mercredi 22 février 2012

Montebourg, Liêm Hoang Ngoc : nous renégocierons le MES


Pour le député européen, l'économiste Liêm Hoang Ngoc, le mécanisme européen de stabilité amorce un mouvement vers la mutualisation de la dette européenne.
C'est donc une avancée positive pour le député socialiste.

Hélas, l'article 5, en suggérant l'adhésion à une règle d'or budgétaire, ne fait qu'imposer la politique décidée par le couple Merkozy (Merkel-Sarkozy).

En considérant qu'il ne faut pas rejeter ce qu'il y a de positif, tout en s'interdisant d'en cautionner l'aspect négatif, Liêm Hoang Ngoc considère que l'abstention est la meilleure attitude à adopter :
"Début 2011, avec mes amis du PSE, nous nous sommes battu pour l’instauration d’une mutualisation de la dette. Sans attendre l'avènement souhaitable d'un Trésor européen, ce mécanisme offre de fait la possibilité à l’Union de concevoir des embryons d’eurobonds permettant, par exemple, de financer les dettes souveraines à bas taux.
 (…)
Nous ne pouvons voter contre un texte qui instaure un mécanisme de solidarité financière entre les Etats. Malheureusement, le couple Merkozy a fait  inscrire dans le considérant 5 du traité instituant le MES que l'accès des Etats à ce mécanisme soit conditionné à l'adoption d'un autre traité intergouvernemental, qui sera signé le 1er mars et qui imposera aux Etats d'inscrire l'austérité budgétaire au fronton de leur constitution. C'est pourquoi nous ne pouvons pas voter pour un tel texte.  En nous abstenant, nous envoyons un signal pro-européen mais critique à l'endroit du couple Merkozy, indiquant que nous renégocierons le traité du 1er mars en cas de victoire de la gauche"
(propos recueillis par Marianne)
C'est aussi la position de l'équipe de François Hollande :
Par leur abstention de réorientation, les parlementaires socialistes :

• rendent possible dans l’urgence tout ce qui est positif : la solidarité avec les peuples,
• indiquent pour demain leur refus de ce qui est négatif, l’austérité aggravée en Europe.

L’abstention des parlementaires socialistes aujourd’hui sur le MES rend possible la renégociation du traité d’austérité par François Hollande demain afin de le compléter par des mesures favorables à la croissance et à l’emploi :

• Elle montre aux peuples notre attachement à la solidarité européenne.
• Elle indique à nos partenaires un chemin pour sortir l’Europe de la récession et du chômage (comme l’ont relevé les sociaux-démocrates allemands).
• Elle s’inscrit dans une stratégie globale pour l’Europe afin qu’elle puisse investir
(nouveau rôle de la BCE, euro-bonds, budget européen 2014-2020 pour les grands projets d’avenir) et protéger (règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale, contribution climat-énergie aux frontières de l’Europe, rééquilibrage monétaire euro/dollar américain/yuan chinois).


Et Arnaud Montebourg est sur la même ligne :

Le MES livré par le Gouvernement au débat parlementaire comporte des clauses parfaitement inacceptables : la conditionnalité de la solidarité ainsi créée à l’austérité perpétuelle et à la ratification du Traité d’austérité imposée par la Chanceliere d’Allemagne, l’ingérence du FMI, et surtout l’absence de transformation du MES en outil de monétisation de la dette par la Banque Centrale Européenne.

Le MES contient également des éléments que nous ne pouvons qu’approuver : son existence même, que nous avons sans cesse réclamée, outil de nature -s’il est bien employé- à briser la spéculation en permettant aux Etats de la zone Euro de racheter avec le MES les dettes publiques attaquées par les marchés ; la possibilité de faire payer les banques, ce pour quoi je milite depuis longtemps (ce sont les « participations privées » prévues dans le MES).
(…)
Que la gauche vote contre ou s’abstienne n’a de surcroît aucune espèce de conséquence concrète, car la droite est elle-même est parfaitement unie comme dans un bloc pour faire adopter son Traité Merkelien. 
Le débat entre l’abstention et le vote contre est donc parfaitement inutile et indifférent à l’issue du vote de ratification, puisque la gauche est minoritaire à l’Assemblée Nationale pour -espérons le- quelques semaines seulement.
L’enjeu n’était donc pas de faire basculer la majorité sur ce vote. 

Il ne s’agit que d’une division recherchée dans la gauche par la droite, inutile et contre-productive dans la période actuelle.
 (…)
La renégociation vient donc d’être inévitablement inscrite à l’ordre du jour par nos votes.

8 commentaires:

Melclalex a dit…

D'abord surpris de lire tout ça ici, je pense qu'il y a parfois des symboles qui marquent.

Le vote négatif aurait été de ceux là.

A mes yeux les points négatifs l'emportent sur ceux jugés positifs, un vote négatif s'imposait de lui-même.

Je regrette donc cette position et ce non vote

Didier Goux a dit…

Ils ne renégocieront rien du tout et ils le savent fort bien, ces enfumeurs !

Didier Goux a dit…

Clic !

EnFaze a dit…

Je suis trés étonné de la position de Mr Montebourg à ce sujet.
Ce MES est un holp-up démocratique!
Si l'on trouve un projet de loi comportant "des clauses parfaitement inacceptables" selon ces propres termes, la cohérence n'est-elle pas de voter contre???

EnFaze a dit…

Un lien très instructif :
http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-fesf-l-ue-et-la-banque-mes-le-97421

Jacques Noblia a dit…

J'ai publié ce commentaire sur le blog d'Arnaud :
acques Noblia dit :
24 février 2012 à 14 h 49 min

Monsieur, je vous ai suivi jusqu’ici et j’espère que ce faux pas sera le dernier.
Votre position de soutien loyal de notre candidat n’impose en rien une telle capacité à avaler de si grosse couleuvre. D’autant que pour Lisbonne vous aviez fermement dit non.
Le développement des crises et surtout pas le combat de la Présidentielles ne justifient cette position sans principe.
Votre démonstration ne m’a pas convaincu et volens-nolens vous prêtez le flan à toutes les critiques et soupçons qui s’expriment sur ce fil.D’autant que d’autres de vos collègues ont voté non.
Même si nombre d’intervenants (comme c’est bien un pseudo !) sont délibérément partisans et opportunistes. L’occasion est trop belle de mettre au pilori et le PS et son candidat et vous même car vous êtes un gêneur.
Vous pourrez, nous pourrons, méditer sur cet épisode désolant (après d’autres) qui sera peut-être un (des) tournant(s) raté(s) de la campagne. Les excellences qui conseillent si mal et le candidat et le PS (n’est-ce pas Mosco! n’est ce pas Sapin!) pourrons méditer sur l’étendue des dégâts.
Bravo!
Jacques Noblia
Vaison

dima a dit…

Juste pour ne pas mourir con. Qu'on soit de droite ou de gauche ou du centre :

1- Le traité de Maastricht signé en février 1992, ratifié par la France en septembre 1992 par référendum et entré en vigueur le 1er novembre 1993, prévoit que les pays de l’Union européenne peuvent participer à l’Union économique et monétaire (UEM) à condition de remplir cinq " critères de convergence ". Parmi ces critères, deux concernent respectivement le déficit et la dette cumulés de l’ensemble des administrations publiques (État, Sécurité sociale, collectivités territoriales) :
d’une part, le déficit des administrations publiques ne doit pas dépasser 3 % du produit intérieur brut (PIB) ;
d’autre part, la dette publique ne doit pas dépasser 60 % du PIB ou doit se rapprocher de ce seuil...

http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/budget-contraintes-europeennes.html

2- Si l'Allemagne était capable de prendre le leadership de l'Europe toute seule comme "Une grande" elle l'aurait fait...

Elle a besoin de la France (meme dépourvue de son triple A), son allié dans les bons comme dans les mauvais jours et à ce titre quand on lit le livre d'Emmanuel Todd "Allah n'y est pour rien", surtout la partie consacrée à l'Allemagne intitulée : "l'Allemagne nazie hier et égoiste aujourd'hui...", on comprend beaucoup de choses !

Oui, si nous arrivons au pouvoir nous renégocierons le traité signé et baclé hativement par le Président des Riches : Mr Sarkozy...

3- On ne va quand meme pas inscrire dans constitution l'obligation d'avoir une croissance largement positive chaque année pendant qu'on y est !!! Alors la régle d'or, Non Merci...

Vincent Decombe a dit…

Le MES : panacée ou danger ?

http://www.blogactualite.org/2012/02/le-mecanisme-europeen-de-stabilite.html