lundi 31 octobre 2011

You talk too much



The Buttshakers interprétaient You talk too much, il y a 10 jours au Batofar, à Paris.

Un morceau bien à propos, qui pourrait s'adresser à quelques dirigeants politiques.

C'est mon neveu Olivier qui joue du saxo. Je suis fier d'être ton oncle mon p'tit gars !

lundi 24 octobre 2011

Si nous sortions du nucléaire ?


Si le nucléaire civil semble présenter des avantages, ses quelques défauts sont rédhibitoires : gestion des déchets et risque d'accidents. Certains prétendent qu'il est impossible de sortir du nucléaire.
Pourtant, l'Allemagne qui nous taille des croupières en matière économique et nous impose ses points de vue a engagé une sortie du nucléaire qui est une réussite. Il est vrai qu'elle n'est pas contrainte d'entretenir un nucléaire militaire fort coûteux et inutile, heureuse nation.

D'autre part, laisser des intérêts privés gérer la question nucléaire serait une pure folie libérale. Malgré leur rigueur culturelle, les Japonais de Tepco ont démontré que l'appât du gain surpasse toutes les autres valeurs dans notre monde actuel, et que la sécurité peut être négligée pour complaire à l'exigence de rentabilité.

Quant à nous, notre économie chancelante est-elle en mesure d'entretenir un énorme parc de centrales nucléaire, alors que la rigueur budgétaire devient la norme européenne ? Le nucléaire échappe déjà à l'Etat, puisque Areva est en train d'être privatisée en toute discrétion, comme le reste de notre secteur énergétique en général, et nous pouvons compter sur la philanthropie du grand humaniste qu'est Henri Proglio pour mener ces projets à leur terme.
Le rapport Roussely de juin 2010 sur l'avenir du nucléaire civil est sans ambiguïté : "la filière nucléaire doit atteindre une compétitivité attractive pour l'investissement privé".

Dans ces conditions, il faut une décision politique forte pour stopper ces dérives… et rejoindre l'Allemagne dans une sortie du nucléaire, avant qu'un incident grave ne nous mette au pied du mur. Et qu'on ne vienne pas nous endormir avec l'exception française, sur la musique de "Aie confiance" du sepent Kaa.

mercredi 19 octobre 2011

Sarkozy : les affaires reprennent !





La députée-maire UMP de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a été entendue en août comme témoin assisté par un juge de Nanterre dans une enquête sur des soupçons de malversations financières, a-t-on appris mardi auprès de son avocat, confirmant une information du Canard Enchaîné. (AFP)

Madame la députée-maire a la particularité d'avoir été Suppléante de Nicolas Sarkozy dans la sixième circonscription des Hauts-de-Seine (Puteaux/Neuilly-sur-Seine).
Difficile de ne pas considérer qu'elle est une proche du président de la République, auquel elle a succédé comme édile de Puteaux.

Elle a aussi succédé au jeune Jean Sarkozy, après sa tentative maladroite, pour être candidate à la présidence de l'Epad, qu'elle a remportée. Pourrait-on aller jusqu'à dire qu'elle est "du premier cercle" sarkozyste ?

Deux dirigeants d'Enerpart, Bernard Forterre et Jean Bonnefont, avaient également été mis en examen dans ce dossier pour "abus de biens sociaux", quelques semaines avant… Bernard Forterre, faut-il le rappeler, est un ce ceux qui ont mis le pied à l'étrier à A. Djouhri (celui des "mallettes de la République"), en l'introduisant chez Vivendi, il y a 20 ans (d'après Bakchich).

L'enquête concernerait les malversations financières liées à l'attribution du marché du chauffage de La Défense. Il en ressort que Joëlle Ceccaldi-Raynaud a effectivement ouvert un compte au Luxembourg en 1996 sur lequel ont transité d'importantes sommes via des paradis fiscaux.

En 2005, le compte contenait plus de 4 millions d'euros.
Mais en avril 2009, le compte est brusquement fermé et l'argent est "transféré vers une destination inconnue".  Cet argent proviendrait "d'un héritage de grand-mère", en provenance de Suisse, déclare sa défense.

Dans la tradition des grandes tragédies des Hauts-de-Seine, il fallait un drame familial, comme chez les Bettencourt. Ici, c'est le père, Charles Ceccaldi-Raynaud, lui même ancien sénateur-maire UMP de Puteaux, déjà été mis en examen en 2007 pour "favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive", et qui a pour Joëlle les sentiments que la fille de mamie Zinzin a pour sa mère.

Décidé à torpiller la défense de sa fille, il a démenti au juge, déclaration de succession à l'appui, ces propos. Selon lui, sa fille n'a pas touché un tel héritage. L'origine de cet argent resterait donc mystérieuse.

Alors, les amis, elle est pas belle la vie en Sarkoland ?

A lire, sur ce sujet, le blog Monputeaux.com

mardi 18 octobre 2011

Jambon-beur



"Le choc des civilisations", la théorie de Samuel Huntington, est plus que jamais d'actualité.
Le reportage "Islam, Antéchrist Et Jambon Beurre" de Canal +, sur les nouveaux islamophobes, explore des facettes de cette galaxie malsaine et étrange, et met en évidence les différents visages de l'extrême-droite, aux Etats-Unis ou en Europe, les liens qui les unissent, leurs techniques communes de propagande.

Il faut regarder ce reportage avec lucidité : les questions qu'il soulève sont notre actualité la plus brûlante : prières de rue, apéros saucisson et pinard, tuerie en Norvège, dérapages de Claude Guéant, montée de l'extrême droite nationaliste…

Il ne faut pas tomber non plus dans le manichéisme, la manipulation existe autant chez les extrémistes musulmans que chez les islamophobes acharnés. Et ce qu'on reproche à l'Islam est commun aux deux autres religions du livre, qui ont leurs propres intégristes, leur propre folie, et leurs propres massacres aveugles.

Prise entre ces deux propagandes, quel espace reste-t-il à la laïcité républicaine ?
Entre ces extrémismes qui s'entretiennent les uns les autres, comme en symbiose, la République elle-même pourrait trembler prochainement.

Ce reportage, diffusé il y a quelques semaines, est à regarder avec attention : les thèmes qu'il développe seront ceux qui pourraient bien nous gâcher notre mois d'avril.

lundi 17 octobre 2011

Pour un nouveau Front Populaire




Jean-Luc Mélenchon était l'invité de France Info. Il y a renouvelé son offre de débat public à l'attention de François Hollande : est-il d'accord pour taxer les revenus du capital au même niveau que les revenus du travail ?

"Ce qu'il faut affronter ne se règlera pas entre bisounours", il faut "le partage" des richesses et "faire partager de force les banquiers, les puissants, les importants qui créent dans ce pays un chaos indescriptible".

Si un accord est trouvé sur ce point, l'union de la gauche aura fait un grand pas, a annoncé le candidat du Front de Gauche.

D'autre questions ont été lancées par Mélenchon : Est-il prêt à mettre en place une 6e République ? Que pense-t-il de la planification écologique ?

Les voix de Montebourg, Royal, Hamon, entre autres, sont globalement d'accord sur ces points avec Mélenchon.

Les opinions populaires mondiales,  celles des indignés, ceux qui occupent Wall Street, ne demandent pas autre chose. Prends clairement position camarade candidat ! N'écoute pas les pseudo-stratèges qui n'aiment que la division et l'ordre ancien qui est déjà condamné.

Le train de l'histoire est en marche, il faut y accrocher le wagon socialiste.

Les mots qui font la France : ratonnade


Il y a tout juste 50 ans, le 4 octobre 1961, Maurice Papon, préfet de police, met en place, avec l’accord du gouvernement de de Gaulle, un couvre-feu concernant les "FMA" (Français musulmans d’Algérie) ; un véritable couvre-feu au faciès. Contre cette mesure, le FLN organise une grande manifestation, non violente, pour le 17 octobre à 20h30, une première en métropole.

Un tiers des 30 000 manifestants, venus pour la plupart des bidonvilles de banlieue, sont arrêtés et emmenés dans des autobus réquisitionnés. De nombreux témoignages (dont celui d'Elie Kagan, photographe, Joseph Gomminginger, Paul Rousseau, gardiens de la paix) concordent… les forces de l'ordre, échauffées par de fausses informations mentionnant la mort de plusieurs policiers, se déchaînent, à coup de matraques, de nerfs de bœufs, ou tirent au pistolet mitrailleur, selon les différents témoins. Certains manifestants sont jetés dans la seine, souvent c'est leur cadavre dont on se débarrasse. Depuis le début de l'année 1961, 29 policiers avaient été victime d'attentats. Le 3 octobre, aux obsèques du brigadier Demoën, Maurice Papon déclarait dans son allocution : « Pour un coup donné, nous en porterons dix »

On ne saura jamais le nombre exact de victimes (de 100 à 200 semble-t-il).
Le mot ratonnade vient de rentrer dans l'histoire de France.

La guerre d'Algérie finira 5 mois plus tard, en mars 1962, avec les accords d'Evian et la reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie.

Le journal radiophonique "Inter Actualité" du 18 octobre 1961 annonce que le "Conseil des ministres a décidé de renforcer les forces de sécurité à Paris, et de renvoyer en Algérie de nombreux manifestants musulmans arrêtés". Il déplore le "décès d'une victime parisienne, M. Guy Chevalier", puis parle de 2 morts et 64 blessés chez les manifestants musulmans.

Le premier déplacement du nouveau candidat de l'opposition socialiste, François Hollande, a été de commémorer ce massacre : il a jeté à la Seine une rose pour commémorer les cinquante ans de ce triste épisode de l'Histoire.
Avec cette prise de position, le candidat socialiste se démarque totalement du président de la République, qui a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans cet événement.

Un appel pour la reconnaissance officielle de la tragédie du 17 octobre 1961 à Paris est lancé par Médiapart, sous la forme d'une pétition.

François Hollande 2012


Il n'y a qu'un candidat du Parti Socialiste, mais il a une sacrée équipe derrière lui.

Tout commence, et tout est à construire. Mais la conjoncture devient très favorable à une future alternance, au printemps prochain.

Quel sera le programme définitif du candidat, quelles influences auront ses concurrents malheureux ?
La rénovation des idées du PS, entamée depuis si longtemps, avec la Gauche Socialiste de Mélenchon et Dray, puis le NPS de Montebourg, Peillon et Hamon, n'a guère évoluée… si ce n'est le départ de Jean-Luc Mélenchon, qui a affaibli encore l'aile gauche du parti de François Mitterrand.

Qu'en sera-t-il dans les six mois à venir ? Que donnera cette synthèse qui devra s'imposer face à l'UMP, dans un contexte d'effondrement du capitalisme financier, de l'Europe, de l'emploi et de la croissance ?

Non seulement tout est à faire, mais le plus dur est à venir.

Bon courage camarade candidat.

samedi 15 octobre 2011

Les indignés du monde entier se rassemblent



Les Indignés du monde entier se rassemblent pour dénoncer les dérives du système financier… Ils veulent changer la façon dont fonctionne notre économie.

• A Rome, où quelque 100.000 participants étaient attendus, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de canon à eau pour disperser les manifestants.

• Au Japon la manifestation se veut surtout antinucléaire, et ça se comprend.

• A Londres, la manifestation a investi la City.

• A Melbourne, où était donné le coup d'envoi de cette journée de mobilisation mondiale, un millier de personnes se sont réunies sur une place du centre-ville.

• En Amérique du Nord, le mot d'ordre Occupy Wall Street a été lancé cet été sur internet par les activistes du collectif Adbusters (littéralement les Casseurs de pub), un groupe créé à Vancouver qui combat le capitalisme et détourne les codes de la société de consommation.

• En France, par contre, ils préfèrent se battre entre eux, pour savoir qui est le plus indigné. Mais on note tout de même environ 500 manifestants à Grenoble, selon les organisateurs, alors qu'ils n’étaient qu’une centaine à Marseille où ils se sont regroupés sur la place du général De Gaulle, à proximité de la chambre de commerce. A Nantes, une centaine de personnes se sont rassemblées sur la place Royale.

Martine Aubry, la voix de la raison



Interrogée par des journalistes sur la tension qui a marqué la fin de la compétition avec François Hollande, Mme Aubry a jugé qu'il y avait "un peu de fébrilité d'un côté".

"Il faut être calme jusqu'au bout", a-t-elle poursuivi, estimant que se battre "contre Nicolas Sarkozy, ce sera autre chose".
"C'est un petit peu comme au rugby, ils (les joueurs) se cognent dessus beaucoup plus fort que nous pendant deux mi-temps, ils sont beaucoup plus carrés, et puis, ensuite, à la troisième mi-temps, ils font la fête ensemble. Nous, ce sera la même chose dès lundi. En tout cas, je ferai en sorte qu'il en soit ainsi", a poursuivi la maire de Lille.

"Il faut se calmer en cette fin de campagne. Les Français vont venir heureux voter au deuxième tour des primaires avec leur coeur, leur raison et leurs convictions, c'est la seule chose qui compte", a-t-elle encore dit.

Merci Martine Aubry, certaines évidences doivent être rappelées.

vendredi 14 octobre 2011

Faut-il avoir peur de la bricomédication ?


Comment soigner une fracture du Tibia ? par bricomedication

Aurait-on découvert un moyen révolutionnaire de réduire le déficit de la Sécurité Sociale ?
Toujours est-il qu'en Chine, les soins se pratiquent à la maison, grâce à la bricomédication.

Une société vend des kits de bricomédication avec les instruments, un manuel et des DVD pour résoudre soi-même nos problèmes de santé, même les plus délicats (ici le cours consacré à une fracture ouverte du tibia)..

Ce nouveau concept pourrait s'imposer bientôt en France.
Il est grand temps de passer à la démondialisation ! Trop, c'est trop.

La victoire des idées et des rêves


Arnaud Montebourg a parlé.

Il ne donne pas de consigne de vote à ses supporters, mais vote François Hollande à titre personnel.

Réjouissons-nous, Arnaud Montebourg a manœuvré comme un véritable stratège.
Lundi je pensais que sa victoire était comme celle d'un Pyrrhus… C'était sans compter sur son sens politique.

Sa lettre aux impétrants a été un coup de maître : obligés de s'y soumettre, les deux candidats finalistes ont dû argumenter sur les propositions Montebourgeoises dans le débat censé les départager. Dans leurs réponses respectives, Martine Aubry comme François Hollande ont dû faire allégeance aux principes que défend Montebourg :

Martine Aubry est d'accord pour "dépasser une forme de libre échangisme dogmatique qui a trop longtemps prévalu" et selon elle, l'Europe "devra augmenter les droits de douane au niveau européen sur les produits ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale". Quant à Hollande, il "refuse que l'emploi des ouvriers de l'industrie sur notre territoire soit détruit par la déraison du capitalisme financier actuel".

Quand Martine "veux une nouvelle République qui mette fin à la monarchie présidentielle anachronique de la Vème République", François explique que concernant la 6e République, il a la conviction que, sur ce point, leurs "positions sont aujourd’hui très proches".

Et ainsi de suite… Pour se faire une idée précise, le mieux est de les lire dans le texte :
LA LETTRE AUBRY
LA LETTRE HOLLANDE

Le résultat est donc que les quatre premiers de cette primaire, qui ont rassemblé 93 % des suffrages (Ségolène était déjà très proche d'Arnaud) sont compatibles avec les idées d'Arnaud Montebourg ; que les idées de démondialisation, de 6e République, de dirigisme financier, de capitalisme coopératif, sont installées au cœur du futur programme socialiste.

La primaire est ainsi faite : les socialistes se rassembleront dès lundi derrière le vainqueur. En réalité, peu importe l'ordre des protagonistes dans le futur staff présidentiel, puisque les idées auront été au centre du débat, plus que la personnalité de tel ou telle.

Les idées d'Arnaud Montebourg qui étaient méprisées hier, sont traitées avec considération aujourd'hui. Il n'y avait pas d'autre victoire à attendre.
Montebourg a demandé que les engagements des impétrants en sa faveur soient écrits noir sur blanc. On pourra les ressortir en temps utile, et ils engagent leur auteur.

Arnaud Montebourg, qui a été au centre de cette semaine agitée de l'entre-deux tours, s'est imposé dans l'espace politique et médiatique.

Réjouissons-nous ! Pouvait-on rêver d'une plus belle victoire, alors qu'il y a trois mois Arnaud Montebourg n'était qu'un inconnu pour la majorité ?

jeudi 13 octobre 2011

je vote blanc comme bonnet blanc et blanc bonnet



Dans l'histoire d'Alice au Pays des Merveilles, sa rencontre avec les jumeaux Bonnet Blanc et Blanc Bonnet est une des plus savoureuses. Les 2 jumeaux contradictoires (Tweedle Dee et Tweedle Dum sous la plume de Lewis Carrol) lui content la fable du Morse et du Charpentier, qui rassemblent des huitres pour qu'elles se joignent à eux. En réalité, c'est pour mieux les manger :
- J'aime mieux le Morse, dit Alice, parce que, voyez-vous, lui, au moins, a eu pitié des pauvres huîtres.
- Ça ne l'a pas empêché d'en manger davantage que le Charpentier, fit remarquer Blanc Bonnet. Vois-tu, il tenait son mouchoir devant lui pour que le Charpentier ne puisse pas compter combien il en prenait : tout au contraire.
- Comme c'est vilain ! s'exclama Alice, indignée. En ce cas, j'aime mieux le Charpentier... puisqu'il en a mangé moins que le Morse.
- Mais il a mangé toutes celles qu'il a pu attraper, fit remarquer Bonnet Blanc.
Ceci était fort embarrassant. Après un moment de silence, Alice commença :
- Ma foi ! L'un et l'autre étaient des personnages bien peu sympathiques...
 Cette histoire à tiroir est bien représentative de la situation dans laquelle sont les socialistes dans cette dernière phase des Primaires. Les jumeaux qui font mine d'être opposés, me font penser aux deux finalistes, les 2 faces d'une même pièce.
Quant à la fable du morse et du charpentier, là aussi, j'y vois les gros candidats qui essayent d'absorber les petits en dessous d'eux, pour les faire disparaitre.

Voilà pourquoi je voterai blanc dimanche… Blanc comme Bonnet Blanc et Blanc Bonnet.

Et vive le vainqueur !

Frédéric Lordon et la fin des banquiers



Frédéric Lordon est peu connu du grand public (il est économiste, directeur de recherche au CNRS).
C'est bien normal : il refuse de passer à la télévision (et ce passage sur France 3 est une exception). On doit acheter ses livres ou le lire sur son blog "La pompe a phynance" sur Le Monde Diplomatique.
Son dernier ouvrage, D'un retournement l'autre, a la particularité d'être une pièce écrite en alexandrins, sur la crise financière actuelle.

Lordon est un révolutionnaire économique. Comme d'autres économistes, Stiglitz, Jorion ou Roubini, entre autres, il diagnostique la mort du système capitaliste moderne miné par le surendettement généralisé.
Il dénonce en particulier la position des banques qui ont le monopole des transactions monétaires au point de devenir indispensables à la vie économique et citoyenne.

Il propose de les laisser faire faillite, ce qui selon lui ne saurait tarder si les états cessent de les renflouer avec l'argent des contribuables, pour les nationaliser à moindre coût, en sacrifiant leurs actionnaires pour sauver ce qui peut l'être.

Il suggère ensuite une nouvelle forme d'administration de ces nouvelles structures basée sur un modèle coopératif ou mutualiste.

Sa vision radicale n'est pas sans rappeler les propositions d'Arnaud Montebourg, en plus extrême. Mais Lordon est aussi un adepte de la démondialisation (cliquez sur le lien pour lire son article qui explique parfaitement ce que signifie ce mot jugé par beaucoup comme flou et sans substance).
Frédéric Lordon est clairement un des penseurs de la sphère Montebourgienne…

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la nationalisation des banques est aussi recommandée par Jacques Attali, qui disait en 2009 :
"Il y a d’abord une prise de conscience des excès du capitalisme financier et une acceptation du renforcement de l’État. Mais encore faut-il que celui-ci soit fort et efficace. Prenez l’exemple des banques : seuls les États ont aujourd’hui les moyens de leur apporter des fonds propres. On va donc nationaliser des établissements. Ces nationalisations, même partielles, sont nécessaires à la fois sur le plan économique et moral. La France va finir par le faire, même si l’establishment bancaire fait tout pour l’éviter."
Si on écoute les arguments des contradicteurs de Montebourg, on constate qu'ils objectent que ses propositions, comme la démondialisation, sont des "dingueries" (JF Copé)… Quand elles ne sont pas qualifiées de réactionnaires et ringardes (M. Valls). 

Il y a fort à parier que ces opposants-là n'ont pas pris la peine de lire et de comprendre ce que nous disent les nombreux économistes et spécialistes de la finance (ceux déjà cités ici et bien d'autres encore) qui ont inspiré le projet d'Arnaud Montebourg.

Quoi qu'il en soit, ces idées nouvelles ne s'éteindront pas dimanche soir.

mercredi 12 octobre 2011

La voie Royal



Ségolène Royal vient de rallier François Hollande.

Sur le plan du simple calcul mathématique, François Hollande prend un avantage certain.
Au niveau des idées il devra faire la synthèse entre les principes opposés de Valls et de Royal.
Opération délicate et dangereuse… la politique de l'eau tiède dont parlait E. Todd dans sa préface du livre de Montebourg "votez pour la démondialisation" semble de retour.

Martine Aubry paye peut-être là ses manœuvres du congrès de Reims.

Petit rappel : les soupçons de fraude qui avaient entaché le scrutin, opposant Royal et Aubry, avaient impliqué le patron de la fédération des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, qui avait tourné sa veste de manière opportune, et dit-on, bourré quelques urnes, à Allauch notamment.

Arnaud Montebourg a lui même été floué à cette époque : rallié à Aubry à la condition que la 6e République soit au menu socialiste, cette dernière s'est empressée de la faire enterrer par Valls quelques temps plus tard, au cours d'un forum sur les institutions mémorable.

Enfin, le dossier Guérini, porté a la connaissance de la nouvelle première secrétaire par Montebourg, a reçu une fin de non-revoir de François Lamy et Martine Aubry. La justice ayant donné raison au président du Conseil Général de Saône-et-Loire, l'attitude d'Aubry devient légèrement suspecte.

Le mouvement de Ségolène Royal sur l'échiquier socialiste vient de changer les rapports de force. Même si la totalité des électeurs de Montebourg se reportent sur Martine Aubry, hypothèse hautement improbable, sur le papier Hollande est gagnant. Sur le plan politique aussi, son rassemblement est fait.

En réalité, l'arbitre de cette Primaire pourrait-être Ségolène Royal.

Arnaud Montebourg a le choix : jouer sur la challenger pour que sa défaite sois moindre, ou miser sur le favori en lui donnant une avance sans conteste, et une véritable carrure de présidentiable.
Ça c'est l'aspect politicien du jeu.

Sur le plan purement idéologique, par contre, il y a cette image de Hollande allié à Sarkozy,  que Montebourg qui a voté "Non" au réferendum de 2005, ne doit pas oublier.
En réalité, sa lettre aux finalistes, les impétrants qu'ils juge identiques sur le fond, a surtout trouvé une réponse positive chez Mélenchon, qui semble le plus proche de ses orientations et de celles de certains de ses électeurs… Mais lui a quitté le PS…



lundi 10 octobre 2011

Montebourg et sa victoire à la Pyrrhus

 
Et voilà.

Montebourg est troisième.
Je regardais les petits papiers marqués Arnaud Montebourg s'accumuler sur la table, alors que les mains fébriles dépouillaient les petites enveloppes bleues. La loi des séries envoyait des rafales de "Montebourg, Montebourg, Montebourg" répétés à haute voix. Et les petits bâtons s'alignaient sur la feuille officielle.

"Montebourg, Hollande, Aubry, Montebourg, Montebourg"… Et puis une série Hollande, et les bulletins de vote se rangeaient régulièrement en piles bien alignées.

Plus la soirée avançait, et plus il était évident que Montebourg était troisième, dans les 5 bureaux de Arles… un coup de fil à Paul, sur Marseille, donnait les même résultats. Sur un Iphone, une chaine d'info confirmait au plan national ce classement.

Dans la nuit, les comptes se sont terminés. Montebourg était bien troisième… avec un bon écart sur la pauvre quatrième. Le visage du délégué de Ségolène Royal avait les traits qui s'éteignaient comme la lune montait au ciel.

Je suis rentré. J'ai dormi un peu.

Maintenant c'est l'heure du bilan.
Les médias parlent presque plus du troisième que des deux finalistes. Ils étaient attendus, eux.

Alors, que faire de ce beau score ?
Pour Montebourg c'est un point final a ses plus hautes ambitions. Pas de présidentielle en 2012… Pas plus en 2017 si la gauche est gagnante… A moins de s'opposer au président, ou à la présidente sortante. Difficile.

Que va devenir notre programme ? Diluées chez Hollande, perverties par leurs contraires chez Manuel Valls, on peut se demander ce qu'il restera des idées de Montebourg dans le camp du favori. Mais le vainqueur peut offrir un poste ministériel, dans une carrière politique c'est important. On en a même vu qui traversaient le fleuve de la honte pour un maroquin qui les appelaient sur la rive droite.

Chez Martine Aubry, ses idées peuvent être soutenues par Benoît Hamon, et renforcer la candidate challenger… mais Arnaud Montebourg est-il le berger de ses électeurs dont on ne sait rien ? L'option n'est pas sans risque, la victoire n'est pas assurée, et la championne n'a peut être pas les capacités de remporter la victoire finale pour atteindre l'Elysée.
Mais dans un sens, un victoire de la droite redonnerait ses chances à Montebourg pour l'échéance suivante. Mais à quel prix !

Cette victoire d'aujourd'hui est un peu "à la Pyrrhus". Ses idées défendues depuis 10 ans n'ont pourtant jamais été plus populaires…  Mais ces concepts étranges, en rupture avec la sociale-démocratie défendue par les deux finalistes ne sont pas utilisables à la carte et sont un tout cohérent, de la sixième République à la démondialisation, en passant par la régulation financière.

Le plus grand risque, c'est qu'on revienne à cette politique de l'eau tiède, soumise au dogme de "there is no alternative", et qu'on doive s'engager derrière un vainqueur sans audace pour réussir l'alternance, en 2012… Avec la poursuite d'une politique austère soumise au dogme libéral et financier.

Nous verrons bien. La balle n'est plus dans le camp de Montebourg, quoi qu'on en dise. C'est l'attitude des deux finalistes qui déterminera si son engagement trouve un débouché politique. Et si son influence se retrouve dans le futur programme socialiste, ses partisans n'auront pas tout perdu.

Il est parfois plus simple de gérer une défaite qu'une victoire.

La caravane qui t'emmène


Bravo à la caravane, qu'elle m'emmène loin, sur les chemins de la Sixième République.

C'est la caravane qui a gagné cette nuit.

vendredi 7 octobre 2011

Crise financière… Stop ou encore ?




Crise financière, crise de la dette, crise de l’Europe : mes solutions


Depuis des années, je demande aux gouvernements européens de se décider à taxer les transactions financières pour rembourser la dette créée par la crise. La reconquête de l’indépendance financière de l’Europe est la seule condition crédible et viable pour sortir raisonnablement de la crise.

Depuis des années, je milite pour l’interdiction de transactions à destination et en provenance des paradis financiers et fiscaux qui sapent les finances et le pouvoir des Etats.

Depuis presqu'un an, je propose avec constance un démantèlement des agences de notation, devenues des dangers publics, complices des marchés dans la crise économique et financière, tant il n'est plus à démontrer qu'elles portent des appréciations erronées et trompeuses et qu’elles pataugent dans le conflit d’intérêt.

Depuis plusieurs mois, je propose le rachat par la banque centrale européenne des dettes générées par la crise, la mutualisation de celles-ci et leur gestion par une agence européenne de la dette car chaque pays européen ne peut rien isolément contre la spéculation. Cette agence serait en charge de racheter une partie de la dette des Etats et d’émettre des obligations européennes (euro bonds) garanties de manière solidaire. Un tel dispositif allégerait le coût de l’endettement et consoliderait le rôle de l’euro comme monnaie de réserve. La France et l’Allemagne pourraient en initier le mouvement, sur une base bilatérale, avant d’en élargir la proposition à d’autres Etats de la zone.

Depuis plusieurs mois, je propose un plan de désendettement européen en mettant à contribution obligatoire les banques qui devront abandonner partie de leurs créances, car il est hors de question de faire payer la facture de la crise financière aux classes moyennes et populaires d'Europe. Une décote obligatoire et générale de 30 % des obligations d’Etats grecques serait pourtant facilement absorbable par les banques. La mise sous tutelle de certaines banques serait une seconde étape.

Depuis toujours, je dis que l’austérité n’est pas la solution et qu’elle entretient la crise au lieu de la combattre. Le respect d’un déficit de 3 % en 2013, en France, signifierait une levée d’impôts de 30 milliards d’euros dans la loi de finance à l’automne 2012. A la fois intenable socialement, elle serait de surcroît contre productive car de l’avis de beaucoup d’économistes, il convient de soutenir et non d’étouffer la reprise de la croissance et des recettes fiscales associées.

Arnaud Montebourg

Extrait du site arnaudmontebourg2012.fr

mercredi 5 octobre 2011

Sauvons la gauche, dimanche votons Montebourg



Un seul vote peut avoir une utilité, dimanche : Montebourg.

Les leaders socialistes des trente dernières années ont abdiqué devant la social-démocratie, et son libéralisme financier, une idéologie initiée par Jacques Delors, Pascal Lamy et Michel Camdessus au début des années 80.

Cette dérégulation financière organisée par des hommes de gauche a montré ses limites et sa perversion. C'est ce système que Montebourg propose de changer.
François Hollande, Martine Aubry, sont les descendants de cette idéologie (au sens propre comme figuré).

Les citoyens qui expriment leur colère et leur indignation, un peu partout, expriment ce ras-le-bol devant un système financier qui privilégie l'enrichissement spéculatif plutôt que l'enrichissement produit par le travail.

Ils en ont ras-le-bol d'un système politique qui privilégie une petite oligarchie qui décide de tout, de rentiers qui s'enrichissent à outrance alors que les travailleurs s'appauvrissent toujours plus.

Montebourg propose un changement radical. Un changement constitutionnel, avec la sixième république qui redonne au citoyen une place centrale dans la bonne marche de l'état ; un changement financier, en rétablissant les règles et des contrôles abandonnés à la fin du XXe siècle ; un changement écologique et économique, en privilégiant les circuits courts entre la production et la consommation, en instaurant un protectionnisme inspiré des idées de Keynes ; un changement industriel, en privilégiant les coopératives et en soutenant l'innovation et la recherche…

Dimanche nous auront l'occasion de voir s'affronter ces deux conceptions de la société si face a un social-démocrate nous plaçons Montebourg, pour un nouveau socialisme de rupture, audacieux et innovant.

Pour un vrai débat sur les fondements du socialisme et sa rénovation, votons Montebourg dimanche.

dimanche 2 octobre 2011

Montebourg contre la finance


Arnaud Montebourg par franceinter

A Marseille, le 29 septembre, Arnaud Montebourg a pourfendu sur un ton implacable « la grande finance » et ses représentants qui « tiennent antichambre à l’Elysée ».
Il a insisté, dans un véritable réquisitoire, sur le rôle néfaste des banques qu’il veut « mettre au pas en les plaçant sous tutelle » et a appelé de ses vœux « une nouvelle République pour mettre fin à l’impunité présidentielle et aux autres », face à « une 5e République aujourd’hui irrespirable ». (La Marseillaise)

En début d'après midi, Montebourg était arrivé à Marseille, pour un "stand-up" à 2 pas du vieux-port, puis une visite à Fralib, l'usine de Gémenos du thé Elephant menacé de délocalisation en Pologne. A 19 h, il a attaqué son meeting, qu'il a fini en nage, épuisé…
J'y étais…

Il est reparti dans la soirée, vers 22 heures, dans un camping-car dans lequel il a dormi, sur l'autoroute, pendant qu'on le remontait à Paris… pour débarquer à France Inter à 7 heures du matin (voir la vidéo ci-dessus).

Quand je vois l'énergie de cet homme, sa volonté et sa force… je suis subjugué.

Arnaud Montebourg pourrait bien créer la surprise le 9 octobre.

Le compte-rendu en images de la visite d'Arnaud Montebourg à Marseille est à consulter sur MarsActu.

samedi 1 octobre 2011

François Hollande à Arles


Hollande et la laïcité par Rimbus

De passage à Arles, aujourd'hui, Hollande s'est exprimé sur la laïcité, en compagnie de Michel Vauzelle (président de notre Région Paca), Hervé Chérubini (maire de Saint-Rémy de Provence), Marie-Arlette Carlotti (conseillère générale et régionale).

Dans la salle, Patrick Mennucci (maire des 1er et 7e secteurs de Marseille), Eugène Caselli (président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole), Guy Bono (élu de Saint Martin de Crau, un des meilleurs défenseurs de la liberté sur Internet).

J'espère qu'Arnaud Montebourg sera face à Hollande pour le second tour de la primaire : on aurait alors une vraie confrontation idéologique, celle de la gauche d'hier contre la gauche de demain. Une hypothèse qui devient de plus en plus envisageable.

Le Sénat est bien passé à gauche, et son président est maintenant socialiste…