Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.
En écrivant l'Internationale, en 1871, Eugène Pottier n'espérait sans doute pas que 140 ans plus tard, ses paroles seraient toujours d'actualité… tout au plus "les rois de la mine et du rail" sont devenus "les rois de l'usure et de la finance".
Non seulement le travail a été dévalisé, mais il a été tué. Les financiers ont compris que l'activité spéculative rapportait plus et plus vite que l'activité productive.
Leur volonté fait force de loi, et l'usurier a pris le pas sur l'élu politique. Les gouvernements se font pour complaire aux financiers au détriment du citoyen.
Cet état de fait n'est pas fortuit. Il a été voulu, orchestré, volontaire. La pensée libérale a poussé à abolir les règles financières pour abolir leurs contraintes… Liberté, que de crimes n'a-t-on commis en ton nom ? disait madame Rolland sur l'échafaud en 1793.
Quant aux chefs de gouvernements qui se sont mis dans les mains de leurs créanciers en succombant aux sirènes de la finance, confondant investissement et mauvaise gestion, il sont arrivés au moment de l'addition, et doivent faire régler la note par leurs administrés.
Mon ami Yann Savidan écrit ce matin sur son blog : "Je ne sais pas pour vous mais depuis quelques jours, quelques semaines, j'ai comme la très nette impression que nous sommes tous assis sur un volcan qui monte en fusion et qui, sans aucun doute, va enter en éruption."
La raison tonne en son cratère, c'est l'éruption de la fin, disait Eugène Pottier.





