dimanche 31 juillet 2011

Propagande sur Internet : Google Earth, Pirate Bay et Wikipedia





Nouvelle série de Brian Moore : Google Earth, Pirate Bay et Wikipedia.

Le rébus du dimanche


Trouvez dans ce rébus le nom d'une personnalité de la blogosphère d'un quelconque pays, qui peut être notre contemporaine ou appartenir à l'Histoire de n'importe quelle époque.
Indice : nous l'aimons tous et pensons beaucoup à lui,  et à ses proches.


samedi 30 juillet 2011

Propagande des réseaux sociaux





Une série très réussie, de Aaron Wood, dans la même veine que les fausses pubs vintages dont j'avais fait un billet en avril.

Dupagne veut Googliser la société



Le docteur Dominique Dupagne, sur son blog "atoute" poursuit son combat pour une nouvelle définition des "critères de Qualité".
Comment définir les critères selon lesquels quelque chose est "de qualité" ?

Pour Dupagne, c'est en jugeant le résultat (il cite Churchill : "Que la stratégie soit belle est une chose, mais n’oubliez pas de regarder le résultat.").
Ainsi, pour lui, et particulièrement dans son domaine, la médecine, "la qualité a glissé de l’obligation de résultat vers celle de moyens (…). La qualité d’une action de soin est désormais déconnectée de son résultat."

Sa parabole du bœuf Bourguigon est savoureuse : il imagine une réglementation donnant une prime aux cuisiniers appliquant la procédure qualité recommandée, c'est à dire une recette qui plait au plus grand nombre. Dans son histoire, "certains comprennent vite qu’il suffit de respecter les indicateurs pour obtenir une rémunération significative. Les procédures ne sont pas très détaillées et ne précisent pas qu’il faut éplucher les oignons, ni la découpe des morceaux de boeuf. Ils versent en vrac les ingrédients dans une marmite et se lancent dans une production massive qui demande peu de travail. Parmi les cuisiniers qui gagnent le plus d’argent se trouvent paradoxalement ceux qui produisent un bourguignon immangeable."

Grand admirateur de Google, comme nous tous, qui lui vouons un culte, il imagine ce matin une société fonctionnant selon les critères de Google, ou de Wikio. Dans son utopie, les critères de qualité définissant les gens seraient définis par l'opinion des autres (l'équivalent des liens du pageranking) :
Imaginez la transposition de ce concept dans l’évaluation du travail humain : plutôt que de mesurer la valeur d’indicateurs limités, contestables, trucables et rarement universels, utilisons la méthode Google :
• Il est demandé à chaque employé d’une unité de production de signaler ceux qui font bien leur travail parmi leurs collègues et leur hiérarchie directe.
• L’évaluation est anonymisée et personne ne peut savoir qui apprécie qui (pour éviter les "échanges de bons procédés".).
• L’avis de ceux qui sont appréciés par leurs collègues compte plus que ceux qui ne le sont pas.

Un article intéressant, il raconte entre autre l'évolution des moteurs de recherche, mais l'idée qu'elle expose est totalement utopique, et même très dangereuse, à mon avis.
Le principe de faire passer la popularité ou la réputation avant les compétences, ça s'appelle du populisme.

Je conseille au Docteur Dupagne de penser au docteur Knock : il a fait d'un village de gens bien portants un village de faux malades, mais sa popularité était sans comparaison avec celle de son prédécesseur. Les critères de qualité sont là, une grande réputation, des résultats concluants (la population est contente, le taux de guérison des faux malades est excellent). Mais la procédure mise en place est celle d'un charlatan.



jeudi 28 juillet 2011

Le Coucou est parti



Le Coucou ne chantera plus jamais.


Adieu Jean-Louis, tu es vivant dans nos pensées.


mercredi 27 juillet 2011

Soyons solidaires de DJ Mosey !



Incroyable question au gouvernement, posée hier par le député UMP de Haute-Saône, Michel Raison :

Question publiée au JO le : 26/07/2011 page : 7949
 M. Michel Raison attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur les chansons écrites par certains groupes de musique rap issus de l'immigration. Sous couvert de liberté d'expression, ces groupes se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes. Les conséquences sont d'autant plus préoccupantes que ces groupes sont écoutés par des jeunes en pleine construction qui n'ont pas forcément la maturité nécessaire pour prendre du recul par rapport à de tels propos. Ils bafouent les valeurs fondamentales de respect et de liberté qui fondent notre démocratie. Il lui demande donc les mesures qui ont été prises pour censurer ces chansons et mieux contrôler la diffusion de certaines œuvres musicales.

Pierre Sarkozy, aka «DJ Mosey» n'est-il pas lui aussi un enfant de l'immigration de 2e génération ?
Ce député a vraiment perdu la raison ! De plus on notera que la législation pour sanctionner l'apologie de la haine raciale ou religieuse existe déjà.

Enfin, comme le note Guillaume Champeau sur "Numérama" :
La violence et la misogynie dans le rap ne sont pas l'exclusivité des groupes dont les membres n'ont pas de parents tous nés en France. Sauf erreur de notre part, le rappeur OrelSan (dont la chanson "sale pute" avait fait scandale et provoqué une demande de censure sur le net par l'ancienne secrétaire d'Etat Valérie Létard) n'est pas "issu de l'immigration".
Fort heureusement, Mosey n'a pas pu entendre cette question effarante, il ne quitte pas son casque et travaille de nuit, dans les boîtes de nuit les plus huppées : Qu'en aurait-il pensé ? De plus, notre DJ national parcourt le monde, comme un véritable ambassadeur de notre génie culturel Français. Il y a deux semaines, il représentait la France au Brésil. Après São Paulo, il est allé mixer à Florianopolis.
Certains journaux mal intentionnés, comme Epoca (d'après le site Pure People), ont avancé que les exigences de Pierre Sarkozy étaient parfois allées au-delà du raisonnable, entre chauffeur privé et hôtels 5 étoiles. La presse est bien la même partout !

Ce dernier a démenti, ce n'est pas le genre de la famille.

mardi 26 juillet 2011

Sauver la Grèce ou la Somalie ?



Quand on survole l'actualité, la confrontation de quelques chiffres m'a toujours troublé :

Somalie :
La sécheresse qui frappe la Somalie, le Kenya et l'Ethiopie est la pire depuis soixante ans, selon certaines agences humanitaires. Elle affecte plus de douze millions de personnes. Dans la région la plus touchée de Somalie, 3,7 millions de personnes risquent de mourir de faim.
(Le Point)

Grèce :
"Le sommet qui s'est tenu à Bruxelles jeudi a constitué une étape fondamentale. Il a d'abord permis l'adoption d'un plan global et ambitieux de soutien à la Grèce. Ce plan organise non seulement l'aide d'urgence indispensable pour permettre à ce pays de continuer à faire face à ses échéances, mais aussi un effort de moyen et long terme pour alléger le poids de sa dette et l'aider à rétablir son économie", se félicite Nicolas Sarkozy.
(l'expansion)

Somalie :
Hier, il s'agissait de « faire le point sur l'état d'avancement des donations, sur les besoins et préparer la conférence des donateurs de Nairobi dans deux jours », a précisé Bruno Le Maire, selon lequel l'Union européenne a apporté 100 millions d'euros et la France « a doublé son aide à 10 millions ». (La dépêche)

Grèce :
Plus de 160 milliards d’euros. Le second plan de sauvetage de la Grèce décidée jeudi dernier par les dirigeants de la zone euro est d’une ampleur inédite.
(20minutes)

Parfois je me dis que notre aveuglement, nos façons de décider de ce qui est important, est aussi coupable que la folie de Anders Behring Breivik.

dimanche 24 juillet 2011

MoscoVoici


PARIS, 24 juil 2011 (AFP) - Pierre Moscovici, coordinateur de la campagne de François Hollande pour l'investiture PS en 2012, entame une procédure judicaire contre les magazine Elle et Voici, qui ont publié ce week-end des photos le montrant avec sa compagne, a annoncé dimanche son avocate, dans un communiqué.

"Pierre Moscovici a décidé d'entamer une procédure judiciaire à l'encontre des magazines Voici et Elle, suite à la publication d'articles et de clichés portant gravement atteinte à l'intimité de sa vie privée et à son droit à l'image dans les parutions de ce week-end", explique Me Julia Minkowski dans le communiqué.

M. Moscovici "usera de toutes les voies de droit nécessaires pour faire cesser d'éventuelles futures atteintes et garantir le respect de ses droits", ajoute l'avocate.

La presse est sans vergogne !

Mais pas sans talent… Les paparazzi d'aujourd'hui ont celui des photographes de mariage. La photo volée est devenu un art, l'année prochaine elle pourrait s'exposer aux Rencontres Internationales de la Photographies à Arles.

Notre président de la République n'est pas le dernier à avoir contribué à élever le niveau, en pirogue avec Cécilia ou dans les rochers de Brégançon.

On consultera avec intérêt "l'Atelier des Icônes" pour s'en convaincre.


Mais après tout, Ségolène elle aussi a montré le chemin, une bonne photo volée peut rapporter un bon paquet (enfin, pas sur l'échelle de DSK, mais sur l'échelle des baltringues)… Pour le journal, au prix des top-models et des photographe-stars, c'est tout bénèf, sans compter l'augmentation des ventes.

La photo volée est non seulement un art, mais c'est une pratique qui fait travailler les avocats, qui se chargent de faire la promotion du journal mis en cause (sans toucher de commission sur l'augmentation des ventes qu'ils ont réalisé). Les meilleurs coups donnent même droit à une campagne télé. Arrivé là, l'avocat est largement plus efficace qu'une attachée de Presse.
La photo volée, couplée à un bon cabinet d'avocat, c'est le meilleur investissement dans un plan de com, vu d'un certain côté (le côté pragmatique, sûrement).

Prenez un journal et son photographe, ajoutez le modèle et son avocat, secouez bien, et vous aurez fabriqué un système "gagnant-gagnant" où chaque intervenant s'enrichit, en cash et en notoriété.

On penserait presque à un "gentleman agreement".


NB : pour respecter la présomption d'innocence, les photos de Pierre Moscovici et de sa compagne ont été floutées.

samedi 23 juillet 2011

Quand j'étais au Parti Socialiste


Quand j'étais au PS, il y a 10 ans, c'était pour suivre ces trois mecs là… Les meilleurs.
Une belle équipe : Peillon, Hamon et Montebourg…

L'intelligence, l'enthousiasme et l'audace… une alliance parfaite. 

Oui, c'était le bon temps. Depuis chacun a suivi un chemin singulier, et moi j'ai suivi Montebourg.

Hollande, Aubry… qu'ils me paraissent ternes à côté de ceux-là.

jeudi 21 juillet 2011

Jean-David Ciot dénonce les paradis fiscaux


Jean-David Ciot (ps13) et les paradis fiscaux par presseps13

La justice helvétique, qui a ouvert une instruction contre Alexandre Guérini pour "soupçon de blanchiment d'argent", a identifié plusieurs comptes auprès de la succursale de Genève de l'Israël Discount Bank. Plusieurs d'entre eux ont été ouverts par Alexandre Guérini et sa famille au nom des sociétés Kawaï Holdings Inc, Jill Management et Jimpex, qui sont basées dans des paradis fiscaux. (…) (La Provence)
Une broutille d'1,7 millions d'euros, qui provient de la vente dans des conditions suspectes d'une des sociétés du frère du président PS du CG 13 au moment des faits.

Le futur patron de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône, monsieur Jean-David Ciot (l'homme lige de Jean-Noël Guérini), va donc rencontrer Alexandre Guérini, membre de cette fédé13, pour lui demander "de faire un geste" et s'il veut bien avoir la gentillesse se mettre "en retrait", ne serait-ce que pour mieux pouvoir assurer sa défense (peuchère !).  Quelle audace !


Jean-David Ciot : "Je rencontrerai Alexandre... par marsactu
(voir en détail sur Marsactu)

Ah, vraiment, le changement est en marche dans la Fédé13 !


mardi 19 juillet 2011

La Ve République, un coup d'état monarchiste ?



Pour comprendre la Ve République, il n'est pas inutile de rappeler dans quelles circonstances celle-ci fut proposée au peuple Français. Si l'instabilité institutionnelle de la IVe République rendait nécessaire son abolition, c'est la guerre d'Algérie qui a précipité sa chute, et provoqué la naissance de la cinquième constitution de notre République.

L'étude de la chronologie des événements algériens de 1958, ainsi que des principaux protagonistes de cette crise majeure, apporte des éclairages singuliers sur la mise en place de notre constitution actuelle.
La lutte pour l'égalité des droits et l'indépendance était engagée depuis 1948 par des intellectuels Algériens, mais la lutte armée fut initiée par le « Front de libération nationale » en 1954. Dès lors c'est une véritable guerre qui s'enclenche dans les départements d'Algérie.

Les Gaullistes Delbecque, Soustelle, Neuwirth œuvrent alors à développer l'influence du parti du général de Gaulle dans cette France d'Afrique du Nord qui perd chaque jour un peu plus sa stabilité. Léon Delbecque est à Alger début 1958, et Lucien Neuwirth, avant de l'y rejoindre en avril, a rencontré de Gaulle à Paris. Ils ont cet échange révélateur : «Qu'est-ce que vous allez faire, Neuwirth ?» celui-ci répond sans hésiter : « Mon général, on fera appel à vous. » De Gaulle le rassure : « Je vous répondrai ».
Neuwirth est nommé par le ministre de l'Information, Jacques Soustelle (Gaulliste du premier cercle), directeur de la radio d'Alger, qu'il rebaptise "France 5" (un clin d'œil à la future Ve République).

Au mois de mai 1958, à Alger, deux factions convoitent le pouvoir mis en ballotage par la vacance prolongée du gouvernement depuis un mois. L'avocat et président de l'Association Générale des Étudiants d'Alger, Pierre Lagaillarde (futur fondateur de l'OAS) et ses alliés du "Groupe des Sept" (groupe hétéroclite d'activistes partisans de l'Algérie Française) sont en rivalité avec les partisans gaullistes de Léon Delbecque, lui-même en étroite relation avec Jacques Soustelle. Le colonel Thomazo (dit nez-de-cuir) fait la liaison entre le Groupe des Sept et l'armée.

Il est décidé qu'à l'issue de la manifestation du 13 mai, organisée par le général Raoul Salan en hommage à trois prisonniers français exécutés par le FLN en Tunisie, un assaut sera donné contre le gouvernement général (GG) d'Alger, siège de l'autorité parisienne en Algérie. Les Gaullistes s'allient au groupe des sept, et Neuwirth fait réquisitionner des camions avec haut-parleurs pour sillonner Alger et appeler à la manifestation.

La manifestation devient un véritable Putsch, quand la foule met à sac le bâtiment du Gouvernement général, sans que l'armée, complice, ne l'en empêche, et que, dans la confusion, un comité de salut public civil et militaire, rassemblant des gaullistes et des activistes de toutes obédiences, est constitué sous la présidence du général Massu.
On y retrouve Neuwirth, Delbecque, Lagaillarde, Thomazo…

Le Comité adresse au Président de la République, René Coty, un télégramme exigeant la création d'un gouvernement de salut public, à Paris.

Le général Salan, rallié à la conjuration, s'adresse le lendemain matin à la foule massée sur le Forum d'Alger et achève son allocution par un « Vive de Gaulle ! » sur l'injonction de Léon Delbecque. Considérant cet hommage comme un appel, le général de Gaulle réplique le 15 mai par un communiqué dans lequel il se dit « prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Le 19, le général de Gaulle convoque une conférence de presse dont l'objet est double : confirmer et préciser le sens de sa déclaration du 15. Il y dévoile son projet de changer les institutions, préparant ainsi la Ve République. C'est au cours de cet entretien qu'il aura cette réplique célèbre : "Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ?"

Le 24 mai, Thomazo et ses parachutistes sautent sur Ajaccio, dont ils prennent le contrôle en quelques heures avec la complicité entre autres du gaulliste Jacques Foccart. Un comité de salut public y est constitué.

L'armée accentue sa pression sur une IVe République affaiblie, et l'éphémère gouvernement d'union nationale Pfimlin (centristes et socialistes), constitué en réaction au putsch d'Alger, présente sa démission le 28 mai.

Les parachutistes de Massu s'apprêtent à sauter sur Paris. Devant la menace d'un coup d'état, le président Coty demande à de Gaulle de former un gouvernement, le 29 mai.
Fort du soutien de l'armée, il dicte ses conditions : la possibilité de gouverner par ordonnance pour une durée de six mois, et la mise en place de la Ve République, qui sera validée par référendum en septembre. Il devient alors le président de la République le 21 décembre.

Voilà comment la force militaire et la manipulation politique donnèrent naissance à notre régime actuel.

Dans ses mémoires (Mémoires d'espoir, le renouveau), le général de Gaulle donne une version un peu différente des événements. L'homme d'état y construit sa légende :
"Depuis 1952 jusqu'en 1958, j'allais employer 6 années à écrire mes "Mémoires de guerre" sans intervenir dans les affaires publiques, mais sans douter que l'infirmité du système aboutirait, tôt ou tard, à une grave crise nationale. Celle qui éclata, le 13 mai, à Alger, ne me surprit donc nullement. Cependant, je ne m'étais mêlé d'aucune façon, ni à l'agitation locale, ni au mouvement militaire, ni aux projets politiques qui la provoquaient, et je n'avais aucune liaison avec aucun élément sur place, ni aucun ministre à Paris".

Selon le Général, les gaullistes d'Alger, ou le ministre Soustelle, œuvraient à son avènement de leur propre chef et sans l'avoir consulté ! Cet arrangement avec la réalité est compréhensible, toute vérité n'est peut-être pas bonne à dire…
Les révélations de Neuwirth donnent en effet une toute autre lecture de ce qu'on peut appeler un véritable coup d'état, et que François Mitterrand appela un coup d'état permanent.
Sans les gaullistes et Massu, le coup de force d'Alger aurait-il eu l'impact qui fut le sien ?
Les gaullistes n'auraient-ils pas soufflé sur un incendie pour mieux permettre à de Gaulle de l'éteindre ?
Robert Aron(1) ne craint pas de dire que le général de Gaulle était très manœuvrier, "il l'était avec ses adversaires, ceci n'étonne, ni ne gêne personne, mais il l'était peut-être encore plus avec ses partenaires, ses alliés et même ses compagnons".

De Gaulle, toujours dans ses mémoires, a cette phrase étonnante qui doit faire réfléchir tous les républicains :
"(…) vais-je saisir l'occasion historique que m'offre la déconfiture des partis pour doter l'Etat d'institutions qui lui rendent, sous une forme appropriée aux temps modernes, la stabilité et la continuité dont il est privé depuis cent soixante-neuf ans ?" Il est donc clair que le général de Gaulle se voit comme celui qui va rétablir le désordre initié (selon lui) par la Révolution Française de 1789.
Le régime de la Ve République semble donc bien, dans l'idée de son concepteur, un retour à l'esprit monarchique. Aron explique bien que de Gaulle a été formé dans un milieu familial qui était fidèle aux idées monarchistes(1).
Ses liens avec le Comte de Paris, ses déclarations favorables à la royauté, confortent cette hypothèse. De nombreux documents suggèrent même que de Gaulle a eu la tentation de ne pas briguer un deuxième septennat pour préparer une restauration monarchique. Selon les notes du Comte de Paris, de Gaulle aurait affirmé "la République n'est pas le régime qui convienne à la France. Si la France doit vivre, alors la monarchie aura son rôle".

On est en droit de se demander si la Ve République est vraiment le régime idéal… En comparaison avec la IVe République, il est évident que la nouvelle constitution de 1958 a permis de retrouver la stabilité gouvernementale qui manquait à notre pays. Néanmoins, il faut aussi reconnaître que l'homme de Colombey-les-deux-églises a bien profité d'un désordre que ses affidés ont largement contribué à alimenter.

Mais aujourd'hui, après le quinquennat et les modifications apportées par le président Sarkozy qui renforcent encore le présidentialisme presque monarchique qui caractérise notre fonctionnement institutionnel, et plus de 50 ans après les bouleversements de la décolonisation, n'est-il pas temps de changer de système ?

C'est un enjeu majeur de la future élection présidentielle : rétablir une véritable régime républicain, une 6e République citoyenne, qui est proposée par les candidats Arnaud Montebourg, ou Jean-Luc Mélenchon.


Vivement la 6e République par bix

(1) Robert Aron, Dossiers de la seconde guerre mondiale - Méthodes politiques du général de Gaulle - Plon

samedi 16 juillet 2011

Grands crus de Bordeaux à vendre

Comme certains vendent leurs bijoux de famille, la mère Rimbus vend quelques bouteilles.
En se basant sur les offres disponibles, voici quelques prix suggérés :



Pièces maîtresses de la collection, 2 Petrus 1978, 1 Petrus 94
(Pomerol, côte estimée 1600 € en 1978, 1200 € en 1994)


2 Lafite Rothschild 1994 (Pauillac, estimé à 1100 € pièce)


2 Château Cheval Blanc (St Emilion) 1994 (de 350 € à 450 € ) 1 1978 (525 €)


2 Mouton Rothschild (Pauillac) 1994 (528 €)


2 Château Magdelaine (St Emilion) 1975 (111 €)


1 Château Margaux 1980 (501 €) et 1 1994 (337 €)


1 Château La Tour 1994 (Pauillac) (aux alentours de 900 €)


Vous pouvez me contacter dans les commentaires si vous êtes intéressés, ou m'envoyer un mail à rimbus.leblog(at)gmail.com

En rev'nant d'la revue



La question de la revue militaire du 14 juillet qui s'invite dans les discussions est l'occasion de rendre hommage à cette belle chanson (Paroles de Lucien Delormel et Léon Garnier, musique de Louis-César Désormes), qui doit faire frémir François Fillon et se pâmer Lionnel Lucas.

On raconte que Paulus, son interprète, en modifia un vers en la chantant le soir du 14 juillet 1886 à l'Alcazar : "Moi, j'faisais qu'admirer, la fière allure de nos troupiers" devint "Moi, j'faisais qu'admirer, Not'brave général Boulanger", ce qui contribuera au succès de cet hymne patriotique qui tire des larmes à tous les vrais Français.
L’habitude d’organiser un défilé militaire pour célébrer la fête nationale est ancienne dans notre pays, mais pas si ancienne qu’on le croit souvent. Elle ne date pas de la Révolution elle-même, mais de la fin du XIXe. A l’époque, la jeune Troisième République cherche à développer le sentiment national, c’est l’époque où on en pose les grands symboles : la Marseillaise devient notre hymne (1879), le devise "liberté égalité fraternité" apparaît au fronton des mairies, et tous les ans, comme on le chante plaisamment, on va "fêter, voir et complimenter l’armée française". (François Reynaert sur Le Nouvel Obs)

En rev'nant d'la revue

je suis l'chef d'une joyeuse famille
D'puis longtemps j'avais l'projet
D'emmener ma femme, ma sœur, ma fille
Voir la revue du quatorze juillet
Après avoir cassé la croûte
En chœur nous nous sommes mis en route
Les femmes avait pris l'devant,
Mois, j'donnais l'bras à belle-maman
Chacun d'vait emporter
D'quoi pouvoir boulotter,
D'abord moi, j'portais les pruneaux
Ma femme portait deux jambonneaux
Ma belle-mère comme fricot
Avait une tête de veau
Ma fille son chocolat
Et ma sœur deux œufs au plat.

Refrain :
Gais et contents
Nous marchions triomphants
En allant à Longchamp
Le cœur à l'aise
Sans hésiter
Car nous allions fêter
Voir et complimenter
L'armée française !

Bientôt d'Longchamp on foule la p'louse
Nous commençons à nous installer
Puis j'débouche les douze litres à douze
Et l'on s'met à saucissonner
Tout à coup, on crie "Vive la France"
Crédié ! C'est la r'vue qui commence !
J'grimpe sur un marronnier en fleurs
Et ma femme sur l'dos du facteur
Ma sœur qui aime les pompiers
Acclame ces fiers troupiers
Ma tendre épouse bat les mains
Quand défilent les Saint-Cyriens
Ma bell'-mère pousse des cris
En r'luquant les spahis
Moi j'faisais qu'admirer
Not' brave général Boulanger !

Refrain

En route j'invite quèqu's militaires
A v'nir se rafraîchir un brin
Mais à force de licher des verres
Ma famille avait son p'tit grain
Je quitte le bras de ma belle-mère
Je prends celui d'une cantinière
Et le soir, lorsque nous rentrons,
Nous sommes tous complètement ronds
Ma sœur qui était en train
Ramenait un fantassin
Ma fille qui avait son plumet
Sur un cuirassier s'appuyait
Ma femme sans façon
Embrassait un dragon
Ma bell'mère au petit trop
Galopait au bras d'un turco !

vendredi 15 juillet 2011

Gérard Longuet, la grande muette d'extrême droite


Alors que des militaires exprimaient certains états d'âmes, Gérard longuet a répliqué que "l'armée est la « grande muette » dans notre société. Ce n’est pas simplement une tradition ; c’est un devoir, un devoir républicain." Circulez, y a rien à voir !

L'extrême droite est bien présente au gouvernement, pour tenir l'armée, que vénèrent les petits fascistes qui défilent au pas cadencé en chantant les airs de la wermarcht.

En 1972, Gérard Longuet rédigeait le premier programme économique du tout nouveau Front national. Il faut dire que cet ancien du groupe Occident avait croisé Pierre Sidos, et son esprit était bien formaté.
Mais ce n'est pas exceptionnel dans l'actuelle majorité, Devedjian et Madelin étaient ses compagnons de ratonnades, comme Claude Goasguen, rencontré à Ordre Nouveau, le mouvement destiné à rassembler les nationalistes.

Mais tout ceci est du passé assure le ministre de la défense.

Après tout, on a bien le droit de changer d'avis, et il serait bien mal avisé aux socialistes de s'en émouvoir : Théo Balalas, le monsieur adhésion de la célèbre fédération des Bouches-du-Rhône (avec monsieur frère, Alexandre Guérini) n'est-il pas lui aussi un ancien de l'OAS et du Front National, dont il fut un candidat à Marseille aux législatives de 1973 ?

… Et personne, rue de Solferino, n'y trouve rien à redire (à part Arnaud Montebourg).

Pour plus de détail sur ces allégations qu'on pourrait croire calomnieuses, il conviendra de se référer aux articles de presse suivants :

Le passé de Gerard Longuet peut-il gêner le gouvernement ? (Le Monde)
Longuet, la revanche d'un fort en gueule (Europe 1)
Gérard Longuet devant la Justice (Nouvel Obs)
Théo Balalas, l'étrange "Monsieur adhésions" du PS 13 (La Provence)

mardi 12 juillet 2011

Ecojoly


Eva Joly va représenter les écologistes à l'élection présidentielle.

Si sa popularité se confirme, et que les écolos obtiennent un bon score, il y a fort à parier qu'aucun candidat de gauche ne passera le premier tour.

Je ne peux que souhaiter, comme Juan, ou Yann, qu'elle postule à la primaire de gauche des socialistes, ou à défaut qu'elle s'entende avec le vainqueur de celle-ci pour présenter un ticket gagnant, un poste de ministre vaut toujours mieux que des yeux pour pleurer devant un match Sarkozy/Marine Le pen.

Voilà ce que m'inspire cette candidature…

vendredi 8 juillet 2011

Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié


Clip : Le Premier qui dit la Vérité doit être... par Super_Resistence

Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié
D'abord on le tue
Puis on s'habitue
On lui coupe la langue on le dit fou à lier
Après sans problèmes
Parle le deuxième
Le premier qui dit la vérité
Il doit être exécuté.

(…)

C'est en fredonnant cette chanson qu'Arnaud Montebourg a répondu tout à la fois à Jean-Noël Guérini, et à la direction du PS.
Le premier, sûr de son impunité, porte une nouvelle fois plainte contre Montebourg, quant à la direction du PS… elle est vacante et aux mains d'un intérimaire.
La résolution concluant l'enquête d'Alain Richard est d'une parfaite complaisance, l'homme qui dirige les Bouches-du-Rhône peut dormir sur ses deux oreilles…

A moins que le juge Duchaine, qui enquête sur les marchés publics du département, ne remonte à son président, en passant par les paradis fiscaux où transite le cash-flow d'Alexandre Guérini, le "Monsieur Frère" de la Canebière.

Encore un juge qui dérange l'équilibre phocéen si fragile, qu'Alain Richard a eu le bon goût de préserver. Il faut dire que Monsieur Frère a reçu un gros chèque d'Henri Proglio (lire le Canard de cette semaine) et paraît-il (toujours le Canard), l'ancien préfet de la région Paca Christian Frémont, aujourd'hui conseiller de Nicolas Sarkozy, suit avec intérêt le déroulement de l'enquête.

C'est donc avec plaisir que les Bouches-du-Rhône recevront Arnaud Montebourg, en septembre. Sur le Vieux port, on graisse déjà les calibres.

dimanche 3 juillet 2011

Quand Alain Lipietz parle de DSK et de Nafissatou



Sur son blog, Alain Lipiez fait son analyse de l'affaire DSK, et c'est assez intéressant. Je conseille à tous de la lire.

Alors que tout le monde semble considérer que l'innocence de l'ex-patron du FMI est un fait acquis, ou presque, l'écologiste nous explique que ce n'est pas si simple.

"DSK était aussi pour moi un copain de travail, je l’ai toujours connu charmeur, jamais violent, et j’aimerais aussi qu’il ne soit pas coupable. Mais les préférences de coeur n’ont rien à voir avec la recherche de la vérité", écrit-il. Et il explique point par point pourquoi l'accusation de viol n'est pas levée. Son point de vue de peut pas laisser indifférent.

Une approche prudente, qu'il conclut par une petite extrapolation de l'affaire dans d'autres contextes :


Première expérience
En 2013, Valls ou Vaillant étant ministre de l’intérieur, le président de la Banque Mondiale, américain, descend au Lutetia lors d’une escale à Paris. Yasmina, femme de chambre, l’accuse de l’avoir violée. La police ira-t-elle l’intercepter à Roissy ? Un juge d’instruction sera-t-il désigné ? 
Si oui : le juge découvre que la carte de séjour de Yasmina, demeurant à Sevran, est fausse. Et que la dame arrondit ses fins de mois en laissant son fils dealer dans l’escalier. Le substitut recevra-t-il l’ordre de réclamer un non-lieu ?

Deuxième expérience. 
Alexandra von K, belle rejeton d’une noble famille saxonne, s’est enfuie d’Allemagne de l’Est à à 18 ans et a obtenu l’asile aux Usa en affirmant qu’elle a été violée par des hommes de la Stasi qui l’avait arrêtée comme dissidente. Elle fait fortune grâce à une chaîne de pâtisserie sans calorie mais au goût digne des viennoiseries. Sa fortune, 20 ans après son arrivée, est équivalente à la moitié de celle de Bill Gate, et son élégance en a fait la coqueluche de la Jet-Set, le joyau des réceptions du couple Obama. Elle rencontre un soir DSK dans le hall du Sofitel de NY. Ils prennent une coupe de champagne, il la raccompagne à sa porte, la pousse, ferme la porte à clef, devient pressant , la force. Elle porte plainte. On découvre alors qu’elle a exagéré les sévices de la Stasi, et qu’elle s’est approprié le brevet de la crème chantilly basse calorie, découverte par un de ses cuisiniers. Question : dira-t-on que « l’accusation s’est effondrée » ?

Effectivement, ces cas imaginaires sont intéressants. Mais nous sommes dans la littérature romancière.

D'autres déclarations, bien réelles, sont aussi troublantes. Celle que l'accusatrice soit une prostituée pour le compte de son syndicat hôtellier n'est pas la plus étonnante.

Un homme n’a jamais cru à la version du viol : René Ricol. Il a occupé la suite 2806 pendant quatre ans quand il présidait l’Association mondiale des experts-comptables. Il y a quelques jours, dans un dîner privé, le commissaire au Grand Emprunt continuait à douter : "La version de la femme de chambre ne tient pas quand on connaît les lieux. Impossible d’entrer sans savoir que la salle de bains est occupée. Pour moi, c’est une opération agitée par une petite mafia new-yorkaise". (JDD)

Autre déclaration, celle du député PS de l'Eure François Loncle, proche de Dominique Strauss-Kahn, a évoqué dimanche l'hypothèse de "connexions" entre le groupe Accor, propriétaire français de l'hôtel Sofitel de New York, et "certaines officines françaises".

Mafia, officines… la théorie du complot est relancée, DSK lui même l'avait évoquée comme je le disais le 16 mai.

Et il est toujours aussi difficile de se faire une "intime conviction" quant à la culpabilité ou l'innocence de DSK.

Sur le même sujet, le toujours excellent Seb Musset imagine DSK en possible premier ministre, donc j'en déduis que sa conviction intime est faite, et chez la charmante Sasa (qui a été labelisée Left-Blog, bienvenue au club) l'intime conviction est le contraire…

vendredi 1 juillet 2011

L'effet papillon de l'affaire Strauss-Kahn



DSK, Aubry, Hollande, Tron, Lagarde, Baroin… que de destins dépendent d'une simple femme de chambre…

Si Dominique Strauss-Kahn est innocent du crime qu'on lui reproche, son éviction de la direction du FMI est injuste. La nomination de Christine Lagarde pour l'y remplacer est donc entachée, et celle de François Baroin aussi.

Quant à Georges Tron, démissionné, mis en accusation, qu'en est-il ? Sans l'affaire DSK, son destin aurait-il été le même ? Et Bernard Debré, souvenez-vous de ses accusations, de ses certitudes… Quel sera son destin, à lui ? On se croirait dans un mauvais film.

Le "pacte de Marrakech" qui liait les futurs candidats à la primaire socialiste (DSK président, Aubry premier ministre, Royal au perchoir de l'Assemblée…) doit-il se réactiver ? Il semble impossible qu'il y ait un retour en arrière… Qu'on  puisse annuler les primaires… Quoi qu'on soit prêt à tout, aujourd'hui, et les partisans de DSK semblent y croire.

Et toute la vie politique française est chamboulée, l'élection du prochain président de la République Française, le destin même du pays, finalement, aura dépendu d'une femme de chambre de New-York.

C'est ce qu'on appelle l'effet papillon.