mardi 30 août 2011

Guérini : Le réveil


Les leaders socialistes se réveillent.

La convocation de Jean-Noël Guérini par le juge Duchaine, pour "association de malfaiteurs" semble faire comprendre aux socialistes que "un parti qui construit la République, défend l’État de droit et lutte contre la corruption ne peut pas être pris en contradiction avec des pratiques individuelles" (la citation est de Montebourg).
 
Comme je le prédisais au mois de juin, la droite profite de l'omerta de la direction du PS sur les affaires bucco-rhodaniennes pour jeter l'opprobre sur le Parti Socialiste dans son ensemble en dévoilant les pratiques douteuses de ses cadres. Renaud Muselier ne s'en est pas privé hier.

Harlem Désir s'est peut-être rendu compte que Montebourg avait raison, et explique que si Guérini est mis en examen, il devra se mettre en retrait du PS, et de sa fonction de président de conseil général. Il était Temps. En juillet, Jean-David Ciot, le nouveau patron de la fédération des Bouches-du-Rhône avait aussi conseillé à Alexandre Guérini, monsieur frère, de se mettre aussi "en retrait" du PS (après 2 mises en examen)… Qu'en est-il d'ailleurs ?

Bien sûr, il aurait été préférable de prendre une position courageuse il y a plusieurs mois, sans attendre que la justice ne mette le PS au pied du mur. Au lieu de cela, la commission Richard a démontré son manque de clairvoyance, n'hésitant pas à conclure : «Les constats faits par la commission ne démontrent pas de manquement grave et généralisé aux statuts du PS aujourd'hui en vigueur». Un rapport validé par l'ensemble du Bureau National, sauf par Montebourg, bien entendu, lui qui a dénoncé il y a plus de 8 mois les pratiques douteuse de Guérini. C'est étrange, on a l'impression que tout d'un coup, on a changé d'avis.

Mes amis blogueurs semblent découvrir tout cela. J'en déduis qu'ils ne lisent pas ce blog, ce qui m'attriste un peu. Mais peu importe, ils sont bien disciplinés et suivent sagement les positions de la direction du PS, mieux vaut tard que jamais.

mercredi 24 août 2011

Votons utile aux primaires

Montebourg gamin (20 ans), trouvé sur Paris Match

« que pensez-vous du "vote utile" au 1er tour, à la primaire PS pour commencer, puis à la présidentielle ? » C'est la question d'Antennerelais, un vieux complice de la campagne de 2007.

Pour moi, le choix est évident : Il n'y a qu'un vote utile, celui du premier tour de l'élection présidentielle, pour le candidat de gauche le mieux placé pour passer. Celui la est sûr de gagner, soit face à Nicolas, soit face à Marine (une hypothèse ce que je crois probable). Et tout le monde a compris que c'est au premier tour que va se jouer cette présidentielle.

Les primaires c'est différent, il faut y voter selon ses convictions, pour donner du poids aux propositions de son candidat. Nous sommes de plus en plus nombreux à reconnaître chez Montebourg de vrais propositions de changement.

C'est ses propositions qu'il faut soutenir, cette vision d'une gauche toujours plus progressiste, en rupture avec un système qui peut être réformé, qui doit l'être.

Malgré toute la sympathie que j'ai pour le camarade Méluche, malgré la proximité de ses idées avec celles de Montebourg, c'est le vainqueur des primaires socialistes qu'il faut choisir, quel qu'il soit. Cohn Bendit  a mis en garde les écologistes, en rappelant le 21 avril 2002, et la configuration idéale serait un front unitaire derrière un candidat unique.

On notera au passage que Montebourg est le socialiste le plus compatible avec Mélenchon, Chevènement et les écologistes. Je ne sais pas si voter Montebourg au premier tout de la primaire est un vote utile, mais c'est un choix qui est loin d'être inutile.

Ont déjà répondu sur ce thème :

Seb Musset, Partageons mon avis, Variae, Les coulisses de Sarkofrance, El Camino, antennerelais, Partageons mon avis, Philippe Sage, Une autre vie, 365mots, GdC, Romain Blachier, Yann Savidan, A perdre la raison, Arnaud Mouillard,

mardi 23 août 2011

Pas besoin de règle d'or pour trouver 20 milliards


Nicolas Sarkozy vient encore de nous faire un beau coup d'esbroufe auquel il na faut pas se laisser prendre. La constitution d'une république n'est pas un jouet qu'on manipule au gré des circonstances. La règle d'or n'est qu'un épouvantail sur lequel se posent les corbeaux de la finance.

• Trouver 20 milliards d'euros
François Fillon présentera, nous dit Le Point, les mesures choisies pour ramener le déficit public de 5,7 % du PIB attendus cette année à 4,6 % en 2012, soit une réduction d'une vingtaine de milliards d'euros.

• Revenir sur les mesures inutiles
Pour réduire le déficit, pas besoin de règle d'or, il suffit de revenir sur les mesures inutiles prises depuis 2007. Sur Rue 89, un restaurateur donne des pistes, qu'il interprète avec un corporatisme compréhensible, mais dont on peut s'affranchir.
- TVA sur la restauration : on peut gagner 4,6 milliards, nous propose la Cour des Comptes, en faisant passer le taux à 12 %, tout en soulignant qu'il serait urgent de faire marche arrière concernant cette mesure.

- Niche Copé sur les exonérations des plus-values sur les cessions de filiales : 4 milliards

- Modification de l'exonération d'allégements de charges suite au passage aux 35 heures (22 milliards). On peut bien en récupérer 3 milliards, de toutes façon cette exonération est sans effet sur l'emploi.

- Récupérer les 4,4 milliards de la défiscalisation des heures sup. Encore une loi inefficace sur l'emploi.

On en est à 16 milliards… Je propose de rajouter l'abandon de la dissuasion nucléaire (une opinion partagée par Eva Joly, Paul Quilès… et même le Saint-siège), dans les 4 milliards, et le compte est bon.

Faut-il inscrire dans la constitution l'interdiction du programme de Sarkozy ? Après tout, pourquoi pas…

dimanche 21 août 2011

La cathédrale paléochrétienne d'Arles


C’est au cours de travaux préalables à la rénovation de l’ancien couvent Saint-Césaire à Arles, il y a 10 ans, qu’ont été mises au jour des traces d’une construction ancienne. Le chantier du futur médiapôle est arrêté, et le projet aussi.

La découverte est exceptionnelle. Par sa taille supposée, cette construction du début du VIe siècle semble être l’une des plus grandes cathédrales de ce temps, peut-être même la plus imposante connue à ce jour, plus grande même que la basilique Saint Pierre de Rome de l’époque.

L’évêque Césaire, qui exerça sa charge de 502 jusqu’à sa mort en 542, construisit un premier monastère de femmes dans la nécropole des Alyscamps, détruit lors du siège de la ville par les Francs et les Burgondes en 507-508. Une seconde construction fut consacrée à l’Hauture en 512. Cette découverte pourrait être la mystérieuse basilique citée plusieurs fois dans la Règle de Saint Césaire.

Les archéologues (Marc Heijmans et Alain Génot) responsables des fouilles procèdent alors à différents sondages du terrain, par tranchées successives, année après année, pour mettre à jour les imposantes fondations qu’ils rebouchent après un relevé minutieux.

De nombreuses questions se posent dès lors aux spécialistes : la construction de cet imposant édifice a eu lieu au moment où la ville était sous la domination de Théodoric, roi des Ostrogoths, qui n’était pas chrétien, mais arien (un mouvement suivant les préceptes d’Arius, excommunié au concile de Nicée en 325).

Comment est-il possible que le plus grand bâtiment chrétien de l’époque soit construit dans une région gouvernée par des hérétiques, et avec quel financement ? Néanmoins, on sait que l’évêque d’Arles Saint Césaire, très renommé à son époque, était en relation avec le roi Ostrogoth qu’il avait rencontré en 513 à Ravenne, sa capitale, et que Théodoric portait un grand intérêt pour la Provence et la ville d’Arles en particulier, dont il fit restaurer les remparts.

D’autres questions purement architecturales se posent aussi, et si le plan de l’édifice n’est pas encore établi avec certitude, les vastes proportions des éléments mis à jour supposent une couverture techniquement très compliquée à réaliser (charpente plutôt que voûte maçonnée ?) et l’on voit difficilement la raison d’être de cette configuration.

Les fouilles vont continuer, et chaque indice découvert par les chercheurs permettra d’affiner la connaissance de cet Arles du haut-moyen âge, à la frontières entre les différents royaumes barbares, Ostrogoths, Francs, Burgondes, qui contrôlèrent successivement la cité.

jeudi 18 août 2011

Sexe et religion, même combat



La pratique religieuse ressemble à la pratique sexuelle :


1 - Toutes les deux devraient être libre.

2 - Leur exhibition devrait être punie.

3 - Elles ne devraient concerner que des majeurs consentants.

4 - Toutes les deux recherchent l'extase.

5 - Toutes les deux sont basées sur des fantasmes.

6 - Toutes les deux sont perverties par l'argent.

7 - Toutes les deux s'intéressent beaucoup au sexe.

8 - Toutes les deux peuvent se pratiquer avec des accessoires.

9 - Toutes les deux connaissent des déviances.

10 - Elles ne devraient pas utiliser les enfants.

mercredi 17 août 2011

On est plus fort que les Allemands !


Tiens, on va nous parler d'austérité à la rentrée, avec un tour de vis fiscal.
Il fallait s'y attendre, après avoir dépensé à tout va, la cigale Sarkozy se trouve fort dépourvue, maintenant que la bise glaciale que soufflent ses créanciers lui rafraîchit la nuque.
Déjà on se demande quelle niche fiscale on va rogner, combien de fonctionnaires on pourrait virer, des trucs comme ça…

Normal, faut en rabattre un peu au niveau du train de vie. Je parle surtout de celui de l'état, qui entretient une danseuse qui lui coûte fort cher (3,8 milliards d'euros par an).

Elle s'appelle "dissuasion nucléaire" et n'a aucune utilité. Maintenant que nous devons tout faire comme l'Allemagne, je pose la question : l'Allemagne a-t-elle une dissuasion nucléaire ?

Mais nous on est plus fort que les Allemands, n'est-ce pas ?

Un pacte d'austérité à défaut d'un pacte de solidarité



La rencontre Merkel-Sarkozy n'aura été qu'un coup d'épée dans l'eau, mais on nous avait prévenu avant…

Obliger les états de l'eurozone a inscrire dans leur constitution une règle d'or en faveur de l'équilibre budgétaire n'est qu'un vœu pieu. Le pacte de stabilité du traité de Maastricht a été foulé aux pieds à la première difficulté, alors qu'attendre de cette "règle d'or" ?
Un pays comme la Grèce, qui est en récession de -5 % peut toujours faire voter cette règle, cela n'aura aucun effet sur sa situation. Ceux qui lui prêtent des fonds ont les arguments qu'il faut pour dicter sa conduite à ce mauvais élève.

On est passé du pacte de stabilité au pacte d'austérité… à défaut d'un pacte de solidarité.

Le principe des eurobonds était bien un pacte de solidarité, où tous les états d'Europe se soutenaient les uns les autres. Un message fort pour la construction de l'Union, qui aurait bien mérité son nom. "Union et solidarité" aurait été une belle devise pour une Europe fédérale.
Au lieu de cela, démonstration a été faite que dans cette Europe qui se construit, c'est le plus fort qui dicte sa loi. Et face à Angela Merkel, Sarkozy ne pèse pas beaucoup plus lourd que Sylvio Berlusconi. Dura lex, sed lex.

Seul point positif de cette réunion, la taxe "Robin des bois" sur les flux financiers semble sur les rails… encore faut-il définir sa mise en place et son utilisation. (voir la vidéo ci-dessus)

Ce coup d'épée dans l'eau laisse pour le moment les spéculateurs tranquilles… ils peuvent continuer à parier sur les difficultés des pays qui se sont laissés piéger au jeu de la vie à crédit dont ils sont les promoteurs.

A lire :
Sur La Tribune, l'édito de Jacques Rosselin.
La réaction d'Arnaud Montebourg sur son blog
Le dernier billet de Juan, sur le blog Sarkofrance

mardi 16 août 2011

La fin de l'euro est-elle pour demain ?



Les employés de la fromagerie Morel avaient bien des difficultés à calculer le passage du franc à l'euro. Ils avaient même inventé pour l'occasion le concept d'"ancien euro", et il se pourrait bien que nous soyons contraints de faire ce calcul à l'envers en nous référent à un euro défunt.

Je suis comme Monsieur Poireau, je n'entends rien à la finance.
Je ne peux que lire ce qu'en disent ceux qui s'y entendent et essayer d'y comprendre quelque chose :

L'arme magique pour sortir de la spirale de l'endettement semble être l’EFSF (European Financial Stability Facility, le fonds de secours européen) qui doit garantir les dettes de états, donc leur capacité à les rembourser, ce qui doit stopper le cercle vicieux de la spéculation, mesurée par les notes des agences de notation.

Tout le monde pense que la dégradation de ces notes des dettes publiques des états européens va se poursuivre. La France risque d'y perdre son triple A (Lars Feld, conseiller économique de Merkel l'affirmait hier). Quel pourrait être la teneur de ce fonds, si la plupart des états contributeurs est susceptible d'y avoir recours parce que trop fragiles ?

L'Allemagne deviendrait alors le seul financier fiable de l'EFSF. Ce qu'on veut nous vendre, pour complaire à ces agences de notation, c'est la règle d'or budgétaire, c'est à dire un programme généralisé d'austérité… qui stoppe la consommation et la croissance du PIB (cela c'est produit pour la Grèce, passée depuis 2008 de 4% à -4,8 %) et donc bloque le meilleur moyen de sortir du déficit.
Même problème pour l'hypothèse de mutualisation des dettes souveraines sous forme d'Eurobond, un titre unique regroupant toutes les dettes (avec un taux d'intérêt moyen) des états de la zone euro. Les Allemands accepteraient-ils de payer plus cher leur endettement par solidarité avec ses voisins moins bien notés (et moins rigoureux) ? Merkel est très claire là dessus : "La concurrence sur les taux d’intérêt est une incitation à respecter les critères de stabilité."

Pour Frédérique Lordon, le recours à la planche à billet et à l'inflation sont une autre façon de réduire la dette issue des déficits
"Les pays concernés reprendront barre sur leur banque centrale nationale, de fait extraite du SEBC (le Système Européen de Banques Centrales), pour lui faire émettre des euros en quantité ad hoc. A ce moment précis, constatant l’apparition dans la zone euro d’une source de création monétaire anarchique (...) susceptible de mélanger ses euros impurs aux euros purs (et par là de les corrompre), l’Allemagne considérera que le point de l’intolérable a été atteint et, faute d’avoir les moyens d’exclure le(s) contrevenant(s), jugera que sa propre conservation monétaire lui fait devoir de quitter les lieux. 
Fin du voyage pour l’euro, en tout cas dans sa forme originelle".
Mais peut-être se trompe-t-il, toujours est-il que je n'ai pas les connaissances pour le contredire. Ce qui m'inquiète, c'est que Nouriel Roubini dit la même chose :
"Lorsque vous vous attaquez aux dettes publiques et privées afin de les réduire, la croissance économique n’est pas au rendez-vous, à moins de gains en productivité. Et à moins que l’euro n’en revienne à une parité avec le dollar, ce  qui est peu probable, ou à moins de faire face à une douloureuse déflation, cela ne risque pas d’arriver et accentuera encore l’effet de récession. Puisque vous ne pouvez régler vos problèmes de compétitivité et ne pouvez pas davantage effectuer de dévaluation unilatérale, la seule option qui vous reste est de quitter l’union monétaire. (…)  L’Union européenne pourrait faire de grands pas en direction d’une plus grande union politique, économique et fiscale, vers l’intégration; mais je n’y crois pas car les conditions posées par l’Allemagne pour accepter une union fiscale signifient un abandon complet de souveraineté fiscale des pays périphériques. Si rien de tel ne se produit, l’autre porte de sortie de cette situation de déséquilibre est une restructuration, ordonnée ou désordonnée et, pour finir, une explosion de la zone euro. Je pense que ce scénario est probable."
 Plus troublant encore, les prédictions de Jacques Sapir, il y a 8 mois, qui annonçait la crise de l'euro que nous connaissons, en pointant exactement les mêmes causes que Roubini : euro surévalué, refus de l'Allemagne de mutualiser la dette européenne, et fin de l'euro fin 2011 ou début 2012 (voir la vidéo ci-dessous).


Encore une fois, je ne suis qu'un béotien…
Mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir un frisson d'angoisse quand je lis, dans Sud-Ouest, des gens comme Philippe Dessertine évoquer le spectre de la guerre lié à la chute de l'euro :
Est-ce la fin de l'euro ?
"Aujourd'hui, les partis extrémistes disent qu'il faut abandonner l'euro. Ce serait disloquer la communauté économique mondiale et assumer un risque de guerre. En 2008, des apprentis sorciers étaient à la tête des États-Unis et ont pensé pouvoir lâcher Lehman Brothers, et le système entier a failli basculer. L'euro, c'est Lehman Brothers à la puissance 50".
La fin de l'euro n'est ni souhaitable, ni souhaitée, sauf par les plus extrémistes nationalistes qui se rêvent meilleurs que leur voisin. Et ces gens là se retrouvent dans chaque pays de l'Union, toujours plus nombreux. L'histoire serait-elle un éternel recommencement, et le cycle crise-nationalisme-guerre est-il une fatalité ?

La réunion entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se fera tout à l'heure avec en toile de fond la survie de la monnaie européenne, de l'Europe, même.
"Il ne faut rien attendre de spectaculaire" à l'issue de cette réunion, a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole de la Chancelière, lors d'une conférence de presse.

Faut-il pleurer ou se réjouir ?

dimanche 14 août 2011

Ces chansons qui font les réacs


Il s'agit de mentionner des chansons qu'on aime mais dont l'auteur ou les choses exprimées sont à contre-courant de ses valeurs politiques.

Pour ma part, ces chansons sont réunies dans l'album de l'excellent Francis Kuntz : "C'était le bon temps". Kuntz est un des rares artistes qui me tire des larmes de rire.


Ces films qui font les gauchistes

Juan m'interpelle sur le thème des films de gauche…
Je crois que ces films, vus dans ma jeunesse, ont laissé une trace qui m'a fait basculer à gauche.

Je propose Reds, de (et avec) Warren Beatty, un film de 1981, un bon cru pour la gauche !




Ensuite, un bon vieux film du Front Populaire, La Marseillaise de Renoir…




Le troisième film est un classique incontournable : La scène de la banque dans Mary Poppins


BANQUES, Alors les enfants ? par cocobrownlasectedupal

samedi 13 août 2011

Le capitalisme peut-il s'autodétruire ?

Paul Jorion 


 

Karl Marx prédisait l'autodestruction du capitalisme, mais semble-t-il pour de mauvaises raisons…  Il n'empêche que cette prédiction est reprise par de nombreux économistes de renom… Paul Jorion, qui n'est pas un économiste, mais un parfait connaisseur du système financier dont il fut un des acteurs aux Etats-Unis, ne dit pas autre chose :
"Les banques centrales, dirigées dès leur origine par les rentiers ou capitalistes (officiellement aux États-Unis et officieusement en Europe), ont toujours travaillé à leurs ordres et aujourd’hui plus que jamais. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les nations ont délégué une part toujours grandissante de leurs pouvoirs à leurs banques centrales qui sont devenues soit un État dans l’État (comme aux États-Unis) soit un État par-dessus les États (comme en Europe).
Capitalistes et entrepreneurs, désormais alliés, encouragèrent la création d’un abysse de dettes contractées par les entreprises et par les travailleurs.
Le processus était condamné à s’interrompre aussitôt qu’ils seraient tous insolvables, stade qui fut atteint en 2007. Plutôt que d’enrayer la crise de la seule manière possible, c’est-à-dire en redéfinissant la donne entre rentiers, entrepreneurs et travailleurs, les gouvernements ont choisi d’encourager entreprises et travailleurs à s’endetter encore davantage, produisant ainsi de nouveaux intérêts dont bénéficient les rentiers, tandis que les banques centrales se voient confier parallèlement la tâche de créer de toutes pièces la montagne d’argent qui sera déversée dans l’abysse toujours plus profond de la dette.
Captif désormais d’une rétroaction positive, autrement dit auto-renforçante, le capitalisme est entré dans une phase d’autodestruction."

Joseph Stiglitz



Pour Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001, le système capitaliste actuel a perdu la tête, et ne représente plus que le "triomphe de la cupidité". Comme Jorion, il considère que le système néo-libéral des années Tatcher et Reagan, est un échec total. Le "laissez-faire" et la dérégulation qui s'en suivit a conduit à un système d'échange de plus en plus libre, de plus en plus fou, qui doit obligatoirement se transformer.

Pour le prix Nobel, les politiques d'austérités ne sont pas des solutions (Arnaud Montebourg est sur la même ligne).

"Certains pensent que l’austérité est le prix à payer, un mal passager mais nécessaire. Mais non. L’austérité ne fait que retarder la solution des problèmes. Les économies seront plus faibles, les rentrées fiscales aussi, et le chômage sera plus élevé. La question politique se pose à des pays comme la Grèce, l’Espagne, l’Irlande d’assumer des taux de chômage de 20 %, voire de 30 %, sur une longue durée. C’est intenable, sauf à prier que quelque chose arrive qui modifie la situation, une guerre par exemple ! En fait, par les tensions qu’elle génère, l’austérité est une menace pour les démocraties. Vous pouvez faire en sorte que l’économie croisse plus vite en investissant davantage. La Grande-Bretagne, la France et d’autres pays peuvent emprunter de quoi investir dans l’éducation, les infrastructures, la santé et les technologies. Ils obtiendront un retour sur investissement supérieur au coût de la dette." (Marianne, janvier 2011)


Nouriel Roubini


Nouriel Roubini, professeur d'économie au Stern School of Business de l'Université de New York, n'y va pas par quatre chemins : “Karl Marx got it right, at some point capitalism can destroy itself,” vient-il de déclarer au Wall Street Journal.
Pour lui, c'est pareil, le système est en train de s'effondrer. "La probabilité d'une nouvelle récession [double-dip recession], à mon avis, est maintenant au moins 50 pour cent non seulement dans les Etats-Unis, mais aussi dans la plupart de la périphérie de la zone euro ; il y avait trop de dettes dans le secteur privé il y a maintenant trop de dettes dans le secteur public, la croissance économique est devenue si faible que la plupart des économies sont maintenant à la vitesse de décrochage".
Roubini, pour ne pas trahir son surnom de "Cassandre", juge probable l'explosion de la zone Euro :
"(…) la solution qui se profile au sein de la zone euro n’est pas un équilibre stable: c’est un déséquilibre instable. Repousser les décisions, passer de la dette privée à la dette publique puis à la dette supranationale, en continuant d’injecter de l’argent dans un système en faillite, ça ne marchera pas. L’Union européenne pourrait faire de grands pas en direction d’une plus grande union politique, économique et fiscale, vers l’intégration ; mais je n’y crois pas car les conditions posées par l’Allemagne pour accepter une union fiscale signifient un abandon complet de souveraineté fiscale des pays périphériques. Si rien de tel ne se produit, l’autre porte de sortie de cette situation de déséquilibre est une restructuration, ordonnée ou désordonnée et, pour finir, une explosion de la zone euro. Je pense que ce scénario est probable."
(Slate, 11 août 2011)


Le changement de système est inévitable. Réguler le fonctionnement des flux financiers et repenser les structures de nos échanges économique semblent des injonctions que nous font les spécialistes économiques. Réorganiser la gouvernance européenne est aussi une urgence.

L'avenir de l'Europe est en train de se jouer dans cette partie de Monopoly, et comme le disait Arnaud Montebourg : "Si nous ne parvenons pas à faire cesser cette insécurité financière, le peuple aura perdu sa liberté de choisir, et je ne donne plus très cher de l'avenir de nos démocraties encore apaisées et tranquilles."

Il faut peut-être en finir avec le rêve capitaliste

vendredi 12 août 2011

Visite chez les archéologues-grenouilles


Ce matin je suis allé voir David Djaoui, sur le chantier de fouilles du bateau romain Arles-Rhône 3, dont on a retrouvé l'épave pratiquement en face de chez moi, dans le Rhône, et dont je parlais hier.


La journée commence tôt, et à 8 h. c'est l'heure du dernier brief sur le plan accroché à la cabane de chantier, entre Mourad El-Amouri (Ipso Facto, bureau d'étude et de recherche en océanographie et en archéologie sous les eaux) et David Djaoui, l'archéologue du musée départemental de l'Arles antique.
Benoît Poinard, le chef de chantier (société O'Can, spécialisée dans les travaux subaquatiques) est déjà sur la barge, qu'il a conçue spécialement pour ce chantier.


J'ai pu voir les tranches de ce bateau vieux de 2000 ans. Découpé en 10 morceaux, son extraction du fleuve doit se poursuivre jusqu'à l'automne. En attendant de partir à Grenoble pour y subir un traitement, le bois séculaire est humidifié par un système de brumisation.


Chaque tronçon est numérisé avec un scanner 3D.


Sur une des planches, un nom est gravé… peut-être celui de l'artisan qui a construit le navire ?


David Djaoui me montre une petite coupe en terre cuite d'une grande finesse, un simple exemple des milliers de débris de céramiques, d'amphores, qui recouvraient l'épave… Le Rhône était un dépotoir pratique.

Parmi les découvertes surgies dans le tami de la "suceuse" qui aspire le limon protecteur pour dégager le bateau, il a trouvé un dé pipé…
Les romains étaient aussi joueurs que nous, et aussi tricheurs.

C'est avec ces petits vestiges significatifs que les archéologues plongeurs d'Arles nous racontent la vie de nos ancêtres gallo-romains.


Ci dessous, un petit film réalisé par les étudiants de l'école Supinfocom d'Arles (version muette, une question de droits d'auteur pour la musique, semble-t-il)
Une reconstitution en 3d de l'épave engloutie criante de vérité :

Arles Rhône 3 - De la fouille à la restitution... par journeesdupatrimoine

jeudi 11 août 2011

Arles-Rhône 3 : un nouveau trésor romain





La voie rapide qui traverse Arles, et enjambe le Rhône sur un grand pont en béton, surplombe les chantiers aquatiques des scaphandriers archéologues d’Arkaeos, cette association de scientifiques amphibies qui organisent les recherches pour le compte de la Drassm.


Ces chercheurs-grenouilles, en fouillant la vase du grand fleuve, découvrent des trésors antiques dans ce qui était une dépotoir pour les gallo-romains d’Arelate, le nom antique de la ville.
La dernière trouvaille est un bateau à fond plat d’à peu près trente mètres de longueur, dans un état de conservation exceptionnelle, que ce soit au niveau de sa structure ou de sa cargaison. On a retrouvé des cordages, la cuisine des marins, avec son four, la vaisselle gravée à leurs noms, leurs outils, et 27 tonnes de pierres taillées.
C’est cette valeur scientifique de premier ordre qui a convaincu le ministère de la Culture et de la Communication de classer Arles-Rhône 3 (c'est le nom donné au bateau) comme “Trésor national” en novembre 2010.

Que faire d’une telle découverte ? C’est le dilemme des archéologues, qui comprennent que qu’une telle masse ne peut être sortie sortie de sa gangue protectrice de limon et exposée, sans risquer d’être détruite… A moins de se donner les moyens de traiter convenablement le bois miraculeusement conservé et de trouver un endroit où abriter la barge.


Une extension du Musée départemental de l'Arles antique de 800 m2, spécialement conçue pour accueillir le navire, a donc été financée pour une petite dizaine de millions d'euros.

Hier, le découpage minutieux de la barge a commencé, et les premiers éléments sont sortis du fleuve, comme les pièces d’un jeu de construction. Les dix tronçons de bois seront précieusement stockés, avant d’être acheminés pour un traitement anti-corrosion à l’Arc-Nucléart de Grenoble, un laboratoire de recherche spécialisé dans la conservation et la restauration des objets du patrimoine culturel en matériaux organiques (bois, cuir, fibres). Ensuite, si tout va bien et si les travaux d'extension n'ont pas trop de retard, Arles-Rhône 3 sera exposé en 2013.

mercredi 10 août 2011

L'homme de Monticello



Mon ami Juan rend hommage à Thomas Jefferson, le 3e président des Etats-Unis d'Amérique. Qu'il en soit remercié, Jefferson est une des mes idoles !

Sa vision de la finance semble aujourd'hui visionnaire, et l'esprit du fondateur de la première démocratie du monde (il fut rédacteur de l'acte d'indépendance) semblent aujourd'hui oubliés.

"Je place l'économie comme la première et plus importante vertu, et la dette publique comme le plus grand des dangers qui doit être craint" disait-il en 1816 :
« I, however, place economy among the first and most important virtues, and public debt as the greatest of dangers to be feared. To preserve our independence, we must not let our rulers load us with perpetual debt. If we run into such debts, we must be taxed in our meat and drink, in our necessities and in our comforts, in our labor and in our amusements. If we can prevent the government from wasting the labor of the people, under the pretense of caring for them, they will be happy. » Lettre à William Plumer, 1816
Le plus francophile des Américains (il a été ambassadeur à Paris pendant la Révolution française, et ami de La Fayette) était un privilégié, héritier de riches planteurs de Virginie, et son esprit fut modelé par les philosophies des Lumières… Sa culture et sa curiosité l'élevait au dessus de ses contemporains, et ses passions allaient de la linguistique à l'architecture, en passant par l'œnologie ("…l'habitude des vins légers et de haute saveur est pour moi une condition nécessaire de la vie.").

Premier défenseur de la liberté de la Presse ("our liberty depends on the freedom of the press, and that cannot be limited without being lost.", lettre à James Currie) philosophe agnostique, il était aussi un laïc convaincu : ".. J'ai examiné toutes les superstitions du monde connu, et je ne trouve pas dans notre superstition particulière du christianisme une caractéristique rédemptrice. Elles sont toutes fondée sur des fables et des mythes".



Sa maison de Monticello, en Virginie, fut une de ses passions pour laquelle il dépensa sans compter. Elle fût en partie influencée par l'hôtel de Salm à Paris ("While at Paris, I was violently smitten with the hotel de Salm" lettre à Madame de Tessé).
Elle est aujourd'hui classée au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco.
Son goût de l'architecture était nourri de ses voyages en Europe, et il fut un bâtisseur plein de délicatesse. Ainsi, pour le Capitole de Richmond, Jefferson a pris le parti d'imiter la Maison Carrée de Nîmes.

A la fin de sa vie, il entretint une longue correspondance avec John Adams, son ami et parfois rival, qui fut son prédécesseur comme président.


Les deux grands hommes moururent le même jour, le 4 juillet 1826, à quelques heures d'intervalle.

Jefferson était un homme qui n'était pas sans contradictions, prêchant la rigueur budgétaire pour la nation et accumulant tant de dettes lui‑même que sa fille Martha devait hériter d’une situation financière catastrophique.
Soupçonné de racisme, esclavagiste lui-même, il fait pourtant voter la suppression de la traite en Virginie (1778), puis en 1782, Jefferson fait passer une loi facilitant l’affranchissement personnel des esclaves en Virginie.

La plupart des citations sont issues du site Monticello.org.

dimanche 7 août 2011

Un signal fort aux marchés


Comme @guybirenbaum , @jegoun, @melclalex et @stefautrevie, vous aussi, envoyez un signal fort aux marchés.

C'est donc avec détermination que j'envoie ce signal aux marchés, pour qu'ils se souviennent de ce qui arrive quand la spéculation engendre des crises économiques mondiales.

La dernière valeur sûre reste l'andouillette de Troye, qui a conservé son AAAAA. Mais jusqu'à quand ?

vendredi 5 août 2011

Quand Montebourg fait l'Assemblée buissonnière



Montebourg, qui est mis en cause pour absentéisme par un rapport de l'Assemblée Nationale, répond et s'explique sur son blog :
"Mes absences -tout à fait reconnues de ma part en réunion de commission- sur lesquelles je suis aujourd’hui grossièrement jugé, sont parfaitement explicables par mon entrée en campagne tôt, il y a presque un an, dans le cadre de la primaire citoyenne dont le scrutin se déroulera les 9 et 16 octobre prochains.

Je sillonne la France, rencontre des milliers de français, écris et publie des propositions, m’exprime partout pour défendre des idées et convaincre les gens. 
Pendant ce temps, il est exact que je ne vais pas en commission signer comme à l’école des feuilles d’émargements et de pointage. Et je n ai pas l’intention de le faire davantage, encore moins avec l’hypocrisie de certains de mes collègues qui signent et s’en vont. Je paierai donc sans sourciller mes amendes, si amende il doit y avoir, comme j’ ai toujours scrupuleusement acquitté mes contraventions de stationnement…"
La dernière réforme constitutionnelle orchestrée par Nicolas Sarkozy n'a renforcé le parlement qu'en en renforçant sa majorité. 
Le quinquennat, renforcé par la réforme constitutionnelle de 2008, et le fait qu'on élise d'abord le président de la République pour ensuite lui donner une majorité parlementaire, font que cette chambre parlementaire n'a plus qu'une fonction, celle de chambre d'enregistrement des lois. Celles-ci sont présentées par le secrétariat du président, qu'on appelait naguère le gouvernement.
L'opposition, muselée, doit plier devant une majorité ne représentant plus une opinion populaire qui désavoue au deux tiers l'action présidentielle.

C'est sur ce constat que le député de Louhans a décidé de prendre la clé des champs, pour défendre ses idées aux primaires, ainsi qu'il l'explique clairement :
"Les députés sont depuis la réforme constitutionnelle de 2008 réduits au rang de potiches décoratives, avec le seul droit de se taire, d’être, surtout s’ils sont de la majorité, dociles, sommés de se transformer en machines à voter, à soutenir ou ne pas trop critiquer les décisions du pouvoir." (…)

"Si je suis trop absent de ce théâtre d’artifices qu’est devenu le Parlement, c’est parce que la bataille pour changer la République se tient ailleurs, dans la présidentielle, dans la primaire, dans laquelle j’espère pouvoir fonder avec les socialistes, les républicains et les Français courageux, la VIe République, dotée d’un Parlement digne de ce nom".
Bastien François ne disait pas autre chose en 2008, quand il a écrit son livre sur "la constitution Sarkozy" :
"La Constitution Sarkozy, faute de toucher véritablement aux conditions d’exercice démocratique du pouvoir gouvernant, n’a pas porté atteinte au principe d’irresponsabilité politique qui s’est enkysté dans nos institutions en même temps que le présidentialisme majoritaire qui le rend possible. Le président de la République, chef réel du gouvernement, quoi qu’en dise le texte de la Constitution, continuera à n’être responsable devant personne. […]"

Certains prétendent que ces questions constitutionnelles sont de peu d'intérêt, et que notre vie quotidienne n'est pas affectée par ces points de détails du fonctionnement de la République.

Ils ont bien tort, quand l'idéologie d'un seul gouverne une nation, ses convictions nous affectent chaque jour. Non, la réforme constitutionnelle est loin d'être un détail.


UMP- 4 ans. La révision constitutionnelle a... par ump

lundi 1 août 2011

Les grosses commissions de Ziad Takieddine


Que serait l'économie de la France sans les fructueux contrats d'armement ?

C'est peut-être au nom de la raison d'Etat que les commissions générées dans les ventes de ce matériel de mort se chiffrent par centaines de millions d'euros, versées aux intermédiaires commerciaux.

Monsieur Ziad Takieddine exerce cette noble profession, intermédiaire… Fort de cette qualité, il est courtisé par Claude Guéant, Brice Hortefeux, Jean-François Copé…

Selon l'enquête de Mediapart, ce richissime homme d'affaire ne paie aucun impôt en France.

Benoît Hamon a demandé lundi 18 juillet que Valérie Pécresse "nous en dise un peu davantage sur la situation de cet intermédiaire dans l'affaire des sous-marins et qui semble vivre grassement en France (...) mais ne paie pas d'impôt chez nous." Mme Pécresse a refusé de répondre, arguant que le secret fiscal lui interdit "de divulguer toute information relative à la situation individuelle d'un contribuable (...) afin de protéger le droit au respect de la vie privée dû à tout citoyen". 

On pourra se référer à l'excellente synthèse de Sarkofrance sur ce sujet, qui prend la peine de nous résumer l'enquête de Médiapart, et ses révélations embarrassantes pour beaucoup de monde, dont Nicolas Sarkozy qui est une nouvelle fois au premier plan.

Bachar le boucher