lundi 24 décembre 2012

Fairytale of New York



1987… la belle époque de mes 23 ans…

Ce passage ci-dessous a été censuré par la BBC à cause du terme faggot (pédé, tantouze), alors en ce jour de bonheur familial et commercial, saluons ensemble ces imbéciles de puritains censeurs et rendons hommage à Kirsty MacColl, disparue le 19 décembre 2000.

You're a bum, You're a punk
Tu n'as pas de valeur, Tu es un punk
You're an old slut on junk
Tu n'es qu'une sale vieille junkie
Lying there almost dead on a drip in that bed
Couchée presque morte d'overdose sur un lit
You scumbag, you maggot
Tu n'es qu'un ver, une limace
You cheap lousy faggot
Tu es une pauvre tantouze paumée
Happy Christmas your arse
Joyeux Noël ton cul
I pray God it's our last
Je prie Dieux pour que ce soit notre dernier

dimanche 23 décembre 2012

Nanard se paye Nono


Bernard Tapie, après avoir accusé "tout le cabinet de Montebourg d'avoir travaillé à mort pour l'empêcher d'aboutir"sort un enregistrement, comme pour plagier Fabrice Arfi de Médiapart, censé prouver son affirmation.

Laurent Mauduit s'est livré a une petite enquête sur Bernard Tapie (toujours sur Médiapart), et ses conclusions laissent songeur…

Pour résumer, c'est avec les 304 millions d'euros que Tapie a récupéré de l'Etat Français en 2007 qu'il peut se payer les journaux du sud, dont La Provence. Mauduit souligne que cette opération a abouti grâce à d’invraisemblables manœuvres auxquelles ont prêté la main des personnages aussi différents que l’administrateur judiciaire concerné par le dossier, Christophe Thevenot ; le patron de BPCE, François Pérol ; le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo ou encore le président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Il note aussi que l'arbitrage de 2007 en faveur de Tapie est entaché d'irrégularités si nombreuses qu'ont eu lieu à cette occasion une cascade de procédures qui sont en cours devant plusieurs juridictions, impliquant C. Lagarde, ministre des Finances, à l'époque.
Que le premier acte de l'éphémère prédécesseur de Lagarde, Jean-Louis Borloo, a été de demander un arbitrage en faveur de Tapie, son ancien client quand il était un des avocats d'affaires les mieux payés au monde.

Mauduit remarque que François Pérol, le patron de la banque qui a permis de conclure l'affaire, a longtemps supervisé l’affaire Tapie du temps où il était secrétaire général adjoint de l’Élysée. Avec Nicolas Sarkozy, c’est lui qui a donné les instructions à Christine Lagarde pour lancer l’arbitrage.

L'entregent de Tapie est très large, mais si il a le président de l'Assemblée Nationale dans la poche, il n'en est pas de même à l'Elysée, qui aurait préféré un rachat du groupe de presse par François Pinault (une information du Figaro confirmée par Médiapart).

Selon des sources bien informées, le cabinet de Montebourg n'a pas été particulièrement actif sur ce dossier, si ce n'est, connaissant les méthodes de Bernard Tapie, de s'inquiéter pour les emplois. D'autre part, il est probable que sur instruction du Château, certaines démarches ont été entreprises pour trouver un autre repreneur. Mais sans plus.

Enfin, pour Mauduit, il ne fait aucun doute que Tapie veut jouer un rôle politique à Marseille, en concertation avec Borloo. Dans l’opération de rachat du groupe de presse régional par le tandem Tapie-Hersant, les 17 banques qui avaient des créances sur le groupe vont abandonner environ 180 millions d’euros, qui vont donc partir en fumée, pour le plus grand profit de celui qui a ruiné le groupe (Philippe Hersant) associé au supposé futur candidat à la mairie de Marseille…

On notera que Tapie dément toute ambition politique, comme il démentait "de manière définitive", vouloir racheter la Provence il y a 2 semaines.

Bernard Tapie est un malin, et en utilisant le nom de Montebourg, devenu si médiatique et accrocheur, ainsi que l'enregistrement, pour entrer en résonance avec l'affaire Cahuzac, il crée un magnifique épouvantail qui détourne l'attention des moineaux et des pigeons de ses affaires Phocéennes.

Et si on sait, comme le souligne Juan, que Cahuzac est celui qui a présenté un rapport en 2011 remettant en cause l'arbitrage de 2007 en faveur de Tapie, on se dit que le coup de l'enregistrement est une réponse du berger à la bergère.

vendredi 21 décembre 2012

L'abus de CIA nuit gravement à la santé



J'ai été particulièrement choqué par les assassinats liés à la campagne de vaccination entreprise au Pakistan, pour lutter contre la poliomyélite.

Mais au delà de l'horreur, il convient de mettre en perspective ces événements pour en comprendre les tenants et aboutissants.

Le Figaro expliquait il y a 2 jours :

"Depuis lundi, neuf personnes ont été assassinées dans les régions du Sind au sud du Pakistan, ainsi qu'au nord-ouest, près de la ville de Peshawar. "
L'OMS et l'Unicef ont donc décidé de suspendre leur campagne de vaccination.

Ces meurtres seraient le fait de religieux fanatiques sous prétexte que les vaccins seraient impurs parce que contenant des extraits de porc, qu'ils rendraient les enfants infertiles et que cette campagne de vaccination serait financée par l'Occident dans le but de réduire la population musulmane.

Le Figaro précise : "Les talibans ont également accusé les humanitaires d'être des espions. Ils gardent en mémoire «l'affaire Afridi». En 2011, un chirurgien pakistanais du nom de Shakil Afridi avait aidé la CIA dans une fausse campagne de vaccination contre l'hépatite B à Abbottabad, dans le but de retrouver Oussama Ben Laden. Cette campagne avait été organisée par la CIA dans le nord-ouest du Pakistan pour s'assurer, via des prélèvements ADN, qu'Oussama Ben Laden se trouvait bien sur place. (…) À cette époque, Médecins sans frontières avait prévenu les autorités sur les conséquences d'une telle opération de manipulation dans un pays où la méfiance à l'égard des occidentaux ne cesse de s'accroître. "

Après avoir favorisé la montée en puissance de l'extrémisme musulman à l'époque de la guerre froide, et soutenu Ben Laden pendant la guerre russo-afghane, la CIA jette donc le discrédit sur l'action médicale internationale, pour lutter contre un monstre que l'agence américaine ne contrôle plus.

Nous payons tous les conséquences de l'incompétence des services secrets américains, et ceux-ci ne seront jamais inquiétés.

vendredi 14 décembre 2012

Dilemme à gauche : MPT ou NDDL ?



Dilemme à gauche : faut-il manifester dimanche pour le mariage pour tous ou contre l'aéroport Notre Dame des Landes ?

Entre 2 grandes causes d'intérêt national, le choix est difficile.

Je propose qu'on organise un mariage de deux zadistes gay dans une cabane de NDDL. Ce serait un acte symbolique fort pour sauver notre société.

Ne nous laissons pas aveugler par un gouvernement qui veut nous enfumer avec ces faux problèmes de chômage, de précarité, de crise financière ou de délinquance.

lundi 3 décembre 2012

Cadet-Roussel a trois maisons…


La maison londonienne de monsieur Lakshmi Mittal, la demeure privée la plus chère du monde (308 millions d'euros), avec bain turc, piscine incrustée de joyaux, marbre issu de la même carrière que celui du Taj Mahal, suites et quartier pour les domestiques..


La maison du fiston Aditya Mittal, modeste logis d'une valeur de 144 millions d'euros.


Pour la fille, Vanisha Mittal, papa a été économe : seulement 86 millions d'euros pour cette ancienne ambassade des Philippines. Sans doute que ses résultats scolaires ont déçus papa.

Ce petit patrimoine, dont la description complète est a consulter sur le Daily Mail, représente la bagatelle de 542 millions d'euros, soit trois fois les 180 millions de Florange, nous rappelle opportunément le blog Big Browser.
Un petit investissement immobilier à Londres pour le magnat de l'acier dont la fortune personnelle serait évaluée à 34 milliards d'euros.

Ça rapporte toujours de fermer des hauts-fourneaux, à ce que je vois et de ce côté il n'y a pas beaucoup de changement.

samedi 1 décembre 2012

La bataille de Florange


La bataille de Florange fait penser à la bataille d'Eylau… pas de réel vainqueur, un statu-quo et des dégâts énormes.

Comme dans une bataille d'un autre âge, on a préféré sacrifier Montebourg, qui s'est distingué par ses attaques audacieuses. Pas de nationalisation, pas de repreneur, mais plus de plan social non plus.

Les annonces de Montebourg, c'est la charge de cavalerie de Murat, qui permet de ne pas perdre de terrain, quoi qu'il en coûte.
"le rôle de Montebourg, c'est de faire du bruit utile pour les négociations", analyse Eddy Fougier, chercheur associé au CNRS, cité par l'Express.

L'annulation du plan social n'est qu'une minuscule victoire, et en réalité Mittal semble lorgner sur le projet Ulcos, une vitrine technologique à 700 millions € intéressante pour le groupe mondial, surtout si elle financée par l'Union Européenne et la France. Et dans l'immédiat, les hauts-fourneaux ne seront pas rallumés. Pour que le gouvernement ne perde pas complètement la face, le Groupe ArcelorMittal concède à investir 180 millions sur 5 ans.

Montebourg, quant à lui, a perdu gros. Ses propositions sont désavouées, et tout a été fait pour satisfaire le magnat de l'acier. Demain, quelle sera sa crédibilité face à des entreprises en difficulté ? Au mieux, on risque d'ignorer ce petit ministre sans pouvoir, au pire on le tiendra pour un affabulateur, un cavalier sans cervelle ou un Dom Quichotte combattant les moulins à vent.

Mittal, qui est plus un financier qu'un industriel et qui est dans la main de Goldman-Sachs, représente cet adversaire dénoncé au Bourget, "qui n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti", et qui pourtant gouverne. "Cet adversaire c'est le monde de la finance".
Et bien cet adversaire semble toujours gouverner.

Et Montebourg a fait rêver les gauchistes pendant une courte semaine, qui ont bien voulu croire que l'adversaire était vaincu, que l'Etat avait retrouvé la souveraineté de conduire son avenir industriel ; plus encore, que la droite et la gauche formaient une "union sacrée" pour sauver Florange en nationalisant. Un beau rêve.

La charge était héroïque, mais à quel prix ?

mardi 27 novembre 2012

Sémantique de droite



L'agonie de la droite française comporte quelques derniers sursauts, comme des spasmes de mauvais augure, particulièrement inquiétants.

L'ancien premier ministre, qui a administré pendant 5 ans la France, vient de créer le RUMP, un nouveau groupe parlementaire, dont l'acronyme révèle l'absurdité.

Rassemblement-Union pour un mouvement populaire, est ce que ça a un sens ?

On passera sur la traduction anglaise, rump signifiant croupe en Grand-breton, cela ne serait pas fair-play.

Mais on se fera plus de souci sur le fait que le Rassemblement-Ump ça existe déjà, et que c'est la première chose qui apparaît quand on fait une recherche sur Google.
Cette antenne de Nouvelle Calédonie de l'Ump a subi d'ailleurs une sévère défaite, puisque la fiche Wikipédia le présente comme le 3e parti de l'île, en déclin. L'outre-mer semble vraiment le dernier recours de François Fillon…

Bref, cette dernière réaction, brouillonne et précipitée, semblable à un funèbre dernier râle, fait vraiment froid dans le dos.
Surtout quand on songe que c'est cet homme là, le fossoyeur de son camp, qui a accompagné le déclin de notre pays ces dernières années.

On revient de loin.

lundi 26 novembre 2012

Montebourg met le Maître de Forges sur le grill

Magnifique portrait de Lakshmi Mittal par Morchoisne pour Les Echos.


Arnaud Montebourg vient de lancer son gant à la figure de Lakshmi Mittal, au sujet du site de Florange. 

Jeudi, en séance au Sénat, il a giflé le maître des forges mondialesl d'un bel aller et retour. 

A l'aller, il a évoqué une possibilité de nationalisation temporaire du site, et au retour il a rappelé une facture fiscale qu'il a jugée astronomique.

Après une série de renoncements du gouvernement et du Président face au lobbies — citons pour mémoire le traité européen, les Pigeons, la clause de conscience et hier encore l'aéroport de Notre-dame des Landes — la question de la crédibilité et de la détermination de l'exécutif commence à se poser (à part pour Valls, qui sauve les meubles).

Cette politique de ponceuse à arrondir les angles n'étant pas celle du bouillonnant Arnaud, il a cogné du poing sur la table et posé un ultimatum. Il sauvera la sidérurgie ou elle s'écroulera avec le gouvernement.

C'est ce que semblent comprendre les ministres et même le président de la République.
L'union sacrée derrière Montebourg pour sauver Florange
Le ministre du Travail Michel Sapin, sur RMC et BFM TV, a approuvé une précédente déclaration du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg parlant de "contrôle public" et rappelant que cette arme avait été utilisée aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni dans les secteurs financiers et l'automobile.

Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, a aussi salué "la volonté dont fait preuve Arnaud Montebourg dans ce dossier" sur BFM TV.

Prié de dire s'il était favorable à une nationalisation temporaire proposée par le ministre du Redressement productif, il a répondu: "Je n'ai pas à me prononcer à sa place, mais je soutiens son action."

Les élus de Moselle, droite et gauche confondues, demandent à François Hollande de nationaliser temporairement l'usine.

"Comme le Ministre du Redressement Productif, nous demandons une prise de contrôle public temporaire de l'État pour permettre à un opérateur industriel de reprendre l'activité de l'ensemble du site", écrivent les élus lorrains dans une lettre ouverte adressée samedi au président de la République.

Le courrier est cosigné par Jean-Pierre Masseret, président socialiste du conseil régional de Lorraine, Patrick Weiten, président UMP du conseil général de Moselle, les responsables départementaux de l'UMP, du PS, d'Europe Ecologie-Les Verts et du Parti communiste, par divers élus du bassin sidérurgique et par l'intersyndicale du site de Florange.  (Reuters)


Quant à François Hollande, il règle un vieux compte.
 
Hollande doit réussir à faire plier Mittal quand Sarkozy avait échoué à sauver Grandrange, malgré ses promesses. En 2010, en effet, il avait déjà eu un "entretien musclé"(selon Les Echos) avec Lakshmi himself au sujet de Florange dont la fin était déjà programmée.

C'est la dernière occasion pour François Hollande et le gouvernement Ayrault de prouver leur volontarisme, leur audace et leur courage. Maintenir la science de la métallurgie sur notre territoire national est un enjeu stratégique.

Si Hollande réussit a sauver Florange, il aura sauvé son début de mandat, et prouvé sa valeur de chef de l'Etat. On dira de lui, avec respect : Duos habet et bene pendentes".

Dans le cas contraire…

lundi 19 novembre 2012

Le soleil se couche à droite


Un grand trouble agite la gauche. Trop social-démocrate, Hollande ne rassemble pas son camp. Les communistes se rangent dans l'opposition au gouvernement au Sénat. Les écologistes critiquent le président de la République et son plan Gallois.

Comme disait ce grand connaisseur de la politique, l'excellent Charles-Maurice, prince de Talleyrand-Périgord, "quand je m'ausculte, je m'inquiète mais quand je me compare, je me console".

La gauche est effectivement en difficulté, mais le spectacle du crépuscule de l'UMP, où chaque candidat à la présidence du mouvement revendique la victoire dans une caricature d'élection, marquera la troisième défaite consécutive de l'UMP, après la Présidentielle et les Législatives.

Merci, amis de l'UMP, de soutenir ainsi notre gouvernement en faisant la démonstration de votre déchéance.

mercredi 24 octobre 2012

Jean-Claude Debard, l'élégance du vendeur de voitures




Jean-Claude Debard (importateur dans l'Hexagone des marques nippones Mitsubishi, Daihatsu et Subaru) a l'élégance des vendeurs de voitures.
Ses formules imagées marquent les esprits et quand il parle du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, son langage fleuri révèle sa belle nature :

"Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologiques, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales... Tous le subissent !

"Il est bête et ne comprend rien. Vous pouvez me citer sans vous inquiéter...
Grâce à mes précédentes déclarations sur les chaînes de télévision nationales, j'ai déjà un contrôle fiscal !"
 (Lire la déclaration intégrale sur le site de La Provence)


Monsieur Debard semble donc convaincu que l'automobile telle qu'elle est a encore un avenir. Selon lui les malus écologiques ne servent qu'à pourrir la vie des automobilistes, et l'essence coulera à flot sans problème à l'avenir. Les pollutions produites par les automobiles sont des utopies a ses yeux, et ceux qui cherchent à imposer des règles pour les limiter sont sans doute des "abruti mentaux".

Le meilleur service à rendre à Jean-Claude Debard est de le laisser s'exprimer : on peut juger ainsi de son élégance et sa profondeur d'esprit.

Mais qu'on ne se méprenne pas, si Montebourg sait se faire des amis chez les vendeurs de voitures étrangères en défendant l'écologie, il sait aussi s'en faire chez les écologistes en vendant le made in France avec sa marinière.
"Il est ridicule" a déclaré Jean-Vincent Placé, l'"ami" du gouvernement qui n'a pas eu de maroquin et qui, visiblement, ne le digère pas.


Mise à jour, 25-10-2012 :

Mitsubishi Motors, marque importée en France par le groupe Emil Frey s'est désolidarisé de son représentant en France dans un communiqué très explicite :
"Mitsubishi Motors Corporation a été profondément choqué par les commentaires attribués au représentant de son importateur indépendant en France, tels que rapportés par la presse française.
Ces propos ne sont pas acceptables et doivent etre condamnés en tant que tels.
Par ailleurs, Mitsubishi Motors Corporation souhaite par principe présenter ses excuses à Monsieur le Ministre Montebourg ainsi qu'au gouvernement français pour les conséquences que ces propos ont pu avoir sur leur réputation et leur honneur.
Bien que la personne en question ne soit pas un employé de Mitsubishi Motors, MMC a pris dès hier toutes les mesures nécessaires avec sa hiérarchie afin de clarifier la situation et de protéger le nom Mitsubishi." (source)

"Suite aux propos insultants qu’il aurait proférés à l’adresse d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, propos diffusés par le quotidien La Provence, Jean-Claude Debard vient de démissionner du groupe Frey. Pour des raisons « personnelles », aux dires de l’intéressé." (source)

lundi 22 octobre 2012

les blogueurs se rebellent



Nous, blogueurs et blogueuses, et avant cela citoyens et citoyennes, défendons les valeurs de l'indépendance et du bénévolat. C'est dans cet esprit que nous alimentons nos blogs, libres de tout intérêt financier extérieur qui pourrait guider notre expression.

Wikio avait en son temps joué un rôle important dans l’émergence de cette communauté de blogs, en assurant leur promotion et entretenant une saine émulation entre eux, avec son classement des blogs.

Wikio est devenue plus grande, elle s’appelle aujourd’hui Ebuzzing et a de nouvelles ambitions. Des blogs institutionnels, des blogs de personnalités venues du monde politique ou médiatique rémunérés par des journaux ou des partis politiques ont été intégrés à la liste des blogs. Pis encore, des agrégateurs de liens et de contenus, des sites semi-professionnels, ont soudainement rejoints les bases de données d'Ebuzzing, y compris des sites d’extrême-droite qui usent à grande échelle de méthodes plus que suspectes pour gagner en notoriété.

Nous considérons donc, puisque ce n'est plus un classement des blogs, mais un fourre-tout de ce qui se produit sur Internet, que nous n'avons plus notre place dans ce classement. Nous suspectons que le patron d'Ebuzzing, qui vient de lancer sa carrière politique et qui est aussi un des fers de lance du mouvement des « pigeons », a changé les règles du jeu pour des raisons idéologiques. Il y a pour nous conflit d'intérêt.

Nous avons décidé de ne plus en être et avons exigé de Ebuzzing la suppression de nos blogs de ses bases de données, parce que nous voulons que notre liberté et notre indépendance soient traitées à part.

Un message auquel je m'associe pleinement et qui renvoie à :
une tribune plus détaillée consultable chez Dedalus.

dimanche 21 octobre 2012

Montebourg, l'effronté


Il y a un côté cinéma chez Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar. Un côté série, même. On les voit bien dans une évocation sixties de Cold Case, la bluette policière qui est au genre ce que Radio Nostalgie est aux ondes. Le ministre et la journaliste forment le couple de l’été – la chronique mondaine les dit ensemble depuis deux ans. Ils font, l’un et l’autre, l’actualité. Chacun dans sa partie, chacun dans son style.



Lire la suite sur Courrier International (via l'Hebdo Suisse)

samedi 20 octobre 2012

L'étrange voyage de Guéant en Guinée Equatoriale



Le joyeux train de vie de Téodorin Obiang quand il était à Paris

C'est en lisant un article sur l'Express qu'un nom m'a attiré l'attention :  "A peine avocat, Claude Guéant est déjà à pied d'oeuvre. (…) l'ancien ministre de l'Intérieur s'envole mercredi pour la Guinée équatoriale où il accompagne le patron d'une entreprise industrielle française en difficulté- dont il ne souhaite pas donner le nom. " Cette société, placée en redressement judiciaire, est à la recherche d'un partenariat financier et industriel, explique-t-il. Elle a déjà eu des contacts encourageants avec la Guinée équatoriale et son président." Le gendre de Claude Guéant, le banquier d'affaires Jean-Claude Charki, sera lui aussi du voyage.

J'avais déjà entendu parler du gendre de M. Guéant dans un article de Capital consacré aux "éminences grises du pouvoir", dans le passage consacré à Alexandre Djouhri :

"Germain Djouhri, qui n’a pas 30 ans, sait y faire pour enrichir le carnet d’adresses de son papa : il a épousé la fille d’un proche de Poutine, Serguei Chemezov, récemment décoré de la Légion d’honneur à l’Elysée. Et à Londres, où il réside, il s’est rapproché d’un ancien associé de Messier Partners installé à son compte, Jean-Charles Charki. Un jeune homme brillant qui se trouve être le gendre de Claude Guéant. Comme quoi, on peut être éminence grise de père en fils".

Donc monsieur gendre accompagne beau-papa pour une visite en Guinée Equatoriale, ce petit territoire (800 000 ha) constitué de quelques îles et d'un peu de savane continentale. Mais aussi un gigantesque réservoir d'hydrocarbures Offshore, source d'une fortune colossale.

Le site France Diplomatie précise :  
Le pays souffre d’une image très négative en raison de progrès en matière de développement humain jugés insuffisants, de grandes lacunes dans le secteur sanitaire, d’une absence de libertés publiques (absence de presse d’information libre), d’un système judiciaire défectueux (cf. Rapport Nowak 2008) et d’une mauvaise gouvernance du pays (échec de la candidature au processus EITI en 2010, décision du FMI de ne pas renouveler son assistance technique fin juin 2011 en raison du manque de suivi de ses recommandations).

Et tout ce petit monde dont "un mystérieux homme d'affaire" (il s'agit en réalité de Serge Bitboul, comme on le voit sur le site france-guineeequatoriale.org) , va rendre visite au papa de Téodorin Obiang, dont on voit le train de vie dans la vidéo ci-dessus.

Slate Afrique s'intéresse justement au train de vie de Téodorin Obiang :

Téodorin n’en fait qu’à sa tête. Le tout puissant fils du président de Guinée Equatoriale Téodoro Nguema Obiang est dans le collimateur de la justice, et pourtant rien ne l’arrête. Vice-président de la Guinée Equatoriale, poursuivi par la justice internationale dans le cadre des «biens mal acquis», Téodorin envisage d’acquérir l’un des plus gros yachts de luxe du monde.

Sur Médiapart, Fabrice Arfi nous en  apprend plus sur ce bateau appartenant à un saoudien qui pourrait s'en séparer pour seulement 200 millions de dollars (environ 130 millions d’euros), une somme qui fait passer le yacht de Tapie (40 petits millions d'euros) pour une coquille de noix. De fabrication allemande, ce super yacht peut accueillir jusqu’à 130 personnes.


Il s’agit d’un bateau baptisé Al Salamah, propriété du prince Sultan ben Abdul Aziz, le ministre de la défense d’Arabie saoudite décédé l'an passé. Ses héritiers veulent à tout prix vendre le yacht, un mastodonte de 140 mètres de long, haut de cinq étages, hérissé d’une piste d’atterrissage pour hélicoptère et doté d’une salle de cinéma et d’un hôpital… Entre autres.
(…)
D’après les éléments recueillis par Mediapart, une société commerciale a été créée le 23 juillet dernier en Guinée-Équatoriale pour se porter acquéreur du yacht convoité par Obiang junior (très friand en la matière). Elle se nomme Sociedad de transporte maritimo Guinea equatoriale, la Sotramar-GE, enregistrée sous le numéro 2 481 dans les registres officiels de Malabo, la capitale de Guinée-Équatoriale.
Fait intrigant : la Sotramar est déjà le nom d’une société de transport maritime parapublique guinéenne, créée en décembre 1971 et impliquée dans le commerce de la bauxite, le principal minerai permettant la production d’aluminium, dont les terres guinéennes sont très riches.
(…)
La confusion entre la Sotramar de 2012 (société privée) et son homonyme de 1971 (société parapublique) n’est-elle d’ailleurs pas entretenue pour mélanger argent public et intérêts privés ?

Fabrice Arfi nous donne de sérieux indices sur le fonctionnement de la Guinée Equatoriale.

Il est vraisemblable que si Claude Guéant, Jean-Charles Charki et Serge Bitboul sont à Malabo, la capitale Equato-Guinéenne, c'est pour récupérer de l'argent. Il faut dire que le président Obiang saurait se rendre généreux, comme l'indique Médiapart dans cet intéressant article, où il est mentionné une déclaration de Robert Bourgui : A ce moment-là, le président Obiang, qui parle français, a dit à M. de Villepin : "Je vous remets un million d'euros pour financer votre action politique."»… Tiens, tiens…

vendredi 19 octobre 2012

Qui est qui ?


Il y a un créatif qui fait le visuel et une personne qui vend le visuel.
Il y a incontestablement là un génie et un imbécile. Mais je ne sais pas à qui attribuer quel qualificatif. Ça marche dans les deux sens, si on y pense bien.

jeudi 18 octobre 2012

La fin du mythe Gaulliste

« Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes »,
a écrit la présidence de la République, mercredi 17  octobre 2012.

Merci monsieur le président de la République, merci monsieur Hollande.



C'est la fin du mythe Gaulliste, et l'occasion de regarder de plus près le contexte du coup d'Etat de 1958, et les premiers pas de la Ve République.
Nous vivons dans des institutions taillée à la mesure de cette époque de morts, d'intrigues et de mensonges.

lundi 15 octobre 2012

Le new deal du cannabis



F.D. Roosevelt, en avril 1933, abrogea le Volstead Act qui définissait la prohibition de l'alcool aux Etats-Unis. Quand la prohibition cessa, le crime organisé perdit une part importante de ses revenus liés au marché noir d'alcool, conséquence directe de la concurrence des boissons alcoolisées en vente libre à des prix modérés.

C'est sur ce constat, et face à l'augmentation inexorable  du trafic et de la consommation de drogue malgré les mesures coercitives, que de nombreux hommes politiques demandent une autre vision sur cette question… dépénalisation, légalisation, diverses mesures sont à l'étude pour mettre au point un new deal sur la question des drogues, en particulier du cannabis.

Rappelons que la France, non contente d'être l'un des pays les plus répressifs de l'Union européenne en matière de stupéfiants, est également l'un de ceux où l'on fume le plus de cannabis. Ces chiffres font de la France le canard boiteux de la politique européenne, loin derrière les si libéraux Pays-Bas, où les jeunes en particulier fument beaucoup moins de cannabis que les jeunes Français. Aux Pays-Bas, régulièrement montrés du doigt parce qu'ils mènent depuis plus de trente ans une politique très libérale en matière de stupéfiants, les niveaux d'expérimentation du cannabis et de la cocaïne sont inférieurs aux autres pays.
(Rue 89)

Des chercheurs ont comparé des groupes de consommateurs réguliers de cannabis dans des villes comparables, aux politiques sur le cannabis opposées –Amsterdam, Pays-Bas (dépénalisé), et San Francisco, USA (pénalisé). Outre une plus forte consommation à San Francisco, les chercheurs ont trouvé de fortes similitudes entre les utilisateurs des deux villes. Il n’y eu « aucune preuve qui soutienne que la pénalisation puisse diminuer la consommation ou que la dépénalisation puisse l’augmenter».

Contrairement à l'idée reçue, la dépénalisation n’augmente pas la consommation de cannabis. (référence)

Daniel Vaillant hier, Vincent Peillon aujourd'hui, proposent donc une "révolution copernicienne" pour inverser la tendance. L'actualité nous démontre que c'est des milliards d'euros qui échappent ainsi à l'économie fiscalisée dans le monde… et ce serait une erreur de croire que ce sont les petits trafiquants de la rue qui en empochent la plus grande partie. Selon Christian Ben Lakhdar, économiste des drogues à l'Université catholique de Lille, ils gagneraient entre 4.500 et 10.000 euros par an. Le journal 20 minutes n'hésitait pas, le 19 juillet 2011, à affirmer que c'était une activité "peu rentable" pour les petits dealers.

Par contre, les cols blancs de la finance sont aussi impliqués dans le blanchiment de cette manne financière. Récemment, la police a démantelé une importante filière. Ce sont 40 millions d'euros issus du trafic de drogue qui auraient été blanchis en sept mois, impliquant la banque Suisse HSBC, mais aussi des "notables" dont une élue écologiste de Paris, Florence Lamblin, qui clame néanmoins son innocence. Sa culpabilité n'a effectivement pas encore été formellement démontrée à ce jour.

Le débat concernant le cannabis dure depuis des années, et on comprend que beaucoup ont un intérêt financier important à ce que rien n'évolue sur ce point.

samedi 13 octobre 2012

Réformer l'islam pour lutter contre l'intégrisme ?


Gamal Al-Banna


Pour lutter de façon plus efficace contre l'intégrisme, nous devrions donner la parole aux réformateurs et penseurs de l'Islam, leur donner une large audience en les laissant parler dans les grands médias de notre pays.
Ce serait bien plus efficace que de mettre plus d'imams dans les prisons.


Le changement prend du temps, explique Gamal Al-Banna quand on lui demande s'il est optimiste pour l'avenir de l'Islam. Il dit aussi :" Le Coran est liberté. Les foqahas (docteurs en droit) ont fabriqué des interprétations et des hadiths qui contredisent le Coran. On n'a pas besoin du fiqh (avis juridique), ni des hadiths. Il faut retourner au Coran".

Il a en particulier pris position concernant le port du hidjab (foulard islamique) considérant que l'important pour une femme était la décence et que le foulard ne faisait pas partie des fondements de l'islam mais de la coutume.
« le Coran ne dit pas que la femme doit porter le voile, seulement qu'elle doit cacher sa poitrine ».
Concernant les hadiths, il est sans ambiguïté :
« Des milliers de hadiths ont été fabriqués au fil des siècles pour servir des intérêts religieux ou politiques. Cela n'a aucun sens de s'y référer pour répondre aux questions d'aujourd'hui ».

Autant vous le dire tout de suite, presque tous les musulmans pratiquants considèrent les hadiths aussi sacrés que le Coran lui-même. Les hadiths sont les paroles et les actions attribuées au prophète Muhammad, ce n'est donc pas la parole divine (en dehors de quelques hadiths « sacrés » qui sont considérés comme les paroles de Dieu adressées directement au prophète Mohammed et rapporté par lui).

Ces hadiths forment la sunna d'où le nom d'islam sunnite pour le courant orthodoxe. Les hadiths ont été rapportés dans divers recueils (véridiques ou non) par des musulmans fidèles, mais toujours au minimum deux siècles après la mort du prophète Muhammad. Certains auteurs en ont recensé plus de 700 000, les plus récents étant ceux rapportés par l'ayatollah Khomeiny au cours des années 1980 ! Beaucoup de ces citations étant suspectes, leur crédit est proportionnel au prestige accordé à ceux qui les ont rapportées. Cette chaîne des témoins est appelée isnad. Ces différents recueils alimentent l'opposition entre chiites et sunnites en particulier.

"Ces paroles, même si elles faisaient sens à leur époque, ont mille ans et on ne peut pas les appliquer aujourd'hui" ajoute Gamal Al-Banna. Ce vieux monsieur égyptien de 92 ans prêche pour une révolution de l'islam. Petit frère d'Hassan Al-Banna, le fondateur des frères musulmans, il semble bien placé pour prendre position dans un débat qui agite le monde musulman.

Il n'est qu'un des nombreux intellectuels musulmans qui réagissent à l'obscurantisme islamique responsable des tensions meurtrières qui agitent le monde et opposent des civilisations qui ne devraient que s'enrichir mutuellement.

Il y a presque mille ans Averroes (Abu'l-Walid Muhammad ibn Rushd) eut à subir lui aussi l'opposition des conservateurs qui le traitèrent d'hérétique et brûlèrent ses livres, parce qu'il se référait à Aristote et adoptait une position moderne. L'histoire n'est pas nouvelle. Elle se répète dans toutes les religions qui par essence refusent le changement et la modernité.

Les conservateurs qui inspirent les pires exactions sont nombreux, et leur goût du sang et de la violence leur donne une trop large audience. Tout le monde connait Al Qaeda, véritable organisation criminelle, mais qui connait Abdou Filali-Ansary le Marocain, Nasr Hamid Abu Zayd l'Egyptien, Soheib Bencheikh l'Algérien, Burhan Ghalioun le Syrien, ces hommes qui veulent un islam moderne débarrassé de la violence et de la haine ?

Le temps du changement est venu, le temps de la concorde entre les hommes, le temps de la paix. Ce que défendent ces penseurs modernes, c'est d'abord une réflexion sur la nature et le statut des textes religieux. Il s'agit de relire les textes sacrés pour sortir d'une interprétation littérale : respecter l'esprit du Coran, non la lettre.

"Le croyant est celui qui, avec beaucoup de modestie, avoue qu'il ne peut pas connaître la vérité parceque seul Dieu la possède. Il a donc une conception de la vérité, mais qu'il ne cherche pas à imposer. Le Coran est très net là dessus : pas de contrainte en religion" explique Mohamed Talbi, ancien doyen de l'université de Tunis.

Merci à Nadia Khouri-Dagher, reporter egyptienne d'origine libanaise, pour l'excellent article paru dans Le Monde 2 n° 173 du 9 juin 2007, dont cette modeste note est largement inspirée. Pour en savoir plus sur Gamal Al-Banna voici quelques liens :

vendredi 12 octobre 2012

Malala Yousufzai un exemple pour tous les blogueurs





Malala Yousufzai est un exemple pour tous les blogueurs. Elle est entre la vie et la mort. Une balle dans la tête, une dans l'épaule.
Cette fillette a parlé… On a voulu la tuer. Elle avait un blog, pour dire ce qu'elle pensait…

Et cette gamine de 14 ans voulait que les petites filles du Pakistan puissent aller à l'école sans contrainte. Elle utilisait son blog, Diary of a Pakistani schoolgirl pour dénoncer les pressions des taliban dans la région de Swat, où ils imposent la charia et l'interdiction pour les filles d'étudier..
Mardi dernier, des hommes ont arrêté le bus où elle se trouvait. Un homme est monté, arme au poing, a visé Malala Yousufzai…

Le mouvement Tehrik e Taliban Pakistan (TTP) a revendiqué la tentative d'assassinat.  Le porte-parole des talibans a aussi déclaré que ”la charia ordonne de tuer quiconque mène une campagne contre l'islam et la charia.”

Voilà. Tout est dit.

Alors nous, les blogueurs de France, nous devons aussi dire ce que nous pensons. Dire que la liberté d'expression ne doit jamais, jamais être restreinte. Nous devons continuer nous aussi à dénoncer l'intégrisme, la corruption, la tricherie… Nous devons continuer toujours, parce que cette jeune fille nous a montré ce que c'est que le courage.

Et pour un blogueur assassiné pour ses opinions, dix doivent prendre le relai.

Non je ne crois pas en Dieu, et je le dis. Pourquoi cacherais-je mes convictions ?
Oui, pour moi la religion est une mauvaise chose puisqu'elle se mêle de ce que nous pensons, de la manière dont nous vivons, elle fait des lois qui n'ont pas été débattues devant un parlement. De cette manière, la religion et ses dogmes sont incompatibles avec la démocratie. Je le dis  et je le dirai encore, parce que c'est ce que je pense et que personne ne peut me dicter mes pensées. Surtout pas la Charia, ni la Bible, ni le Coran !

Oui je vais continuer à dénoncer les intermédiaires en vente d'armes, les pays qui vendent ces armes et les ministres qui sont complices de ces turpitudes. Je vais continuer à dénoncer l'injustice, les idées qui ne correspondent pas aux miennes et que je juge dangereuses.


Oui je suis un blogueur engagé. Non je n'ai pas peur des barbus de toute obédience, ni des barbouzes de toute officine.… et je n'ai pas grand mérite à dire tout ça, moi, petit occidental dans ma démocratie chancelante.


Mais je dois le faire, nous devons tous le faire. Parce que nous sommes dans un pays où nous pouvons le faire sans qu'un cinglé vienne nous mettre une balle dans la tête. Ne pas utiliser cette liberté élémentaire pour laquelle nos ancêtres ont risqué la mort, comme Malala Yousufzai, ce serait prendre le risque de la voir disparaître, comme ces gâteaux qui ne se vendent pas à l'étal des boulangeries et qu'on ne confectionne plus.
Et surtout parce que des enfants le font au péril de leur vie, dans d'autres pays.

Paix sur toi Malala… Tu as l'âge de ma fille mais je suis minuscule à côté de toi.

jeudi 11 octobre 2012

Ebuzzing : de l'exil fiscal à la délation



Tenir un blog, c'est rigolo…
Mais cette motivation est soutenue, pour le blogueur, par une petite compétition, un classement, comme au tennis… Plus on fait de billets, comme quand on multiplie les matchs au tennis, mieux on est classé… plus on est cité par ses confrères, plus on grimpe…

C'est simple et amusant. C'est un sympathique entrepreneur qui a imaginé ça il y a quelques années, en appelant son classement Wikio. Et comme cet entrepreneur a de bonnes idées, il a commencé à gagner de l'argent. C'est mérité.

Mais comme gagner de l'argent réveille la cupidité, cet entrepreneur est devenu moins sympathique. Plus il s'est mis à gagner de sous, moins il a voulu en partager avec la société.
Il s'est très vite réfugié en Suisse, et récemment il a rejoint le mouvement lancé par un autre exilé fiscal : "les pigeons", le nouveau "i-lobby" des entrepreneurs qui trouvent anormal de payer des impôts.

C'est naturel, quand on a les moyens, par exemple, de payer cher des écoles de luxe privées à ses enfants, on ne veut pas payer des impôts pour que les enfants le plus pauvres aillent à l'école publique.

On part du principe que puisqu'on est riche, ceux qui ne le sont pas sont des paresseux ou des imbéciles, et que c'est tant pis pour eux. "C'est la loi de la jungle coco, soit tu es loup, soit tu es mouton"… C'est un discours courant chez les libéraux.

Mais Pierre Chappaz, ce fameux entrepreneur, a décidé que puisque François Hollande allait être élu, et que les blogs de gauche squattaient le tête de son classement depuis des mois (des années même) il fallait réagir :

Il a donc décidé de créer un nouveau classement, Ebuzzing, et d'y mélanger (ce qui n'était pas le cas naguère) les sites d'extrême-droite comme fdesouche, qui sont des agrégateurs d'info avec une production industrielle (des dizaines de billets par jours) et les chroniqueurs médiatiques professionnels, soutenus par leur journal, pour virer les petits gauchistes amateurs de la tête du classement. Il n'y a pas réussi complètement, c'est encore un Montebourgien, mon ami Melclalex, qui est à la première place, malgré cette concurrence déloyale des professionnels.

Comme certains blogueurs s'en sont émus, par e-mail, il vient d'aller plus loin : comme il est lui même blogueur, il a dénoncé ces blogueurs en les citant et  en dévoilant la vraie identité d'un pseudonyme. Alors qu'ils avaient préféré protester en toute discrétion, en demandant des explications, Chappaz préfère lui s'assoir sur la confidentialité des e-mails et des identités et déballer au grand jour cette question.

Et bien soit, Pierre Chappaz, parlons-en en public puisque la discrétion de la correspondance privée n'est pas de votre goût :

- Vous changez les règles du jeu selon ce qui vous convient pour des raisons politiques,
- vous dénoncez ceux qui vous écrivent en privé en révélant leur correspondance privée,
- vous révélez l'identité de ceux qui pour des raisons professionnelles utilisent un pseudonyme, au mépris du plus élémentaire savoir-vivre sur Internet,
- enfin, vous êtes un exilé fiscal dans les faits, quoi que vous en disiez.

Chacun saura attribuer un qualificatif à votre personne. Je ne prendrais pas le risque d'écrire publiquement le qualificatif que je vous réserve. Les gens comme vous ont les moyens de se payer les plus viles procédures pour écraser les plus faibles. Je ne vous donnerai pas ce plaisir.

samedi 6 octobre 2012

Le TSCG est stupide, mais voter contre l'est aussi…



"Il faut renégocier le TSCG" était la promesse de campagne de François Hollande…
mais le problème est que le TSCG ayant été approuvé par réferendum en juin par les Irlandais, il n'est plus possible d'en changer une ligne… A moins d'annuler le referendum en Irlande pour en refaire un sur le nouveau texte. C'est ce que remarque avec justesse Mathieu Deslandes sur Rue89.

Serait-il normal d'annuler l'expression démocratique d'un pays ? Que dirions-nous si l'Europe décidait d'annuler la décision de la France si elle avait organisé un référendum ?
 
Quand Hollande a promis de renégocier le traité, les irlandais n'avaient pas encore voté, depuis sa promesse est devenue intenable. Voilà la réalité des choses…

 
Près de la moitié des pays ayant validé ce traité (11 pays sur 25 :
Allemagne, Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Portugal, Roumanie, Slovénie), il sera certainement mis en application, si le refus est minoritaire, ce qui est probable : il ne manque plus que l'accord de deux pays pour faire passer ce traité… et oui, la construction européenne se fait à la majorité. On peut contester, comme les souverainistes, cette manière de faire…

L'autre option c'est de sortir du processus européen. 
Donc quelle que soit la position choisie, pour ou contre le traité, c'est la merde (difficile de trouver un autre mot).
 
La solution qui semble se dessiner, c'est d'accepter de rester dans le jeu, en considérant que ce traité (comme les critères de maastricht) n'est qu'un vœu pieux, avec l'espoir de faire évoluer les choses dans le futur, en ajoutant au traité d'autres mécanismes en faveur de la croissance et de la régulation du système financier. 

Par contre, sortir des négociations c'est prendre le risque d'être isolé et de ne plus pouvoir influer sur le cours des choses pour atténuer les effets pernicieux du TSCG.

Christophe Cavard, député EELV du Gard, ne dit pas autre chose dans une tribune sur Médiapart :
Le pacte budgétaire est « avant tout un outil diplomatique, et non un outil économique. Il faut le prendre comme tel, et prévoir de le renégocier à la hauteur de notre ambition politique pour l'Europe et de notre disposition aux compromis nécessaires à la réorientation de son fonctionnement et de ses objectifs ».

Les élections en Allemagne, dans un an, pourraient en effet changer la donne si Merkel n'est pas reconduite, ce qui n'est pas impossible. Le parti conservateur CDU a subi le 13 mai un sévère revers lors d'un scrutin régional en Rhénanie-du-Nord-Westphalie… Un indice du mécontentement allemand.
 
Enfin, il faut reconnaitre que rechercher l'équilibre budgétaire est une démarche vertueuse, personne ne peut le nier, à part les financiers qui y voient leur intérêt de prêteur… 

Et si on y regarde de près, ce traité n'est pas si contraignant qu'il en a l'air (en cas de circonstances exceptionnelles -comme une récession-, il y a la possibilité de déroger à ses contraintes). 
 
Je crois que c'est un peu ce que pensent les socialistes qui défendent le "oui"…
avec une certaine hypocrisie, il faut bien l'avouer.

Bien sûr, ce traité est stupide, il est basé sur des dogmes sans fondement, comme ces 3 % à ne pas dépasser, mais le refuser aurait des conséquences tout à fait préjudiciables, que ce soit face aux créanciers qui assurent notre budget de fonctionnement (hausse des taux d'intérêts, dégradation des agences de notations etc.) ou pour notre position diplomatique européenne et notre influence. Ensuite, c'est mettre en difficulté le nouveau président que nous avons élu, et son gouvernement.


Le jeu en vaut-il la chandelle ? Faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain ? 


Comme disait De Gaulle, il faut prendre les choses comme elles sont…

vendredi 28 septembre 2012

Montebourg face à Bourdin


Ce vendredi 28 septembre, Jean-Jacques Bourdin, sur BFM TV a invité Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif.

Sur l'objectif de réduction du déficit budgétaire, Montebourg a réaffirmé l'obligation de rétablir l'équilibre des comptes publics. Les 100 milliards cumulés sur 10 ans de baisse d'impôts des plus privilégiés voulus par la droite doivent d'une certaine manière être payés par le nouveau gouvernement (l'héritage du sarkozysme est dur à porter).
Pour lui, ce nouvel équilibre budgétaire n'est qu'une étape, puisque la reconstruction de la croissance est aussi indispensable que la rigueur, cette négociation en faveur de la croissance est du reste permanente avec les partenaires européens.

Logiquement, l'approbation du TSCG est pour lui nécessaire (malgré ses imperfections) pour que la voix de la France puisse continuer à orienter la construction européenne, compte tenu des concessions déjà acquises (mise sous tutelle des banques par la BCE, taxe sur les transactions financières, fonds de soutien à la croissance…).
Arnaud Montebourg refuse de commenter l'attitude de ses collègues ministres, et ne répond pas sur l'attitude des écologistes du gouvernement sur ce point, solidarité gouvernementale oblige.

Jean-Jacques Bourdin questionne le ministre sur quelques sites industriels problématiques :


• Sur Arcelor Mittal, Montebourg réaffirme la volonté du gouvernement de ne pas fermer le site de Florange et de redémarrer ses hauts-fourneaux. Un projet de loi est en cours (avant 3 mois selon lui) pour obliger à vendre a des repreneurs les sites en cas d'abandon de sites industriels. "C'est un bras de fer" avec monsieur Mittal affirme le ministre.
• Concernant Sanofi, il considère que le plan social de suppression de 2 500 emplois est inacceptable. "La République ne se laissera pas faire". Montebourg refuse que le site de Toulouse soit touché, un lieu de performance et d'innovation . Le plan social renégocié est redescendu à 900 emplois supprimés, ce qui est encore trop pour Montebourg.
• Dans le cas de Fralib (le thé Eléphant), il réaffirme sa confiance en la structure coopérative, et se réjouit des avancées déjà obtenues (sauvetage du site et des machines, dialogue reconstruit). Puisque la marque des infusions "Eléphant" ne sera pas lâchée par Unilever, des solutions alternatives doivent aboutir.


La question de la voiture électrique est ensuite abordée.
Un plan est en train d'être mis en place (50 millions pour l'état dans un premier temps, ainsi que la participation des collectivités locales et de partenaires privés) pour développer le réseau de "bornes de recharge". De bonnes idées sont sur la table, comme la gratuité des certains parking, ou des péages autoroutiers gratuits pour les véhicules électriques, etc.
Il s'agit de trouver tous les moyens pour rendre compétitifs ces véhicules d'avenir. La prime écologique de 7000 euros sur la nouvelle "Zoé" permet déjà d'aligner leur prix sur celui des véhicules classiques. Quant à l'autonomie des voitures, elle correspond à la moyenne d'utilisation de 85 % des conducteurs (une soixantaine de km quotidiens).

Pour conclure, Montebourg souhaite réformer les conditions globales de la compétitivité de notre pays, c'est la mission de l'étude menée par Louis Gallois (on peut imaginer qu'il souhaite répartir les prélèvements sociaux pour ne plus les faire peser exclusivement sur le travail, comme il l'a déjà évoqué à Médiapart).

C'était un Montebourg pugnace et volontaire, face à un journaliste sans concession.

jeudi 27 septembre 2012

PLACEBO




Et surtout, ne perdons pas de vue que c'est notre chère Sécu qui entretient les Argan modernes, au plus grand bénéfice de l'industrie pharmaceutique.

On peut s'amuser à penser aux maladies psychosomatiques que l'on peut soigner avec des placebos !
Le tout entretient un important circuit économique, des cotisations sociales (et à toutes ces petites mains qui brassent de la paperasse) au médecin, en passant par le pharmacien et les laboratoires pharmaceutique. C'est comme ça qu'on crée de la croissance et de l'emploi. On va pas changer tout ça quand même.

C'est ce qu'on appelle un cercle vertueux.

A votre santé !

lundi 24 septembre 2012

La fashion week de Marine Le Pen


Dans une interview au Monde, Mme Le Pen a demandé l'interdiction du voile et de la kippa dans la rue, suscitant un tollé général.

Une manière de participer la semaine de la mode de Milan, peut-être.

La déclaration de la styliste du Front National mérite d'être lue avec attention.

• "Je mets à la porte tous les intégristes étrangers. Tous !"

Si l'ennemi est l'intégriste, quel que soit sa religion, pourquoi ne s'en prendre qu'à ceux qui sont étrangers ? L'intégrisme national serait-il plus tolérable ? Le fait d'être étranger serait-il plus grave que d'être intégriste ? Que faisons-nous des intégristes catholiques de Civitas ?
Tout cela n'est pas très cohérent.

• "C'est interdit. Le voile est interdit. C'est clair ! On est capable de faire la différence entre un voile religieux et un voile qui ne l'est pas."

Jusque ici, seul le voile intégral (niqab, burqa…) était interdit (une stupidité déjà dénoncée sur ce blog). C'était là, en effet, mettre le doigt dans un engrenage dangereux.
La preuve. Le glissement de voile intégral à simple voile était facile à faire, ce que ne manque pas de faire Marine Le Pen. On notera que la kippa est logiquement mise aussi à l'index par la chef des frontistes, bien qu'elle "ne pose pas de problème dans notre pays" mais pas la croix des chrétiens… Celle qu'elle porte au cou de façon si ostentatoire, justement. comprenne qui peut…

Quant à l'affirmation qu'il est facile de différencier un voile religieux d'un voile qui ne l'est pas, je reste dubitatif. Une musulmane peut porter un foulard Hermès par conviction et/ou par coquetterie.
D'autre part, cela signifie-t-il aussi qu'il faut aussi interdire aux bonnes sœurs de sortir avec leur uniforme si ostentatoire ?


Un peu plus tard, à la Baule, Marine Le Pen a poussé un peu plus loin son raisonnement :

• "Le voile s'est multiplié de manière exponentielle dans notre pays ainsi que le port de la djellaba", a ajouté la dirigeante d'extrême droite, élargissant sa demande d'interdiction également à ce vêtement, qu'elle considère comme un "signe religieux ostentatoire".

Il se trouve que je porte parfois une djellaba, ainsi que des babouches. Je suis pourtant athée, mais j'ai vécu de nombreuses années au Maroc, et j'aime à m'habiller parfois comme je le faisais là bas. De plus, se vêtir comme on le fait à l'étranger n'a rien de répréhensible. Beaucoup de gens s'habillent comme des Américains, chacun devrait pouvoir faire comme il l'entend.

Je remarque que Marine Le Pen entend policer la mode. Il y a donc une manière autorisée de s'habiller et une autre interdite. Tout à fait ce qu'imposent les intégristes justement.
Un jour viendra peut-être où nous devrons porter tous une chemise brune, et un brassard.

Pourquoi ne pas aller plus loin dans la censure et interdire le port de la barbe aux hommes ? C'est aussi un caractère que l'on retrouve chez la majorité des intégristes de toutes les religions.
Quand ceux qui se croient vertueux commencent à régenter le monde, l'enfer n'est pas loin.

Enfin, on peut considérer que la liberté d'habillement est semblable à la liberté d'expression : elle permet de savoir à qui on a faire (à ce sujet, je précise que j'estime que la loi Gayssot est stupide, comme toutes les lois mémorielles qui restreignent la liberté d'expression).

Laisser une personne exprimer, par ses paroles ou ses écrits, sa bêtise, sa vulgarité, son racisme, son homophobie, ses tendance nazis, son négationnisme ou son extrémisme religieux, c'est très utile. Il est toujours bon de laisser les imbéciles, les pervers, les fascistes se découvrir pour qu'on les reconnaisse sans se tromper.
Heureusement que Christian Vanneste a son franc-parler, par exemple, on ne peut se tromper à son sujet. Plus discret, il n'en serait pas beaucoup différent, sans que nous y prenions garde.


De même un intégriste barbu habillé comme un taliban afghan est facile à repérer de loin. S'il était habillé d'une manière moins reconnaissable, il n'en serait pas moins intégriste, mais bien plus dangereux.

dimanche 23 septembre 2012

Croyance et blasphème dans tous les domaines


L'affaire des OGM, cette polémique sur le maïs Monsanto révélée par le Nouvel Obs, est à l'origine de bien des discussions et d'invectives, sur les réseaux sociaux.

En lisant les débats, un phénomène est frappant : c'est que beaucoup de contradicteurs partent d'un a priori, celui d'une science dangereuse. La littérature ne manque pas en effet de "savants fous" débordés par leurs recherches…
à juste titre ces romans nous alertent sur le danger potentiel de ne pas encadrer, de façon éthique et rationnelle, une science qui peut conduire à des catastrophes. Ainsi, les scientifiques sont-ils contraints à des procédures rigoureuses, et c'est tant mieux.

On ressent parfois un léger malaise dans ces discussions, devant la certitude des uns et des autres… une certitude semblable à celle des "catastrophistes" et "complotistes".
Dans le cas présent, la croyance en la dangerosité absolue des OGM.

Car il s'agit bien d'une croyance, puisque ce danger n'est justement pas encore scientifiquement établi, les procédures d'expérimentations étant précisément contestées ("aussi bien en France qu’à l’étranger, de nombreux experts pointent les défauts de l’étude" nous explique Michel de Fracontal, le journaliste scientifique de Médiapart).

L'industrie pharmaceutique nous a montré que les études sont faites pour être orientées, et que dans ce domaine, tirer des conclusions hâtives sur une nombre restreint d'études est justement l'origine des problèmes (faut-il rappeler l'affaire Médiator ?).
C'est un fait largement exploité par les détracteurs des "savants fous".

Mais dans ce débat sur le maïs transgénique, cet argument est rejeté par les "croyants anti-OGM". Alors que les contradicteurs émettent des doutes sur la méthodologie, leur argument ressemble à un blasphème. Le doute est interdit. Contester l'étude Séralini revient à être catalogué dans le camp des méchants hérétiques, soudoyés sans doute par les géants de l'agroalimentaire.

Le Nouvel Obs n'a pas manqué de franchir la ligne jaune en titrant "Oui, les OGM sont des poisons". Quand bien même l'étude Séralini serait fondée, elle ne s'appliquerait pas à tous les OGM. Comme à son habitude, l'Obs fait dans le sensationnel mensonger, en confortant un peu plus la communauté des "croyants" déjà acquise à cette certitude…

"De mauvais moyens ne peuvent servir à de bonnes fins."
C'est la phrase mise en exergue par Sylvestre Huet du Monde dans son article "OGM, Seralini et le débat public" sur son blog {siences2}, qui compare les précautions des physiciens du Cern face à une particule semblant dépasser la vitesse de la lumière, à la manière de faire de Séralini.
Une lecture nécessaire pour comprendre la différence entre la croyance et la raison scientifique.

Pour ma part, je n'ai pas de croyance, ni que les OGM sont dangereux, ni qu'ils ne le sont pas, ni qu'ils ne le sont que dans certains cas.
Par contre j'estime qu' il est impératif de multiplier les recherches sérieuses et éthiques sur ces questions, pour s'appuyer sur des faits scientifiques et non pas des croyances et trouver les réponses à ces angoissantes questions.

Une chose est sûre, c'est que la manipulation des médias et des opinions n'est pas une démarche scientifique éthique.

Je présente mes excuses aux "croyants" que mes propos blasphématoires auraient choqué, mais je leur demande de ne pas faire de prosélytisme envers moi : je suis un mécréant en tout domaine.

samedi 22 septembre 2012

Montebourg soutient la ratification du traité européen


En direct de Mediapart : Montebourg et le TSCG par Mediapart

La future ratification du traité budgétaire européen (TSCG) est peut-être l'acte le plus important de ce début de quinquennat, pour François Hollande, pour la République Française et pour l'Europe du futur.

Symbolisé par la "Règle d'or" budgétaire qu'il contient, un terme qu'a popularisé Nicolas Sarkozy, ce traité était combattu il y a un an encore par ceux qui le défendent aujourd'hui.
Pourquoi ? Le nouveau gouvernement, le nouveau président de la République, sont-ils en train de trahir leurs électeurs ?

Que répondre aux "économistes atterrés" qui fustigent ce traité et aux citoyens qui se sentent trahis ?

Arnaud Montebourg qui était invité hier à Médiapart pour une entrevue de 2 heures, a tenté de résoudre ce problème.
Il n'est pas inutile de se souvenir de ses déclarations de candidat pour les comparer avec celles du ministre en exercice.

"Quant à la « règle d’or » – une idée en vigueur depuis déjà vingt ans dans l’union européenne à travers le pacte de stabilité  -  elle est quant à elle la signature d’un dogmatisme délétère. Cette « règle d’or »  risque de devenir un fardeau lourd comme du plomb pour les peuples européens. Si la seule politique économique commune est celle qui précipite notre continent dans la récession, c’est le meilleur moyen de détruire la construction européenne !" AM - 17-08-2011

Concernant son abstention lors de la validation du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), qui est un préalable à la ratification du TSCG, il déclare, après avoir reconnu ses avantages, que "le refus d’approuver ce traité, tout en souhaitant une solidarité financière entre pays membres de la zone Euro, signe dès aujourd’hui l’absence de majorité au Parlement en cas de victoire de la gauche pour la ratification du traité Merkel-Sarkozy, que la France ne ratifiera donc pas, après l’élection présidentielle du mois de mai.
La renégociation vient donc d’être inévitablement inscrite à l’ordre du jour par nos votes."
 AM - 22-02-2012

C'est bien sur cette renégociation que se base Montebourg pour justifier son apparent revirement :

«Ce traité n’est plus seul ! Il y a eu à côté un certain nombre d’avancées et il devient particulièrement absurde de voter contre ce que nous avons obtenu. On ne peut pas saucissonner un ensemble !
- l’évolution du rôle de la banque centrale n’est pas indifférente : c’est notre revendication depuis dix ans
- la taxe sur les transactions financières, on la demande depuis dix ans
- la supervision des banques par la BCE : je demandais pendant la primaire socialiste la mise sous tutelle des banques. Et nous l’avons emporté !
- enfin le pacte de croissance de 120 milliards d'euros. Oui, bien sûr, le manque d’ambition est patent, il faudrait 120 milliards par an, mais c'est mieux que rien»
Il ajoute : « Nous avons "arraché" des avancées dans le TSCG nous ne pouvons pas ne pas accepter de poursuivre le processus. A moins de sortir de l'Europe».

De cette analyse, le ministre tire la conclusion que «ce pacte est devenu acceptable par les contreparties que nous avons obtenues. Est-ce que c’est suffisant, est-ce que c’est le nirvana, est-ce qu'on va tomber en pamoison ? Non, bien sûr, certainement pas, et c’est pour cela qu’il faut continuer, nous devons repartir à la bataille.»

Concernant la supervision des banques, Jean Quatremer apporte des précisions techniques sur son blog "Coulisses de Bruxelles" en soulignant lui aussi que ce n'est qu'une étape dans un long processus :

"La supervision n’est qu’une première étape : il faut encore créer une autorité européenne chargée de résoudre les crises bancaires, un fonds de résolution alimenté par une taxe sur les banques qui pourra être adossé au MES, et une garantie européenne des dépôts bancaires des particuliers afin d’éviter toute panique en cas de problème (bank run) pour que l’on puisse parler d’union bancaire. Pour l’instant, les textes sur la table proposent seulement de créer des systèmes nationaux de résolution et de garantie, ce qui est insuffisant".

 Cette négociation à l'arraché semble prendre des aspects inattendus. C'est ce que semble montrer cet article de BFM TV qui souligne que dans l'article 16 (point III) du projet de loi organique sur les dépenses publiques du 19 septembre, le caractère automatique et contraignant de correction en cas d'écarts budgétaires importants a complètement disparu, contrairement à ce qui est inscrit dans l'article 3 du traité budgétaire européen (un mécanisme de correction se déclenche automatiquement si des écarts importants sont constatés) pour devenir une mention obscure : "Il est tenu compte par le Gouvernement d’un écart important au plus tard lors de l’élaboration du plus prochain projet de loi de finances de l’année ou projet de loi de financement de la sécurité sociale de l’année".