocher (gravure sur bois)

Le port de Douarnenez (litho)

Coucher de soleil (litho)

Le hameau (litho)

Un site est consacré à Henri Rivière, pour y découvrir l'ensemble de son œuvre.

samedi 21 mai 2011

Shin Hanga : Les ponts de Hasui Kawase

Hasui Kawase (1883-1957) est né à Tokyo. Il est le fils d'un marchand. Il est formé, adolescent, par un peintre peu connu.
Il a passé la majeure partie de sa vie à parcourir le Japon avec son carnet de croquis à la main, voyageant d'auberge en auberge. Hasui Kawase a dessiné au total 600 estampes, de 1918 à 1957
En 1956, le gouvernement japonais lui décerne le titre de Trésor national vivant.

Ce billet est inspiré de la dernière chronique d'Alain Korkos, qui est comme moi un grand admirateur de l'estampe japonaise "nouvelle vague" du Shin Hanga.

D'autres estampes ainsi qu'une biographe complète du maître sont visibles sur le site ArtMemo.


Mont Fuji vu du pont Tagonoura

Matin à Dotonbori, Osaka

Kanahama Hizen

Pont Kaminohashi à Fukagawa

Le pont de Kintai

Mare de Shiba Benten

Mt. Fuji and kawai Bridge

Neige sur le pont Shin, à Nikko

Pont Eitai

 Averse du soir sur le pont Imai


 Neige du soir sur la rivière Edo

Le pont Shin, à Nikko

 Matin sur le pont Niju

mardi 17 mai 2011

Polichinelle dans le tiroir, DSK au placard



La nouvelle officieusement officielle que Carla Bruni est enceinte, plus la mise en prison de Strauss-Kahn, voilà deux nouvelles réjouissantes pour Nicolas Sarkozy.

Un petit héritier, qui nous viendrait juste avant le premier tour des élections, une opposition décapitée qui semble devoir faire le deuil de son champion, tout cela est parfait pour une qualification au deuxième tour. Face à Marine bien sûr.

"On va nous raconter une belle histoire, ça sera une sorte de télé-réalité élyséenne. Vous avez d'abord la nouvelle de la grossesse, ensuite la grossesse elle-même et le ventre rond de Carla. On se demandera alors si tout ça va bien se passer... Et puis il y aura l'accouchement, la sortie de la clinique, l'enfant dans les bras de Carla et les parents qui pouponnent. Cela va occuper le terrain médiatique pendant un bon moment, ce qui permettra d'oublier les querelles de l'UMP. Et pour peu qu'elle accouche à l'automne, ça sera en plein dans la primaire socialiste !"
(Christian Delporte sur le Nouvel Obs)

Le vent vient de tourner. Et maintenant, on a le droit de faire gueule.

lundi 16 mai 2011

La prémonition et les antécédents de DSK

 
Selon des journalistes de Libération, Lors d'un entretien «off» le 28 avril (à lire en zone abonnés), DSK lui-même avait estimé qu'il était possible qu'on tente de le piéger. Il s'était alors mis à imaginer «une femme [qu’il aurait] violée dans un parking et à qui on promettrait 500.000 ou un million d’euros pour inventer une telle histoire…».

L'histoire incroyable de Dominique Strauss-Kahn autorise toutes les interprétations, les intérêts que représentent le patron du FMI sont énormes.

Concernant cette déclaration prémonitoire (est-elle enregistrée ?), elle s'ajoute à la thèse du complot. Si DSK y a pensé, pourquoi pas d'autres, on attaque toujours au défaut de la cuirasse.

Par contre, la déclaration de Anne Mansouret, vice-présidente socialiste du conseil général de l'Eure, et blogueuse sur le site Rue89, qui confirme les accusations de sa fille Tristane Banon contre DSK (tentative de viol, ou avances trop pressantes, difficile à dire), pourrait faire penser que la mésaventure du Sofitel de New York n'est pas une exception. J'en ai parlé une fois avec DSK. Il a dit «je sais pas ce qui m'a pris, j'ai pété un plomb» précise Mansouret.

Entre ces deux versions, le complot et le dérapage, difficile de choisir.


Ce mélange de sexe et de politique crée un climat délétère qui ne présage rien de bon pour l'avenir politique de notre pays. Vivement la 6e république, que nous échappions à cette personnification à outrance du pouvoir. L'homme est faible, quel qu'il soit.

dimanche 15 mai 2011

Le Perv


Incroyable suite à mon billet d'hier… DSK est en cellule a Harlem, New York, soupçonné d'agression sexuelle sur une femme de chambre d'un hôtel de luxe.

La presse américaine ne prend aucune précautions, ni présomption d'innocence, ni possibilité d'un "coup monté".
L'ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali, a évoqué sur Europe 1 la possibilité d'une "manipulation" dont aurait été victime Dominique Strauss-Kahn, en soulignant que le patron du FMI était descendu dans un hôtel de la chaîne française Sofitel. Attali ajoute : DSK "ne pouvait plus être candidat à la primaire socialiste"

L'image de DSK est définitivement détruite.
Il est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit, si ce n'est que Strauss-Kahn dément les accusations qui lui sont faites.

A suivre…
(dossier complet sur @si)

samedi 14 mai 2011

Festival de Strauss-Kahn : les cadavres ne portent pas de costards




DSK a chargé ses avocats "d'engager sans délais les procédures de nature à réparer le préjudice qu'il subit du fait de campagnes médiatiques destinées à lui nuire", selon un communiqué (cité par l'AFP). Qui précise: "Maitres Jean Veil et Dominique de Leusse vont assigner, devant le tribunal de grande instance de Paris, France-Soir ainsi que Mme Pascale Tournier, journaliste, à la suite de la publication de fausses informations relatives à son train de vie", en l'occurence des costumes commandés à un tailleur de luxe américain. (Gilles Klein pour @si)

France Soir avait affirmé que le patron du FMI était client du célèbre tailleur américain, Georges de Paris, qui, selon le quotidien, confectionne des costumes pouvant atteindre les 35.000 dollars (Nicolas Sarkozy, dit-on, serait de sa clientèle).

La campagne anti-DSK est vraiment à hauteur de caniveau. "Il y a maintenant une campagne tout à fait structurée, organisée, qui avait d'ailleurs été annoncée par M. Sarkozy et ses proches, qui veulent attaquer la personne de Dominique Strauss-Kahn", a déclaré Jean-Marie Le Guen sur Europe 1. "L'Elysée a été très clair depuis des mois sur l'idée qu'ils attaqueraient Dominique Strauss-Kahn sur sa personnalité", a ajouté le député socialiste de Paris, cité par Le Figaro.

En l'absence de programme politique pour la prochaine présidence de la République, il n'y a que l'image de l'hypothétique candidat qui puisse être critiquée.

Une position claire quant à la candidature du directeur du FMI, la présentation d'un programme, avec des idées originales et compréhensibles, permettrait d'élever le débat et d'engager les polémiques sur un terrain attendu par les Français : l'économique et le social.

Terra Nova, le think tank proche de DSK a amorcé une réflexion bien mal rédigée. Critiquée par Arnaud Montebourg, raillée par Jean-François Copé, Olivier Ferrand a dû in extremis opérer une mise au point.

L'image de Strauss Kahn est mal perçue, ses idées aussi. Si sa candidature doit se confirmer, l'homme de Sarcelle doit rectifier très vite son positionnement…

vendredi 13 mai 2011

Renault, ou la revanche des oligarques sur le CNR


Appel du Conseil National de la Résistance (de... par AgirEnConscience

Les héritiers de Renault ont déposé une assignation devant le tribunal de grande instance de Paris, afin de contester la légalité de la nationalisation de Renault en 1945 et obtenir des indemnités, a-t-on appris jeudi auprès de leur avocat, confirmant une information du Monde.

Renault Hitler, AFP

Renault et Hitler, une collaboration parfaite

"L'ordonnance de confiscation des biens est contraire aux principes fondamentaux du droit de la propriété", droit inclus dans la déclaration universelle des Droits de l'Homme, a déclaré l'avocat des héritiers, Me Thierry Lévy.

L'avocat a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester l'ordonnance de nationalisation prise en 1945.

Derrière cette sobre dépêche de l'AFP, se cache l'ultime coup de boutoir contre l'action du CNR (Conseil national de la Résistance), entre autre la nationalisation de l'énergie, des assurances et des banques, la création de la Sécurité sociale. Ces actions qui ont constitué jusqu'à aujourd'hui la plus grande partie de nos acquis sociaux.

Denis Kessler ne l'avait pas caché en 2007 : "Il s'agit aujourd''hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !"

Quoi qu'en disent nos gouvernants actuels, c'est bien cette recommandation funeste qui est en train d'être mise en place. L'exemple le plus effrayant est à mes yeux le changement de statut d'Areva, où l'indépendance énergétique de notre pays est en train d'être vendue au plus offrant.

L'action des héritiers Renault n'est qu'un épisode de plus de la réaction des oligarques face à un idéal humaniste désormais incompatible avec le cynisme de l'élite possédante.

Notre identité nationale serait si mal en point qu'elle en a perdu l'esprit de résistance ?

C'est dans un an, avec un bulletin de vote adapté que nous pouvons le faire vivre.

mercredi 11 mai 2011

Montebourg n'est pas une girouette


 Cliquez l'image pour la voir en grand

En 1997 Arnaud Montebourg a 34 ans, et sa vision du monde ne manque pas de maturité. Il se lance en politique sérieusement, en se faisant élire député en Saône-et-Loire. C'est le début d'un combat pour des idées (et des rêves) qui le conduisent aujourd'hui à se présenter à l'élection présidentielle.

Il l'a dit lui même, il est temps maintenant qu'il les porte seul. Sans doute l'homme a mûri, s'est "fait le cuir" dans le combat politique, a gagné en crédibilité en présidant un Conseil Général puis en s'y faisant réélire. Mais la constance de ses idées est bien là.

En 1997 le candidat dénonce déjà, comme aujourd'hui, le capitalisme boursier, et il est convaincu qu'une forme de démondialisation est nécessaire, en taxant aux frontières européennes les produits fabriqués par des ouvriers sans aucune protection sociale… Tout comme aujourd'hui.

En 2001, sa réflexion lui fait comprendre qu'un des maux principaux de notre démocratie bancale est la constitution de la Ve République, un constat partagé par Jean-Luc Mélenchon. 10 ans plus tard, il reste le premier partisan de la 6e République, une idée qu'il a su imposer dans le PS en 2007, et qui est reprise à leur compte par de nombreux acteurs de gauche.

Marie-Noelle Lienemann, dans une tribune sur Marianne, explique que selon elle Montebourg "fait preuve d’une certaine inconstance dans ses positions. Il s’est roulé pendant un temps avec délectation dans la candidature Ségolène Royal. Alors bien sûr, Arnaud Montebourg a de grandes qualités, mais la période appelle à de la constance, des choix clairs, une certaine continuité. C’est le cas de Martine Aubry".

Sans doute Marie-Noelle ne connaît pas bien Arnaud et ses idées… Quant à la constance de madame Aubry, "ses choix clairs" concernant la candidature à l'élection, on ne peut que s'étonner qu'ils soient comparés à ceux de Montebourg, qui a décidé le premier de ne tenir compte que d'une chose, de la solidité de son programme plus que de la subjectivité des sondages.

mardi 10 mai 2011

Regarde, c'était en 1981



Regarde,
quelque chose a changé, l'air semble plus léger, c'est indéfinissable…

Regarde,
sous ce ciel déchiré, tout s'est ensoleillé, c'est indéfinissable…

Un homme,
une rose à la main, a ouvert le chemin, vers un autre demain…

Les enfants,
soleil au fond des yeux, le suivent deux par deux, le coeur en amoureux…

Ecoute,
ces fanfares et musiques, tintamarre et magique, féerie féerique…

Regarde
moins chagrins moins voûtés, tous ils semblent danser, leur vie recommencée…

Regarde,
on pourrait encore y croire, il suffit de vouloir, avant qu'il ne soit trop tard…

Regarde,
On a tellement rêvé, que sur les murs bétonnés, poussent des fleurs de papier…

Et l'homme,
une rose à la main, étoile à son destin, continue son chemin…

Seul,
il est devenu des milliers, qui marchent émerveillés, dans la lumière éclatée…

Regarde,
on a envie de se parler, de s'aimer de se toucher, et de tout recommencer…

Regarde,
plantée dans la grisaille, par-delà les murailles, c'est la fête retrouvée…

Ce soir,
quelque chose a changé, l'air semble plus léger, c'est indéfinissable…

Regarde,
au ciel de notre histoire, une rose à nos mémoires, dessine le mot ESPOIR !

lundi 9 mai 2011

Putain de dimanche !



En France, les jours fériés sont légalement définis par le Code du travail. Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé.

Mais, vous l'aurez remarqué, le 1er et 8 mai sont tombés un dimanche cette année. Donc Bernique !
Travaillez plus qu'y disait, nous y voilà bien !

Cette histoire de jours fériés en France est abracadabrantesque. Déjà, il y a tous les religieux qui réclament "leur" jour. Et les athées, ils pourraient bien réclamer comme journée chômée l'anniversaire de Voltaire ou de Clemenceau, ne serait-ce pas légitime ?
Notre République si laïque devrait se pencher sur la question.

Mon frangin, le Professeur Rimbus, s'y est penché, lui, sur cette question. Se faire sucrer des jours de congé comme ça, c'est plus qu'il ne peut supporter.
Je dois ajouter que si le Professeur est un dangereux anarchiste-royaliste, il n'en est pas moins un des premiers défenseurs de l'égalité entre les citoyens, ainsi que de leur bien-être.

Il constate que hormis le 1er mai, objet d’une réglementation particulière, l’article L. 3133-1 du Code du travail fixe des jours fériés légaux ordinaires au nombre de 10 : 4 fêtes civiles les 1er janvier, 8 mai,  14 juillet, 11 novembre ; 6 fêtes chrétiennes les lundi de Pâques (25 avril en 2011), jeudi de l'Ascension (40 jours après Pâques - le 2 juin pour 2011), lundi de Pentecôte (50 jours après Pâques  - 13 juin en 2011), 15 août (Assomption), 1er novembre (Toussaint ), 25 décembre (Noël).

« Il serait peut-être temps de se débarrasser de ces perpétuelles immixtions des religions dans la citoyenneté que sont les jours fériés.  Il suffirait de supprimer dans le Code du Travail toute référence à des « jours fériés légaux », qui n’ont rien à y faire. Gardons seulement le 1er mai (ou plutôt le 1er lundi de mai) comme jour de congé payé obligatoire que l’on ferait mieux de renommer "journée des syndicats" ; notre pays a bien besoin de revaloriser et développer le syndicalisme », proclame le Professeur en levant le poing gauche.

Pour le reste, il propose d'octroyer au citoyen 8 jours, des « jours autorisés  de chômage individuel » (Jaci) dont il pourrait disposer à sa convenance, sans toutefois dépasser 2 jours à la suite, ce qui permettrait de composer "ses ponts" de la meilleure manière.

Voilà une proposition intéressante qui pourrait intéresser les candidats à l'élection présidentielle.

Référence : Lalouette J. Jours de fête - Jours fériés et fêtes légales dans la France contemporaine. Tallandier, Collection Approches, septembre 2010.

dimanche 8 mai 2011

Les Américains savaient-ils en 2008 où était Ben Laden ?



Le 3 octobre 2008, dans l'émission d'HBO "Real Time with Bill Maher", Christiane Amanpour annonce, de source "bien renseignée" précise-t-elle, que Oussama Ben Laden n'est pas caché dans une cave, mais est installé dans une confortable villa au Pakistan.

Qui est Christiane Amanpour ? Quel crédit apporter à cette annonce ?

Cette ancienne correspondante internationale en chef pour CNN est parmi les journalistes les plus reconnues et récompensées de la télévision américaine. Elle est devenue l'un des correspondants les mieux payés (et peut-être la mieux payée) au monde, notamment grâce à sa volonté de voyager et travailler dans les endroits les plus dangereux du globe. Elle parle couramment anglais, persan (sa langue maternelle) et français.
En 1998, elle épouse James Rubin, à l'époque porte-parole du Département d'État américain. Il a été membre de l'équipe de Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle de 2008.

Si madame Amanpour a des sources, elles sont au plus haut niveau de l'Etat.

Une déclaration qui prend un sens tout particulier aujourd'hui…

samedi 7 mai 2011

L'arbre Ben Laden qui cache la forêt terroriste pakistanaise


Ahmed Shuja Pasha, le puissant chef de l'Inter-Services Intelligence (ISI)


L'opération Ben Laden se caractérise par la gestion calamiteuse de sa communication.

Quelle qu'en soit la réalité, les ambiguïtés nombreuses du (des) récit "officiel" et l'expérience du "mensonge d'Etat" ouvrant un vaste champ d'interprétations, le résultat est bien visible :
les Etats-Unis d'Amérique se sont fait "ballader" par le Pakistan.

En annonçant la mort du chef d’Al-Qaïda, Barack Obama avait jugé "important de noter que notre coopération dans l'anti-terrorisme avec le Pakistan nous a aidé à parvenir à Ben Laden et au complexe dans lequel il se cachait".
Quelques jours plus tard, l’ex-directeur de la CIA Leon Panetta affirmait que les Pakistanais n'avaient pas été prévenus de l'opération car "ils auraient pu alerter" Ben Laden. Bref, une communication qui souffle le chaud et le froid, faute d’avoir pu faire autrement. (Nouvel Obs).

Mohammad Taqi du journal Pakistanais The Daily Times, ne craint pas de dire que cette opération américaine montre bien que Ben Laden était sous la protection de l'armée pakistanaise, et pas sous celle de tribus pachtounes au Waziristan.
"Comment dans une ville de garnison, l'armée - qui surveille le moindre bout de terrain situé à proximité de ses bâtiments - pouvait-elle ignorer ce qui se passait derrière les murs d'enceinte de cette résidence luxueuse à deux pas de leur académie militaire ?" écrit-il.
("Une armée complice des terroristes" un article édifiant à lire dans son intégralité sur Courrier International)

L'arrivée de David Petraeus à la tête de CIA, le 28 avril, semble marquer un tournant dans la stratégie américaine avec le Pakistan. Sa méfiance envers l'armée pakistanaise et ISI, ses services secrets, n'est pas un mystère, et ils la lui rendent bien. La nomination du général Petraeus pourrait envenimer les relations entre les deux nations, qui sont déjà à l'un de leurs points les plus bas.
Après avoir piloté la campagne d'Afghanistan, le général américain a bien compris où était le cœur du problème, et ce n'est pas sans raison qu'il souhaite régionaliser la CIA, avec une antenne Pakistanaise et la main sur la campagne aérienne menée avec des drones. Un mode d'action pourtant critiqué officiellement par les Pakistanais le mois dernier, quand Ahmed Shuja Pasha, chef de l'ISI, a appelé Washington à cesser ses raids lors d'une visite aux Etats-Unis. (d'après le NY Times)

L'élimination annoncée de Ben Laden n'est au fond qu'un symbole, le récent attentat de Marrakech, ou les prises d'otages et assassinats, au Mali et au Niger, nous montrent que le monde du terrorisme n'est pas structuré, centralisé, unifié, mais qu'il est plus guidé par des enjeux régionaux, au travers de structures diverses et variées.

L'objectif des Américains, pour l'instant, est bien de se sortir du bourbier afghan et pour cela ils doivent impérativement neutraliser deux gros obstacles : la Quetta Shura [l'organe de décision des talibans afghans, dirigé par le mollah Omar et située à Quetta, capitale de la province pakistanaise du Balouchistan] et le réseau Haqqani [groupe de talibans afghans actif au Waziristan Nord, dans les Zones Tribales pakistanaises]. Ces deux entités ont pour l'instant échappé aux Américains, grâce à la bienveillance des gros bonnets de l'armée pakistanaise.

Pour Barack Obama, lancé dans la course présidentielle de 2012, toute la difficulté va être de ne pas tomber dans le piège que représente le double jeu du Pakistan, un allié embarrassant, bien trouble et inquiétant.

L'occasion de relire mon étude du 3 mai 2009 :
"Le Pakistan, un piège pour Obama"

Courrier International est une source essentielle d'information, n'hésitez pas à cliquer sur l'offre de Toutabo Courrier International pour profiter d'un abonnement à un tarif préférentiel.

Ce simple clic vous permet de soutenir l'auteur de ce blog, qui vous dit par avance merci !

jeudi 5 mai 2011

Ce mystérieux Ramzy Khiroun qui a DSK dans sa Porsche…


La quarantaine, Ramzy Khiroun se veut un homme discret.
Discret, mais un peu bling-bling quand même.

Ce spécialiste de la "communication de crise" est un communiquant de premier ordre. Collaborateur de DSK de longue date (depuis Sarcelle jusqu'à New York), travaillant tout à la fois pour Euro-RSCG (sous les ordres de Fouks), et le Groupe Lagardère, il a toutes les compétences pour mériter de se payer une Porsche.

Cette fameuse Porsche dans laquelle est monté le couple Strauss-Kahn-Sinclair, ce qui a fait son petit effet sur "les gauches", les bobos et les prolos.
Et oui, la réussite ça existe, ça se mérite et ça s'entretient. Rien de honteux là-dedans.


Et Khiroun en a du mérite.
C'est lui qui a géré l'affaire Piroska Nagy, ce vaudeville du FMI qui a tellement amusé Guillon… et lui a peut-être coûté sa place. Ramzy a été classé par le magazine GQ 24e homme le plus influent de France en 2010.

Oui Khiroun a du mérite. La presse qui a mauvais esprit  ne manque pas de le dénigrer, et sous-entend que le conseiller en communication de DSK ne dédaigne pas les méthodes musclées… en citant Tristane Banon, une jeune journaliste et romancière : « Il est avec un mec qui s’appelle Ramzy, qui n’est pas forcément un tendre, il n’a pas forcément des méthodes très raffinées… Je ne pense pas qu’il m’aurait fait assassiner, mais me refaire le portrait, ça aurait été possible… »

Il faut dire que la jeune personne avait raconté avoir subit les assauts d'un "chimpanzé en rut" à Ardisson, face caméra (ça fait désordre dans un plan de comm.) :


DSK accusé d'agression sexuelle par Confiteor


Bref, on est vraiment dans le vaudeville et les ragots. Bakchich, Agoravox, Ardisson, tout cela fait-il partie de l'information à laquelle on doit se fier ?

L'AFP, qui peut être considérée comme une source fiable, par contre, nous apprend que Khiroun est intervenu auprès de la rédaction de Paris Match (Groupe Lagardère) pour faire annuler une enquête sur l'homme d'affaire (spécialiste en vente d'armes) Alexandre Djouhri, l'agent trouble du pouvoir qui a l'oreille de Guéant.

Mais pour quelle raison ? Agissait-il aux ordres de Lagardère ou de DSK ?

Un mystère de plus dans l'entourage de DSK.

Mise à jour, 8 mai : D'après un proche de Ramzy Khiroun, ce dernier nie être pour quelque chose dans l'intervention à Paris Match. Il aurait beaucoup d'ennemis, selon cette source.

mercredi 4 mai 2011

Le pacte de Marrakech fait l'effet d'une bombe


Marrakech Tv : Pays des merveilles par MARRAKECHTV

Le députe PS de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a affirmé mercredi avoir "plutôt l'impression" que Dominique Strauss-Kahn sera candidat aux primaires PS et que la première secrétaire Martine Aubry ne se présentera pas.
"Je ne suis pas dans des paris, je suis dans des propositions" mais "j'ai plutôt l'impression que DSK a décidé d'être candidat", a déclaré sur RMC et BFM-TV Arnaud Montebourg.

Il a réaffirmé que pour sa part il irait jusqu'au bout de sa candidature, faisant valoir que ses idées "n'ont aucune raison de disparaître du débat, dans la mesure où elles ne sont portées par personne". (AFP)

Le "scoop" du Nouvel Obs, affirmant que conformément au "Pacte de Marrakech", Martine laisserait sa place à Dominique, semble se confirmer.
Jean-Pierre Chevènement vient de le dire à son tour sur Europe 1.

Ce dernier a malicieusement prédit que "François Hollande et Arnaud Montebourg "ne se laisseront pas marginaliser" et iront jusqu'au bout", après avoir posé son propre acte de candidature, qu'il "officialisera" à l'automne (?). Formule sybilline qui laisse à penser que c'est le résultat des primaires socialistes qui guidera son choix "officiel".

François et Arnaud se sont croisés lundi pour un débat organisé par Médiapart. Selon les observateurs, Hollande a brillé par sa langue de bois et Montebourg par la solidités de ses idées.

Pendant ce temps, monsieur et madame Strauss-Kahn visitent de possibles locaux de campagne en Porsche. Interrogé par Bourdin sur ce sujet, Montebourg a déclaré rouler français, en Peugeot 407.

Il met en pratique ses propositions de "protectionnisme vert" et de "démondialisation".

Découpages contestés à l’ouest des Bouches-du-Rhône.



La solution d'un regroupement du pays d'Arles dans une même EPCI n’a pas été retenue par le préfet de Region Hugues Parant.
Vendredi 22 avril, le préfet de Région a présenté sa proposition de nouvelle carte territoriale correspondant au schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI).
Concernant l’ouest des Bouches-du-Rhône, le pays d’Arles est profondément remanié : la communauté de communes de la Vallée des Baux et des Alpilles disparaît, partagée entre les deux autres Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du territoire, Rhône-Alpille-Provence et Arles-Crau-Camargue-Montagnette. Saint-Rémy de Provence et Eygalières tombent dans le giron de Châteaurenard, le fief du député Bernard Reynes, et ses 8 autres communes sont rattachées à l’ensemble arlésien.
Les municipalités encore indépendantes seront intégrées aux 2 nouveaux groupements. Au sud, la commune des Saintes-Maries de la Mer devra logiquement rejoindre Arles. Quant à Mollégès, Orgon et Plan d’Orgon, elles intégreront l’EPCI nord-ouest de Châteaurenard.

 Méthode politicienne

Michel Vauzelle, qui plaidait pour une unité de l'ouest du département n'a pas été écouté. “Cette méthode, que l’on pourrait croire technocratique, est en fait politicienne” a dénoncé le président de la Région, qui est aussi député d'Arles. En effet, comme le souligne Hervé Schiavetti, le maire Arlésien, la nouvelle EPCI nord-ouest correspond à la circonscription électorale de l’élu UMP de Châteaurenard.
Hervé Chérubini, le maire PS de Saint-Rémy ne veut pas en entendre parler. Il s’étonne de ne pas avoir été contacté par la préfecture, alors qu’il est un des premiers concernés : “ j’ai découvert la proposition vendredi, comme tout le monde”. Il conteste fortement l’argument avancé par Hugues Parant, “d’une agriculture au nord des Alpilles beaucoup plus intensive, organisée autour de cités de marchés, plutôt provençale et tournée vers la Durance quand celle de Camargue est rhodanienne”.
Selon lui, cette vision est dépassée, la région de Saint-Remy vivant maintenant principalement du tourisme et de la culture. “La question du tourisme n’est même pas évoquée dans cette proposition” s’étonne Chérubini, soulignant beaucoup d’incohérence, tant sur la forme que sur le fond, dans ce projet.

Une grande déception

Une opinion partagée par le maire d’Arles, qui fait part d’une “grande déception”. Pour lui aussi, l’absence de concertation dans l’élaboration de cette proposition conduit “à une occasion manquée pour l’avenir du Pays d’Arles”. Le partage du Parc Naturel des Alpilles entre deux EPCI lui semble une grave erreur. De plus, l’unité profonde de ce territoire, de Châteaurenard à Arles, est une réalité concrète qui se traduit par les différentes circonscriptions (Chambre de commerce, Justice, sous-préfecture…) qui la représentent. C’est avec inquiétude qu’il évoque un premier pas vers une possible absorption de l’EPCI nord-ouest dans la sphère du Grand-Avignon. Une revendication qui n'est pas cachée par le sénateur UMP du Vaucluse Alain Dufaut, qui reproche au préfet d'avoir renoncé à intégrer au Grand-Avignon les communes du nord des Bouches-du-Rhône, à savoir Châteaurenard, Barbentane, Graveson, Rognonas et Noves.

Un territoire bipolaire

Une inquiétude balayée par Bernard Reynès, qui reste fortement attaché au Pays d’Arles (dont il est le vice-président du Scot). Selon lui, l’existence d’une EPCI nord-ouest “correspond bien à une bipolarité du pays d’Arles”, marquée par la géographie (les Alpilles traversent le territoire), ou l’économie régionale. Il souligne que 16 maires voisins de Châteaurenard ont souhaité cette solution qu’il considère “comme une solution équilibré”. Si un seul regroupement doit unir dans le futur le pays d’Arles, c’est sur la base d’un projet commun qui reste encore à définir.

Pour la préfecture, il ne s’agit que d’une proposition, comme l'a demandé le législateur, et le temps de la négociation est prévu à l’issue de la présentation du projet préfectoral. M. Castoldi, sous-préfet d’Arles, précise que cette proposition a été élaborée par les services de l’Etat en se basant sur la consultation des différents organismes administratifs (Insee, services financiers et fiscaux etc.), qui ont mis en exergue la dualité du territoire. Les deux EPCI proposées représentent donc des bassins de vie bien distincts, d’un poids démographique assez équivalent.

La Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) doit rendre ses conclusions dans les 3 mois à venir, et le projet du préfet de région peut être modifié si une majorité des deux tiers en conteste le bien-fondé. Une majorité qui peut sembler difficile à trouver, seuls 5 élus du Pays d'Arles sont représentés à la CDCI…

mardi 3 mai 2011

La guerre des mondes se paye notre fiole



Un nouveau cap vient d'être passé qui restera dans l'histoire de la communication, dans la lignée de l'émission d'Orson Welles "La Guerre des Mondes " sur la chaîne de radio CBS, le 30 octobre 1938.
Le monde de l'information, dans son ensemble, s'accorde de la version la plus rocambolesque qui soit concernant la mise à mort de Ben Laden.

Résumons les incohérences du récit, et la complaisance complice des médias, télévision ou presse écrite.

Un personnage devenu mythique, l'homme le plus recherché du monde, dont aucune image n'a circulé depuis au moins 5 ans, qui a été considéré comme mort par de nombreux experts, vient d'être abattu sans qu'aucune image ni corps de la victime ne soient présentés au public crédule.

Il habitait tranquillement depuis des années le centre du Pakistan, près de la capitale, dans une grande villa sécurisée, à 2 pas d'une académie militaire. Vous ne le croyez pas ? Son voisinage non plus… Mais c'est comme ça.

Sur le journal parlé de France2, les seules images qu'on nous présentait étaient celles du président Obama, regardant le film que nous ne verrons pas. Une animation en image de synthèse nous expliquait comment les forces spéciales étaient intervenues (en filmant tout pour le président, mais pas pour les citoyens).

Tout le monde semble trouver normal qu'on déplace un cadavre sur un bon millier de km en hélicoptère pour le faire disparaître, en le jetant à la mer d'un porte avions, "selon le rite musulman" (Aurait-on, dans la plus totale improvisation, ramassé un Imam pour l'occasion ?). C'est pour éviter un culte posthume sur une tombe qu'y disent. (Tout ceci n'a rien de musulman, hein, mais c'est pas grave, vous n'allez pas vérifier).

A la télé, ils ont montré la tombe de Saddam Hussein qui est encore fleurie par des nostalgiques du Baasisme (des coquins, qui ne savent pas savourer la Pax Americana du général Petraeus).

Et puis on a la preuve par ADN que ce cadavre que personne n'a vu était bien celui de Ben Laden. On sait même que c'est en comparant avec l'ADN de sa sœur (décédée d'un cancer) qu'on a authentifié le cadavre. C'est-y pas d'la preuve, ça ? Celui qui veut contester ça est digne des plus vulgaires complotistes.

Une preuve aussi incontestable que la fiole de Colin Powell à l'Assemblée des Nations-Unies en janvier 2003.

En parlant de fiole, c'est la notre qu'on est en train de se payer.

lundi 2 mai 2011

Ben Laden, déjà un doute…



Ben Laden a été tué tout à l'heure…

L'information qui fait les gros titres de la presse mondiale est déjà entachée de doute.

La photo présentée par les chaînes de télévision (reprise d'après la TV pakistanaise) et sensée être la preuve de ce décès est un faux, nous met en garde Gilles Klein sur @rrêt sur Images..
D'une part, elle a déjà été utilisée il y a un an, sur un blog américain.
D'autre part, elle était déjà truquée, et réalisée à partir d'un portrait bien connu.

Un "fake" relevé par le blog Photoblog, comme le montrent les images ci-dessus.

La dépouille du chef historique d'Al Qaïda aurait été immergée en mer, sans que le lieu et les circonstances de cette inhumation n'aient été précisées, une manière opportune de faire disparaître un cadavre.


La mort d'Oussama Ben Laden pourrait dater en réalité d'août 2006, suite à une fièvre typhoïde, selon un rapport de la DGSE, cité par la BBC.
Mais la mort du chef de l'organisation criminelle avait déjà été "révélée" en 2001 par FoxNews.

Que cette information, officiellement annoncée par Barack Obama lui-même, soit un mensonge ou pas, peu importe, elle ne signifie en réalité pas grand chose.

Le terrorisme international est une hydre à plusieurs têtes, et cette "victoire" n'est qu'un trompe-l'œil, un effet d'annonce dans une guerre qui est aussi médiatique que meurtrière.

Créer un ennemi puis le tuer… ça pourrait être une bonne manipulation, digne de "1984" de Orwell (avec Emmanuel Goldstein, l'homme qu'on doit haïr).